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Tome 1, Chapitre 1 « L'Analyste et le Chevalier » Tome 1, Chapitre 1
L’obscurité s’était abattue depuis quelques heures sur Heaven City, une petite ville comptant cinquante mille habitants. Elle s’était développée sur une péninsule à la fois entourée par la mer et les montagnes. Doucement, la ville s’endormait sous la bienveillance de la lune apportant un peu de ses rayons, diffusant une lumière apaisante.
    Tapies dans l’ombre, les forces du mal s’éveillaient, progressivement rongées par la haine et leur désir de vengeance, mettant au point mille et un stratagème afin de défier l’autorité des grands empires gouvernant la Terre et Neacia : un monde encore inconnu des humains considérés comme « normaux ».
    Sur le toit d’un des nombreux gratte-ciels qui surplombaient la ville, une femme semblait profiter de la vue. Lorsqu’elle sentit qu’elle n’était désormais plus seule, elle retira ses lunettes de soleil, dévoilant ainsi de petits yeux noisette encadrés par de longs cheveux roux ondulant le long de son dos.
    Elle fut peu après rejointe par un homme, dont la cape noire flottait au gré du vent.
    — Nous avons donc fini par trouver leur repaire, commença la femme qui s’était tournée vers son interlocuteur.
    — Heaven City… Les Chevaliers ont baissé leur garde et les informations ont fini par fuiter. Il semblerait que les prochains Gardiens se trouvent dans cette misérable ville et par un heureux hasard, il se trouve que le « Traître » serait également là, mais sous un nom d’emprunt.
    
    Il retira la capuche de son habit, dévoilant alors un tatouage argenté en forme de croissant de lune qui couvrait une bonne partie de sa pommette gauche. Il s’avança prudemment vers le bord du bâtiment et il s’accroupit, observant à son tour, silencieux.
    — Le Maître sera certainement ravi d’apprendre cela, reprit la femme. Il est même impatient d’en finir avec les Gardiens avant qu’ils ne deviennent une réelle menace et la capture du Traître sera la cerise sur le gâteau. Cependant, continua-t-elle, notre cible a l’air de vouloir jouer au chat et à la souris. Je suppose que cela ne te pose aucun problème, n’est-ce pas Topaz ?
    — Tu m’ôtes les mots de la bouche Pearl, lança le Démon, le sourire aux lèvres. 
    
    14h37
    Heaven City
    (Planète Terre)

    Un nouvel éclair déchira l’épaisse masse nuageuse qui s’était installée dans le ciel de Heaven City depuis bientôt trois heures. Au coup de tonnerre, Éléa sursauta. Confortablement installée au volant de sa petite citadine que son père – Ethan Foster, lui avait acheté. Un achat qu’il avait jugé essentiel après qu’une vague d’événements bizarres et inquiétants s’était abattue sur Heaven City. Une chose que sa fille lui réclamait depuis désormais un an lorsqu’elle avait passé le cap de ses seize ans. Ethan, qui était déjà connu pour être un homme assez sévère, l’était devenu un peu plus à partir de ce jour. Sa mère, Meredith, s’occupait depuis la naissance de sa fille d’un salon de thé et savait que celle-ci était capable de se défendre dans n’importe quelle situation depuis son plus jeune âge.
    Éléa avança son véhicule de cinq mètres et s’arrêta à nouveau, donnant un coup de poignet sur le volant en soupirant. Cela faisait au moins vingt minutes qu’elle était coincée dans les embouteillages quotidiens du centre-ville. Elle avait eu du mal à quitter la chaleur de la cheminée et le livre qu’elle dévorait depuis plus d’une heure et la météo n’avait fait qu’empirer les choses. Elle donna un coup d’œil au rétroviseur central où une file d’attente commençait à se former. Elle avait l’habitude de marcher quand elle devait se déplacer ou aller à l’Institut Edelweiss ; l’établissement où elle étudiait. Mais cette fois, elle avait opté pour sa voiture lorsque sa mère l’avait appelée en catastrophe. L’un des employés du salon de thé était malade et elle ne savait plus où donner de la tête entre les commandes et les livraisons.
    « Aux Petits Bonheurs » était un petit commerce qui avait su se développer au fil des années et qui avait trouvé sa clientèle parmi les étudiants des divers établissements que comptait la ville. Le salon de thé, composé de deux vastes salles au rez-de-chaussée : l’une aux murs bleu ciel, la seconde dans un violet pastel, le tout dans une atmosphère fleurie et sereine. Elles permettaient aux clients de se lover dans de confortables canapés ou fauteuils en lisant un livre, utilisant le Wi-Fi gratuit tout en dégustant une boisson chaude ou froide. L’étage était principalement utilisé pour les réceptions, des fêtes ou même pour accueillir davantage de clients quand l’étage inférieur était déjà rempli. Éléa alla trouver sa mère qui était effectivement débordée à la caisse. Une odeur de croissants chauds régnait dans l’air. Éléa huma rapidement et un petit sourire naquit au coin de ses lèvres.
    — Ah ! Éléa, tu es enfin là ! Viens me donner un coup de main ! Prends le plateau qui est sur le comptoir, il est pour la table sept.
    — Tout de suite ! répliqua sa fille en prenant aussitôt le plateau.
    
