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Tome 1, Chapitre 14 Tome 1, Chapitre 14
Languissante, pantelante,
    Elle attendait cette heure-là.
    Bouleversée, passionnée,
    Elle le voulait à son bras.
    
    Les heures, les jours et les mois,
    Souvenirs diffus de sa voix,
    Distance impossible que seul le temps rapprochait,
    Que le manque cruel empêchait de s’écouler.
    
    Le désir insatiable,
    D’étreindre son âme,
    Vint à bout de ses doutes,
    Fougueux, il prit la route.
    
    Chevauchant le vent, le ciel et les étoiles,
    L’amant épris arriva dans la nuit,
    Ôtant de son front, l’ornement d’un voile,
    La beauté de son aimée, à jamais resplendit.

    

- Ihraj Kaveh,

Poème tiré du recueil « Amours interdites »


    
    
***

    
    L’entrée fracassante du messager dans le Palais du roi fit sursauter la moitié des dames de compagnie qui se tenait aux côtés de la reine.
    
    Était-ce dû aux mérites d’années passées sur le champ de bataille à réprimer la moindre frayeur ou bien les conséquences des substances contenues dans le narghilé qu’il se plaisait à fumer qui fit qu'il ne sursauta pas? Quoi qu’il en fût, l’arrivée brutale de l’émissaire, ne sembla pas déranger le roi. Au contraire, la mine alarmée du serviteur paraissait davantage l’amuser.
    
    Ce dernier se courba prestement afin de saluer comme il se doit le couple royal et débita sans attendre d’invitation :
    
    « Majestés, le bruit court qu’une femme se serait introduite sans autorisation dans le sérail de son Altesse royale Shahin. Elle l’aurait blessée à la main avant de le séquestrer dans ses appartements ! »
    
    Dastan s’esclaffa. Peinant à retrouver contenance, il hoqueta entre deux soubresauts :
    
    « Ne savez-vous pas que Shahin est l’un des meilleurs combattants d’Elôn ? Ah, ricana-t-il, ce n’est pas une femme qui va l’effrayer ! Voyez en cette mise en scène un jeu amoureux ! »
    
    Mais sur le second divan, Faraz ne voyait pas les événements d’un si bon œil. Qui était cette femme ? Pourquoi s’était-elle enfermée avec le prince dans ses appartements ? Sentant son plan menacé, elle se redressa vivement, revêtant soigneusement sa meilleure expression de mère effrayée.
    
    « Majesté, je ne peux pas rester sans agir. Le sérail est sous mon autorité, je me dois de savoir ce qu’il s’est réellement passé ! »
    
    Se levant d’un bond, elle s’apprêtait à rejoindre son Palais lorsque Dastan la retint par le poignet. Son regard se perdit affectueusement dans les yeux émeraude de son épouse. Au fond de lui il était conscient que sa mollesse et son désintérêt grandissant pour les affaires du royaume le rendait fantoche, pourtant la présence de cette femme à ses côtés lui offrait l’impression de faire bonne figure. Elle l’acceptait tel qu’il était, elle s’occupait de tout, elle veillait sur lui… Le sourire aux lèvres, il ne sut pas s’il l’avait remerciée ou seulement songé, mais la pièce se mit à tanguer doucement et ses yeux se firent lourds. Relâchant sa prise, il céda à l’appel du narghilé.
    

    ***

    
    Zakaria interpella vivement le premier praticien qui croisa son chemin.
    Il n’avait pas de temps à perdre !
    
    « Mon seigneur, connaissez-vous l’homme que l’on surnomme ‘Le Sage’ ? »
    
    L’érudit gloussa avant de toiser hautainement l’étranger.
    
    « Vous n’êtes pas d’ici, vous ! Car sinon vous sauriez qu’il y a plus d’un sage dans cette ville ! On est à Al-Shênaz, tout de même ! »
    
    Zakaria se mordit la lèvre pour maîtriser la pulsion meurtrière qui le démangeait. L’arrogance de cet homme exsudait par tous les pores de sa peau et l’envie de la lui faire ravaler était telle que le général tourna les talons sans même le saluer.
    
