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Tome 1, Chapitre 8 Tome 1, Chapitre 8
LE GRAND CONSEIL

    
    Le Grand Conseil était un corps décisionnel important sous la dynastie bahramite. Tout d'abord constitué des généraux et des stratèges de guerre, il n'était chargé que des affaires militaires. Mais il atteignit peu à peu un rôle plus important et se vit devenir le conseil privé du roi. Ministres et conseillers se joignirent alors aux guerriers afin de traiter des problèmes économiques, judiciaires, législatifs et sociaux du royaume.
    
    La quasi-totalité des décisions prises par le roi, ainsi que la promulgation de lois, devaient obtenir l'aval du Grand Conseil. Cependant, on note dans l'Histoire plusieurs cas où différents rois émirent un « ordre suprême », surpassant le pouvoir du Grand Conseil. Néanmoins, ils s'avèrent rares car s'opposer au Grand Conseil pouvait créer la mutinerie des conseillers et risquer un retournement du gouvernement, un coup d'état, voire comme se fût le cas pour Bahram Ier : un assassinat.
    

- Encyclopédie Polymathe de la Culture Antique et des Civilisations (1849)


    
    
***

    
    L'odeur de l'encens safrané se répandait au-delà du Palais de la Reine. Le va-et-vient incessant des serviteurs laissait deviner le bouleversement qui s'y déroulait.
    
    Tentures, mobiliers, décoration et même jusqu'à l'odeur, rien ne devait rappeler la reine Astar. Faraz, nouvelle souveraine, voulait tourner une page, un pan complet de l'histoire d'Elôn, prétextant tous ces changements pour la santé mentale du roi.
    
    Ses machinations commençaient à peine.
    
    A demi-assise, blottie dans les bras de son époux, elle observait le jardin. Au loin, le jeune prince Kia courait après les jeunes filles qui composaient déjà son harem. Un sourire bienveillant apparut sur les lèvres de la reine.
    
    Son fils deviendrait roi, elle l'avait juré.
    
    « Ma chère, qu'est-ce qui vous fait sourire ? lui demanda Dastan.
    
    - C'est vous, bien évidemment, mentit Faraz. Je ne peux m'empêcher de sentir mon cœur se combler de bonheur lorsque je pense qu'enfin ma vaine existence a un but.
    
    - Lequel ?
    
    - De vous aider à avancer. Et même si je ne peux être comparée à notre défunte reine, être à vos côtés me réjouit. »
    
    Le roi se redressa afin de la regarder dans les yeux.
    
    « Ne soyez pas si dure envers vous-même, ma tendre amie. L'amour ne peut être comparé, et ne croyez pas que je ne vous aime point ! Vous m'apportez tant ! Comment puis-je vous le prouver ? »
    
    L'ex-concubine fit mine d'y réfléchir.
    
    « J'ai bien une idée mais j'ai peur d'abuser de votre bonté, mon roi.
    
    - Dis-moi ! Jusqu'à la moitié de mon royaume, je te le donnerai ! »
    
    La reine exulta en son cœur. Cette phrase n'était pas anodine, et pas seulement à cause du tutoiement soudain. Elle n'était prononcée par les rois d'Elôn qu'aux personnes en qui ils avaient une confiance aveugle... Et le code d'honneur des souverains du royaume élonite les empêchait de revenir sur leur propos.
    
    Elle avait gagné. Elle pouvait désormais faire de lui ce qu'elle désirait.
    
    Il était là, à sa merci.
    
    Son but n'était pas de tuer le roi et de diriger à sa place. Non, elle était bien trop maligne pour cela. En revanche, elle tirerait les ficelles dans l'ombre, habilement, le comblant suffisamment afin que le roi lui offre le monde en échange.
    
    « Je sais que telle chose ne s'est encore jamais vu, mais permettez-moi de siéger à vos côtés au Grand Conseil. »
    
    La surprise passée, le souverain passa sa main dans la chevelure épaisse de son épouse et embrassa ses lèvres pulpeuses.
    
    « Tout ce que tu voudras. »
    
    
***

    
    Un eunuque se présenta en toute hâte devant le prince héritier.
    
