Pourquoi vous inscrire ?
«
»
Tome 1, Chapitre 2 « Midgard La Cité de Cristal » Tome 1, Chapitre 2
Tu dois te souvenir avant qu’il ne soit trop tard !
    
    
    L’écho de la voix se dissipait progressivement et Éléa ne cessait de regarder autour d’elle, cherchant l’identité de cette voix féminine. Elle avançait lentement, tendant ses bras vers l’avant comme pour s’aider à s’orienter vers la vaste plaine qui était recouverte d’une fine pellicule de neige.
    
    — Où êtes-vous ? cria-t-elle. Qui êtes-vous ?
    — Tu dois te souvenir Éléa… répéta la voix.
    — Me souvenir, mais de quoi ? Je ne comprends pas !
    
    
    Éléa s’arrêta net et se retourna brusquement. La femme était désormais devant elle. Elle était aussi grande que la jeune fille. Ses longs cheveux blonds flottaient le long de son dos et encadraient de petits, pétillants yeux bleus. L’adolescente remarqua rapidement qu’elle portait une cape blanche presque transparente par-dessus une robe bleu ciel.
    L’inconnue s’approcha doucement et se mit à lui sourire tendrement. Elle comprit que cette mystérieuse femme ne lui ferait pas de mal, elle pouvait le ressentir.
    — Qui êtes-vous ?
    — Je suis ton passé… Tu es mon futur… Nous sommes la même personne…
    — Qu’est-ce que vous voulez dire par « vous êtes mon passé » ? Essayez de m’expliquer plus clairement !
    — Un terrible danger te menace, toi et les autres Gardiens. Tu dois éveiller tes pouvoirs avant qu’il ne soit trop tard. Tu es la plus puissante d’entre eux, toi seule peux les défendre contre ce qui s’apprête à venir.
    — Un danger ? vous voulez parler du « Fléau » ? demanda Éléa qui essayait de comprendre.
    — Le temps presse… Trouve la source de tes pouvoirs, concentre l’énergie qui est à l’intérieur de toi et décuple-la. Pour cela, rappelle-toi de ton passé… de notre passé.
    
    
    
    Éléa se mit à courir après elle :
    
    — Attendez ! Revenez !
    
    Alors qu’elle essayait de la retenir, elle disparaissait lentement, ne laissant plus qu’un écho de sa voix disant « Souviens-toi ».
    
    
    
***

    
    
    16h30
    Midgard
    (Continent Ouest ; Royaume de Veradia)

    
    Située au nord-est du Royaume et à l’un des principaux axes commerciaux, Midgard aspirait à devenir l’un des plus importants poumons économiques de la région. Elle était habitée par environs cinquante mille habitants répartis en trois races : les humains, les elfes et les nains qui étaient en minorité.
    
    La ville était protégée par des remparts de cristal bleu foncé, hauts de plus de trois mètres et était aussi traversée par le fleuve Laurenor, la séparant en deux parties.
    
    Éléa, Lidakil et Auranor étaient arrivés dans la journée. Ils avaient essayé de pénétrer dans la capitale incognito, mais cela avait lamentablement échoué lorsqu’ils avaient vu l’immense foule les attendant aux portes de la ville. Tous voulaient accueillir ce qu’ils prenaient aussi comme l’un des Gardiens. Cela avait obligé Lidakil à demander une garde rapprochée dont Cirth — un jeune Chevalier sous son commandement, qui avait souhaité y participer. Le Capitaine avait alors donné quelques explications à Éléa : Neacia n’était pas seulement sillonné par de nombreux Démons, mais il y avait également les Sorciers pouvant utiliser les Arts Noirs et les Assassins qui n’hésitaient pas à décimer toute une population si cela pouvait éliminer par la même occasion leur cible. En entendant cela, un frisson l’avait parcourue. Visiblement, ni Neacia ni la Terre n’était un endroit sûr.
    
    Le groupe se rendait à la boutique d’Auranor et dut alors changer d’itinéraire afin d’éviter toute attaque-surprise. Éléa ne comprenait aucun mot des échanges qu’avait Lidakil avec ses subordonnés, mais il lui arrivait de temps en temps de lui glisser quelques phrases rassurantes comme : « Ne t’inquiète pas. », « Tout va bien. », mais elle n’était pas dupe pour autant. Elle pouvait voir l’inquiétude sur son visage.
    