    Il déambulla d’étal en étal, questionnant marchands et passants, mais il ne récolta que quelques regards contrits et ignorants, ainsi que de vagues excuses.
    
    Combien de temps écumerait-il encore les rues escarpées de la ville dite « aux mille médecins » ?
    
    « Mille médecin », la belle affaire… Il m’en suffit d’un !
    
    Il remuait ciel et terre, et la rumeur courait dans Al-Shênaz qu’un homme d’Antarxes recherchait le médecin du défunt prince, celui dont le nom devait être tu.
    
    Il se résigna finalement à s’offrir un repas frugal dans l’une des rares auberges de la ville, afin de ne pas mourir d’inanition avant d’avoir accompli sa quête. Alors qu’il s’apprêtait à avaler une gorgée de ce que l’aubergiste osait appeler « ragoût », une main gantée déposa subrepticement un mot sur la table. Il n’eut pas le temps d’intercepter le messager, déjà happé par la foule. Mais il avait aperçu entre le gant et la manche un tatouage particulier. Un chardon. Zakaria classa précieusement cette information dans sa mémoire puis déroula délicatement la fine bande de papier et y lut :
    
    « Le médecin que vous cherchez était mandarin à l’Académie. Les archives. »
    
    Qui donc essayait de l’aider ? Comment pouvait-on disparaître aussi rapidement ?
    
    Le hasard, la chance, les dieux, il ne savait qui remercier, mais assurément, il trouverait dans ces archives un document stipulant le nom du médecin commandité par la reine Astar.
    
    Sellant une nouvelle fois sa monture, il partit en direction de la grande bibliothèque de l’Académie de médecine.
    
    
***
    

    Il n’était pas encore l’heure du déjeuner, cela faisait une douzaine d’heures que le général s’en était allé, et Ehsan savait qu’il était impossible qu’il n’arrive avant une dizaine d’heures supplémentaires. Comment le temps pouvait-il s’écouler aussi lentement ?
    
    Elle n’avait cessé de conter mille histoires au prince et bien que cela semblât aider à ce que son état ne dégénère pas davantage, il n’allait pas mieux pour autant.
    
    La température de son corps étonnamment élevée, le sang qui jaillissait de sa bouche après chaque toux, son souffle court… Seules les paroles d’Ehsan apaisaient les battements effrénés de son cœur. C’est pour cela que malgré sa langue lourde, sa bouche pâteuse et ses lèvres sèches, elle ne s’arrêtait pas de lire.
    
    Posant une main tremblante sur le livre que la servante était en train de lui lire, Shahin l’interrompit. Epuisé, il aurait aimé qu’elle lui offre une pause, qu’elle boive une théière entière et qu’il se repose enfin. Elle n’en fit rien. Le flot continuel de sa douce voix nimba la vaste chambre, encore.
    
    « Chevauchant le vent, le ciel et les étoiles,
    L’amant épris arriva dans la nuit,
    Ôtant de son front, l’ornement d’un voile,
    La beauté de son aimée, à jamais resplendit. »
    
    Alors qu’elle allait poursuivre la lecture du poème, le prince se mit à ricaner, à moins qu’il ne s’étouffât ? Elle ne fit guère la différence.
    
    Repoussant le linge mouillé de son front, il émit un son rauque.
    
    « Pitié, je n’ai que faire de ces histoires à l’eau de rose… Laissez-moi dormir. » supplia-t-il.
    
    Ehsan craignait que s’il s’endorme, il ne se réveille jamais, mais voyant le temps défiler, elle savait que sans repos son cœur ne tiendrait pas longtemps. Refermant le recueil de poème, elle se renfrogna.
    
    « Je ne vous en empêche pas, mais laissez-moi au moins lire ce qu’il me plaît ! »
    
    La mine boudeuse de la jeune femme fit sourire le prince. Cet air lui donnait à peine douze ans, et ses goûts littéraires également !
    
    « Comment pourrais-je dormir en entendant des sottises parei-… »
    
    Une quinte de toux le coupa. A son habitude, la jeune femme plaqua un mouchoir en soie sur sa bouche tout en tapotant délicatement son dos. Ehsan savait pertinemment qu’une telle toux était généralement suivie de nausées ou d’asthme. Rôdée, elle partit à l’autre bout de la pièce chercher de l’eau fraîche et une bassine propre. Malheureusement, ils commençaient à être habitués par ses crises, et c’est tout naturellement qu’ils reprirent leur discussion là où elle s’était interrompue.
    