    Éléa ressemblait beaucoup à sa mère. Elles avaient toutes les deux de longs cheveux bruns qui descendaient dans le bas de leur dos et de malicieux yeux verts pétillants de joie. Seules leurs tailles différaient. Meredith était un tout petit peu plus grande que sa fille. Une fois les commandes apportées aux clients qui commençaient à s’impatienter, la jeune fille retourna vers sa mère. Celle-ci était derrière le comptoir en train d’ouvrir une bouteille de soda qu’elle but à grande gorgée.
    — Anna n’est pas là non plus ? demanda Éléa qui jetait un rapide coup d’œil à la cuisine.
    — Si, mais j’ai dû l’envoyer elle aussi faire des livraisons. Ce n’était franchement pas le bon jour pour manquer de personnel ! Je t’ai posé les quatre commandes près du four. Elles sont toutes proches du musée, comme ça tu n’arriveras pas en retard à ton travail. Est-ce que ton père est toujours à la mairie ?
    — Malheureusement, répondit-elle en levant les yeux au ciel. Quand il est parti ce matin, il était au téléphone avec le directeur de la police de Rosean. Il veut constituer une alliance entre nos brigades pour arrêter le « Croesau Arian ».
    — Quand est-ce qu’ils comprendront enfin que cette ville a besoin d’un héros ? Le fait qu’il soit ici rassure les habitants et surtout les commerçants, même si très peu de personnes ont pu l’apercevoir.
    — Il faut croire qu’ils voient les choses sous un angle différent, elle ajouta en se dirigeant vers la cuisine. J’y vais ! À ce soir !
    
    Éléa partageait le point de vue de sa mère. Depuis bientôt un an et demi, un étrange héros avait élu domicile à Heaven City et protégeait la ville des criminels. Il arborait toujours une cape noire et se servait d’un étrange pistolet argenté en guise d’arme. Ce qui dérangeait son père et la municipalité était le fait qu’il avait toujours une longueur d’avance sur la police locale. Il n’était pas rare non plus de le voir aux informations, car il était un sujet de convoitise pour les médias et pour les jeunes. Éléa avait déjà tenté de découvrir son identité ou même essayer de l’approcher, mais il était telle une ombre : elle le manquait à chaque fois.
    Les livraisons prirent moins de temps que prévu. En à peine dix minutes, les clients furent satisfaits d’avoir à leur disposition un service aussi rapide et la boutique put reprendre un rythme d’activité normal.
    
    
***

    
    Le musée Oceana était réputé dans la région pour rassembler diverses œuvres d’art et sculptures représentant la culture française. La ville ayant autrefois appartenu aux Français, le conservateur, Monsieur Strauss, avait voulu faire découvrir aux habitants les subtilités que leurs ancêtres avaient laissées sur place lorsqu’ils avaient quitté la France pour le Nouveau Monde. Il disait tout le temps qu’un peu de culture générale ne faisait pas de mal à personne. Cette phrase faisait souvent sourire Éléa qui pensait exactement la même chose. Depuis son arrivée, en tant que stagiaire, elle avait vu en lui quelqu’un avec qui elle pouvait discuter de leur passion commune : l’Histoire ; à la seule différence qu’Éléa se spécialisait dans les langues anciennes et modernes. Le musée disposait de sections un peu plus « classiques » sur la préhistoire, l’Égypte… Les sujets que l’on avait l’habitude de retrouver dans un lieu tel que celui-ci.
    Éléa entra par la porte de service qui était située à l’arrière de la rue Washington – la rue dans laquelle se trouvait le musée. Exceptionnellement, il était fermé au public. Le conservateur devait recevoir de nouvelles caisses remplies d’anciennes babioles qui allaient avoir besoin d’être nettoyées, analysées puis triées et cela leur prendrait certainement tout l’après-midi. Elle alla au bureau de M. Strauss en passant par la section réservée à Versailles, la partie du musée qu’elle préférait. Elle vouait une certaine admiration aux robes provenant de la cour et au mobilier très travaillé. Lorsqu’elle pénétra dans le minuscule bureau, M. Strauss semblait chercher un papier dans le monstrueux bazar qui régnait dans la pièce. C’était un homme d’une soixantaine d’années, d’une taille moyenne, les cheveux coupés courts en bataille et grisonnants. Il portait une fine et élégante moustache et était vêtu d’un ensemble beige.
    — Si vous cherchez la liste des objets que nous sommes supposés recevoir aujourd’hui, vous l’avez rangée dans la pochette jaune près de votre vase d’Osiris, dit-elle tout en se calant contre la porte.
    — Ah oui, merci ! Ce bureau est un véritable capharnaüm. Rappelle-moi de le ranger la semaine prochaine, répondit le vieil homme tandis qu’il sortait la fameuse pochette de dessous une pile de livres.
    — C’est noté ! À moins que vous ne l’oubliiez encore une fois ! Dois-je continuer de classer les urnes égyptiennes ?
    — Non, j’ai trouvé un livre qui était tombé derrière l’une de nos étagères dans la remise. Je voudrais que tu l’examines et que tu trouves un maximum d’informations dessus.
    — C’est comme si c’était fait ! s’exclama-t-elle, se dirigeant déjà vers la remise.
    