    Après avoir pris un nombre incalculable de passages et de portes, ils étaient désormais à côté d’un bâtiment rempli d’apprentis Chevaliers en train de s’amuser et de boire. Il ne fallut pas longtemps à la Gardienne pour s’apercevoir qu’elle venait de passer à côté de la taverne. Elle leva la tête en direction d’Auranor tout en lui adressant un léger sourire.
    — Les Chevaliers, qu’ils soient apprentis ou non, ont l’habitude de venir à la Taverne du Dragon Bleu. C’est certainement l’endroit le plus sécurisé de toute la ville après le Palais, bien évidemment. Elle est généralement vide à cette heure de la journée, mais les examens viennent de se terminer donc comme tout jeunes gens, ils en profitent.
    — Il y a des choses qui ne changent pas d’un monde à l’autre ! plaisanta la jeune fille. Est-ce que votre boutique est encore loin ?
    — Non, nous y sommes presque. Nous serions certainement arrivés plus vite si les choses n’avaient pas mal tourné à l’entrée de la ville. Il n’y a eu aucun accident, mais j’ai eu vent que les Chevaliers avaient attrapé quelques Assassins qui s’étaient positionnés en haut du clocher de la Cathédrale, expliqua le vieil homme.
    — Qu’est-ce que ces hommes veulent ? Me tuer ? demanda Éléa qui angoissait.
    — C’est certain, mais compte sur moi pour les interroger et trouver des réponses, répondit Lidakil qui vint les rejoindre, marchant à côté de sa protégée. S’ils sont ici, c’est qu’ils ont reçu un contrat, ce qui veut dire que quelqu’un les a payés.
    — Voici la boutique ! On sera libre de discuter à l’intérieur, répliqua Auranor qui se précipitait à déverrouiller la porte.
    
    
    Située dans l’un des quartiers les mieux surveillés de la ville, la boutique de l’Analyste Auranor ressemblait aux établissements voisins, à part la petite enseigne en bois « Analyste de Magie » surmontée de deux cristaux bleu cyan qui se croisaient. À l’exception de cela, n’importe qui pouvait passer devant le magasin sans se rendre compte qu’elle existait. Ils entrèrent dans la pièce principale où un comptoir sur la gauche était prévu pour recevoir les clients. Elle était meublée par quelques vieux fauteuils, un canapé et une simple table basse sur laquelle un bouquet de fleurs semblait indiquer qu’il était là depuis quelque temps déjà. De part et d’autre des murs, d’immenses bibliothèques où s’entassaient de vieux livres et parchemins avaient été soigneusement arrangées. L’arrière de la boutique était plus petit. C’était là qu’Auranor rangeait son étrange machine pour tester la puissance de la magie. Enfin, l’étage était accessible par une petite échelle bien cachée entre deux bibliothèques.
    
    Éléa était lovée dans l’un des fauteuils, attendant, soucieuse qu’Auranor ressorte de l’arrière-boutique. Elle lui avait fait part de l’étrange rêve qu’elle fit la veille, ce qui l’avait laissé perplexe quelques instants puis pensif. Lidakil, lui, avait préféré se poster à ses côtés, debout, la main sur la poignée de son épée, prêt à dégainer, tandis que Cirth attendait près de l’entrée. Depuis leur téléportation sur Neacia, les Chevaliers n’avaient pas eu une seule fois l’esprit tranquille. Ils étaient certains que les Démons savaient qu’un des Gardiens avait été trouvé et que Topaz cherchait à mettre la main dessus.
    
    Elle déposa son regard sur Lidakil.
    — Pourquoi est-ce que Topaz cherche à me tuer ? Parce que je suis une Gardienne ? Qu’est-ce qu’il a contre les Gardiens ?
    
    
    En voyant que la jeune fille était complètement perdue, le Chevalier se redressa.
    — Topaz fait partit du groupe appelé le « Groupe d’Obsidienne ». Il travaille pour un Démon bien plus puissant. Les Démons possédant moins de magie ou des pouvoirs peu efficaces travaillent pour des Démons plus forts. Pour le moment, nous n’avons pas réussi à avoir le nom de son maître. Topaz cherche bien à te tuer parce que tu es une Gardienne. Les Gardiens sont les personnes les plus puissantes dans le monde magique. En voyant la puissance de ce mystérieux Démon, notre reine n’a pas eu d’autres choix que de faire appel à vous. Vous êtes la dernière barrière entre Neacia, la Terre et ce Démon.
    — Qu’est-ce qu’il veut exactement ce Démon ? demanda Éléa curieuse.
    — Se frayer un chemin jusqu’à la Terre pour la contrôler. La Terre n’a plus une once de magie, imagine alors les dégâts qu’il pourrait faire. Il en ferait facilement sa planète où les humains seraient alors ses esclaves… Heureusement pour nous, il n’a pas le pouvoir de se téléporter, pour cette raison, il essaie d’aller jusqu’au Téléporteur le plus proche…
    — Celui qui se trouve dans ce royaume… termina Éléa, contente d’arriver à suivre les explications.
    — Exactement.
    
    
    Le Chevalier marqua une pause, puis reprit :
    — Toutefois pour Topaz, ce serait suicidaire de sa part d’attaquer alors que nous nous trouvons dans l’enceinte de la cité. Oh, Éléa, par ailleurs, tu peux me tutoyer, je n’ai que vingt-cinq ans. Je ne suis pas encore un grand-père, répondit le Chevalier pour détendre l’atmosphère.
    — Non, ça, c’est mon rôle ! s’exclama l’Analyste qui revenait dans la pièce les bras chargés de parchemins. Comment était la femme apparue dans ton rêve ?
    — De la même taille que moi je dirais, les cheveux longs, blonds et les yeux bleus. Elle m’a dit que nous étions la même personne et qu’un danger approchait.
    