    « Ça ne l’empêche pas de dormir lui ! » fit-elle en désignant Benyamin du menton.
    
    Ce dernier était assoupi, la bouche entrouverte, assis le dos contre une colonne en marbre noir. L’insouciance qui se lisait sur son visage était loin d’être de circonstance, et pourtant son expression eut raison de la morosité de Shahin qui s’en amusa.
    
    « C’est vrai, acquiesça l’héritier, mais je préfère les histoires vraies.
    
    - Et en quoi les histoires d’amour ne pourraient pas être vraies ? » l’interrogea-t-elle en croisant les bras, sur la défensive.
    
    Elle semblait attendre une justification valable et Shahin lut tant d’innocence et d’espoir dans ses yeux qu’il ne voulut pas briser ses rêves de petite fille et garda pour lui ses désillusions.
    
    Vainqueur, le visage d’Ehsan s’illumina. Elle rouvrit le recueil là où ils s’étaient arrêtés.
    
    
***

    
    Hengameh se tenait face à la souveraine. Le front baissé, elle jubilait. Enfin elle allait pouvoir se venger de la garce qui l’avait humiliée la veille.
    
    « Une esclave, dis-tu ? »
    
    Le doigt de Faraz s’entortillait autour d’une de ses boucles. Pensive, elle s’imaginait la scène.
    
    « Oui, Votre Majesté, confirma la favorite du prince. Elle était folle à lier ! Après m’avoir menacée, elle a fini par entailler sa propre main et celle de Son Altesse royale ! Depuis, le prince n’a pas donné signe de vie, nous sommes mortes d’inquiétude. »
    
    Toutes les concubines présentes s’agenouillèrent dans un même mouvement, implorant silencieusement la bonté de la reine.
    
    Un frisson parcouru l’échine de Faraz, galvanisée par l’orgueil et le pouvoir, elle savoura l’instant. Mais la réalité la rattrapa : Cette esclave, cette Ehsan, en savait-elle davantage que sa furieuse hystérie ne le laissait deviner ?
    
    Comment serait-ce possible ? Ce pourrait-il que…
    
    Mettant fin au silence respectueux des femmes devant elle, elle les rassura d’un ton maternel.
    
    « N’ayez crainte pour votre époux, il n’est pas homme à se laisser abattre par une simple égratignure… Cependant, comptez sur moi pour faire regretter ses actions à cette… terroriste. »
    
    Le regard reconnaissant de la princesse hrunkah croisa celui de Faraz. Cette dernière sentit un sourire étirer ses lèvre. Elle n’était pas en manque d’inspiration en ce qui concernait la réalisation de son dessein. A coup sûr, elle ne laisserait personne se mettre en travers de sa route, encore moins une esclave.
    
    
***

    
    L’archiviste à qui Zakaria s’adressait était une grande femme aux cheveux grisonnants. Depuis des heures, elle lui apportait des dizaines et des dizaines de manuscrits mentionnant la famille royale. Des généalogies de la lignée bahramite en passant par les rhumatismes de Farnoush II, jusqu’aux menstrues irrégulières de la reine Guiti, il détaillait chaque ligne de chaque parchemin. Néanmoins, il n’y trouvait pas un seul passage traitant du prince Gilgamesh ou de cette sombre période.
    
    A bout de nerfs, il sentait l’angoisse lui enserrer la gorge, tant et si bien que la vue du soleil déclinant dans le ciel fit trembler ses mains. Jamais il n’avait envisagé la possibilité de survivre au prince, son ami, son frère. Mille fois il s’était imaginé mourir pour épargner sa vie et mille fois encore il l’avait sauvé d’une mort certaine. Il ne faillirait pas, pas aujourd’hui ! Cependant, à la simple pensée qu’il était peut-être déjà trop tard, il déglutit avec difficulté. Résolument, il décida de laisser une dernière chance au rouleau qui était posé devant lui sur la table en cèdre massif.
    
