Pourquoi vous inscrire ?
«
»
Tome 1, Chapitre 29 Tome 1, Chapitre 29
Mes plans tombèrent à l’eau. Nous venions tout juste de nous mettre à table lorsque Mr Barkley débarqua dans le salon, essoufflé, des gouttes de sueur perlant sur son front.
    — Je viens vous annoncer mon départ, dit-il précipitamment. Nous avons peut-être repéré une nouvelle recrue en Amérique du Sud. Je pars immédiatement.
     Liz et lui échangèrent un long regard, puis il quitta la pièce aussi vite qu’il était entré.
     Il a le feu aux fesses ou quoi ?
     Je n’eus pas le temps d’avoir une réflexion plus approfondie (ni plus mature) de la situation.
     — Les filles, nous devons partir, nous aussi.
     Par les expressions de mes comparses, je compris que la voix de Liz ne résonnait pas uniquement dans ma tête.
     — Ne paniquez pas ! Surtout faites comme si tout était normal…
     Facile à dire !
     Une image s’imposa soudain à moi : la pièce insonorisée, le bureau de Liz à côté du laboratoire
     — Nous ne pouvons pas en discuter ici. Rendez-vous là-bas, après le repas.
     Elle se remit à manger avec tout le naturel que lui permettaient ses talents d’actrice. Mais nous n’étions pas aussi douées. Nous passâmes le reste du repas à fixer notre assiette, Cam, Sara, Melody et moi. Aucune d’entre nous n’osait dire quoi que ce soit, de peur de faire La boulette. J’avais complètement oublié les questions à poser à Melody.
    
*

    — Qu’est-ce que ça veut dire ? lança Sara, à peine la porte refermée.
     Elle n’était pas la seule à être impatiente. Je me balançais d’une jambe sur l’autre. Mon rythme cardiaque n’avait fait que s’accélérer pendant tout le trajet jusqu’au laboratoire. Nous l’avions trouvé vide, normal à cette heure de la journée. Pourtant, cela nous avait semblé étrange après la traversée des couloirs du Q.G. grouillant de monde s’agitant en tout sens. Les militaires et employés, nous évitant d’habitude, nous avaient dévisagées à notre approche. Je déglutis en repensant au regard noir des deux coachs, que je pensais absents depuis que Mr Barkley nous avait exemptées des cours.
     Quelque chose ne va pas ici, c’est sûr.
    — Mr Barkley a été viré, annonça Liz de but en blanc.
    — Mais… alors… s’inquiéta Cam.
     Liz acquiesça.
    — Alors, nous ne sommes plus en sécurité ici. Depuis notre petite escapade, nous n’avons plus la confiance de ceux qui prennent les décisions. Mr Barkley a fait de son mieux, mais maintenant c’est fini.
     Une boule de culpabilité se forma dans ma gorge.
    Si seulement nous étions restées tranquilles…
    — Qu’est ce qu’on fait, du coup ? demanda Sara
    — On part, avant que quelqu’un d’autre ne décide de notre destin. Mr Barkley et moi avons déjà tout prévu…
    — Et… et on va où ?
     La question de Cam sembla perturber notre chère rouquine. Elle soupira.
    — Pour le moment, on se planque comme on peut. Je n’ai pas encore assez d’informations pour déterminer une destination précise.
     Comme nous replongions dans le silence, je dévoilai mes inquiétudes :
    — Tu ne penses pas qu’on nous suivra ? Ils soupçonnent peut-être quelque chose… Déjà le fait que nous nous retrouvions toutes ici, c’est louche…
    — Ils ne se doutent de rien, si ça peut te rassurer. De toute façon, que pourront-ils faire pour nous retenir ?
     J’approuvai d’un hochement de tête, même si je n’étais pas sûre d’être prête à me battre contre la terre entière pour ma liberté.
    — Puisqu’il n’y a plus de question, conclut Liz, je vous donne rendez-vous dans ma chambre vers minuit. Préparez vos affaires : uniquement le strict nécessaire.
    