    Ce dernier était assis, vaseux, en train de boire un tonique acide et poivré à base de citron et de gingembre pour lutter contre sa veisalgie.
    
    « Votre Altesse !
    
    - Pas si fort... l'interrompit Shahin.
    
    - Tout le conseil vient d'être...
    
    - Encore moins fort.
    
    - Tout le conseil vient d'être convoqué, vous y êtes attendu. » murmura le messager.
    
    Le prince se massa les tempes, las, se jurant qu'après cette assemblée il prendrait un bon bain dans l'espoir de faire disparaître sa migraine.
    
    
***

    
    Dastan siégeait royalement sur son trône, toisant ses sujets : conseillers, ministres et généraux. Sa déclaration résonnait encore dans la vaste salle laissant, une fois de plus, perplexe le Grand Conseil.
    
    Depuis que le roi recommençait à assister aux rassemblements il ne cessait de surprendre son gouvernement, même les membres dont il était le plus proche.
    
    Les Oreilles du Roi brisa le silence :
    
    « N'avez-vous pas entendu la demande de Sa Majesté ? Que ceux qui sont en accord avec la promulgation de ce nouvel édit lèvent la main ! »
    
    Fébrilement, une première main se dressa dans les airs, puis une deuxième. Enfin, la quasi-totalité de l'assemblée eut la main levée. Tous, exceptés le ministre de la justice et son collègue de l'économie ainsi que Zakaria et Shahin.
    
    Ce dernier se releva et s'exclama virulemment :
    
    « Père ! Comment pouvez-vous demander pareil remaniement de la loi ? Prendre Faraz pour épouse sans l'accord du conseil, n'est-ce pas suffisant ? Faut-il qu'elle s'immisce également dans les affaires de l'état ?»
    
    Le ministre de l'économie se leva à son tour et poursuivit :
    
    « Jamais l'on a vu de femme siéger dans cette salle depuis Bahram Ier !
    
    - En sont-elles seulement capables ! » se moqua l'autre ministre.
    
    Un ricanement général secoua le Grand Conseil. Shahin reprit, agacé par le point de vue conservateur des deux hommes.
    
    « Mon désaccord n'a rien à voir avec cela ! Père, ne trouvez-vous pas son accession au pouvoir étonnamment rapide ? Cela ne vous inquiète donc pas ?»
    
    Dastan, aux dires de son fils, sentît le sang lui monter au visage. Qui était-il pour remettre en cause ses décisions ? Comment pouvait-il comprendre le soulagement qu'elle lui apportait ?
    
    « Shahin ! Je ne tolèrerai pas davantage d'offense à son égard ! le mit-il en garde.
    
    - Bien ! Mais je ne changerai pas d'avis pour autant ! » s'entêta le prince.
    
    Ce dernier ne se rassit pas, marquant par là son refus définitif de plier devant le Grand Conseil.
    
    Loyalement, Zakaria ne bougea pas d'un pouce non plus, le port de tête haut et fier à la manière de son frère d'arme, soulevant quelques murmures agités au sein de l'assemblée.
    
    La Bouche du Roi prit la parole :
    
    « Je rappelle que pour la création d'un édit, il faut l'accord de l'ensemble de l'assemblée présente. Nous reposons donc une dernière fois la question : Que celui qui est pour la présence de la reine d'Elôn au sein du Grand Conseil lève la main ! »
    
    Les deux ministres contestataires lors du premier vote se ravisèrent, s'alliant à la grande majorité. Néanmoins, les deux généraux restèrent de marbre, obstinés.
    
    Le roi envoya valser la coupe de vin qui était devant lui, écumant de rage. Furibond, il se leva à son tour et s'emporta violemment contre l'héritier.
    
    « Ne fais pas l'enfant, Shahin ! »
    
    Il le pointa du doigt, comme pour réprimander un garçonnet.
    
    L'ensemble des conseillers regardaient la scène, abasourdis par la franchise avec laquelle les deux hommes se parlaient.
    
    « Tu as peut-être perdu ta mère, mais peux-tu seulement imaginer ma douleur ? Ne crois-tu pas que j'ai aussi le droit au bonheur ? Et si avoir Faraz à mes côtés m'aide à être un bon roi, pourquoi t'y opposer ? Veux-tu à ce point me faire passer pour un faible ? Désires-tu si ardemment ma place ? »
    
    Les paroles blessantes du roi se fichèrent comme des flèches aiguisées dans le cœur de Shahin. Elles brisèrent sur leur passage le peu de calme qu'il s'évertuait à conserver.
    
