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Tome 1, Chapitre 7 Tome 1, Chapitre 7
Je levai à nouveau les yeux vers le mur en béton, puis vers la petite table et la chaise, et enfin vers le lit. J’avais vite fait le tour : c’était tout ce que contenait ma cellule. Cette petite pièce carrée d’environ trois mètres sur trois était uniformément grise. Pas une seule fenêtre. Seule une lampe à néon l’éclairait. Celle-ci s’éteignait lorsqu’il faisait nuit ou, du moins, lorsque j’étais censée dormir. Je n’avais aucun autre moyen de mesurer le temps.
     Le lit était contre l’un des murs, la table contre un autre, et sur chacun des deux derniers côtés, il y avait une porte. L’une d’elles était large et épaisse : c’était la porte d’entrée. L’autre était de dimensions normales. Aucune ne possédait de serrure. La première s’ouvrait de l’extérieur par je ne sais quel mécanisme. La seconde s’ouvrait automatiquement tous les « matins ». Elle menait à la salle de bain.
     Le premier jour, je m’étais réveillée avec un mal de crâne atroce et un goût de bile dans la bouche. Le temps de reprendre mes esprits et de comprendre ce qu’il m’était arrivé, la porte s’était ouverte. Je m’étais levée et avais prudemment avancé. La salle de bain était composée de deux pièces. La première était entièrement vide et carrelée et servait d’antichambre à la salle de bain proprement dite, avec une douche, des toilettes, un lavabo et un miroir incrusté dans le mur.
     La porte s’était immédiatement refermée derrière moi et une voix, sans doute sortie d’un micro caché, avait retenti :
    - Déshabillez-vous.
     Même pas un « s’il-vous-plait » ?
     C’était très embarrassant car je ne doutais pas qu’il y avait également des caméras dissimulées. Cependant, j’avais bien besoin d’une bonne douche. Je m’étais donc débarrassée de mon jean, de mon sweat, ainsi que de mes sous-vêtements crasseux. Je m’étais alors aperçue que je n’avais plus ni veste, ni chaussures, ni sac à dos. Ce dernier point m’embêtait davantage : toutes mes affaires (et surtout la photo) étaient à l’intérieur.
     Comme il ne faisait pas chaud, je m’étais rapidement avancée, frissonnante, vers la douche. Encore une fois, une porte (invisible jusque-là) s’était refermée entre les deux pièces. Le jet s’était mis en route tout seul. Au moins, c’était la bonne température. Un instant, j’avais tout oublié pour ne penser qu’à cette délicieuse eau chaude, mais mon plaisir n’avait été que de courte durée. L’eau avait cessé de couler et j’étais sortie de la douche, propre et bien réveillée.
     J’avais alors trouvé une serviette sur le lavabo. En me séchant, j’avais entrepris de m’inspecter dans le miroir. Comme j’avais pu le remarquer, mes ailes avaient de nouveau disparu. Cependant, j’étais plus mal en point que je ne pensais. J’avais encore maigri, si cela était possible, et d’énormes bleus recouvraient l’entièreté de mon corps. J’avais alors repensé aux serpents noirs de Marcus : c’était la seule explication. Mais le pire, c’était mon poignet droit : une grande trace noire indiquait l’endroit où il l’avait agrippé. En voulant y toucher, j’avais immédiatement ressenti une violente douleur. J’avais donc décidé de laisser ça ainsi.
     De retour dans l’antichambre, mes affaires avaient disparu, remplacées par des vêtements neufs. J’avais rapidement enfilé le jean et le T-shirt blanc, un peu mal à l’aise à l’idée que quelqu’un soit venu ici pendant que je me lavais et qu’une autre personne m’ait sans doute observée tout ce temps. Ensuite, j’étais revenue dans la « chambre » et m’étais recroquevillée dans un coin, endroit stratégique que je n’avais plus quitté depuis, sauf pour retrouver ma douche bien-aimée. Là, je broyais du noir.
     Comme pour changer…
     J’avais également eu tout le temps d’inspecter la pièce : aucune trace des caméras. Car il y en avait : cela ne faisait pas l’ombre d’un doute.
     Quel est cet endroit ? Une prison ? Un labo secret ?
     C’était la première question que je m’étais posée et je n’avais toujours pas de réponse. Mais ce qui me tourmentait le plus depuis que j’avais atterri là, c’étaient les paroles de Marcus. A croire qu’il l’avait fait exprès, afin de me pourrir la vie même en son absence.