    
    Éléa attrapa l’un des parchemins disposés sur la table et le déplia machinalement. Elle se leva soudainement et s’exclama :
    — C’est elle ! C’est celle que j’ai vue en rêve !
    
    
    L’Analyste s’empara rapidement du parchemin et le montra à Lidakil, l’air dubitatif.
    — Tu es vraiment sûre que c’était elle ? commenta le vieil homme en se grattant le menton.
    — J’en suis certaine, à cent pour cent, certifia la jeune fille d’un hochement de tête. Qui est-ce ?
    — Il s’agit d’Elisiël, la Déesse de la guerre. Laisse-moi t’expliquer une partie importante de l’histoire de Neacia, veux-tu ?
    
    
    Auranor eut comme réponse un nouveau hochement de tête et Éléa s’installa confortablement dans le fauteuil, tout ouïe.
    — Il y a bien longtemps, nous étions protégés par quatre Divinités : Elisiël, Valillë, Calen et Naraën. Ils avaient chacun d’immenses pouvoirs qu’ils décidèrent de prêter aux humains afin de les aider dans leurs tâches quotidiennes.
    — Malheureusement, comme tous les humains, certains rois ont commencé à avoir des idées de conquêtes et des alliances avec les Démons et autres créatures répugnantes se formèrent, intervint à son tour Lidakil.
    — C’est à ce moment-là que la première Guerre contre les Orcs éclata ?
    — C’est exact. La quasi-totalité des Royaumes qui existaient à cette époque ont été détruits, le Continent Est aurait perdu toute trace de magie et les Dieux reprirent quatre-vingt-dix pour cent de leurs pouvoirs qu’ils enfermèrent dans des Artefacts. C’est eux qui les ont cachés sur Terre, et il semblerait qu’ils soient à l’origine de la fabrication des Téléporteurs, mais nous n’en sommes pas sûrs à l’heure actuelle. Les informations sont rares et presque inexploitables pour la plupart d’entre elles.
    — Quel est le lien entre ces Dieux d’antan et les Gardiens ? Ils sont comme la source de nos pouvoirs ?
    — C’est une façon courte et simple de l’expliquer, en effet, répondit Auranor. Mais il va falloir trouver plus d’informations sur ce qu’elle a voulu dire par « Je suis ton passé et tu es mon futur ».
    — Je m’en chargerai vu qu’il faut que je retourne au Palais, ajouta Cirth en s’avançant vers la porte. Prévenez-nous quand l’analyse d'Éléa sera terminée, la reine Estella a hâte de faire sa connaissance.
    
    
    Auranor s’était mis derechef au travail. Les préparatifs pour l’analyse prenaient trente minutes si personne ne venait le déranger. Cela consistait à faire l’alchimiste avec différentes poudres de cristaux rangées par couleur dans de petits récipients disposés dans une armoire massive. Il devait ensuite ajuster un cristal blanc volumineux, placé au centre d’une curieuse machine en bois.
    
    Éléa avait décidé d’utiliser ce temps libre pour demander à Lidakil de lui expliquer le fonctionnement de Neacia.
    
    Neacia était séparé en trois continents : le Continent Ouest (celui sur lequel ils étaient), le Continent Est, Arcadiël (aussi appelé « Neiges Éternelles ») et l’Île Mystérieuse ; un ancien Royaume abandonné depuis une dizaine d’années.
    
    Le Continent Ouest était lui-même divisé en neuf royaumes accueillant diverses races telles que les humains, les elfes (quoique très discrets), les nains, les vampires et les loups-garous qui essayaient depuis des générations de maintenir un semblant de paix. Le Continent Est, quant à lui, était principalement peuplé d’humains. Mais depuis la première Guerre contre les Orcs, les deux continents avaient perdu tout contact.
    
    Le royaume dans lequel ils se trouvaient était appelé « Veradia ». Sous le contrôle d’Estella qui luttait pour garder son trône car considérée comme inapte à cause de son jeune âge. Bien que son peuple lui accordât sa confiance, elle était constamment la proie d’Assassins envoyés par des hommes voulant à tout prix l’éliminer afin de récupérer son trône ou des Sages complotant dans son dos, bien qu’ils lui eussent prêté allégeance.
    
