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Tome 1, Chapitre 5 Tome 1, Chapitre 5
ARMÉE ÉLONITE

    
    L'armée élonite est considérée comme l'une des plus meurtrières de son époque. Souvent imitée, rarement égalée, elle se voit devenir un modèle d'efficacité pour les nations alentours.
    
    Elle est partagée en deux divisions distinctes : l'infanterie et la cavalerie, elles-mêmes séparées en sous-divisions. D'une part, l'infanterie lourde et légère ainsi que les archers et frondeurs, respectivement nommés : les Elites, les Allégés et les Volants. D'autre part, la cavalerie lourde : les Acolytes ; la cavalerie légère : les Véloces.
    
    Les Elites forment l'une des pièces maîtresses et innovantes de l'armée élonite. Les soldats armés de lances à double pointes longues de cinq mètres, ces dernières s'avèrant de véritables alliées tant en attaque qu'en défense, permettent de tenir l'ennemi à distance.
    
    L'armée élonite s'appuie aussi sur une cavalerie lourde (Acolytes) chargée de provoquer une rupture dans les rangs de l'adversaire une fois celui-ci immobilisé par les Elites. Il s'agit là d'une technique de « marteau-enclume » bien rôdée par les élonites. La grande majorité des batailles d'Elôn sont ainsi remportées grâce à la bravoure et l'efficacité de ses cavaliers.
    
    Finalement, la réussite de l'armée élonite se base sur une parfaite coordination entre infanterie et cavalerie et entre ses généraux.
    

- Encyclopédie Polymathe de la Culture Antique et des Civilisations (1849)


    
    

    ***

    
    Le soleil cuisant, les rayons brûlants, la chaleur écrasante, rien de cela n'empêchait les soldats élonites de s'entraîner vaillamment dans la Porte de la Guerre.
    
    Obéissants, ils suivaient assidûment les ordres lancés par leur général d'infanterie, Zakaria.
    
    L'homme, âgé de seulement trente ans, s'était vu propulsé au-devant de la scène militaire, ses capacités physiques et stratégiques parvenant à attirer l'attention des plus grands de ce monde. De simple soldat, il était devenu lieutenant, commandant puis général, inspirant le respect autour de lui. L'infanterie lui était dévouée corps et âme, tout comme lui-même l'était à Elôn.
    
    Alors que plusieurs heures s'étaient écoulées sans que les hommes ne cessent de s'exercer, Shahin approcha, interrompant leur exercice.
    
    «Garde-à-vous ! » intima un lieutenant lorsqu'il aperçut le prince.
    
    L'armée de soldats se redressa. Zakaria, remarquant la présence de l'héritier, intima l'ordre à ses troupes de saluer le général de la cavalerie. Ce poste, ce dernier l'occupait depuis plus de trois ans, années au cours desquelles les deux hommes avaient bataillé côte à côte, devenant frères d'arme et amis. Ils ne parvenaient plus à compter les fois où ils s'étaient sauvés mutuellement la vie au cours de la Grande Conquête.
    
    Sa loyauté indéfectible avait su franchir chaque muraille que Shahin s'était évertué à bâtir autour de son cœur. La mère de celui-ci n'étant plus, Zakaria était de loin celui qui le connaissait le mieux.
    
    Alors que les soldats, genoux à terre, révéraient le prince, Shahin leur permit de se relever d'un geste de la main. Il salua le général d'une amicale bourrade, arborant un rictus amusé.
    
    « Laisse ces pauvres bougres se reposer un peu ! Avec le traitement que tu leur infliges, ils seront des loques avant même qu'une guerre n'éclate ! » charria le prince.
    
    Zakaria arqua un sourcil moqueur.
    
    « Je ne veux pas qu'ils s'empâtent, c'est tout. »
    
    Shahin éclata de rire.
    
    « Provoque-moi plutôt en duel car je crois que c'est toi qui t'empâte ! D'ailleurs, tu entres dans ton combientième mois de grossesse ? »
    
    L'insulté s'en étouffa presque d'indignation.
    
    « C'est la cuirasse qui fait ça ! » s'insurgea-t-il.
    
    Le prince y allait fort ! Bien que sa silhouette ne paraissât pas aussi élancée que son ami, son corps n'avait rien d'un lâche, à l'inverse, sa popularité auprès des femmes lui laissait croire le contraire. Il attrapa deux bâtons d'entraînement en bois et en lança un au prince qui le saisit au vol.
    
    « On va voir si tu es aussi habile à manier une arme que ta langue, Votre Altesse ! »
    
    Les deux hommes s'installèrent au centre de la place, le regard pétillant.
    
    Normalement, les soldats auraient dû profiter de cette pause dans leur entraînement pour manger, et pourtant ils se trouvaient tous agglutinés en un large cercle autour des deux généraux. Un combat de ce calibre... un véritable événement spectaculaire pour tout combattant aguerri.
    
