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Tome 1, Chapitre 1 Tome 1, Chapitre 1
— Pourquoi ?
    — Je ne sais pas.
    
    Et c’était là tout le cœur du problème, il ne savait pas. Le jeune homme avait pris tellement de vents qu’il avait symboliquement plus de fringues. Il était émotionnellement froissé ce qui avait involontairement précipité leurs pertes. Son interlocuteur attend patiemment que celui qu’il exècre reprenne et s’explique. Il souhaite désespérément comprendre et repense à leur première rencontre.
    
    — Salut.
    — Salut.
    — C’est quoi ton joli prénom ?
    — Tu sais qu’il est joli avant même de le connaitre ?

    
    Il avait ri légèrement en se grattant la nuque, l’air gêner et elle s’était surprise à le trouver mignon. Le métis vint à regretter qu’elle ne l’ait pas choisi lui, plutôt que l’autre connard qui s’est trouvé incapable de la protéger. Pourtant il est là, jouant le jeu. Sibryl ne peut retenir un haut-le-cœur et se vide dans le seau mis à disposition, des images intenables plein la tête.
    
    Ce matin-là, la chaleur était anormalement élevée et étouffante. Les rues étaient désertes et les rares personnes qu’ils croisent se précipitent dans les magasins climatisés longeant la promenade. Le corps à moitié décomposé d’une jeune femme allongée sur un grand plastique baignait dans une flaque de sang bordeaux, bien visible sur le quai de la gare. Elle reposait sur l’asphalte humide du petit matin, disposée au regard des gens. Le nez explosé, sa bouche n’était plus qu’un trou béant aux dents fracassées. Son ventre ou du moins, ce qu’il en restait, une bouillie de chair et d’organes. En transe, le métis est sorti de sa torpeur par un claquement de doigts. Il déteste cet endroit, cet homme face à lui et commence à perdre patience. Il s’agite. Le prisonnier se joue de lui.
    
    — Tu veux vraiment savoir ?
    — Je t’écoute.
    — Je l’ai gardée enfermée trois semaines, tu le savais ?
    
    Aucune réponse.
    
    — Quand tu penses à ta vie, tu ne songes pas à la façon dont elle s’arrêtera. Ni comment, ni par qui elle s’achèvera.
    
    Le condamné savait qu’il aurait donné n’importe quoi pour se trouver autre part, bien qu’il attendît patiemment. Un sourire mi-triste mi-dément, il revit cet épisode.
    
    À la terrasse du Café du Coin, la seule brasserie potable à ses yeux, il attend une fois de plus ses amis, pestant contre la serveuse. Après minutes jugées interminables, elle lui apporte enfin sa commande. Nicolas lui a glissé son numéro de téléphone d’une drôle de façon. Adepte du latte art, la serveuse aime ce qu’elle juge être sa touche personnelle. Sans grand succès aujourd’hui. Portant la tasse à ses lèvres, il regarde l’heure et soupire de frustration. Comme d’habitude, il est à l’heure tandis que ses amis eux, sont en retard. Exaspéré, il remet sa veste et s’apprête à rentrer quand il surprend une conversation :
    
    — Regarde j’te dis. Ils en parlent dans le journal !
    — Ils l’ont retrouvé alors ?
    — Ouais, pauvre Matty !
    L’idiote du village soupire et reprend tout aussi stupidement :
    — Il est tout chamboulé mais qu’est-ce qu’il est mignon !
    — Emma !
    — Quoi ? Rho, je déconnais !
    — Ils trouvent une morte et toi, tu penses à le chopper !
    — Tu savais que c’était sa cousine ?
    — Nan ! Sérieux ? Rho lala…
    — Ouais, regarde, ils le disent dans ce journal !
    Pris d’intérêt pour cette dernière phrase et peu surpris par ce dialogue immature, il les interrompt, charmeur :
    — Je peux ?
    — Hein ?
    — Le journal, je peux ?
    
    En une, un article concernant un fait divers qu’il saute, connaissant déjà l’histoire. Son histoire. Il en perdrait presque le sourire s’il ne savait se contenir. Il est important de savoir d’où l’on vient. Mais surtout pourquoi on s’est barré. La seconde page, en lien, concerne les tueurs en série et est doublée de vague information quant à la découverte de plusieurs corps retrouvés à divers endroits de la ville. Les journaux télévisés, les chaines de radio et même les gens. Tous ne parlaient que de cet acte ignoble et des sévices recensés sur cette pauvre jeune fille. Chacun prétendait savoir ce qu’elle avait pu ressentir dans ses derniers instants. Il les observait d’un air détaché, bien que légèrement amusé, ne prenant part aux conversations que s’il était interpellé. L’heure passe et ses amis ne sont toujours pas là. Tant pis pour eux, cette fois, il ne leur pardonnera pas. Sirotant son café noir, sans sucre mais avec deux croissants, il se met finalement à lire ce vieil article de journal, datant du vingt avril 1976.
    