    Une fois les explications données, Éléa posa davantage de questions et ses pensées s’arrêtèrent subitement sur le Croesau Arian. Il avait montré une souplesse surprenante et des aptitudes hors du commun.
    — Je me demande si le Croesau Arian ne serait pas une personne dotée de magie ou même un Gardien. Est-ce qu’il combat aussi les Démons ?
    — Nous nous sommes posé les mêmes questions. Nous avons essayé de l’observer ou même de lui parler, mais il se volatilisait à chaque occasion. Il a effectivement tué quelques Démons par le passé, mais était-ce par chance ? poursuivit Lidakil qui se décidait enfin à s’asseoir.
    — Je n’ai pas pu ressentir une quelconque source de magie venant de lui. Il l’a peut-être masquée, mais je n’en verrais pas l’intérêt, s’exprima à son tour l’Analyste qui faisait signe à Éléa de s’approcher.
    — Si c’est une personne magique, il doit avoir des ennemis et le meilleur moyen pour ne pas se faire repérer serait de ne pas être détectable, non ?
    — C’est fort possible, mais nous devrions nous concentrer sur l’analyse pour l’instant, répliqua Auranor tout en adressant un clin d’œil à sa jeune amie. Très bien. Mets-toi au centre du cercle qui est dessiné par terre et concentre-toi. Tu dois ressentir la moindre particule de magie qui se trouve dans ton corps et pour cela, nous allons utiliser les émotions, positives de préférence.
    
    
    Éléa obéit à l’Analyste et ferma les yeux pour mieux se concentrer. Ressentir sa magie… Facile à dire ! Comment devait-elle ressentir quelque chose qui était dans son corps depuis seize années et qu’elle venait seulement de découvrir ? Elle tenta de se concentrer sur l’Artefact, de se souvenir de chaque émotion qui l’avait traversée quand elle avait ressenti pour la première fois le flux de magie se synchroniser avec son être tout entier. Elle sentit d’abord d’étranges picotements au bout des doigts, son cœur s’emballa un peu plus au fur et à mesure, puis différentes émotions émergèrent ainsi que d’étranges images. Elle voyait une forêt, une montagne, puis une grotte certainement à l’intérieur même de cette montagne et ressentit un sentiment de solitude, puis une rage incroyable. La vision s’arrêta et passa aussitôt à une nouvelle plus joyeuse.
    
    Elle était désormais dans une petite pièce où un coffret était posé au centre de celle-ci sur une petite table gardée par ce qui ressemblait être un champ de force. Le coffret s’ouvrit et elle découvrit alors l’étrange livre qu’Auranor lui avait demandé d’analyser un peu plus tôt dans la journée. Elle avait déjà eu des doutes en le voyant, mais ceux-ci s’étaient désormais confirmés. Le livre ne venait pas de la Terre. Elle tenta de s’en approcher malgré le champ de force. Elle passa au travers sans grande difficulté. Elle se sentait légère et reposée comme jamais. Elle passa sa main sur l’ouvrage et lut quelques lignes dans une langue qu’elle ne connaissait pas et était incapable de comprendre, mais qui lui semblait pourtant si familière. Elle fut projetée en arrière. Le livre se referma d’un coup sec et une immense lumière en jaillit. Les images s’arrêtèrent et Éléa revint à elle, contemplant les visages surpris de l’Analyste et de Lidakil qui soutenait le vieil homme dont les genoux tremblaient, menaçant de s’écrouler à tout moment.
    — Est-ce qu’il y a un problème ? demanda Éléa à son tour surprise.
    
    
    L’Analyste tenait dans sa main un petit cristal rouge qui brillait fortement. Il le donna à Éléa qui l’observa d’un air curieux.
    — Tu… tu… Ce n’est pas possible ! bégaya l’Analyste.
    — Je crois que ce qu’Auranor essaie de te dire c’est que ta magie dépasse celle qu’un Gardien obtient habituellement. Tu vois ton cristal ? Plus il brille, plus ta magie est puissante. D’après les archives qu’il m’a montrées, ton niveau est deux fois supérieur à la normale, expliqua le Chevalier en indiquant du menton un vieux bout de parchemin.
    — Je croyais qu’on obtenait nos pouvoirs des Dieux ? Je serais donc née avec ? demanda la jeune fille.
    — Chaque être humain possède une part de magie depuis sa naissance, mais seul le taux varie en fonction de chaque individu. Pour ce qui est des Gardiens, ils sont normalement choisis parmi des êtres humains qui ont la capacité d’absorber une magie aussi ancienne. De plus, le niveau de magie devrait être égal aux générations précédentes. Est-ce que tu comprends ? tenta d’expliquer l’Analyste.
    — Je crois… mais je ne suis pas très sûre d’avoir saisi, répondit Éléa qui était confuse par les paroles de l’Analyste.
    — Tu possédais une magie puissante avant de recevoir celle des Dieux, mais pour une étrange raison, elle était comme bloquée à l’intérieur de toi.
    
    
    Alors que le silence prenait place lentement, Éléa se leva soudainement et demanda :
    — Puis-je sortir de la boutique ? J’aimerais prendre l’air et me remettre de mes émotions.
    — Dehors et sans protection ? Certainement pas ! s’exclama Auranor qui manqua de tomber de son siège.
    — Bon d’accord, je n’y connais rien en néacien et des Assassins veulent me tuer, mais si je suis une Gardienne et que je dois sauver Neacia, ce n’est pas en restant assise, cloîtrée que j’y arriverai !
    — La petite a raison, répondit à son tour Merus – l’oncle de Lidakil, qui venait d’entrer dans le magasin. Certains habitants ont foi en nos Gardiens et, peu importe leur âge, leur tâche reste la même et doit être accomplie.
    