    Seulement vêtus de leurs longues tuniques de coton, leur unique défense était un large bouclier rond.
    
    Genoux fléchis, lance au poing, bouclier au bras, l'affrontement débuta.
    Ils se tournaient lentement autour, se jaugeant mutuellement, puis ils commencèrent à réduire la distance qui les séparait.
    
    Zakaria attaqua, le prince para aisément et la danse des corps débuta réellement. Esquives, parades, feintes, chaque mouvement empreint d'une fluidité et d'une vivacité extrême. Les guerriers s'exposaient tour à tour le temps d'une attaque avant de trouver refuge derrière leur bouclier. Les armes virevoltaient avec habileté mais aucun ne gagnait de terrain car ils semblaient capables de lire les pensées de l'autre.
    
    L'espace entre les deux généraux s'amenuisa une fois de plus, et Shahin tenta une nouvelle amorce. Il sauta haut dans les airs afin d'atteindre son adversaire par-dessus son bouclier.
    
    Sa lance frôla la joue de son adversaire, alla se ficher dans le sol derrière lui.
    Les boucliers s'entrechoquèrent violemment, repoussant le prince de quelques mètres.
    Une douleur vive résonna jusque dans son épaule, le choc avait été rude et il se retrouvait désarmé.
    
    Garde la face Shahin, ne montre pas tes faiblesses !
    
    Il ravala un gémissement, défit son bras meurtri du lourd bouclier, puis saisit la lame qui lui servait lors de combats rapprochés.
    
    Il n'abandonnerait pas.
    
    Face à lui, son ami était encore lourdement armé. Le combat semblait perdu d'avance... Et pourtant, aucun des soldats qui les observaient ne parvinrent à cette conclusion. A le regarder ainsi, ils tiraient une importante leçon le concernant : Shahin n'était pas un lâche. Non, même lorsqu'une situation semblait désespérée, il persévérait de toutes ses forces. Leur futur souverain était brave.
    
    Le prince s'entêtait à poursuivre, bien que la douleur se faisait de plus en plus forte. Il était hors de question qu'il déclare forfait, d'ailleurs cela lui aurait été impossible sur un réel champ de bataille. Mais en plus de cela, il souhaitait prouver sa valeur aux hommes présents, leur montrer par ses actions que le jour où il les dirigerait à la guerre, jamais il ne les abandonnerait.
    
    Enfin, après de longues minutes, il parvint à s'approcher suffisamment de son rival pour saisir son bouclier et le faisant vriller, il retourna le bras de son adversaire. Sa garde relâchée, ses parties vitales exposées, Shahin en profita. Son poignard s'approcha vivement de la carotide de Zakaria, s'arrêtant au dernier instant. Leurs regards se croisèrent, entendus.
    
    L'héritier du royaume recula de quelques pas, lâcha sa lame, signifiant la fin du combat. Il avait gagné.
    

    ***

    
    Quelques membres du conseil étaient assemblés dans la salle du trône.
    Dans un côté de la pièce se tenaient trois hommes, surnommés respectivement les Yeux, les Oreilles et la Bouche du roi. Le roi élonite se montrait rarement en public, ces trois hommes agissaient donc en son nom.
    Aujourd'hui pourtant, la raison de leur réunion était plus grave que d'habitude... En effet, depuis le décès de sa chère femme, la reine Astar, le souverain avait catégoriquement refusé de quitter ses appartements.
    
    « Donc, même vous, vous ne connaissez pas ses intentions concernant la suite des événements ? »
    
    Le ministre aux finances passa une main nerveuse sur sa barbe en se rasseyant.
    
    « Il n'a pas souhaité nous recevoir en effet, déclara la Bouche du roi.
    
    - Si Sa Majesté ne sort pas de sa torpeur, nous allons être dans l'obligation de passer la régence au prince héritier, pour le bien du peuple ! Ne serait-ce que pour diriger nos guerres ! » constata un stratège.
    
    Un silence pesant plana au-dessus du Conseil. Soudain une voix charmeuse rompit le calme.
    
    « Et pourquoi ne pas m'utiliser...? »
    
    La première concubine du roi venait de faire son entrée.
    
    Ses longs cheveux bruns descendaient le long de son dos dénudé en une cascade de boucles serrées et ses yeux lourdement fardés ainsi que sa multitude de bijoux lui conféraient un air important. Consciente de l'effet produit, Faraz parada jusqu'au milieu de la pièce, un sourire narquois aux lèvres face à certains regards qui s'égaraient sur ses courbes voluptueuses.
    
    « Il me semble que je pourrais vous être d'une certaine utilité... » ronronna-t-elle presque.
    