    Éléa considérait M. Strauss comme son grand-père. Quand ils travaillaient ensemble, il lui arrivait de se confier sur les problèmes qu’elle pouvait rencontrer avec ses parents et principalement avec son père qui était plus autoritaire avec elle que son frère aîné, Nathan. Lui, à l’inverse, l’écoutait dans les moindres détails et n’hésitait pas à lui donner des conseils ou même à lui trouver une échappatoire lorsqu’elle en avait besoin.
    Dès le premier jour, il avait vu l’immense potentiel d’Éléa : elle était naturellement douée pour apprendre les langues, était constamment communicative, rendant les employés du musée également de bonne humeur, possédait une curiosité débordante et avait le sens de l’aventure.
    Après avoir descendu les quelques marches de granit, elle ouvrit la porte qui se mit à grincer et alluma les lumières de la remise ; un endroit poussiéreux où des dizaines d’objets provenant du monde entier venaient s’entasser en attendant que quelqu’un s’en occupe. Éléa sortit une paire de gants et un pinceau du casier métallique où le matériel était rangé. Elle prit délicatement le livre et le déplaça ensuite sur son établi. Elle alluma la petite lampe au-dessus d’elle, prit le pinceau et commença sa tâche. Elle remarqua aussitôt qu’il était verrouillé par un étrange mécanisme posé sur la couverture. Mais ce n’était pas l’unique chose qui le différenciait des autres livres sur lesquels Éléa avait pu travailler par le passé. D’une couleur marron délavé, il avait en son centre un étrange symbole circulaire dans lequel avaient été incrustées différentes runes qui lui étaient totalement inconnues. Chaque symbole était séparé par de minuscules pierres bleues et violettes. Elle observa les runes un moment et se lança enfin dans l’action. Elle fit pivoter d’un quart de tour vers la droite le cercle qui semblait être une clef, ce qui par chance le déverrouilla.
    De nature curieuse, elle l’ouvrit à la première page et découvrit d’étranges symboles, semblants s’apparenter à un inconnu langage. Il ne ressemblait en rien à tout ce qu’elle avait pu voir ou même apprendre jusqu’à ce jour.
    Elle soupira. Définir une date sur ce vieux bouquin n’allait pas être une partie de rigolade.
    Elle continua de tourner machinalement les pages et s’arrêta sur l’une d’elles. Les inscriptions se mirent à briller d’un bleu foncé, puis un étrange hologramme apparut, recouvrant toute la surface de la pièce.
    — Mais qu’est-ce que…
    
    Éléa sursauta puis avança, intriguée en son centre quand elle comprit ce qui venait de se dévoiler sous ses yeux : c’était la carte de ce qui semblait être un monde encore inconnu.
    — Je crois que je me suis fourrée dans de sales draps encore une fois. De toute façon, M. Strauss voulait que je l’examine. Il doit y avoir une raison pour qu’il m’ait laissé un manuscrit aussi précieux et étrange.
    
    Au bout de quelques minutes, l’hologramme cessa de fonctionner et la salle revint à la normale, au grand soulagement d’Éléa. Elle se précipita vers le livre, le ferma hâtivement et le rangea dans sa sacoche. Il fallait à tout prix qu’elle fasse part de ses découvertes au conservateur, elle savait qu’il serait plus qu’heureux d’apprendre qu’une chose aussi incroyable lui était arrivée.
    Elle s’apprêtait à emprunter le couloir qui menait à l’accueil lorsqu’elle entendit des voix inconnues dans le corridor. Elle s’arrêta net et se cacha instinctivement derrière l’un des piliers les plus proches afin de pouvoir observer la scène et éventuellement entendre une partie de leur conversation. M. Strauss était à terre, reculant face à cinq hommes aux visages recouverts par d’étranges capuches. L’un d’eux s’avança vers le conservateur qui essayait de cacher sa peur tandis que l’homme le menaçait muni d’une épée :
    — Dis-nous où il est, vieil homme, où est l’Artefact des Éléments ?
    — Je… Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Mon établissement se spécialise surtout dans l’histoire française. Jamais de ma vie je n’ai entendu parler d’un quelconque objet portant ce nom, bégaya le conservateur qui se releva en s’appuyant sur une colonne.
    — Mentir ne t’apportera aucune aide. L’un de mes espions sait que tu as reçu deux caisses en provenance de cette ville que les humains appellent « Rosean », répondit celui qui semblait être le chef du groupe.
    — Les caisses n’ont pas encore été ouvertes, je ne connais pas le contenu exact et même si je savais où était l’Artefact, je ne le laisserais jamais tomber entre les mains de Démons tels que vous !
    