     Briser les insectes comme toi, c’est mon travail…
     De quel travail parlait-il ? Quel genre de personne embaucherait des gens comme lui ? Et surtout quel genre de métier exigerait de persécuter ainsi les gens ? Mais l’autre partie de la phrase était encore plus énigmatique.
     Des insectes comme moi…
     En dehors de l’insulte et, si j’avais bien compris, cela signifiait qu’il existait d’autres personnes comme moi. Si c’était le cas, cette information était capitale : je n’étais peut-être pas seule ! Mais cela pouvait aussi signifier autre chose. « Comme moi » voulait peut-être simplement dire « anormaux ».
     Son métier serait donc de traquer les gens bizarres, les monstres ?
     C’était une hypothèse comme une autre. Ou alors, le mot insecte n’était pas une insulte : peut-être travaillait-il dans le domaine des papillons (ce qui expliquait le symbole) et il me comparait avec eux…
     Ou pas !
     Ou alors tout ça n’avait aucune signification et je me creusais la tête depuis trois jours pour rien… Ce qui était tout aussi plausible que le reste (mis à part l’hypothèse des papillons qui était le pur fruit de mon esprit fatigué).
     Finalement, je penchai plutôt pour la deuxième explication, même si cela ne collait pas vraiment, puisqu’il était lui-même un monstre. En tout cas, elle était plus probable que la première par le simple fait qu’elle était beaucoup moins réjouissante. J’avais eu maintes fois l’occasion de constater que la vie s’arrangeait souvent pour être le contraire de ce que l’on espère… Je secouai la tête.
     Arrête de penser à ça ! Son but est justement que tu te prennes la tête !
     Je ramenai mes jambes près de mon corps et posai la tête sur mes genoux.
     Combien de temps devrai-je encore poireauter ici ?
     Soudain, je crus entendre du bruit, à l’extérieur. Quelqu’un venait. Je pensai d’abord qu’il s’agissait de l’homme qui, tous les jours, m’apportait les repas (que je ne mangeais pas, qu’importe ma faim) et changeait les draps du lit (dans lequel je ne dormais pas non plus). Mais il était beaucoup trop tôt : l’assiette contenant le sandwich du midi n’avait été apportée qu’environ deux heures auparavant, à ce qu’il me semblait. A force d’attendre sans rien faire, on finit par avoir une bonne notion du temps, non ?
     Les pas se rapprochaient.
     Qui est-ce ? Que vont-ils me faire ?
     La peur au ventre, j’attendis que la porte coulisse, laissant apparaître un homme d’une quarantaine d’années. Deux colosses le suivaient. Eux, je les reconnus : ils accompagnaient toujours l’homme des repas et ils gardaient sans doute ma cellule. L’inconnu avança, un sourire mielleux aux lèvres. Il avait les cheveux blond vénitien avec un début de calvitie. Avec son regard gris perçant et son air faussement affable, il ne m’inspirait pas confiance. Je regardai ailleurs, prenant l’air le plus indifférent possible. Il prit la chaise qui accompagnait la table et s’assit face à moi, puis m’observa longuement. Non, décidément, je ne lui faisais pas confiance.
     Qu’est-ce qu’il croit ? Qu’il suffit d’enlever sa blouse blanche et de prendre un air détendu pour ne plus avoir l’air d’un scientifique ?
     Il sortit un carnet de notes de sa poche.
     Grillé !
    - Alors Emily, dit-il d’une voix qui se voulait amicale, j’aurais quelques questions à te poser. Mais d’abord, est-ce que tu sais où tu te trouves ?
     Je haussai les épaules, comme si la question ne m’intéressait pas.
     J’ai promis de me laisser faire, mais ne crois pas que je vais te faciliter la vie, mon Coco !
     Il eut un sourire satisfait, pas vraiment la réaction à laquelle je m’attendais.
    - Ça m’étonnerait que tu le saches, dit-il, à vrai dire, très peu de gens connaissent son existence. Tout ce que je peux te dire, c’est que tu n’as pas quitté le pays.
     Aucune réaction de ma part. En tout cas, il avait l’air très fier de sa prison. On voyait bien que ce n’était pas lui qui y était enfermé.
    - Tu es ici depuis trois jours, poursuivit-il.
     Cela correspondait avec ce que j’avais calculé en fonction de la lampe.
