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Tome 1, Chapitre 11 Tome 1, Chapitre 11

Le moteur vrombit d’une manière assez inquiétante et tu peux t’empêcher de jeter un regard vers le conducteur qui ne te le rend pas, mais crispe sa mâchoire. Lui aussi sent que la voiture a un problème. Malheureusement, il ne peut pas prendre le risque de s’arrêter, ne serait-ce que pour vérifier et régler le souci. Certes, il est parvenu à semer ces hommes – probablement des membres du S.H.I.E.L.D. –, mais vous vous doutez bien qu’ils n’ont pas baissé les bras et qu’on doit sûrement les guider depuis leur QG. C’est pour ces raisons que vous priez autant que possible pour que le véhicule tienne au moins jusqu’à la prochaine ville. Vous ne devriez plus être très loin de Norilsk où vous pourrez abandonner votre automobile, vous cachez quelques jours dans une planque, le temps de vous reposer et de trouver un moyen pour reprendre la route en toute sécurité. Tu n’as de cesse d’y réfléchir en même temps de regarder par le rétroviseur. Tu es angoissée et l’état de tes ongles ne peut que le confirmer. Ce n’est pas une situation à laquelle tu es habituée, à laquelle tu es préparée. Lors de la Seconde Guerre mondiale, lorsque vous deviez quitter précipitamment le camp, tu gardais un objectif simple en tête et tu restais concentrée dessus jusqu’à ce qu’on annonce que vous étiez en sécurité. Mais là, entourée de métal roulant aussi vite que la limite de vitesse le permet, tu es agitée et tu sens bien que cela commence à agacer Kaare vu la manière dont il te regarde.

Tu n’arrives pas à te calmer.

Et s’ils vous retrouvent ?

Que ferez-vous ?

Tu sursautes alors que tu sens une main se poser sur ton genou et alors que ton visage se tourne vers Arenstoff, tu le découvres aussi tendu que toi, le regard fixé sur la route et sur le tableau de bord, prêt à prendre de la vitesse au moindre problème. Doucement, sans que tu aies besoin de poser la question, ses doigts se déplacent pour recouvrir tes yeux. L’ordre est silencieux, parfaitement clair. Il exige de toi que tu te reposes. De ton côté, tu ne sais pas si tu y parviendra, le stress courant dans tes veines. Néanmoins, tu consens à fermer les paupières. Même si tu n’arriveras pas à t’endormir au moins, seras-tu un peu plus reposée et plus calme. C’est tout ce qu’il demande. Tu ne rejettes pas cette pression revenue sur ta rotule. Tu sais de qui elle provient, pourquoi elle est là et cela te convient. Te rassure.

Tu n’es pas toute seule.

❈❈ ❈ ❈ ❈ ❈ ❈

— Elle s’appelle Maggie si ça t’intéresse, fais-tu avec une moue désapprobatrice.

— Qui ça ?

— L’hôtesse d’accueil à qui tu viens de proposer un verre en tête-à-tête.

Ton pas se fait plus rapide, n’ayant guère envie de l’attendre plus longtemps ou d’entendre ses explications bancales. Tu es épuisée par ton travail, les patients ont été particulièrement désagréable aujourd’hui, du matin jusqu’au soir et, alors que tu pensais le retrouver avec grand sourire, tu t’es figée sur place. Ce n’est pas la première fois que tu surprends ton petit-ami à faire les yeux doux, user de ses charmes sur des femmes qui se laissent volontiers séduire et, cette fois, tu en as assez. Peu importe ce qu’il va te sortir comme raison, tu n’escomptes pas l’écouter. Il te rattrape, te demande d’arrêter de tirer la tête, qu’il n’a pas fait le chemin du camp militaire jusqu’à l’hôpital pour recevoir un tel accueil. C’est à ton tour de répliquer que tu ne sors pas avec quelqu’un pour le regarder faire son chien secouant sa queue à chaque fois qu’il croise une femelle. Ta vulgarité et ta franchise choquent toujours un peu et tu lis sur son visage qu’il désapprouve totalement ta façon de parler et les termes employés. Il sait, pourtant, que tu n’es pas comme toutes ces poules. Il est au courant que tu es exclusive et que tu ne lui permettras pas de te tromper. Que tu n’aimes pas son comportement. Cette humiliation que tu ressens à chaque fois. Tu soupires. Les mains de ton petit copain sont dans ses poches alors que tu aimerais qu’il tienne la tienne. Ne peut-il donc pas montrer qu’il s’est attaché à toi ? Est-ce seulement le cas, d’ailleurs ? Chaque jour, tu doutes un peu plus. Cela t’angoisse et t’empêche parfois de dormir. Au final, tu finis par reprendre la parole. Lui expliquant que cela fait peut-être six mois que vous êtes en couple, que tu as peut-être accepté qu’il ne soit pas un homme qui s’épanche sur ses sentiments et qui les expose encore moins, que tu approuves qu’il passe plus de temps avec son meilleur ami qu’avec toi – tu adores Steve, jamais tu ne pourrais lui en vouloir – mais, tu en as assez.