    Du coin de l’œil, l’archiviste observait Zakaria fourrager avec frénésie dans la trentaine d’ouvrages qui traitait de la famille royale. Elle lisait dans son regard un furieux mélange entre le désir insatiable de parvenir à ses fins et l’infâme frustration d’une vérité introuvable. L'homme semblait désespéré.
    
    Une fois de plus, pas la moindre trace d’un homme surnommé « Le Sage » dans ces écrits, jusqu’à cette page ! Marmonnant à voix-basse, Zakaria y lut :
    
    « En la quatorzième année de règne du roi Dastan Ier, le jeune prince héritier Gilgamesh III tomba gravement malade. La reine Astar fit appel au médecin de l’Académie d’Al-Shênaz que l’on nommait « Le Sage », connut sous le nom … »
    
    Par malheur, le restant de la page avait été saccagé. Furieux, un râle grave et guttural sortit de sa gorge et il balaya le dessus du bureau d’un revers de manche envoyant à terre la dizaine de manuscrits qui s’y trouvaient à l’exception de celui qu’il était en train de lire.
    
    A la vue des précieux rouleaux répandus au sol, paniquée, l’archiviste se précipita dans le salon de consultation.
    
    « Par tous les dieux, mais qu’est-ce que c’est que ce bazar ! » s’exclama-t-elle, agacée.
    
    Néanmoins, son agitation sembla s’éteindre soudainement à la vue de la page du codex que consultait l’homme en colère.
    
    « Messire, puis-je avoir la curiosité de vous demander pour quelle raison vous retournez ma bibliothèque ? »
    
    Les mâchoires serrées, les doigts appuyant sur ses tempes, il répondit d’une voix crispée.
    
    « Comme je vous l’ai déjà dit, je cherche le nom d’un des médecins de la famille royale qui aurait été mandarin à l’académie. »
    
    Se hissant légèrement sur la pointe des pieds, la femme d’âge mûr s’intéressa au livre que l’homme avait posé devant lui.
    
    « Vous êtes cet homme ? demanda-t-elle. Celui de la rumeur ? Celui qui parcourt toute la ville à la recherche du Sage ? »
    
    Zakaria acquiesça silencieusement.
    
    « Cela a-t-il un quelconque rapport avec ce que vous lisez ? »
    
    Le regard de Zakaria se tourna finalement vers la dame à la chevelure argent. Elle semblait en savoir davantage que ce qu’elle laissait paraître.
    
    Se levant brusquement de sa chaise, il s’approcha de l’archiviste, méfiant. Il n’avait jamais eu une grande confiance envers les femmes et aujourd’hui encore il n’arrivait pas à lire en elles. A la manière d’un prédateur observant sa proie, il la fixa intensément sans dire un mot. L’air assuré de son interlocutrice ne fit que confirmer ses soupçons.
    
    « Qui est le Sage ? » lâcha-t-il, interrompant soudainement le silence des lieux.
    
    La femme quitta son rôle de vieille fille effarouchée et prit davantage de confiance en s’asseyant nonchalamment à la place qu’il occupait une minute auparavant. Décidément, il n’y avait rien de plus effrayant qu’une femme pleine d’assurance !
    
    «Et qui pensez-vous qu’il soit ? » l’interrogea-t-elle d’une voix suave.
    
    Comme si tout ceci n’était qu’un jeu, une simple énigme ! Cette ultime provocation arriva au bout de la patience de Zakaria. Dans un chuintement il dégaina sa lame et la pointa dangereusement dans sa direction.
    
    « Madame, loin de moi le désir de vous faire du mal, mais si vous ne me révélez pas tout ce que vous savez immédiatement, je me verrai dans l’obligation d’agir ! »
    
    Levant les mains en l’air, l’archiviste se redressa, feignant l’innocence.
    
    « Pas la peine de me menacer, jeune homme. Je veux juste connaître la raison pour laquelle vous recherchez désespérément ce médecin ! »
    
    La tension qui l’animait était telle qu’elle faisait osciller fébrilement le bout de sa lame. Zakaria prit son temps pour juger la situation et s’aperçut du ridicule de la scène : menacer une vieille femme désarmée n’avait rien de noble et cela ne lui ressemblait pas, il était bel et bien épuisé. Mais l’heure n’était pas à l’apitoiement et il se résolut à rengainer son arme.
    