    En effet, ils savaient tous pertinemment que tout grand dirigeant se devait de posséder une femme hors du commun, une égale pour régner à ses côtés et partager la lourde charge d'une couronne... Et depuis un mois, le trône de la reine était vide.
    
    L'ambitieuse concubine, brillamment intelligente, charmait autant les yeux que les esprits des ministres par ses paroles doucereuses. Lentement mais sûrement, elle tissait sa toile...
    
    « Très bien, nous vous laissons une chance. Mais si Sa Majesté est absente au prochain Grand conseil, vous serez expulsée du sérail. »
    
    Elle ne cilla pas face à la menace lancée, se contenta de s'incliner profondément.
    
    « Telle est la parole sortie de la Bouche du roi. » conclut-elle.
    
    La concubine fit demi-tour et repartit d'une démarche féline, tout en élégance et sensualité, vers les jardins. Les membres du conseil ne purent détacher leurs yeux de la femme, du moins de l'échancrure de sa robe laissant apercevoir un fin sillon au bas de son dos...
    
    « Messieurs ! » les rappela à l'ordre sévèrement les Yeux du roi.
    
    Un sourire prédateur naquit sur les lèvres de Faraz. Dans sa toile de mensonges et de machinations, la proie était piégée. Maintenant, il ne lui restait plus qu'à la dévorer...
    
    
***

    
    Blessé et préoccupé, Shahin rentra plus tôt que d'habitude ce soir-là. Il surprit la servante empotée de la dernière fois alors qu'elle arrangeait la couche où il prenait place pour manger habituellement.
    
    Cela faisait un moment que le prince ne l'avait pas vu.
    
    Ehsan, en apercevant soudainement son jeune maître, ne put retenir un sursaut. Depuis cette soirée fatidique, si un homme la surprenait ou même s'approchait d'elle un peu trop, elle se tétanisait complètement. Elle s'obligea à prendre une profonde inspiration et une fois que son cœur eut retrouvé un rythme normal, elle s'inclina.
    
    « Bienvenue, Votre Altesse. »
    
    Il retira son long manteau et s'assit à côté de la fontaine. La proximité de l'eau lui fit ressentir une fraîcheur très agréable en ces temps de fortes chaleurs. Il joignit ses paumes et les remplit d'eau douce pour s'en asperger le visage.
    
    Ce geste le fit grimacer car une douleur le tirailla jusque dans la nuque. Il tenta de masser son épaule pour atténuer la souffrance, étouffant un gémissement.
    Cela n'échappa pas au regard attentif d'Ehsan.
    
    « Mon prince, vous êtes blessé ? s'inquiéta-t-elle en accourant vers lui.
    
    - Ce n'est rien. »
    
    Sa réponse courte ne la dissuada pas car même s'il essayait de cacher sa contusion, l'expression qui déformait son visage ne la trompait pas.
    
    « Laissez-moi voir ! »
    
    Sur ces mots, elle vint soulever délicatement la manche ample de son vêtement. Un énorme hématome s'étalait du haut de son bras jusqu'à sa clavicule.
    
    « Je ne crois pas que ce soit grave mais il faut soigner cela, sinon vous ne pourrez pas bouger le bras demain... Souhaitez-vous que j'appelle un médecin ?
    
    - Non merci, répondit-il sèchement.
    
    - Pourquoi ? Vous souffrez !
    
    - Ça se voit que tu es nouvelle ici... je suis le prince héritier. Trop de personnes envient ma place. Je ne peux pas me permettre que tout le monde sache que je suis affaibli.
    
    - Vous voulez dire qu...
    
    - Que je suis une cible privilégiée dans ce palais. C'est pourquoi je vais devoir te tuer maintenant que tu m'as vu ainsi !
    
    - Quoi !? » sursauta Ehsan.
    
    Shahin eut un rictus moqueur.
    
    « A moins que tu ne te montres discrète. »
    
    Ehsan hocha la tête, quelque peu abasourdie.
    
    Bon, visiblement il a le sens de l'humour !
    
    « Mais il faut quand même que vous vous soigniez, sinon demain les gens verront bien que vous êtes blessé !
    
    - Crois-tu que c'est la première fois que je m'abîme ? Ne t'en fais pas j'ai ce qu'il faut.
    
    - Voulez-vous que j'appelle une concubine pour qu'elle vienne vous masser...?" demanda-t-elle en courbant le front devant lui.
    
    Après un long silence le prince finit par soupirer.
    
    "N'as-tu donc rien compris ? Pourquoi mettre davantage de personne au courant, fais-le toi-même."
    
    Ehsan remarqua que l'hématome était très étendu.
    
    Il ne va pas pouvoir bouger le bras facilement.
    