    L’inconnu soupira et se retourna vers ses hommes de main.
    — Vous deux, venez avec moi chercher ces caisses ! Quant à vous, surveillez notre « ami ». Je m’occuperai de son cas plus tard.
    
    Comment ça « s’occuper de son cas » ? Il était hors de question que ces voleurs ne touchent ne serait-ce qu’à un seul des cheveux du conservateur ou qu’ils mettent la main sur une de leurs antiquités. Éléa était déterminée à le trouver avant eux, même si elle savait que cela comportait le risque de se faire prendre, voire pire, s’ils étaient tous armés.
    Elle fit le tour du bâtiment, cherchant un plan à exécuter si la situation devenait désavantageuse. Quelque chose lui disait que ces voyous n’étaient pas là pour plaisanter. Elle marcha jusqu’à l’accueil – l’endroit où la majorité des colis se trouvait lorsqu’ils venaient d’être livrés. Heureusement pour elle, ses adversaires n’étaient pas encore arrivés. Elle ferma le bureau à clef, attrapa un pied de biche et ouvrit à la hâte l’une des caisses en espérant que l’objet en question soit dans celle qu’elle venait d’ouvrir. Elle farfouilla quelques instants et en sortit un curieux collier.
    Forgé avec les bases d’une clef, il était surmonté par un symbole où cinq petites pierres rouges, jaunes, vertes, bleues et blanches étaient incrustées à l’extérieur. Elle remarqua alors que le bijou comportait les mêmes étranges similitudes que celui du livre qu’elle venait de découvrir.
    Sans plus tarder et par intuition, Éléa passa le collier autour de son cou et se décida à aller porter secours à M. Strauss. Elle retourna vers le couloir en courant sans prêter attention aux éventuels voleurs qui pourraient surgir de n’importe où. Quand elle fut assez proche, elle se mit à ralentir, se cala contre le mur et observa la situation. Elle devait agir rapidement avant que leur chef ne revienne les mains vides et qu’il décide de s’en prendre au pauvre homme. Éléa soupira. Visiblement, il n’y avait pas trente-six mille solutions si elle voulait le secourir : elle allait devoir les affronter directement. Elle cacha le médaillon à l’intérieur de son t-shirt et se résolut à se montrer.
    — Vous vous êtes trompés d’endroit si vous vouliez voler quelque chose. Tant que je travaillerai ici rien ne sortira des enceintes de cet établissement ! cria Éléa.
    
    Surpris, les voleurs lâchèrent leur prisonnier. Il courut se mettre en retrait, fouilla dans ses poches et en sortit un appareil rectangulaire dont il se servit pour appeler ce qu’Éléa espérait être la sécurité.
    Elle décida de régler son compte au premier individu qui s’approchait d’elle. Elle paraissait un peu trop confiante pour le Démon qui lui faisait face. Éléa lui donna un coup de poing qui alla le cueillir en plein dans la mâchoire. L’homme tituba en arrière en retenant un cri de douleur. Perdant son agilité par la même occasion, il se prit les pieds dans une des cordes de sécurité faisant tomber au passage les poteaux en fer servant à séparer les objets d’art des visiteurs. Au contact avec le sol, le bruit résonna à travers le bâtiment tout entier.
    C’était le moment pour Éléa et M. Strauss de s’enfuir. Tout ce vacarme avait certainement dû alerter celui qui était leur supérieur et il serait là sous peu. Éléa attrapa à la hâte ce qu’elle avait sous la main : un extincteur. Elle grimaça en fouillant ses souvenirs en espérant qu’elle se rappelait comment l’objet fonctionnait. Elle dégoupilla l’extincteur et appuya rapidement sur la poignée, envoyant de la mousse sur le Démon qui eut le réflexe de s’essuyer les yeux avec les mains, ce qui étala celle-ci davantage sur son visage.
    La jeune fille appuya une seconde fois et toucha l’autre Démon qui subit le même sort. Il se prit les pieds dans l’une des cordes servant à séparer les œuvres d’art des visiteurs et s’écroula de tout son long dans un bruit lourd.
    Éléa se précipita alors vers le conservateur.
    — J’ai l’objet dont ils parlaient ! Dépêchons-nous, ils ne vont pas tarder ! s’exclama la jeune fille qui s’apprêtait à le prendre par le bras.
    — Il est trop tard pour moi et puis je ne suis plus aussi jeune. Ils me rattraperaient sans aucun problème. Tu dois t’enfuir et protéger l’Artefact jusqu’à ce que les renforts arrivent.
    — M’enfuir et vous laisser seul face à ces criminels ? Il en est hors de question !
    — Topaz est beaucoup trop puissant pour que tu puisses l’affronter. Une humaine sans magie n’aurait même pas dû être mêlée à cette histoire, répliqua-t-il tout bas.
    — Vous l’avez appelé « Démon » un peu plus tôt. Qu’est-ce que vous avez voulu dire exactement ?
    — Écoute-moi bien Éléa. Le monde tel que tu le connais n’est qu’un reflet que nous voulons donner aux humains habitant la Terre. La vérité est que notre monde : Neacia, a pour mission de protéger la Terre de créatures appelées des « Démons ». Ils sont bel et bien réels et surtout extrêmement dangereux.
    — Regardez-moi ça ! rétorqua Topaz qui venait d’arriver. Auranor, le célèbre Analyste s’est associé à une humaine, comme c’est attendrissant.
    — Auranor ? s’exclama Éléa. Je croyais que vous vous appeliez M. Strauss ?
    