    Plutôt que d'exploser devant l'entièreté du Grand Conseil, il serra les mâchoires et déclara fermement :
    
    « Autant de fois que sera effectué ce vote, autant de fois je m'y opposerai ! »
    
    Exaspéré par l'entêtement de son propre enfant, le roi soupira rageusement.
    
    « Un nouveau vote à ce sujet aura lieu dans cinq jours. La séance est levée. » conclut Dastan, le visage fermé.
    
    Alors que le monarque quittait rapidement la salle, le restant du Grand Conseil prit le temps avant de partir de discuter de ce à quoi ils venaient d'assister.
    
    Chuchotis et regards en coin se dirigeaient vers l'héritier et son ami qui se hâtaient de rejoindre les appartements princiers.
    
    Zakaria, une fois dans les jardins qui menaient à la Porte de la Cité des Princes, s'arrêta, retenant Shahin par le bras.
    
    « Shahin, attends ! »
    
    Il sentait bien que le silence pesant qui régnait depuis qu'ils avaient quitté la Salle du Grand Conseil n'était pas habituel. Il planta ses yeux droit dans les siens. Ces derniers étaient d'un noir intense et profond, et la tristesse qui s'y lisait les obscurcissait davantage.
    
    « J'ai beau avoir l'obligation de t'appeler 'Votre Altesse', je ne te connais pas moins pour autant ! Je vois bien que ça ne va pas... Que sais-tu à propos de la reine ? »
    
    Les dents de son ami se serrèrent, et amer, il cracha :
    
    « Peu de choses, seulement ce que ma mère m'a raconté. Elle était la favorite de mon père avant que Mère n'arrive à la Porte. Mais le simple fait qu'elle profite de la faiblesse de mon père pour se faire une place dans le royaume me rebute ! Seule une chienne assoiffée de pouvoir peut à ce point mépriser la mémoire des morts... »
    
    Sa voix se brisa sur ces derniers mots.
    
    La main réconfortante de Zakaria se posa sur son épaule, insufflant en lui les forces qui lui manquaient.
    
    « Ton père n'a pas été juste envers toi aujourd'hui. Mais sache, mon ami, que je ne te laisserai pas tomber ! »
    
    Son père, sa chair, son sang, ne voyait que sa propre souffrance au détriment de la sienne. Zakaria, lui, s'était sacrifié mille fois pour lui sauver la vie.
    
    Lui revenait en mémoire ce jour où, lors de la Grande Conquête, il s'était retrouvé entièrement désarmé. Son frère d'arme lui avait cédé son équipement au dépend de sa propre vie. Ou encore la fois où, acculé à la mer, face à l'ennemi, Zakaria avait fait diversion vers son bataillon, risquant son âme et celles de ses hommes pour le sauver.
    
    « Tu me l'as amplement prouvé pour que je n'en doute jamais ! » sourit-il, ému, sincèrement touché par la loyauté de Zakaria.
    
    Il le saisit par le bras à son tour et l'étreignit dans une embrassade virile.
    
    Deux généraux, deux amis, deux frères. Jusqu'à ce qu'Ahrman les sépare.
    
    
***

    
    Le peigne qu'Ehsan tenait entre ses doigts lui rappelait son sculpteur. Taillé à même le bois d'une spatule volée en cuisine, Benyamin le lui avait offert le jour du troisième anniversaire de son arrivée au palais. L'un des rares biens en sa possession, elle le chérissait particulièrement. Délicatement, elle le passa à travers l'épaisse masse de sa chevelure, défaisant les mèches rougeoyantes entremêlées.
    
    Le sourire aux lèvres, elle songeait aux quelques mots échangés la veille avec le prince. Bien que remuée par ce qu'elle avait vu dans cette chambre, elle était agréablement surprise par la sincérité de ses remords et sa volonté visible de devenir une meilleure personne.
    
    Un homme apte à se remettre en question, avec ses privilèges, lui paraissait assurément difficile à trouver, et pourtant, il semblait exister.
    
