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Tome 1, Chapitre 8 Tome 1, Chapitre 8
Je refusais d’ouvrir les yeux. La sensation du sommeil et de ce lit douillet était si douce que je ne voulais pas la quitter. Puis mes souvenirs refirent surface et je me levai d’un bond.
     Où suis-je ? Et l’hélicoptère ?
     Visiblement, la fatigue avait eu raison de moi au cours du trajet. Ma tête se mit à tourner et je dus me rasseoir sur le lit.
     La prochaine fois, réfléchis avant de bouger trop vite !
     Une fois mes esprits retrouvés, j’inspectai mon nouvel environnement. C’était une chambre plutôt simple qui aurait pu ressembler à la cellule si elle n’avait pas été beaucoup plus grande, plus chaleureuse et plus lumineuse. Une grande fenêtre occupait le mur derrière le lit. De grands rideaux empêchaient la lumière du jour de pénétrer dans la pièce, mais les quelques rayons qui parvenaient à passer suffisaient amplement. La chambre était aussi abondamment meublée : une garde-robe, un bureau, une chaise, une table de nuit et le lit, bien sûr. Comme dans la cellule, il y avait deux portes, l’une d’elle menant certainement à une salle de bain. En revanche, celles-ci étaient identiques, en bois recouvert de peinture blanche. D’ailleurs, cette couleur avait apparemment été choisie pour décorer toute la pièce, rideaux compris. Seuls les meubles avaient été épargnés et conservaient leur couleur de bois initiale.
     En me levant une seconde fois, je décidai d’agir sans précipitation. J’ouvris les rideaux et regardai par la fenêtre. Dehors, c’était la campagne : des champs, des prairies et des bois à perte de vue. Impossible de situer l’endroit où je me trouvais. Je déduisis cependant, par l’emplacement du soleil, que nous étions à une heure bien avancée de la journée.
     Ensuite, j’entrepris d’inspecter les portes. Comme prévu, l’une d’elle menait à une salle de bain simple, mais propre et confortable. J’eus un moment d’hésitation avant d’ouvrir la seconde.
     Et si je m’étais fait avoir ? Et si elle était fermée ?
     Le seul moyen de le savoir était de vérifier. J’appuyai sur la poignée et tirai doucement. La porte s’ouvrit sans problème sur un couloir aux murs aussi blancs que ceux de la chambre. Je refermai en silence et revins m’asseoir sur le lit. J’avais besoin de faire le point : je me trouvais donc dans un bâtiment au milieu de nulle part, bâtiment où j’avais mes aises et où il m’était permis de circuler librement. Jusque-là, la parole de Mr Barkley semblait tenue. Je me rappelai alors une chose essentielle.
     Mon sac à dos ! Où est-il ?
     Mes yeux parcoururent à nouveau la pièce à toute vitesse, avant d’apercevoir avec soulagement une forme noire en-dessous de la chaise. Je remarquai également mes baskets au pied du lit, ainsi qu’une nouvelle veste suspendue à la chaise. Proprement pliés sur celle-ci m’attendaient aussi des vêtements de rechange.
     Je me changeai rapidement et déposai mes habits sales sur la chaise (après tout, j’avais dormi avec). Les nouveaux étaient tout aussi simples que les précédents : un jean et un T-shirt, noir cette fois. La principale différence résidait dans leur matière : ils étaient étrangement bien plus épais. Je me chaussai, fit un saut dans la salle de bain pour me brosser les dents et arranger ma coiffure, puis je me décidai enfin à sortir.
    Je refermai délicatement la porte derrière moi. Là, je pus constater qu'elle n’était pas entièrement vierge : mon prénom était inscrit en lettres noires, à peu près à hauteur de mes yeux. C’était donc ma chambre. Le couloir se prolongeait à droite et à gauche. Je choisis cette dernière direction, au hasard. D’autres portes longeaient ce couloir, certaines portant des noms de pièces et, plus intriguant, d’autres portant des prénoms. Je me mis à les énumérer et, plus leur nombre augmentait, plus l’excitation me gagnait. Je n’eus cependant pas le temps d’en compter beaucoup puisque, surgissant de l’une des portes, un visage familier apparut, souriant.
    - Je me disais bien que la curiosité finirait par te réveiller, dit Mr Barkley, de son accent so british.
     Il portait un costume noir, exactement le même que lorsque nous nous étions rencontrés.