    Le conservateur hésitait à lui révéler la vérité, mais lorsqu’il vit la détermination de Topaz, il sut qu’il ne pourrait pas garder Éléa à l’écart très longtemps.
    — M. Strauss n’est qu’un nom d’emprunt, je t’expliquerai le reste plus tard.
    — Comment ça un nom d’emprunt ?!
    — Reste derrière moi. Je n’ai peut-être plus vingt ans, mais je saurai te protéger. Mes capacités magiques sont restées intactes au fil des années.
    — Comme que si tu pouvais faire quelque chose. Nous sommes beaucoup plus nombreux que vous et mes pouvoirs sont largement supérieurs aux tiens. Tu ne pourras pas la défendre bien longtemps.
    Il claqua des doigts et d’autres Démons apparurent comme par enchantement, laissant Éléa stupéfaite. Comment une telle chose était possible ? Soit elle était en train de rêver, soit elle avait oublié qu’une série télévisée devait être tournée dans le musée ou c’était du moins ce qu’elle espérait. Tout était pourtant bel et bien réel : les Démons existaient pour de bon, ils n’étaient pas de simples mythes et la magie n’était pas que de simples tours de passe-passe ni une chose fantaisiste.
    La situation devint un peu plus critique lorsque cinq Démons s’approchèrent d’eux, tandis que le duo reculait lentement.
    — Enfuis-toi Éléa ! Je me débrouillerai seul, ordonna Auranor.
    
    Elle ne répondit pas, s’avança vers leurs adversaires et entra d’office dans la bataille.
    — Vous devriez me connaître depuis le temps ! Je n’ai pas l’intention de vous laisser seul ! Et s’il vous arrivait quelque chose ? Je serai avec vous jusqu’au bout !
    
    Un sourire se dessina sur le visage d’Auranor. Il connaissait parfaitement le caractère d’Éléa et elle était prête à se battre si elle le devait. En voyant la détermination de sa jeune employée, il fit apparaître une étrange épée dans ses mains. Il hésita quelques instants, regarda comment la situation évoluait et comment il pouvait la faire pencher en leur faveur.
    Lorsqu’il se décida à passer à l’attaque, Éléa se rua à son tour sur l’un des assaillants. Elle bondit sur le Démon qui, surpris, tomba à la renverse. Au contact du sol, le poignet de l’homme émit un craquement. Il hurla de douleur pendant qu’une grimace se dessinait sur le visage de la jeune fille. Elle s’arrêta net quand elle remarqua que Topaz venait sans sa direction.
    L’Artefact ! Dans l’action, celui-ci était sorti du dessous de son t-shirt et était maintenant visible. Il était inutile d’essayer de le dissimuler à nouveau. Il l’avait vu et était bien déterminé à le lui prendre. Éléa se mit sur ses gardes, prête à l’affronter.
    Le Démon l’empara par le bras et l’envoya faire un vol plané à une dizaine de mètres avec une telle facilité, comme si elle était aussi légère qu’une plume.
    Elle se releva en se tenant le bras.
    — Les humains sont tellement bruyants et ennuyants, s’exclama-t-il l’air menaçant.
    — Tu aurais dû rester dans ton monde dans ce cas. On peut très bien se passer des gens de ton espèce, crois-moi.
    
    Topaz ricana. Était-ce de l’ignorance ? Il aimait quand ses adversaires lui donnaient du fil à retordre, cela rendait le combat encore plus passionnant. Il s’approcha d’Éléa avec une vitesse surhumaine et l’attrapa par le col de sa veste.
    — Pourquoi les protèges-tu ? Tu ne possèdes pas de magie et ce n’est même pas ton monde, répondit le Démon le sourire aux lèvres.
    — L’image que les terriens ont des Démons m’a appris à ne pas leur faire confiance et à encore moins marchander avec eux. Ils ne respectent jamais leur part du marché.
    — Tu as raison sur ce point. J’obtiens toujours ce que je veux, et je n’hésite pas à utiliser la force s’il le faut, répliqua-t-il en la lâchant.
    