*

     À 23h30, j’empaquetai dans mon sac à dos des vêtements de rechange, ma trousse de toilette, une couverture, mon MP3, ainsi que la photo de mes parents soigneusement encadrée. Ensuite, je m’habillai en prenant soin de mettre plusieurs couches. Une fois mon nouveau taser placé dans ma poche, je m’assis sur le lit et attendis.
     Où allons-nous ?
    Une des nombreuses questions que je me posais depuis notre discussion à la fin du repas. Dans quelques instants, je partirai à nouveau vers une destination inconnue, sans savoir ce que me réservait l’avenir. On pourrait penser qu’on s’y habitue, à force, mais pas vraiment, en fait.
     Liz a l’air de savoir quoi faire au moins…
     Cela me rassurait moyennement, de savoir qu’elle avait déjà prévu le coup. Mais une chose surtout me redonnait du courage : cette fois, je n’étais pas seule. Quelles que soient les épreuves, nous les affronterions ensemble.
     Ça fait une sacrée différence, l’air de rien…
     23h57. Je quittai ma chambre et me faufilai à pas de loup dans le couloir sombre : surtout ne réveiller personne. Une fois sur place, je pus découvrir que tout le monde était déjà là, sauf Liz.
     Mais qu’est-ce qu’elle fout ?
     Tous les yeux qui s’étaient levés vers moi à mon entrée se baissèrent aussi vite. Les filles se posaient la même question.
    — Tu l’as croisée ? demanda Cam avant de recommencer à se ronger les ongles.
     Je secouai la tête. Elle m’adressait à nouveau la parole. En revanche, cela prendrait plus de temps pour Sara, qui était assise dans le coin opposé. Je pris place sur une pile de livres à côté de Melody. L’attente ne fut pas longue, bien qu’elle me parut durer des heures. Quelques minutes plus tard, Liz pénétra dans la pièce, suivie d’une haute silhouette. Je le reconnus grâce à la réaction de Sara, ne pouvant discerner ses traits dans l’obscurité.
    — Il vient aussi ?
     Elle avait chuchoté aussi fort qu’elle pouvait. La rouquine lui fit signe de se taire.
    — Oui, il vient avec nous. Et ce n’est pas discutable.
     J’imaginai Sara lever les yeux au ciel dans l’obscurité. Elle ne fit plus d’objection cependant, comprenant l’urgence de la situation. Stanislas entra dans la pièce et déposa quelque chose par terre : deux énormes sacs en toile. Ça avait l’air lourd. Liz s’empressa de fouiller dedans et en tira trois sacs plus petits, mais tout de même massifs. Elle en donna un à Melody et moi, un à Cam et Stan (qui s’étaient rejoints évidemment) et un à Sara.
    — Ils contiennent une tente pour deux et des sacs de couchage. Ne posez pas encore de question. Il faut d’abord sortir d’ici.
     Elle nous mena hors de la chambre, vers la porte de secours utilisée auparavant par Sara. Elle était verrouillée, mais Liz n’eut aucun mal à l’ouvrir. Je descendis les escaliers de secours pour la première fois, bien qu’ayant déjà emprunté la porte. Melody prit la tente et la porta pour nous deux, tandis que je me chargeai de son sac à dos : elle avait plus de muscles que moi. Stan portait aussi le sac seul. Quant à Sara, Liz ne lui avait pas vraiment laissé le choix. Nous marchions dans l’obscurité, l’herbe humide couinant sous nos pieds et le froid mordant nous faisant frissonner.
     On va où comme ça ?
     Nous quittions les lumières du bâtiment et je distinguais à peine, quelques mètres devant moi, celle qui nous guidait. Elle avançait sans hésitation. Bientôt nous rencontrâmes un obstacle : un grillage de six mètres de haut nous séparait de l’extérieur. Il me suffit d’un coup d’œil pour voir qu’il était électrifié. Rien d’alarmant pour Liz, elle créa une brèche d’un simple geste et nous passâmes un à un dans l’ouverture.
    — Ce serait plus facile en volant… entendis-je murmurer Sara. Mais bien sûr, puisque le sorcier ne sait pas voler…
    — La ferme, Sara !
     Cam avait parlé bas, mais avec suffisamment de violence pour lui clouer le bec et pour me faire trébucher d’étonnement.
    — Je ne sais pas voler aussi, me souffla Melody à travers son foulard.
     Les tremblements de sa voix m’indiquèrent qu’elle ne se réjouissait pas à cette perspective. Cependant, rien de tel n’était prévu. Quelques dizaines de mètres plus loin, sur un étroit sentier, nous attendait une fourgonnette, dont Liz avait les clés. Elle nous invita à poser nos affaires à l’intérieur.
    — Tu sais conduire, non ? lança-t-elle à Stan.
     Elle n’attendit pas la réponse, qu’elle devait connaitre, pour s’installer place passager. Après un dernier regard à Cam, il prit place derrière le volant. Melody et moi n’eûmes donc d’autre choix que de nous asseoir à l’arrière, en compagnie d’une Sara ruminant et d’une Cam sur la défensive.
     Super ambiance…
     Le véhicule démarra et nous nous mîmes en route à travers champs, quittant définitivement notre refuge.

Texte publié par LizD, 8 septembre 2020 à 18h28
© tous droits réservés.
«
»
Tome 1, Chapitre 29 Tome 1, Chapitre 29
LeConteur.fr Qui sommes-nous ? Nous contacter Statistiques
Découvrir
Romans & nouvelles
Fanfictions & oneshot
Poèmes
Foire aux questions
Présentation & Mentions légales
Conditions Générales d'Utilisation
Partenaires
Nous contacter
Espace professionnels
Un bug à signaler ?
1583 histoires publiées
726 membres inscrits
Notre membre le plus récent est Nyernen
LeConteur.fr 2013-2020 © Tous droits réservés