    - A vrai dire, nous étions censés t’observer pendant deux jours encore, mais tu ne sembles pas très coopérative, je me trompe ?
     Non… Tu crois ?
     Contrairement à moi, il ne se lassait pas de ce monologue.
    - A vrai dire, je commence à me demander si tu comprends ce que je dis… Est-ce que tu comprends ?
     Je le regardai dans les yeux et il dut voir à quel point je le détestais. Je finis tout de même par hocher de la tête.
     Le pire serait que ce Coco me prenne pour un animal !
     Il nota quelque chose dans son carnet.
    - Très bien. Dans ce cas, est-ce que tu sais parler ?
     Nouveau hochement. Pendant un très court instant, il perdit son sourire. Il avait compris que je me moquais de lui. Il fronça les sourcils et posa de nouveau son stylo sur le papier.
    - Ecoute, soupira-t-il, je sais que tu es ici contre ton gré, mais le mieux pour toi serait de coopérer.
     Il commença à jouer avec son stylo-bille. Je ne l’avais pas remarqué auparavant car il était bien meilleur acteur que moi, mais il était nerveux.
     Ce serait mieux de coopérer ? Pour qui ? Pour moi ou pour toi, Coco ?
     J’étais bien décidée à garder le silence. De toute façon, mon sort était scellé. Le sien, en revanche…
    - Bon, soyons clairs, dit-il, nous aimerions savoir qui tu es.
     La mère noël !
     Il soupira face à mon silence obstiné.
    - Ou plutôt, si tu as des informations à ce sujet, ce que tu es.
     Un ange ou une fée, c’est au choix !
     Cette conversation à sens unique commençait à l’énerver. Pour moi, c’était plutôt distrayant. Cependant, plus le temps avançait, plus il perdait patience, et moins il parvenait à garder son calme. En vérité, j’avais beau faire de l’humour, j’étais terrifiée à l’idée de ce qu’il pouvait me faire. Soudain, il se leva.
     Déjà fini ?
     Mais lorsqu’il s’approcha, je perdis totalement le gout de rire. Visiblement, il avait laissé tomber la manière douce. J’avais vraiment été stupide.
     A l’avenir, je réfléchirai avant d’énerver une personne qui a plein pouvoir sur moi !
     Il se remit à parler, mais le ton de sa voix était froid, cette fois.
    - Je pense que tu n’as pas bien compris, dit-il, c’est un choix facile à faire : soit tu réponds à mes questions comme une gentille gamine, soit nous obtenons des réponses d’une manière… différente. Tu es ici par ordre du gouvernement. Tu sais ce que ça signifie ? Qu’à condition d’obtenir des résultats, nous pouvons faire ce que nous voulons sans être inquiétés. Evidemment, tout est prévu pour que tu ne souffres pas, mais il suffit d’un peu d’inattention de ma part et… Enfin, je ne vais pas tout te raconter, tu verras bien.
     Sa menace était tout à fait pertinente et elle m’aurait totalement pétrifiée si je n’avais pas remarqué ce petit relâchement dans sa voix. Juste une petite intonation qui m’indiquait qu’il était stressé, stressé et pressé. Il voulait que je crache le morceau, et vite.
     De quoi as-tu peur ?
     On ne me laissa pas le temps d’essayer d’en savoir plus. A lui non plus, d’ailleurs. La porte s’ouvrit et les deux colosses se retournèrent rapidement, mais ils laissèrent passer la femme en blouse blanche qui entrait d’un pas pressé.
    - Monsieur, dit-elle, ils sont arrivés.
     Le scientifique la regarda longuement, puis me jeta un coup d’œil. Il hésitait visiblement à faire quelque chose. Je ne voulus pas savoir quoi. Heureusement, il n’exécuta pas sa pensée. Il jura et sortit en compagnie de la femme.
    Une fois dans le couloir, ils furent rejoints par une troisième personne, un homme. La conversation s’envenima. J’entendais clairement leurs voix car la porte était restée ouverte, mais les colosses la gardaient toujours.
    - Et moi, je ne vous laisserai pas entrer avant de savoir de quel droit vous vous permettez d’interrompre notre travail ! s’emporta soudain le scientifique.