    - Quelle heure est-il ? demandai-je.
    - Dix-neuf heures, presque l’heure du repas.
     Il n’avait même pas eu besoin de regarder sa montre… Je fis un bref calcul.
     J’ai dormi si longtemps ?
    - Que…
     Je ne parvins pas à terminer ma phrase. Tant de questions fusaient dans mon esprit et brouillaient mes pensées. Jamais je n’avais eu autant de mal à réfléchir. Il sembla comprendre et eut un de ces sourires rassurant dont il avait le secret.
    - J’imagine que tu aimerais quelques explications à présent… Malheureusement, je vais devoir te demander de patienter encore un peu. J’aimerais beaucoup répondre à toutes tes questions moi-même, mais quelqu’un d’autre le fera certainement mieux que moi.
     Quelqu’un d’autre ?
     Je ne pus cependant pas poser la question car il m’indiqua une direction et m’enjoignit à le suivre. Il me conduisit jusqu’au bout du couloir. Là, un escalier, blanc aussi, menait aux autres étages. Il commença à descendre les marches et je le suivis. Soudain, parmi le désordre de mes idées, une question évidente sortit du lot.
    - Où allons-nous, au juste ?
    - Dans une pièce que nous appelons le « salon », car c’est à ça qu’elle sert. Les autres doivent y être à cette heure…
     Les autres ?!
     Je m’arrêtai instantanément. Non, ça ne pouvait pas vouloir dire ce que j’espérais que ça veuille dire ! Il fallait que je digère l’information. Mr Barkley, lui, se retourna, pas le moins du monde surpris par ma réaction.
    - Tu pensais vraiment être toute seule ? me lança-t-il avec un clin d’œil.
     Il se remit en marche et je fis un effort pour mettre un pied devant l’autre.
    - Tu sais, elles étaient vraiment impatientes de te rencontrer. J’ai presque dû insister pour qu’elles te laissent dormir…
     Elles… ce sont donc des filles.
     Ça collait avec les prénoms que j’avais pu lire sur les portes.
     L’escalier débouchait sur un autre couloir identique. Mr Barkley s’arrêta devant la troisième porte, sur laquelle « SALON » était écrit en lettres noires. Je m’attendais à ce qu’il ouvre la porte et les battements de mon cœur s'accéléraient déjà, mais il s’arrêta et se tourna vers moi, soudain plus sérieux.
    - Tant que nous sommes encore seuls, j’aimerais te poser une question délicate, dit-il, une question qui concerne tes parents.
     Un peu calmée, je l’écoutai en silence, même si je pensais savoir ce qu’il allait me dire.
    - Bien sûr, tu sais que nos équipes les surveillent et les protègent. Ils ne craignent donc plus rien. Maintenant, c’est à toi de décider s’ils doivent apprendre la vérité et par qui ils doivent l’apprendre. Ils peuvent même venir ici, si tu veux…
     Je pris une minute pour y réfléchir. En fait, la question m’avait déjà traversé l’esprit, mais mieux valait ne rien précipiter. Evidemment, je voulais les revoir et les rassurer. J’aurais voulu les serrer dans mes bras et leur dire que je les aime et que, si j’avais fait tout ça, c’était pour les protéger. Si ça avait été possible, j’aurais même voulu vivre de nouveau avec eux. Ils me manquaient tellement… Mais je ne pouvais pas le faire, quelque chose m’empêchait de dire oui. Ce n’était pas seulement de Marcus que je voulais les protéger, mais aussi de moi, de mon secret, de la vie que je serais obligée de mener.
    - Non, dis-je, je ne veux pas qu’ils l’apprennent pour l’instant.
     Mr Barkley hocha gravement de la tête.
    - Très bien, c’est ta décision. Préviens-moi si tu veux de leurs nouvelles, ou si tu changes d’avis.
     Soudain, comme si cette discussion n’avait jamais eu lieu, son sourire réapparut et il me lança :
    - Alors ? Prête ?
     Je ne pus m’empêcher de sourire à mon tour devant sa bonne humeur contagieuse et j’acquiesçai, retrouvant mon excitation. Alors, il poussa doucement la porte. J’étais au comble de l’impatience.
     Allez ! C’est à croire qu’il le fait exprès, pour le suspense !

Texte publié par LizD, 21 juillet 2020 à 08h02
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