    
    Auranor restait silencieux, observant Merus d’un mauvais œil. Il ne l’avait jamais apprécié et avait toujours eu des différends lorsque d’importantes réunions se présentaient au Palais, mais il devait avouer qu’il avait en partie raison cette fois-là.
    — Très bien, je vous accompagnerai, dit-il en levant les yeux au ciel.
    
    
    Un sourire de satisfaction s’affichait progressivement sur le visage de la jeune fille, amusée par la tournure des événements. Alors qu’elle s’apprêtait à sortir, Lidakil lui remit une cape marron foncé et une ceinture sur laquelle était attachée une dague qu'Éléa mit aussitôt à sa taille. Le Capitaine ne pouvait pas les accompagner, car ses devoirs envers Estella le rappelaient.
    
    À peine étaient-ils sortis que les deux hommes commençaient déjà à se disputer pour des broutilles, laissant Éléa, au centre, obligée de les supporter, mais au moins elle était désormais à l’extérieur. Le trio arriva rapidement sur la place du marché et elle se lança à la découverte des nombreux étalages où d’extravagants bijoux et vêtements de toutes tailles, couleurs et formes étaient entreposés. Quand un marchand l’abordait, elle le repoussait poliment avec l’aide d’Auranor qui lui apprenait les rudiments de néacien, tandis qu’à l’inverse, Merus râlait constamment après tous les commerçants qui tentaient tant bien que mal de lui vendre une ou deux babioles. Soudain, un jeune garçon d’environ douze ou treize ans passa à côté de lui et le bouscula, arrachant au passage sa sacoche. Le vieil homme l’attrapa sans qu’il n’ait le temps de s’enfuir, le poussant au sol. Il était tellement en colère que sa voix couvrait celles du marché.
    — Sale vaurien ! Rends-moi ma sacoche ! Tes parents auraient honte de ton comportement !
    
    
    Le garçon regarda Éléa qui se retenait de rire en voyant la situation. Auranor lui s’était interposé entre le petit et Merus qui criait au scandale sous les yeux surpris et gênés des passants. Il se baissa et ramassa son sac pendant que l’Analyste tentait de le calmer.
    
    Le jeune voleur se mit à balbutier quelques mots et s’enfuit lorsqu’Auranor lui fit signe de partir pendant que leur compagnon continuait de bougonner dans son coin.
    — Qu’est-ce qu’il a dit ? demanda Éléa soucieuse.
    — Le petit ? Il ne faisait que s’excuser. Je crois que notre « gentil » ami Merus lui a flanqué la peur de sa vie, répondit l’Analyste en rigolant.
    — Il serait plus sage de retourner à la boutique. On s’est fait assez remarquer, je crois.
    
    
    Soudain, des cris s’élevèrent parmi la foule qui s’écartait progressivement, faisant apparaître trois hommes vêtus de noirs. L’un d’eux retira l’épée qu’il avait plantée dans le corps d’un innocent, laissant le liquide rougeâtre couler le long de la lame comme s’il voulait attirer l’attention d'Éléa. C’était chose faite.
    — Les Assassins ! Ils nous ont retrouvés ! s’exclama Merus pendant qu’ils s’approchaient lentement d’eux.
    — J’avais dit que c’était une mauvaise idée d’aller à l’extérieur : je vous l’avais dit ! s’exclama à son tour Auranor.
    — Arrêtez de hurler et faites quelque chose avant qu’ils ne nous tuent ! répondit le libraire qui paniquait.
    
    
    Voyant qu’ils se disputaient à nouveau, Éléa décida d’agir seule. Elle courut en direction des meurtriers tout en sortant la dague que le Chevalier lui avait remise plus tôt. Au contact des mains de la jeune fille, la lame s’agrandit devenant ainsi une redoutable épée qu’elle regarda, les yeux émerveillés. À l’approche du premier homme, leurs lames s’entrechoquèrent et le combat s’engagea. Elle n’avait jamais tenu une épée de sa vie et ne savait pas vraiment le genre de parade à adopter, mais elle détestait ce type d’homme et même si elle avait très peu de chance de s’en sortir, il n’était pas question qu’il reste impuni.
    
    L’Assassin tourna sur lui-même, espérant déconcentrer sa jeune adversaire qui malgré tout arrivait à suivre ses mouvements. Un cercle violet foncé se dessina au sol et Éléa recula rapidement : les Assassins pouvaient eux aussi utiliser la magie. Il n’eut besoin d’aucune incantation et les éclairs allèrent s’abattre sur la barrière d’énergie que la Gardienne avait réussi à invoquer, à nouveau sans vraiment savoir comment.
    