    Elle s'agenouilla devant le blessé et saisit le bas de sa tunique dans laquelle elle vint mettre un coup de dents. Avant même qu'il n'ait le temps de réagir, elle tira d'un grand coup sec sur le vêtement qui se déchira en deux.
    
    « Que fais-tu ? s'étonna Shahin
    
    - Mon Prince, vous auriez eu trop mal si j'avais dû retirer la tunique normalement.
    
    - Retirer mon vêtement n'était pas nécessaire... » marmonna-t-il entre ses dents.
    
    Un hoquet de surprise s'échappa de la bouche d'Ehsan. Le torse nu face à elle semblait robuste, viril, mais ce qui l'avait surprise étaient les multiples cicatrices qui zébraient la surface douce et dorée de sa peau.
    
    Perdue dans ses pensées, elle effleura délicatement l'une d'entre elles, et le prince s'empara fermement de sa main. Ces blessures n'étaient pas le résultat d'entraînements et les souvenirs les accompagnant devaient être atroces, sans aucun doute. Malgré cela, en aucun cas elle n'aurait dû se laisser aller jusqu'à le toucher, ce n'était pas sa place.
    
    Paralysée, elle retint son souffle.
    
    « Je t'avais dit que ce n'était pas ma première blessure, dit-il, sévère.
    
    - Vous...elle déglutit. Vous ne garderiez pas autant de cicatrices si toutes ces entailles avaient été soigné par des médecins compétents...
    
    - Qu'importe, ce ne sont pas tes affaires. De plus, les femmes aiment ça. » termina-t-il avec dédain.
    
    Ehsan fronça les sourcils, mécontente.
    
    « Quel dommage. » murmura-t-elle en secouant la tête.
    
    Shahin, surpris par la douceur manifestée à son égard, scruta attentivement la servante alors qu'elle lui appliquait un onguent. Bien qu'elle massât le muscle meurtri, cela ne lui semblait pas si douloureux. La précision de ses mouvements dégageait une certaine compassion. Mais le prince ne voulait pas inspirer la pitié.
    
    Elle finit par bander son épaule de fins linges.
    
    « Je vous ai fait un cataplasme. Je vous conseille d'essayer de ne pas bouger votre bras cette nuit. Si vous le désirez, je peux venir demain matin pour vous le retirer.
    
    - Très bien. »
    
    Le prince se tut un instant.
    
    « ... Dis-moi, quel est ton nom ?
    
    - Ehsan...
    
    - Ehsan, répéta-t-il contemplatif, ça te va bien. Sais-tu ce que ça signifie dans l'ancienne langue d'Elôn ?
    
    - Non, je ne sais pas... Je la lis mais je la comprends difficilement. »
    
    Elle lit...La plupart des gens ne connaissent même pas l'existence du vieil élonite...
    Qui est donc cette femme ? Une espionne ?
    Je dois me montrer irréprochable, ne pas laisser échapper la moindre faiblesse ! Elle me sait blessé, c'est déjà trop...

    
    « Bénédiction.»
    
    La dureté de sa voix tranchait avec la signification du prénom de la servante et laissait apparaître le doute qui naissait dans son esprit.
    
    Il n'avait pas toujours fait preuve de tant de méfiance, en tout cas, pas lorsqu'il baignait encore dans la joyeuse insouciance de l'enfance. Mais à chaque complot, à chaque malveillance envers lui, sa méfiance s'était accrue, sa paranoïa empirée. Il avait fait le choix de se renfermer, la solitude plus attirante que les doutes constants qui le hantaient.
    
    Désormais, il se devait d'être constamment vigilant. D'après ses pénibles expériences, il savait que la gentillesse cachait parfois bien des méfaits.
    
    « Merci de me l'avoir révélé, dit la jeune femme reconnaissante.
    
    - Je...je dois encore voir quelques points importants avant de me coucher, bredouilla-t-il. Va-t-en ! »
    
    Elle s'inclina.
    
    « Faites attention à votre épaule, mon prince. »
    
    Ehsan sortit de la chambre, totalement chamboulée. Son maître faisait preuve tour à tour d'une vulnérabilité qui l'émouvait profondément et d'une gentillesse à laquelle sa caste n'était pas habituée, et un instant plus tard, d'une sévérité effrayante avec quelques pulsions sanguinaires... Décidément, elle était bien lotie avec celui-là !
    
    Shahin observa la jeune femme quitter ses appartements avec intensité. Il venait de faire un pari risqué en décidant de lui céder une minuscule part de sa confiance. Si la rumeur de sa blessure se répandait dans le palais, il saurait alors s'il avait commis une erreur. Et si elle le trahissait...
    Une servante de moins à la Porte du Roi ne posait pas de grave problème.

Texte publié par Sali, 18 avril 2020 à 21h25
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