    Le sol se mit à trembler et un étrange sceau noir apparut derrière lui. Auranor qui venait d’achever le dernier Démon revint vers elle. Éléa observa le cercle et fut surprise lorsqu’elle reconnut les arcanes semblables à ceux inscrits sur l’Artefact. Dans quel monde vivait-elle ? Elle qui pensait jusqu’à présent que les Démons n’étaient que fiction, voilà qu’elle se retrouvait à en combattre. Un Démon bien réel avec une magie toute aussi réelle et dévastatrice.
    Elle attrapa nerveusement l’une de ses mèches de cheveux. Que pouvait-elle faire ? Elle ne voulait pas laisser M. Strauss combattre seul. Soudain, des éclairs fusèrent des mains de Topaz et se précipitèrent vers eux. Éléa eut le réflexe tout comme l’Analyste de plonger sur le côté, les évitant de justesse.
    En se relevant, sa main effleura l’Artefact qui se mit à briller, entourant la jeune fille d’un halo de lumière rouge. Éléa ferma les yeux et se concentra sur l’étrange et puissante énergie qui s’était mise à parcourir son corps. Elle se sentait plus forte, invincible. Puis, soudainement, l’écho d’une voix féminine raisonna dans son esprit :
    
    
« Trouve les autres…
    Trouve les Gardiens…
    Rassemble-les… »

    
    Lorsque tout revint à la normale, elle remarqua qu’une dizaine d’inconnus venaient d’entrer dans la pièce, avec en premier plan, un homme la dépassant d’au moins une tête. Il avait de longs cheveux noirs et un regard à la fois perçant et rassurant. L’homme en lui-même dégageait une certaine prestance et l’armure argentée qu’il portait ne faisait qu’accentuer cet effet.
    — Topaz, tu es en état d’arrestation pour avoir violé plusieurs traités du Royaume Veradia et du Royaume Silëaën. Tu es également coupable pour avoir semé le trouble sur Terre, manquant de blesser des terriens.
    — J’aurais dû me douter que la reine enverrait Lidakil, son fameux « toutou » et sa garde après moi, répondit Topaz en ricanant.
    — Rends-toi sans faire d’histoires ou tu auras droit à un aller simple pour la prison d’Herael, menaça le Chevalier qui venait de faire apparaître une épée.
    
    Éléa reculait lentement vers Auranor qui était désormais protégé par quelques Chevaliers. D’autres Démons arrivèrent et l’encerclèrent. Il lui était impossible de rejoindre les autres. Topaz avait trouvé une nouvelle cible. Il voulait à tout prix l’anéantir. Il la considérait comme une véritable nuisance.
    Il s’avança vers elle pendant que son cercle magique se dessinait derrière lui et qu’il s’apprêtait à lancer son attaque. Progressivement, les éclairs commençaient à naître dans ses mains.
    Éléa mit instinctivement ses bras en avant comme si elle cherchait à repousser l’attaque. Elle matérialisa sans le vouloir une sorte de barrière d’énergie transparente, qui fit échouer l’attaque.
    — Analyste Auranor, depuis quand saviez-vous que votre employée était une Mage ? demanda stupéfait celui que les Chevaliers appelaient « Capitaine ».
    — Je n’en avais pas la moindre idée ! Elle n’avait aucun pouvoir quand je l’ai embauché ! répondit le vieil homme surpris à son tour.
    
    Le Capitaine fit signe à trois de ses camarades de venir le rejoindre et en un rien de temps, ils s’étaient regroupés autour du Démon qui n’avait aucune échappatoire possible. Une étrange fumée verte apparut, semant la panique parmi les Chevaliers et lorsqu’elle se dissipa, Topaz avait disparu.
    Lidakil poussa un juron tout en faisant disparaître son épée et marcha vers Éléa qui semblait complètement dépassée par les événements. L’Analyste l’avait déjà rejoint et s'asseyait à ses côtés, tandis qu’elle mettait de l’ordre dans ses pensées.
    — Je sais que tout ceci dépasse complètement ton imagination et je comprendrais si tu décidais de me haïr pour ne pas t’avoir dit la vérité plus tôt, mais j’avais comme mission de garder le tout secret.
    — Je ne pourrai jamais vous haïr et vous le savez bien ! lui fit remarquer l’adolescente avec un regard affectueux. Je ne comprends pas pourquoi je suis si calme alors que je devrais être effrayée et dépassée par tout ça…
    — Il faudrait qu’Auranor te fasse passer le test pour déterminer le taux de magie que tu possèdes, continua Lidakil tout en continuant de donner les derniers ordres.
    — Un test ? Quel genre de test ? Et mes parents ? Qu’est-ce que je vais bien pouvoir leur dire ? s’exclama Éléa.
    — Ne t’inquiète pas, il n’y a pas de chiffres ni quoique ce soit en rapport avec les maths si c’est ce que tu veux savoir, répondit l’Analyste le sourire aux lèvres. Pour ce qui est de tes parents, tu n’as pas à t’inquiéter. Le temps passe différemment sur Neacia. Le temps que tu reviennes, il se sera écoulé moins de trente minutes.
    — Pour votre sécurité, il serait préférable que vous veniez avec nous à l’Avant-Poste. J’irai informer Estella de la situation, répliqua Lidakil en surveillant les alentours.
    