    Tout en observant le fourreau en cuir qui était attaché à sa hanche, il répondit :
    
    « Il en va de la vie d’un homme et de l’avenir de ce pays. »
    
    La dame baissa les yeux sur le manuscrit devant elle et s’adressa de nouveau à Zakaria :
    
    « Et à en juger par ce que vous étudiez, cet homme est de la famille royale…
    
    - C’est exact, confirma le général. Et son frère était l’un des patients du Sage. Seul cet homme a l’entière confiance de mon ami ! »
    
    Une lueur de malice illumina le regard de son interlocutrice.
    
    « Cet homme ? le regarda-t-elle, interrogative.
    
    - Oui, le Sage ! » s’exaspéra Zakaria.
    
    Alors qu’elle se rapprochait de lui l’air grave, un sourire étira discrètement ses lèvres.
    
    « Qui vous dit qu’il s’agit d’un homme ? »
    
    Définitivement, celle-ci ne comprenait rien à rien ! Qu’entendait-elle par-là ? Comment le Sage pourrait-il ne pas être un homme ? Il ne pouvait être un animal, encore moins un dieu !
    
    A moins qu’il ne s’agisse…
    

    « Une femme ! » s’exclama-t-il, stupéfait.
    
    Le sourire satisfait de l’archiviste se fit plus franc. Certes la profession était exercée en majorité par des hommes, mais elle n’était pas exclue aux femmes. Zakaria se maudit intérieurement de s’être fait berner de la sorte. Comment pareille information avait pu être tue de tous les registres ?
    
    Cependant, le jeune général n’avait plus le temps de réfléchir au pourquoi du comment, sa seule mission était de trouver cette femme et de la ramener en urgence auprès de Shahin !
    
    « Qui est-elle ? » s’écria-t-il en pressant vigoureusement les épaules de la femme entre ses mains.
    
    Zakaria avait soudainement oublié toute retenue ainsi que le malaise qu’il ressentait d’ordinaire au contact de la gente féminine. Qui sait s’il arriverait à temps au chevet de son ami ? Il percevait le battement de son propre cœur, comme si ce dernier voulait s’échapper de sa poitrine. Impatient, il fixa intensément sa potentielle sauveuse, pendu avidement à ses lèvres.
    
    « Avant de le savoir, je dois connaître l’identité de votre ‘ami’. » reprit-elle en le citant.
    
    La boule au ventre, il connaissait l’opinion Shahin : jamais il n’aurait voulu que l’on révèle son nom. En revanche, s’il fournissait des informations que seul Sage était susceptible de connaître, cette dernière se reconnaîtrait à coup sûr et pourrait agir rapidement, en toute connaissance de cause.
    
    « Je ne puis vous révéler son nom. Mais il a été gravement empoisonné, et tout porte à croire qu’il s’agit du même poison qui a causé de la mort son frère. Seule le Sage en connait le remède ! »
    
    Le visage de la femme âgée s’assombrit subitement. Elle se redonna contenance en replaçant une mèche de cheveux gris derrière son oreille. Sa voix prit soudainement un ton directif.
    
    « S’il s’agit comme je le crois du fils de la reine Astar, conduisez-moi le plus rapidement possible à Antarxes ! »
    
    Zakaria cligna des paupières, indécis. La vieille femme leva les yeux au ciel.
    
    « Je suis le Sage, bougre d’âne ! »
    
    Il réalisa enfin la véritable identité de l’archiviste de l’Académie de médecine. Se ressaisissant aussi vite, il attrapa le Sage par la main et courut en direction des écuries.
    
    Le soleil commençait à se coucher. Si les dieux continuaient de le guider, il pourrait arriver à Antarxes aux aurores. Zakaria était persuadé d’avoir fait son maximum pour mener cette mission à bien. Néanmoins une question le taraudait sans cesse : le maximum serait-il suffisant ?

Texte publié par Sali, 4 juin 2020 à 21h48
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