    Elle se plaisait à se répéter qu'elle participait là, possiblement, à la naissance d'un bon souverain.
    
    Le soleil amorçait sa descente vers l'horizon. La journée s'égrena une fois encore à une vitesse folle car ensevelie sous une montagne de tâches, la jeune femme avait à peine entraperçu la couleur du ciel.
    
    L'heure arrivait de préparer la couche du prince pour la nuit. Elle huma l'odeur des draps de soie fraîchement lavés qu'elle portait entre ses bras. Parfumés aux agrumes, ils lui rappelaient les jardins qui se trouvaient au nord de la Porte du Roi. A défaut de s'y promener, elle fourra délicatement son nez dans les plis du tissu.
    
    Les gardes qui surveillaient la porte la laissèrent entrer, habitués par sa présence quotidienne.
    
    Les draps qui reposaient sur le matelas, encore défaits, entouraient un bol de tonique à demi-vide.
    
    Un sourire malicieux naquit sur le visage de la jeune femme. Vu l'état d'ivresse du prince la veille, il avait assurément dû trainer au lit avec une bonne migraine.
    
    Alors qu'elle retirait le linge usagé, deux hommes entrèrent dans les appartements. Elle reconnut immédiatement son maître. Elle s'inclina profondément, reculant d'un pas.
    
    « Votre Altesse, le salua-t-elle.
    
    - Ehsan. » dit-il à son tour pour lui rendre la pareille, hochant la tête.
    
    La jeune femme haussa les sourcils imperceptiblement, surprise par l'attention hors du commun manifestée à son égard. Alors qu'elle poursuivait son travail, Shahin s'adressa à l'homme qui se tenait à ses côtés.
    
    « Oui donc, je disais que les entrainements à cheval sont aussi cruciaux que les entr...»
    
    Zakaria se racla la gorge, interrompant son compagnon. Il regardait nerveusement du coin de l'œil la servante.
    
    Shahin sourit en apercevant son ami gêné par la présence de la jeune fille. Capable de mener une armée à la victoire, le général se sentait toujours à l'étroit en présence de femmes.
    
    « Zak, je ne t'ai pas présenté ma nouvelle servante, elle me sert maintenant depuis quelques semaines. Zakaria, voici Ehsan. Ehsan, voici Zakaria. »
    
    Shahin s'amusa un peu plus encore des joues rougissantes de son frère d'arme.
    
    Surprise d'être mêlée à la conversation, la demoiselle poussa un petit cri stupide, arrachant un sourire aux deux hommes face à elle. Une nouvelle fois, elle s'inclina, maladroite.
    
    Embarrassée, elle ne savait pas comment se comporter face au prince. Il avait montré son « moi » vulnérable, s'était adressé à elle avec tant de sincérité. Mais, encore ivre, il avait fini par s'endormir en sa présence, la laissant pantoise, ne sachant comment considérer cette soirée de confidences.
    
    Déjà, est-ce qu'il s'en souvient ?
    
    Le général d'infanterie, quant à lui, sentait bien le plaisir mesquin que Shahin éprouvait à être témoin de son embarras et de sa gaucherie. Il le connaissait bien, et savait pertinemment que ses taquineries ne s'arrêteraient pas là. Il préférait donc y couper court.
    
    Il inclina la tête pour saluer la servante.
    
    « Mad-Mademioselle. » bégaya-t-il, faisant pouffer le prince.
    
    Zakaria se tourna vers lui et se pencha davantage.
    
    « J'avais oublié, mais il me reste encore du travail... A demain Votre Altesse. »
    
    Il débita ces paroles à toute vitesse et se précipita vers la sortie, trébuchant à moitié sur ses propres pieds. La scène déclencha un fou rire à son meilleur ami tandis qu'Ehsan ne comprenait pas ce qui provoquait le départ précipité de l'invité de son maître.
    
    Shahin retrouva son calme, s'assit sur l'un des divans en brocart bleu, ôta le long vêtement qu'il portait sur le dos.
    
    Ehsan, qui terminait de tirer les draps, s'approcha discrètement du prince.
    