    Le Chevalier ordonna le départ. Les membres du groupe revêtirent différentes capes pour cacher au mieux les armures et autres tenues extravagantes. Pour atteindre l’Avant-Poste, ils devaient passer par un bâtiment qui avait été conçu afin de protéger le passage entre Neacia et la Terre. C’était comme un voile qui séparait les deux mondes.
    En chemin, Éléa ne put s’empêcher de poser diverses questions au Chevalier et à l’Analyste qui essayaient d’y répondre avec le plus de précision possible.
    — Pourquoi est-ce que je n’avais jamais remarqué les Chevaliers auparavant ? Même Auranor je l’avais pris pour un humain tout à fait banal !
    — Ceux qui ont la chance de travailler pour la reine de notre royaume suivent une formation spéciale sur la Terre et ses coutumes. Il est facile pour nous par la suite de nous fondre dans la masse, expliqua Lidakil l’air sérieux.
    — Est-ce qu’il n’y a qu’Heaven City de protégée par les Chevaliers ?
    — Non, nous possédons différentes branches à travers le monde entier. Chacune d’entre elles surveillent de près l’usage de la magie. Dès qu’un pic d’activité est trop élevé, nous intervenons.
    — Et qu’est-ce qu’il y a de si spécial à Heaven City pour que vous ayez une base directe avec cet autre monde… votre monde ?
    — C’est le lieu où le flux de magie est le plus important, mais aussi le plus instable. Et puis, l’un des rares Téléporteurs qui ont été construits sur Terre se trouve ici. Le second a été découvert à Paris en France durant l’exposition universelle de 1900.
    — C’est incroyable ! répondit Éléa hébétée.
    
    Le groupe entra dans une curieuse librairie nommée « Le Livre Poussiéreux » située à un pâté de maisons plus loin. Éléa ne cacha pas son étonnement lorsqu’elle pénétra dans la boutique. La librairie d’une taille moyenne avait été agencée avec de vieux meubles en bois répartis un peu partout dans la pièce. De part et d’autre étaient éparpillés des dizaines de rayonnages tous encombrés de piles de livres qui menaçaient de tomber à tout instant. Seul un tout petit comptoir disposé à l’entrée du magasin faisait office d’accueil pour d’éventuels clients. Visiblement, le propriétaire de la boutique n’était pas un adepte du rangement.
    Intriguée, Éléa s’apprêtait à prendre un ouvrage au hasard quand celui-ci se mit à voler pour aller se ranger quelques mètres plus hauts. Elle vit ensuite une dizaine d’ouvrages qui se déplaçaient d’un endroit à un autre sans jamais trouver leur bon emplacement. Elle regarda Lidakil surprise qui se mit à rire suivi par l’Analyste.
    — La librairie utilise un sortilège de rangement. Comme tu peux le constater, la propreté et l’ordre ne sont pas ses points forts, répondit Auranor en lui adressant un clin d’œil.
    — Lidakil ! Combien de fois vais-je devoir te dire de ne pas utiliser ma boutique en tant que portail ? Tes soldats font un de ces vacarmes à chaque fois qu’ils passent par ici ! Et regarde-moi la quantité de poussière qu’ils amassent ! grommela un monsieur qui semblait âgé qui venait d’arriver.
    — Ta librairie est déjà un nid à poussière, vieille bourrique, cesse donc de te plaindre ! intervint Auranor dont le visage commençait à virer au rouge.
    
    Le libraire regarda l’Analyste d’un œil noir et se tourna vers Lidakil sans même prendre le temps de répondre.
    — Oncle Merus, je te présente Éléa.
    — Ah, si vous êtes ici c’est que vous avez déjà trouvé un Gardien ? s’exclama-t-il à nouveau tout en dévisageant Éléa par-dessus ses lunettes en demi-lune. C’est donc sur les épaules d’une enfant que repose la sécurité de Neacia ? Le monde magique est définitivement perdu, ma parole. Bon allez, du balai, j’ai encore du travail !
    
