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À ma chère amie. De mes yeux faits en boutons, je t’ai observée durant de longues années. La première fois que nous avons fait connaissance, tu m’as tout de suite serré fort dans tes bras. Ton sourire, lorsque tu me regardais, était resplendissant. Aussi large que le mien. Tu m’as d’abord fait découvrir ton univers, me présentant à tes autres amis en peluche. Ils avaient l’air tous très heureux. Je l’étais aussi.
    
     Nous avons passé beaucoup de temps ensemble. Je crois même que tu en as passé plus avec moi qu’avec les autres. Cependant, ils n’étaient pas jaloux, tout le monde t’adorait. Tu m’emmenais partout où tu allais, me faisant découvrir le monde à tes côtés. Chaque endroit que tu m’as fait découvrir était magnifique, tout comme ton sourire que tu gardais constamment.
    
     Il y a eu malgré tout des moments difficiles, comme la fois où tu es tombée de vélo, alors que je me trouvais dans le petit panier à l’avant. Nous avons dégringolé la pente à toute vitesse, la sensation était agréable, mais tu as malheureusement perdu le contrôle. Tu es alors tombée. Et moi aussi. J’ai eu peur qu’il te soit arrivé quelque chose, mais tu avais l’air d’aller. Tu t’es rapidement relevée et n’avais que quelques égratignures. Ce qui m’a surpris sur le moment, c’est que tu ne t’inquiétais pas pour toi malgré tes blessures. Tes larmes après cette chute n’étaient pas présentes à cause de cette douleur, mais parce que tu étais triste pour moi. En effet, en me récupérant dans tes bras, tu as découvert que mon oreille droite était à moitié décousue. Un petit nuage blanc s’échappait de la plaie, mais je gardais le sourire. Il fallait que je te rassure à ma manière, car cela me rendait triste de te voir pleurer.
    
     J’ai finalement été réparé par les douces mains de ta maman, me rendant à toi comme neuf. Tu avais enfin retrouvé ton grand sourire, j’en étais d’autant plus heureux. Cependant, je me souviens d’une fois où ta maman m’as récupéré de tes bras endormis pour me mettre dans un endroit étroit et sombre. J’y avais été tourné dans tous les sens pendant un moment interminable avant d’en ressortir tout mouillé. J’avais alors été pendu par les pieds le temps de sécher et lorsque le soleil s’est levé, je t’ai entendu m’appeler. Ne voulant pas que tu paniques, j’aurais voulu te dire où j’étais, mais il m’est impossible de parler. J’ai donc attendu patiemment que tu me retrouves par toi-même. La tête en bas, j’ai vu la porte s’ouvrir, puis tu es apparue. Ton sourire est immédiatement revenu et tu m’as libéré pour me serrer aussi fort que tu le pouvais dans tes petits bras.
    
     Plus tard, j’ai remarqué que tu ne passais plus autant de temps avec moi qu’auparavant. Il arrivait que tu me prennes dans tes bras, mais la plupart du temps, avec mes autres amis, nous étions posés dans un petit coin dans ta chambre que tu avais autrefois aménagé rien que pour nous. Mais nous restions tous souriant, car nous pouvions t’observer grandir avec les années. Quand tu étais heureuse, tu ne pensais pas trop à moi. Mais j’étais tout de même heureux de pouvoir continuer à te consoler lorsque tu étais triste, car en entrant dans ta chambre, tu avais toujours le réflexe de me prendre dans tes bras. Nous passions alors quelques minutes ou plusieurs heures ensemble, ma présence aidant à sécher tes larmes. Il arrivait souvent, dans ces moments-là, que tu finisses par fermer doucement les yeux et t’endormir tout en continuant de me serrer dans tes bras. Parvenir à t’apaiser de cette manière me ravissait.
    
     Cependant, il vient un jour où tu rangeais toutes affaires dans ta chambre. Tu avais bien grandis depuis. Tu nous a alors regardé, cela faisait très longtemps que nous n’avions plus aucune attention de ta part. Notre sourire était toujours présent, mais une pointe de tristesse commençait à voir le jour. Alors ce jour-là, tu nous a tous observés tour à tour. Tu as commencé à ranger tous mes amis dans un carton. La peur s’est emparée de moi derrière ce sourire de façade. Allais-tu nous abandonner ? Il ne restait plus que moi. Tu m’as alors soulevé, me fixant avec une mine triste, peut-être nostalgique si les souvenirs de nos moments passés ensembles te revenaient en mémoire. Moi,je ne les oublierais jamais. Finalement, tu m’as fait un dernier câlin avant de me mettre moi aussi dans ce carton. Nous avons voyagé un petit moment avant d’être posé quelque part.
    
     Depuis ce moment, il ne se passait plus rien. Il faisait noir, l’air était légèrement humide. Nous étions tous tristes, le temps était affreusement long sans toi. Je détestais mon faux sourire désormais. De longues années sont passées sans que rien ne se passe. J’avais perdu tout espoir de sortir d’ici.
    
     Mais un jour, le carton dans lequel nous étions, à de nouveau bougé. Les portes vers la lumière ont été ouvertes, la clarté m’éblouit un instant avant de te revoir, toi. Je te reconnaîtrais entre mille malgré toutes ces années passées sans toi. Tu avais changé physiquement, mais ton sourire restera toujours le même. En nous regardant, tu avais l’air très heureuse. Tu m’as alors pris dans ta main, me soulevant doucement. Puis je l’ai vue. Tu me présentais à une petite fille qui avait le même sourire que toi. Cet incroyable sourire qui me rendait tellement heureux dès que je le voyais. La petite fille a alors eu la même réaction que lorsque je t’avais rencontré. Elle m’a tout de suite serré fort dans ses bras. Mon sourire était redevenu vrai, montrant ce que je ressentais vraiment.
    

Texte publié par Lubellia, 20 mai 2020 à 21h50
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