    - Il s’agit d’un ordre spécial, répondit calmement le troisième avec un accent que j’eus du mal à identifier de si loin, si vous preniez le temps de le lire…
    - Je sais pertinemment ce que stipule ce document ! répliqua-t-il sans changer de ton. Mais quelle autorité vous donne donc le droit de…
    - Mais le gouvernement, Monsieur, naturellement. Voyez : toutes les signatures y sont. A présent, si vous le permettez, j’aimerais faire mon travail, moi aussi.
    - Mais… et nos recherches ? bégaya-t-il, complétement désappointé.
    - Ce n’est pas mon affaire ! répliqua joyeusement l’inconnu.
     Sur ce, il entra dans la pièce. Rien que pour avoir cloué le bec au Coco scientifique, cet homme méritait tout mon respect. Son apparence et son attitude renforcèrent mon impression. Il avait probablement entre cinquante et soixante ans, mais paraissait très athlétique pour son âge. Avec sa large carrure et son costume noir, il était vraiment impressionnant. Son visage, en revanche, était plutôt jovial et il affichait un sourire authentique.
    - Eh bien, on dirait que j’arrive au bon moment ! s’exclama-il. Désolé pour le retard, à propos. Toute cette paperasse, ça prend du temps !
     Il s’affala sur la chaise et se passa la main dans ses cheveux grisonnants, d’un air las.
    - Ah ces scientifiques ! Quelle plaie ! Ils se croient toujours tout permis…
    Anglais ! C’est un accent anglais !
     Je ne savais pas ce que cet homme me voulait, je m’efforçai donc de ne pas le trouver trop sympathique. Je gardai le silence, méfiante. Il dut le remarquer car il prit soudain un air très professionnel.
    - Bon, faisons d’abord les présentations. Je suis Mr Barkley. Si tu te poses la question : non, ce n’est pas mon vrai nom, mais c’est comme ça qu’on m’appelle. Tu m’excuseras, mais je n’aime pas tourner autour du pot.
     J’eus un léger sourire.
     Ça tombe bien : moi non plus !
    - En gros, j’ai une proposition à te faire. Si tu l’acceptes, tu sors de cet endroit, sinon je ne pourrais rien pour toi.
    - Non, dis-je.
     Il parut vraiment surpris de ma réaction.
    - Tu es sûre ? dit-il. Tu ne sais même pas encore de quoi il s’agit…
     J’hésitai un instant : devais-je lui parler de Marcus et de ses menaces ?
     Après tout, au point où j’en suis, pourquoi pas ?
    - Ce… ce sont mes parents, bafouillai-je, il m’a menacée…
     Bravo ! C’est l’explication la plus claire du monde !
     Cet homme m’impressionnait beaucoup, à vrai dire. Mais à mon grand étonnement, il comprit.
    - Marcus… dit-il en hochant de la tête. Ça explique pourquoi tu ne t’es pas encore enfuie malgré tes facultés extraordinaires.
     Je restai bouche bée.
    - Tu n’as plus à t’en faire, dit-il, nous avons pris les devants. A ma connaissance, ils sont retournés plusieurs fois à Bruxelles car ils pensent que tu as pu y aller, mais continuent de vivre à Ville-Pré. Ils ont encore téléphoné à la police il y a une petite heure… On ne les a informés de rien et ils ne se doutent pas qu’ils sont surveillés.
     Est-ce vraiment possible ? Surveillent-ils réellement mes parents ?
     J'avais du mal à le croire.
    - Tu peux choisir de me croire ou non, dit-il, mais tant que tu ne m’as pas donné de réponse affirmative, je ne peux te donner la preuve de ce que j’avance…
     Il parlait en me regardant droit dans les yeux, sans une once d’hésitation. Il avait sûrement l’habitude de ce genre d’entretien : il savait y faire.
     Mais qui est-il, au juste ?
    - C’est quoi votre proposition ? demandai-je.
     Je n’avais rien à perdre à le demander. Il sourit, croyant qu’il avait marqué un point, mais il n’avait peut-être pas tout à fait tort…
    - Il y a une menace, dit-il, une menace pour toi, mais aussi pour le monde.
     Marcus !
    - Je ne peux pas t’en dire plus pour le moment, poursuivit-il, et certains y seront plus aptes que moi, mais les hommes seuls ne peuvent faire face à cette menace.
     J’avais peur de comprendre.
    - Vous voulez mon aide ?
     C’était complétement absurde : je n’étais même pas capable de me protéger moi-même !