    Lorsque le cercle magique se dissipa au bout de quelques secondes, Éléa essaya de reprendre le dessus. Elle évita de justesse la lame, s’accroupit et faucha du pied droit les jambes de l’Assassin qui tomba lourdement au sol. Elle l’assomma à l’aide du pommeau de l’épée et se retourna vers les deux autres criminels qui se méfiaient un peu plus de l’adolescente. Alors qu’ils se précipitèrent sur elle pour l’attaquer, un groupe de Chevaliers arriva sur la place, accompagné de Lidakil et de Cirth qui se plaça devant Éléa pour la protéger.
    — On se charge des autres Éléa. Tu n’as eu le premier que par chance et surtout parce qu’il ne s’attendait pas à ce que tu l’attaques de plein front, intervint Lidakil.
    
    
    Voyant le ton sérieux et autoritaire qu’il avait employé, elle ne répondit pas.
    — Cirth, tu es en charge de sa protection. Il lui arrive quoi que ce soit et tu en seras tenu responsable. Prenez par la ruelle du marchand de potions pendant que nous les distrayons. Il doit certainement y en avoir d’autres dans les environs.
    
    
    Le Chevalier en question acquiesça de la tête et partit avec la jeune fille. Il était hors de question de désobéir à un ordre direct.
    
    
    
***

    
    
    Chacune des petites ruelles qu’ils prenaient semblait être identique. Éléa avait perdu son sens de l’orientation depuis bien longtemps déjà. Le peu qu’elle avait pu voir de Midgard lui paraissait être loin derrière eux. Cirth essayait de lui faire accélérer le pas, mais l’envie d’une courte pause se faisait de plus en plus ressentir. Éléa le stoppa alors qu’ils s’engageaient à nouveau dans une ruelle.
    — J’en peux plus, j’ai besoin de reprendre mon souffle, lança-t-elle haletante.
    — Prends ton temps, il va falloir engager le combat de toute façon. Il y en a deux qui nous suivent depuis que nous avons dépassé le magasin de potions. Tu penses pouvoir tenir ? demanda-t-il alors qu’il prenait son arc.
    — Je ferai de mon mieux, je n’ai pas l’habitude de me battre.
    
    
    Éléa en profita pour observer son protecteur : il était grand, mince, avait les traits fins et la peau légèrement bronzée. Ses cheveux mi-longs, noirs étaient composés de mèches indisciplinées qui pointaient dans tous les sens.
    
    Un silence de mort s’était soudainement abattu dans la ruelle. Il attrapa à la hâte Éléa qu’il cala contre lui, évitant tous les deux la flèche qui alla se planter dans le mur derrière eux. Positionné au-dessus d’eux, un premier Assassin les attaquait à l’aide d’un arc tandis qu’un second venait d’apparaître devant eux.
    
    L’action avait à peine duré cinq minutes. Cirth connaissait les avantages et les inconvénients de son arme. Il jouait sur la taille de la ruelle et du vent qui s’y engouffrait pour contre-attaquer. Plusieurs fois Éléa le protégea grâce à son champ de force qu’elle arrivait à faire apparaître par le plus grand des hasards. Le Chevalier lança une dernière attaque, tuant leur dernier assaillant et assura la sécurité de cette partie-là de la cité.
    — Ils ont l’air de nous laisser tranquilles pour l’instant, mais tu serais plus en sécurité au Palais, commença-t-il.
    — Ils n’iront pas attaquer là-bas ? interrogea la Gardienne inquiète.
    — Je te montrerai nos systèmes de défense. Nous utilisons une magie bien spécifique que seuls ceux travaillant là-bas connaissent.
    
    
    Le Palais surplombait la cité par sa taille et son aspect imposant. Éléa exprima sa surprise et son admiration en s’approchant du bâtiment. Elle suivit Cirth à l’entrée où deux Chevaliers passaient une machine sur les personnes désirant entrer dans l’enceinte du Palais.
    — Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-elle en pointant discrètement du doigt.
    — C’est comme les détecteurs de métaux que les terriens utilisent sauf qu’ils mesurent l’intensité de magie qu’une personne possède. Si un Démon ou un Sorcier essaie d’entrer en utilisant un subterfuge, il aura une sacrée surprise de notre part.
    — Auranor a dit que j’avais un taux de magie supérieur aux Gardiens. Je ne vais pas avoir de problèmes ?
    — Ne t’en fais pas pour ça. Lidakil a dû les prévenir de ton arrivée.
    
    
    Arriva rapidement le tour d’Éléa. Lorsque le garde passa l’étrange machine autour de la jeune fille, elle s’emballa, se mit à biper et déclencha une alarme dans tout le bâtiment. En quelques secondes, elle fut encerclée par une dizaine de Chevaliers, leurs épées pointées sur elle. La Gardienne resta de marbre. Paniquer n’arrangerait pas la situation. Deux Chevaliers tentaient de maîtriser Cirth, qui, énervé, se débattait en parlant à la fois néacien et français.
    — Je sais très bien que chaque Chevalier a appris ma langue et que vous comprenez parfaitement ce que je vous dis, s’exclama Éléa en rassemblant tout son courage. Relâchez votre collègue. Cirth faisait simplement son travail. Nous avons été attaqués par des Assassins et l’endroit le plus sûr était le Palais.
    — Les Gardiens sont censés être des héros et non des gamins ! riposta l’un d’eux en avançant son épée vers elle.
    — L’âge n’a pas d’importance, seules les actions et les paroles d’une personne peuvent être héroïques, mais je vois que vous ne me croyez toujours pas.
    