    
    
Flash News
    Affaire Mills. Gentilhomme ou grand malade ?

    
    Souvenez-vous. Un soir de décembre 1971, Elonor Mills, vingt-cinq ans et mère de deux jeunes enfants, Soren et Marylin, âgés respectivement de huit et quatre ans, disparaissait mystérieusement. Son mari avait alors déclaré aux forces de l’ordre que sa femme, coutumière des fugues, s’était éclipsée au volant de sa voiture après une violente dispute. Il explique ne jamais l’avoir vu aussi en colère pour un motif aussi peu important. L’homme aurait soi-disant trop fait cuire la viande des enfants qui était désormais immangeable. Quelques heures plus tard et après avoir bordés ses enfants, il aurait demandé à sa voisine de veiller sur eux, prétextant une course à faire. Il expliquera plus tard avoir tenté de la retrouver, sans succès. Les inspecteurs finirent par classer cette affaire, faute de preuves tangibles bien qu’ils fussent surpris par plusieurs points. Le plus préoccupant était que Madame Elonor Mills n’avait rien sur elle au moment de sa disparition. Pas même sa boite d’anti-allergène récupéré dans la pharmacie au bout de sa rue la veille. De plus, ses enfants, Soren et Marylin, semblaient avoir une crainte incommensurable face aux forces de l’Ordre. Ils rentraient dans un mutisme à faire peur.
    
    « Bill, je suis sa voisine vous savez. On buvait des cafés parfois le soir. Bill semblant bouleversé ce soir-là. Quand il a frappé à ma porte, il semblait au bout du rouleau, un peu plus à l’Est que d’habitude. Il m’a demandé de garder les petits pendant qu’il partait rechercher sa femme. Pauvre homme, pansé-je. Elle était venue me dire au revoir un peu plus tôt dans la journée. Si j’avais su. » Marietta, 80 ans.
    
    Aujourd’hui, la famille Mills fait de nouveau parler d’elle. Le remariage de Bill Mills avec Mélanie Major, de dix ans sa cadette, aura tourné au drame. Soren, son fils désormais âgé de treize ans, aurait été arrêté pour homicide volontaire. Sa petite sœur reste, à ce jour introuvable.
    
    Nous apprendrons quelques heures plus tard que ce jeune garçon lui servait de punching-ball entre autres mauvais traitements subit ces dernières années. Sa belle-mère en découvrant le corps de son conjoint a immédiatement prévenu la police, en pleurs, s’excusant encore et encore. Il s’avère en fait que celle-ci, qui était sortie au moment des faits, était à la fois victime et complice de cet homme. Se basant sur ces nouvelles informations, la justice a décidé de rouvrir le cas Elonor Mills, lui affectant de nouveaux inspecteurs. Nous pouvons, à juste titre, nous demander ce qui est réellement arrivé à la précédente femme du défunt. Nous n’avons toujours aucune piste pour la petite Marylin, disparue depuis maintenant 16 heures.
    Pour plus d’informations, allez en page 15.
    
    
    Il s’occupera de relire l’article entièrement un peu plus tard. L’homme interpelle la serveuse et recommande un café avant de se réinstaller correctement, débutant l’article du second journal datant du deux décembre xxxx, soit quelques jours après son œuvre.
    
    
    
Une vague de meurtres non élucidés s’abat sur la ville
    Comment se protéger ?

    
    Il est difficile d’attraper un tueur en série parce qu’il n’a généralement aucun lien avec sa victime. Personne n’est à l’abri et n’importe qui peut être choisi. Le cliché voudrait qu’il ait un long manteau noir et des lunettes de soleil. Peut-être même un vieux chapeau, assez moche et troué. Mal dégrossis et fort peu dégourdi. Mais il peut tout à fait ressembler à ce voisin sur lequel vous tombez tous les jours en partant au travail. Celui-là même qui vous offre des chocolats aux Noëls et se propose de prendre votre courrier lorsque vous vous absentez. Fait intéressant, tous ont une carte de visite, comme l’a expliqué une source interne au dossier à nos collègues journalistes. Une chose particulière leur permettant de se différencier les uns des autres. Parfois, ils cherchent à faire passer un message, narguant les inspecteurs au travers des sévices infligés aux morts ou encore par des lettres envoyées aux familles des victimes, voir aux journaux locaux. D’autres encore pensent que tuer leurs victimes les sauvera. Cette seconde catégorie est très brouillonne, laissant quantité d’indices ici et là. Bien souvent, c’est tout simplement une pulsion de violence extrême. Une rage trop longtemps retenue qui finit par se déverser de façon horrible. Par ailleurs, certaines de ces personnalités paranoïaques se développent dans l’enfance et ne font que reproduire ce qu’ils ont eux-mêmes appris.
    