    - Oui, dit-il. Cela t’étonne, n’est-ce pas ? Mais tu es indispensable, en vérité. Je sais que tu aimerais plus d’explications, mais je ne peux vraiment pas t’en donner. Et, à vrai dire, je ne comprends pas tout moi-même.
     Euh… je suis censée être plus avancée, là ?
     Cependant, il semblait avoir fini. Je n’avais plus qu’à choisir. Un vrai choix cette fois, sans l’influence des menaces de Marcus, puisque ce Mr Barkley protégeait mes parents.
     Encore faut-il que ce soit vrai…
     Mais de ce côté, j’avais fait mon choix : je le croyais. Si je me trompais, je le regretterais amèrement, mais j’étais prête à l’assumer car le visage de cet homme était sincère. J’étais sûre de moi.
     C’était donc ça : ou je restais là à me faire disséquer par le Coco, ou je partais vers l’inconnu, avec un inconnu, pour lutter contre une menace inconnue… ou pas s’il s’agissait bien de Marcus. Ma situation m’avait appris que l’être humain craignait souvent l’inconnu et je n’étais pas disposée à commettre la même erreur.
     Je me levai. Il eut un sourire de satisfaction et je le suivis à l’extérieur de la cellule. Nous passâmes devant la femme et le Coco qui nous regardèrent passer, impuissants, puis nous déambulâmes dans une série de couloirs gris qui se ressemblaient tous. Plus nous avancions, plus je trépignais d’impatience. Je voulais quitter cet endroit et ne plus jamais y revenir. Enfin, nous arrivâmes devant un ascenseur. Il appuya sur le plus haut bouton, celui qui correspondait au toit. Je découvris alors que nous étions au sous-sol, à l’étage -7. Je regardai les numéros défiler, un peu gênée et surtout très tendue. C’était impossible, je ne pouvais pas m’échapper comme ça, si facilement. A chaque étage, je m’attendais à voir surgir les militaires, voire pire…
    Soudain, Mr Barkley mit une main sur mon épaule et me dit d’un ton confiant.
    - Tu peux te détendre, maintenant. Tout ira bien.
     J’ignore pourquoi, mais ces mots et son attitude paternelle me calmèrent. Ce fut comme la solution miracle à tous mes problèmes, la solution si longtemps attendue. Je voulus le remercier, au moins du regard, mais l’ascenseur s’arrêta et les portes s’ouvrirent, laissant entrer dans la cabine les rayons du soleil qui m’éblouirent instantanément. Lorsque mes yeux s’habituèrent à la lumière du jour, je vis qu’un hélicoptère nous attendait sur le toit, entouré d’une vingtaine de militaires. Je m’immobilisai, prise de panique et jetai un regard inquiet à Mr Barkley. Il me sourit, toujours confiant, puis alla parler à l’un d’entre eux, qui s’en alla aussitôt pour revenir une poignée de secondes plus tard, tenant dans ses bras une paire de baskets et un sac à dos.
     Mes affaires !
     Le militaire se dirigea directement vers moi et m’aida même à enfiler mes chaussures. Ensuite, il me donna mon sac et m’aida à monter à l’arrière de l’hélico avec Mr Barkley. J’ouvris immédiatement le sac : tout y était à part mes autres vêtements sales et ma couverture, que j’avais laissée dans la ruelle. Je n’avais pas pu récupérer ma veste non plus mais, avec tout ce sang, elle ne m’aurait plus servi à rien de toute façon. Je fouillai un peu et poussai un soupir de soulagement en constatant que la photo était là, exactement où je l’y avais mise.
    - C’est en guise de première preuve, me dit Mr Barkley avec un clin d’œil.
     Il se pencha pour dire quelque chose au pilote, les militaires fermèrent les portes, puis nous décollâmes. Je n’avais jamais volé auparavant, et encore moins en hélicoptère et je le regrettai à cet instant car j’adorais ça ! A travers la fenêtre, je voyais le paysage défiler. Nous étions au beau milieu de la campagne : c’était magnifique.
    - Le trajet risque d’être long, me dit-il, suffisamment fort pour couvrir le bruit des hélices, tu peux te reposer si tu veux.
     Il faisait sûrement référence à mes trois dernières nuits blanches, mais je ne voulais pas dormir. Premièrement, je restais tout de même sur mes gardes. Deuxièmement, je voulais encore profiter du paysage. Pour la première fois depuis longtemps, je réussis à me détendre.
    

Texte publié par LizD, 19 juillet 2020 à 13h26
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