    
    La Gardienne soupira. Elle sortit ensuite l’Artefact, le mit devant elle et se concentra. Elle espérait que le bijou se mettrait à briller ou ferait n’importe quoi qui les ferait changer d’avis.
    — Tu n’as rien à leur prouver Éléa, dit une voix inconnue. Tes paroles ont montré que tu es assez mature pour être l’un des Gardiens. Laissez ce pauvre Chevalier retourner à son travail.
    
    
    La foule s’écartait progressivement, laissant apparaître une jeune femme aux longs cheveux noirs, bouclés et aux yeux d’un turquoise incroyable, avançant vers elle. Voyant que les Chevaliers s’inclinaient sur son passage, Éléa en fit de même.
    — J’admire ton courage et ta force dans un moment aussi difficile. Lidakil a dû te parler de moi, n’est-ce pas ? demanda-t-elle d’une façon amicale en prenant la Gardienne par le bras et l’entraînant à l’intérieur.
    — Vous êtes Estella, la reine de ce royaume, répondit Éléa.
    — C’est exact ! Ça ne fait que quelques mois que je suis sur le trône alors les Chevaliers sont encore un peu tendus face aux étrangers.
    — Avec les récents événements, je ne peux pas leur en vouloir.
    — As-tu réussi à utiliser tes pouvoirs ? l’interrogea-t-elle en regardant l’Artefact.
    — Pas encore, répondit à nouveau Éléa en baissant les yeux, gênée. J’arrive seulement à faire apparaître un bouclier d’énergie.
    
    
    Le Palais était imposant. Il avait été construit en pierre blanche comme le reste de Midgard. Il était composé d’un immense bâtiment principal qui s’étalait sur toute sa largueur, et d’une tourelle octogonale au fond à gauche. Ce qui frappa Éléa en le voyant était la ressemblance avec les châteaux de la Loire. Le bâtiment était relié à la ville par un pont en pierre qui traversait le fleuve Laurenor. Des lampadaires avaient été disposés de chaque côté à un écart d’intervalle pour illuminer le pont. Des fanions et d’énormes pots de fleurs les décoraient. Une fois qu’ils l’avaient passés, un magnifique jardin où un labyrinthe se mêlait à des haies et des buissons de roses roses.
    
    Elles entrèrent dans le hall du Palais, s’arrêtèrent au détour d’un couloir et Estella dévisagea la jeune terrienne, le sourire aux lèvres.
    — Tu veux que je t’apprenne quelques notions de magie ? Mon niveau est certainement loin d’être aussi bon que le tien, mais tu sauras te défendre un minimum.
    
    
    
***

    
    
    La pièce ressemblait à une grande bibliothèque où des dizaines de rayonnages étaient rangés de sorte à former un labyrinthe.
    
    Éléa suivit Estella jusqu’à une fontaine d’où jaillissait une eau presque transparente. On pouvait remarquer grâce au scintillement qu’elle émettait et au bruit cristallin qu’elle produisait.
    — Est-ce que vous l’avez créée ? demanda Éléa émerveillée.
    — Elle a été créée grâce à des matériaux offerts par les Nains. La magie peut être bénéfique comme destructrice, tout dépend des motivations de la personne.
    
    
    Estella leva la main et un vieux manuscrit brilla. Il flotta dans les airs jusqu’à elle et elle le remit à sa jeune amie.
    — Ce livre contient les incantations basiques que chaque Mage a besoin de connaître. Tu m’as dit que tu savais faire apparaître un bouclier, c’est bien ça ?
    — Oui, mais je n’ai jamais vu l’incantation. Je l’ai juste fait surgir devant moi.
    — Intéressant… répliqua la reine en tournant les pages. Seuls les Mages ou Sorciers ayant un niveau élevé n’ont pas besoin de réciter l’incantation.
    
    
    La jeune fille sentit ses joues s’empourprer. Elle était gênée, gênée de ne pas être normale, gênée d’attirer autant l’attention. Pourquoi était-elle différente ? Pourquoi possédait-elle autant de pouvoirs et pourquoi ne s’étaient-ils pas manifestés auparavant ? Autant de questions qui se bousculaient dans la tête d'Éléa. Elle était plus qu’impatiente d’obtenir ne serait-ce que quelques réponses.
    — Bon, essayons celui-là, continua Estella en montrant un paragraphe du livre. C’est un sort d’attaque. Il n’est pas très puissant, mais il peut servir.
    — Ce mot… Il veut bien dire « flammes » ? demanda la jeune fille en pointant le mot du doigt.
    — Oui, c’est bien ça ! Je ne savais pas que tu savais lire le néacien ! s’exclama la reine.
    — Je ne le savais pas non plus, répondit Éléa déconcertée. Si j’ai bien compris, je n’ai qu’à me concentrer sur un point et à réciter l’incantation, c’est ça ?
    — Oui. Fais attention, je vais faire apparaître une cible et à toi de la toucher.
    