    En effet, certains foyers paraissent normaux et heureux aux yeux du public mais, quand les portes se referment, ces enfants sont brutalisés physiquement et/ou psychologiquement. Bien souvent les deux, pour les plus malchanceux. Apprendre à sourire et se taire tout en supportant les coups, les humiliations et la haine sans raison. Quand on grandit dans un environnement extrêmement hostile et agressif, il n’est pas surprenant qu’une fois adultes, certains deviennent tueurs là ou d’autres seront conditionnés à les attraper. Notez aussi que dans une histoire, il y a toujours deux versions et il n’est pas certain que l’une ou l’autre vous soit satisfaisante.
    

Interview complète du Professeur Binoudiar, expert en criminologie en page 20


    
    Ils s’étaient rencontrés au détour de cette même gare dans laquelle elle avait été retrouvée. La jeune femme lui avait demandé son chemin et une manière rapide d’y accéder. Sa cible était très naïve, très innocente à bien des égards. Solitaire par dépit, elle n’avait pas beaucoup d’amis ce qui lui facilitait grandement la tâche. Il faudrait du temps aux autorités pour recenser quelques informations et il comptait bien sur ça. Voici comment, en l’espace de cinq cent quatre heures, le jeu débuta. Le châtain n’était qu’un chasseur jouant avec sa proie. Comme les chats le font avec leurs souris, il ne lui laissait juste ce qu’il fallait d’espérance. Mélina Clay venait d’avoir vingt-cinq ans.

    
    — L’important n’est pas de savoir pourquoi mais comment. Le corps humain est formidable.
    — Abrège, je n’ai pas ton temps.
    — Bien sûr que si. Tu veux tes réponses non ?
    — Avant, dis-moi pourquoi ?
    
    Le criminel l’intimide d’un regard qui se veut hautain mais qui, venant de lui, ferait trembler les dieux. Il le pensait plus malin que ça et prend plaisir à le déstabiliser.
    
    — Par curiosité ? Parce que c’était marrant aussi. Ce n’est pas tant l’acte de tuer qui me plait tant mais la manière dont elles s’en vont. Les impressions qu’elles me donnent quand je me perds dans leurs regards, quand j’appréhende leurs soupirs. Ou quand elles acceptent finalement leurs libérations.
    
    — T’es un grand malade.
    — Ce qui explique pourquoi moi, je suis enchainé et toi, t’es derrière cette vitre. Mais nous avons déjà abordé ce sujet. On continue ?
    
    Sibryl acquiesce d’un hochement de tête.
    
    — C’est curieux comme les événements s’enchainent parfois. Je ne savais pas qui elle était avant de le lire dans le journal des jours plus tard. J’aurais dû plus en profiter.
    
    — Si tu hésites entre elle et moi, alors je lui céderai ma place sans trouble. Je ne veux plus perdre mon temps pour quelqu’un qui se demande si je suis un bon choix. Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix.
    
    Doucement les bras de Lùca viennent l’encercler. Souriant, elle pose sa tête contre son épaule et c’est en silence qu’on contemple ce basique couché de soleil.
    
    — Les promesses dites avec le cœur comptent pour toujours
    — Les promesses tiennent pour toujours il répète plus bas, comme pour s’en convaincre.

    
    Je les vois de loin, il plonge son regard dans le sien et elle est incapable de s’en détourner. On y lit une intensité comme jamais auparavant, un mélange de peine et d’amour aussi. Je ressens tout son désir autant que sa peine ce qui m’enrage d’autant plus.
    — N’oublie pas que je t’aime toujours.
    
    — Je pouvais presque voir les battements du cœur de cette petite idiote s’accélérer à ses paroles alors qu’elle répond au téléphone. Je te laisse deviner l’interlocuteur ?
    
    Comme tous les jours à onze heures trente précise, une sonnerie se fait entendre et deux gardiens se rapprochent du prisonnier qui se relève doucement puis s’étire, avant de leur offrir ses poignets sans aucune considération. Sibryl ne perd pas une miette du spectacle qu’on lui offre. Certaines choses changent, d’autres pas. C’est la vie. Très profond. Ses amis et lui attendent depuis trop de temps les réponses qu’il espère recevoir aujourd’hui. C’est pourquoi il attend la fin des repas. De nouveau, il observe les gardiens ramener le monstre en salle d’interrogatoire et de nouveau, il supporte ses gestes inverses. Il masse ses avant-bras endoloris par les menottes, s’étire puis reprend place.
    