— Assez de quoi ? Tu veux rompre ?

Il t’arrête, te tient par le bras.

Son regard est un peu inquiet.

Le tien commence à se résigner.

— C’est plutôt à toi de me dire si tu veux qu’on arrête là ou non. Après tout, si tu en viens à courir après les femmes alors que je suis là, c’est peut-être parce que tu ne ressens rien pour moi. Et… je ne veux pas continuer si c’est le cas.

Tu as baissé la tête, n’osant affronter son expression après tes propos. Tu sens ton ventre se tordre, une boule se former dans ta gorge et tes doigts qui commencent à trembler sans que tu parviennes à les contrôler. Au bout d’un moment qui te semble interminable, James finit par te prendre la main. Il ne parle pas, se contente de marcher à côté de toi sur le trottoir, ignorant les passants qui doivent se pousser sur votre passage. Et toi, tu ne sais pas trop quoi en penser. Tu refuses d’espérer. Tu le fais tout de même. Vous avancez ainsi jusqu’à chez toi. Il ne va pas rester. Il doit retrouver son meilleur ami. Ce n’est que lorsque vous arrivez en haut de ton palier, qu’il t’a rendu ton sac à main, que le sergent plante son regard dans le tien et te propose de venir avec lui et Steve à l’Exposition du Futur. Tu hésites.

— Viens et je te prouverais que je tiens à toi. Je te montrerais ce que je ressens pour toi.

Le ton employé est profond, doux et tu ressens une bouffée de tendresse et d’amour envers cet homme et tu acceptes de les accompagner, scellant votre accord d’un baiser qui n’a rien de chaste selon toi. Un sourire charmeur aux lèvres, James finit par s’en aller et tu ne peux que rentrer chez toi qu’au moment où tu ne le distingues plus. Tes doutes se sont envolés.

Tu ne te doutais de rien.

❈❈ ❈ ❈ ❈ ❈ ❈

C’est parce qu’on te secoue rudement l’épaule que tu finis par te réveiller, sentant désagréablement la bave aux lèvres. Pas très bien réveillée, tu espères que personne n’ait rien vu. Lorsque tu tournes ton regard vers ta droite, tu y découvres ta portière ouverte ainsi qu’une main tendue. Tu n’hésites que quelques secondes avant de la prendre pour te hisser hors du véhicule, tenant le sac tout contre toi. Tu frisonnes violemment contre le vent, le froid fouettant ton corps encore endormi. On tapote ton bras et tu lèves les yeux vers Kaare qui signe. Tu dois parler russe. Traduire ce qu’il veut dire. Tu acquiesces et le suis. Tu notes que vous vous êtes arrêtés devant un concessionnaire. Arenstoff t’explique que tu dois le convaincre de procéder à un échange. Cette voiture manifestement de dernier cri qu’il pourra revendre à un bon prix, une fois le kilométrage remit à zéro, contre une simple Lada. Peu importe son état, tant qu’elle peut rouler encore plusieurs dizaines de kilomètres. Ton russe est un peu rouillé, mais tu parviens sans trop de difficulté à te faire comprendre et à convaincre le concessionnaire d’inspecter le véhicule afin de voir si ce deal lui convient. Il chipote et vous propose une automobile semblant en fin de vie et prête à rendre l’âme. Tu ne te laisses pas démonter même si tu vois bien qu’il n’apprécie pas de faire affaire avec une femme. Peu importe, tu parviens à venir à bout de ce marchandage et obtient une auto de la fameuse marque russe de bien meilleure qualité que ce qu’il proposait à la base. Très rapidement, tu lui fournis vos faux-papiers d’identité, signes le contrat et vous sortez de la ville avec cette Lada grise. Tu en as envie de rire.