    « Votre Altesse, j'ai achevé ma tâche. Avez-vous besoin d'autre chose ? » demanda-t-elle respectueusement.
    
    Il prit le temps de l'observer. Bien qu'habillée simplement, ses cheveux tressés, ses traits fins ainsi que l'élégance de son port de tête lui conféraient une allure noble. Elle lui avait posé la question avec beaucoup de déférence, néanmoins le naturel avec lequel elle plongeait ses yeux dans les siens le marqua.
    
    Les souvenirs brumeux de la veille lui revinrent en mémoire.
    
    ~ Des yeux mordorés emplis de larmes ~
    
    ~ Du sang tout autour~
    
    ~ La honte ~
    
    Il se leva brusquement et se précipita vers Ehsan, qui recula vivement. La soudaineté de son action l'avait surprise. Que lui prenait-il tout à coup ?
    
    Elle se tendit comme un arc lorsqu'il s'empara de ses mains, pourtant, ce fut avec une douceur étonnante qu'il le fit. Il inspecta soigneusement ses paumes. Il n'y remarqua rien, si ce n'est les légères cales produites par des travaux ménagers journaliers. Ses yeux la parcoururent fiévreusement, à la recherche d'une quelconque blessure.
    
    Ehsan ne comprenait pas ce qui motivait Shahin à la scruter de la sorte. De plus, leur soudaine proximité la rendait très nerveuse. Un frisson glacé lui traversa l'échine, ses mains s'humidifièrent, ses muscles se tétanisèrent peu à peu.
    
    Finalement, le regard inquiet du prince se ficha dans le sien, venant apaiser ses peurs. Il ne lui voulait aucun mal.
    
    « Tu es blessé ? » s'enquit-il.
    
    Ehsan fit « non » de la tête.
    
    Hébété, Shahin lâcha doucement ses poignets.
    
    « J-je ne comprends pas. »
    
    Il passa sa main dans ses cheveux, les décoiffant.
    
    « Comment se fait-il ? Tout ce sang... Hier, tu... »
    
    La servante comprit soudainement d'où venait l'incompréhension du prince. La mémoire lui revenait sans doute.
    
    Mue par l'empathie, elle attrapa machinalement la main de Shahin, le surprenant. Néanmoins, il ne se dégagea pas, sentant une onde de douceur presque maternelle émaner des deux prunelles d'or qui l'observaient.
    
    « Je n'ai rien ! Ce n'était pas du sang, seulement du vin... Votre Altesse n'a pas à s'inquiéter... Pas pour moi... »
    
    Elle songea à la pauvre concubine qui avait subi les émois du prince.
    
    « Qu'y a-t-il ? Dis-moi ce qu'il s'est passé hier ! S'il-te-plaît... »
    
    Bien qu'il ne se souvînt pas clairement du déroulement de cette dernière soirée, il savait pertinemment que quelque chose de mal s'était déroulé. La honte qui enserrait son cœur ne présageait rien de bon.
    
    Cependant, il était intimement convaincu que la jeune femme lui apporterait les réponses et le réconfort nécessaires.
    
    Ehsan s'agenouilla, baissa la tête sans pour autant lâcher les doigts de son maître et implorante, elle demanda :
    
    « Que Son Altesse me permette de m'exprimer sans crainte...
    
    - Parle ! »
    
    Au fur et à mesure que la jeune femme détailla son récit, les images de ce fameux soir lui revinrent en tête, frappant son cœur de violents coups d'épées.
    
    On pouvait observer son dos se courber, s'affaisser toujours un peu plus sous le poids des accusations.
    
    Même si ses paroles étaient graves, la voix d'Ehsan ne manquait pas de douceur ni de compassion. Elle enveloppait chaque blâme d'un voile délicat et bienveillant.
    
    D'ordinaire, il aurait détesté que quelqu'un soit témoin ses faiblesses, mais cette jeune femme...
    
    Ehsan...
    
    Rien chez elle ne transpirait animosité, antipathie, juste une tendre tolérance. Ressurgirent alors ces précieuses paroles qu'elle lui avait offert :
    
    « Pour guider un peuple, il vous faut du cœur.»
    
    Cette femme... du cœur, elle n'en manquait pas.

Texte publié par Sali, 3 mai 2020 à 17h24
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