    — J’ai passé vingt et un jour à la contempler, notant tous les changements au fur et à mesure qu’ils apparaissaient. Mélina...
    
    Il prononce son prénom avec une lente délectation fixant son invité d’un air absent.
    
    Mélina Clay, l’une de mes premières victimes retrouvées, se répétait cette phrase, « les cauchemars ont une fin », comme une prière alors qu’elle plongeait lentement dans la folie. S’il était évident que la fin du cauchemar signifiait sa propre fin, elle ne pouvait se retenir. Cette Mort qu’elle désirait comme jamais elle avait souhaité désirer quelque chose ; cette Mort qui semblait préférer la regarde s’éteindre petit à petit, parcelle de lumière par parcelle de lumière. La jeune fille était dans ce douloureux état que vous insuffle l’espoir ; ni véritablement vivante, ni tout à fait morte. Ce juste milieu que j’ai pris plaisir à prolonger de bien des manières. L’honorant comme jamais. Elle était insatiable, il fallait le voir pour le croire. Une heure déjà que je m’étais vidé en elle et voilà qu’elle en redemandait. Les doigts de la jeune femme se baladaient sur mes avant-bras alors que je l’observais faire. M’avançant un peu plus, j’accroche ses jambes à mon bassin, savourant ses plaintes. Elle me souriait doucement, m’invitant un peu plus. « Tu as encore faim ? » Une lueur indéfinissable et mon éternel sourire en coin, je m’étais rapproché d’elle.
    
    L’homme la soulève soudainement et la plaque contre le mur le plus proche puis l’embrasse avec avidité. Il dépose de légers baisers dans son cou, puis remonte doucement jusqu’à son oreille dont il mordille le lobe préalablement entaillé, lui faisant pousser quelques gémissements. Il répond à ces douces plaintes par d’autres, puis glisse sa main libre sous le t-shirt, qui était déjà un peu relevé. Il s’amuse, fait des ronds, la frôle pour se retirer puis recommence, mais sans jamais lui toucher sa poitrine, déjà à vif. C’était brut et passionné. Il ne lui en faut pas plus pour qu’il se jette sur ses lèvres, les léchant avant d’introduire sa langue directement dans la bouche de la jeune fille. Mordant sa langue au point d’en arracher un bout. Il la trouve magnifique. Il ne peut s’empêcher de prendre le visage de la douce entre ses mains, de lui retirer les mèches de cheveux collant à sa peau et de déposer quelques doux baisers sur celui-ci. Le corps de la jeune fille est pris de spasmes, signe que je dois augmenter la morphine présente en elle.
    
    Sa douce et tendre proie parvient tout juste à détourner la tête. Suffisamment pour voir les nombreux ustensiles tachés de son sang, sur la table roulante. Elle n’aurait jamais cru qu’un corps pouvait subir autant de dommages et rester combatif aussi longtemps. Elle n’était que douleur et béatitude. Rallongée sur ce qui lui semblait être une table gynécologique, les jambes vaguement surélevées, elle percevait les muscles de son pied gauche, tordu d’une bien étrange manière. Dépourvus d’ongles, les phalanges arrachées de moitié à la pince. Sa peau précautionneusement entaillée puis scalpée, de la même manière qu’il éplucherait son ananas. Son genou, disloqué lui aussi, laissait apparaître l’os préalablement limé au papier de verre, avant de le percer. Amusé, il y avait déposé une guirlande lumineuse.
    
    Mélina Clay venait d’avoir vingt-cinq ans, chiffre maudit. Son tortionnaire l’utilisait à bon escient. Il prit vingt-cinq minutes pour la conduire dans ce coin reculé qui lui servait d’abris parfois. Ce bar miteux obtenu pour une bouchée de pain et son immense cave, lieu empli de découvertes. Elle mit vingt-cinq minutes pour comprendre et assimiler les propos de son compagnon. Il s’amusa de sa réaction quand il en vint à lui expliquer en détail ce qu’il se passerait le moment venu. Vingt-cinq minutes de torture combinée aux moments de répit. Vingt-cinq minutes pour mourir après vingt-cinq heures de torture. Le corps percé de toute part, la peau du visage brûlée en plusieurs endroits par quelque vingt-cinq gouttes d’acide, justement dosées. Le reste de son corps n’avait plus de peau, les muscles taillés et certains organes enlevés. La jeune fille était à peine reconnaissable.

    
    — Élie ?
    — N’a eu que ce qu’elle méritait oui. Je suis fatigué, reviens demain.
    
    Sur ces mots, le sinistre individu clôt l’entretien et retourne à sa cellule sous l’œil avisé des caméras de la prison.
    

Texte publié par Sara_B, 17 février 2020 à 13h25
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