    
    Éléa fixa les alentours. Une cible allait apparaître sous peu et si elle voulait faire bonne impression, elle devait réussir à la détruire. Elle devait surtout se convaincre qu’elle possédait autant de pouvoirs, ce que lui rabâchait chaque personne qu’elle rencontrait.
    
    Un bruit attira son attention sur la gauche et quand elle vit la cible, elle n’hésita pas une seconde:
    — Pluie de flammes ! cria la jeune fille en levant rapidement la main droite vers celle-ci.
    
    
    L’objectif fut atteint et la cible fut détruite dans un bruit d’explosion. Quelques débris enflammés devinrent incontrôlables et s’orientèrent vers Estella. Éléa leva une nouvelle fois les mains vers les projectiles et se concentra. En un rien de temps elle les avait maîtrisés et les avait fait disparaître de la même façon que la cible.
    — Je ne pensais vraiment pas que j’étais capable d’en faire autant, dit-elle tandis qu’elle essayait de réaliser ce qu’elle pouvait faire.
    — Il faut que tu trouves la vraie source de tes pouvoirs et tu seras capable de faire bien plus que cela, crois-moi. Ceci n’était qu’un début, répondit Estella alors qu’un sourire malicieux se dessinait sur son visage.
    
    
    Elles furent interrompues par un Chevalier qui entrait, un coffret dans les mains. Il s’inclina devant elles et attendit que sa supérieure l’autorise à parler.
    — Votre Majesté, nous avons trouvé le second Artefact, dit-il en indiquant le coffret.
    — C’est parfait ! Apportez-le aux experts qu’ils puissent l’examiner. Qu’a dit le Capitaine Lidakil à ce sujet ?
    — Il semblerait que le second Gardien se trouve aussi à Heaven City.
    — Vous n’avez pas d’autres informations un peu plus précises ? intervient Éléa posément. Parce que je ne voudrais pas trop être désagréable, mais il y a cinquante mille habitants !
    — Je crois qu’il a mentionné le nom d’un institut quelconque, hésita le Chevalier mal à l’aise.
    — C’est sûrement l’Institut Edelweiss, c’est le seul qu’Heaven City possède et c’est là où j’étudie ! Ce sera un jeu d’enfant de le trouver !
    — Il semblerait que nous ayons un tour d’avance sur Topaz et son maître cette fois, s’écria à son tour Estella qui oublia sa fonction pendant une fraction de seconde et entama une danse de la joie.
    
    
    Éléa éclata de rire.
    — À quoi ressemblent les Artefacts, Votre Majesté ? demanda Éléa en redevenant sérieuse.
    — Ils sont au nombre de quatre. Il y a le tien qui est en forme de clé comme tu as pu le constater, le second d’après nos archives, est en forme de sablier dans lequel est enfermée une matière similaire au sable, mais bleutée et violette. Il est dit qu’il scintille de mille feux. Quant au troisième, il s’agit d’une croix argentée.
    
    Estella marqua une pause, ce qui attira la curiosité d’Éléa.
    — Et le quatrième ? demanda-t-elle.
    — Nous n’avons pas la description de celui-ci. Le parchemin sur lequel ils étaient dessinés a été déchiré à cet endroit précis. Il nous sera difficile de le trouver, je le crains.
    
    
    
    Une fois les explications données, elles remontèrent vers l’étage supérieur où les attendait Lidakil.
    
    Éléa n’osait pas l’avouer, mais elle se sentait beaucoup plus à l’aise sur Neacia malgré tous ses dangers que sur la Terre. D’accord, il y avait beaucoup de choses dont elle ignorait l’existence, mais le fait d’avoir autant de gens voulant à tout prix l’aider lui faisait penser à une grande famille où chacun veillait sur les autres et exprimait ses sentiments du mieux qu’il le pouvait, ce qui pouvait mener à des situations assez comiques.
    
    

Texte publié par AURORA, 15 août 2020 à 14h00
© tous droits réservés.
«
»
Tome 1, Chapitre 2 « Midgard La Cité de Cristal » Tome 1, Chapitre 2
LeConteur.fr Qui sommes-nous ? Nous contacter Statistiques
Découvrir
Romans & nouvelles
Fanfictions & oneshot
Poèmes
Foire aux questions
Présentation & Mentions légales
Conditions Générales d'Utilisation
Partenaires
Nous contacter
Espace professionnels
Un bug à signaler ?
1615 histoires publiées
739 membres inscrits
Notre membre le plus récent est Lewis Pleasance
LeConteur.fr 2013-2021 © Tous droits réservés