    Tandis qu’il allait se placer derrière le comptoir, Éléa en profita pour le dévisager à son tour. Merus était un homme de petite taille, trapu, les cheveux courts, grisonnants, laissant paraître les quatre vingtaines d’années. Il portait un simple pantalon de toile marron, une chemise à carreaux délavée et une paire de souliers certainement bonne pour la poubelle.
    Ils se dirigèrent vers l’arrière de la boutique et lorsqu’ils franchirent la seconde porte, Éléa resta bouche bée devant ce qu’elle voyait. Elle aurait juré avoir changé de monde. Une gigantesque bâtisse en pierre blanche lui faisait face, affichant un énorme drapeau bleu ciel arborant un blason mélangeant certaines fleurs. Sur la droite, cinq Chevaliers s’entraînaient à l’épée tandis que quatre autres préféraient combattre à mains nues.
    — Ceci n’est que l’Avant-Poste. Nous sommes en fait à la frontière entre notre monde et la Terre, mais si nous voulons aller jusqu’à Neacia, il nous faut alors emprunter le Téléporteur. C’est une sorte de machine à voyager sauf qu’elle a besoin d’un code spécifique à notre royaume sinon elle ne fonctionnera pas.
    — Comment votre oncle fait-il quand il reçoit des clients humains ? Est-ce qu’ils peuvent voir les livres bouger ?
    — Non, pour ceux qui ne possèdent pas de magie, tout ceci est invisible. Lorsqu’ils franchissent le seuil de la librairie, c’est une boutique tout à fait ordinaire pour eux, expliqua Lidakil pendant qu’ils entraient dans le bâtiment. Pour l’instant, je vais prévenir sa Majesté de notre arrivée. Nous ne devions pas revenir avant quelques mois. Et puis, lorsque je l’ai quittée, notre capitale était attaquée par un groupe de Démons et de Sorciers.
    
    Il s’arrêta et observa Éléa dont le visage changeait subitement de couleur.
    — Est-ce que tu vas bien ? demanda-t-il soucieux.
    — Je ne comprends pas grand-chose. Cette histoire d’artefact, de magie, de royaumes… Et ce type, là, Topaz, il va continuer à me chercher, je suppose ? Pour être honnête, je suis complètement dépassée par les événements !
    — Une tâche dangereuse, mais très importante t’a été confiée, tu n’es pas obligée de l’accepter. Nous avons une ancienne légende qui raconte que quatre Gardiens aux pouvoirs provenant de nos anciens Dieux viendraient délivrer Neacia et la Terre du danger qui les menace. Nous avons reçu comme mission d’apporter l’Artefact des Éléments à Auranor.
    — L’une de nos Prêtresses avait vu l’arrivée des Gardiens dans cette ville. Nous devions les trouver avant qu’ils ne se fassent tous tuer par « Le Fléau », continua l’Analyste.
    — Mais ne t’en fais pas, tu auras notre aide et notre soutien ! répliqua aussitôt le Chevalier.
    — Comment pouvez-vous être sûr que je suis bien la personne que vous cherchez ? À quand remonte la dernière apparition des Gardiens exactement ? demanda Éléa qui n’en croyait pas un mot.
    — D’après de vieux manuscrits, il semblerait que cela remonte à mille ans, nous ne les avons pas revus depuis la Guerre contre les Orcs. Pour répondre à ta première question, seul un Gardien peut activer un Artefact.
    — C’est tout simplement incroyable… Je ferai mon possible pour les trouver et éviter qu’un accident comme celui avec Topaz n’arrive encore une fois, mais je ne vois pas ce que je pourrais faire !
    — Malheureusement, il n’est pas notre ennemi principal, il n’est qu’un pion parmi tant d’autres sur l’échiquier d’un Démon appelé « Le Fléau ». C’est la menace que nous devons éradiquer à tout prix, répliqua Auranor d’un air grave.
    — Ne t’en fais donc pas. Tu auras notre protection, répliqua Lidakil pour la rassurer.
    — Les Chevaliers ont aussi accès à la magie ? demanda Éléa surprise.
    — Oui. On considère que chaque être humain né avec de la magie, mais avec des taux différents. Les Chevaliers apprennent une magie très ancienne que l’on nomme « Magie Verte ». Elle puise son essence dans la terre et la nature qui nous entoure, lui expliqua Lidakil. Cependant, ils ont ordre de s’en servir qu’en cas d’urgence. Cela évite des débordements ou des envies de pouvoir et de conquêtes.
    
    Alors qu’ils entraient dans l’édifice, mille et une questions traversaient la tête d’Éléa : dans quel genre d’aventure s’était-elle embarquée ? À quoi ressemblait le Téléporteur ? Est-ce que l’étrange livre qu’elle avait ouvert un peu plus tôt avait un rapport avec ce monde fantastique ? Elle qui aimait d’habitude lire des romans fantastiques, la réalité lui semblait tellement plus dangereuse et incroyable, mais elle savait qu’elle finirait par s’y habituer rapidement.
    Elle soupira et regarda Lidakil s’éloigner tandis qu’elle s’installait près de la fenêtre. Son regard dériva rapidement sur les Chevaliers en plein entraînement. Elle se sentait quelque peu nostalgique face à eux. D’étranges et lointains souvenirs essayaient de refaire subitement surface.
    

Texte publié par AURORA, 31 juillet 2020 à 17h42
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Tome 1, Chapitre 1 « L'Analyste et le Chevalier » Tome 1, Chapitre 1
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