Il faut appuyer sur un interrupteur de maison pour pouvoir klaxonner.

Ou de pleurer.

Le chauffage ne fonctionne pas.

Kaare ne pas faire grand-chose pour toi et bien qu’il te l’ait proposé plusieurs fois, tu as refusé de prendre son manteau. Sentant que tu ne parviendras pas à t’endormir facilement, il est temps pour toi de t’occuper en sortant tes notes et le livre sur le langage des signes. Arenstoff grogne de désapprobation et tu résistes à l’envie de lui tirer la langue en guise de réponse tout à fait mature. C’est ainsi que tu parviens à te concentrer sur ton travail, seulement gênée par l’état lamentable de la route et des arrêts brusques. Ce n’est que lorsque vous avez enfin atteint Kathanga que tu consens à ranger tes affaires ainsi qu’à lever le nez sur le paysage. Il n’y a que de la neige à perte de vue et tu te rends compte que ce village n’a pas vraiment changé depuis soixante-dix ans. Des souvenirs remontent et tu ne sais pas trop quoi faire. À tes côtés, à la place de ton partenaire, tu distingues très nettement ces Russes qui t’emmènent pour la première fois dans leur bunker. Tu revois en détails Isaaki à tes côtés, prenant ta main et la serrant fort dans la tienne. Lorsque tu tournes la tête, ce n’est plus le visage du colonel que tu vois, mais celui du borgne qui s’impatiente quelque peu. Il te faut plusieurs secondes pour comprendre et tu te hâtes de fouiller dans ton sac afin de donner les papiers d’identité aux forces de l’ordre. Ce sont vos véritables papiers d’identité et non ceux qui vous servent de couverture ; ils révèlent pour qui vous travaillez. Tu ne t’inquiètes pas. Cela a été toujours ainsi dans cette partie de cet immense pays. Cela prend du temps et pas un mot est échangé. Pas même alors que le militaire te rend vos papiers et vous donne la permission de pénétrer et de vous arrêter pour la nuit dans l’ines.

— Il ne nous restera plus que trois heures de trajet et nous serons enfin arrivés, soupires-tu en t’installant sur le lit.

C’est un lit double que vous allez devoir partager. Il n’est pas nécessaire pour vous de monter la garde dans un lieu aussi éloigné et sécurisé, mais tu as eu tout de même beaucoup de mal à convaincre ton partenaire de ne pas rester éveillé. Vigilance constante. Pour le dissuader de une faire nuit blanche, tu lui as parlé de tout ton répertoire musical. Entièrement romantique. Et tu chantes très mal. Il a grimacé et tu t’es retenue de pouffer lorsqu’il a signé son assentiment avant de te faire un doigt d’honneur, se dirigeant avec toute sa fierté masculine vers la salle d’eau. Amusant. Cela fait très longtemps que tu ne t’étais pas aussi détendue, tu sens même les muscles de ton visage s’étirer pour former un sourire. C’est étonnant. Tu te frottes les joues pour les faire disparaître et décides que la meilleure solution pour cesser de divaguer est de retourner au travail. Ce serait plus pratique si vous pouviez vous y mettre maintenant. Pendant que c’est encore calme. Alors, tu te plonges dans le travail. C’est ce que tu as toujours fait de mieux.

— Hey !

Tu te lèves ton siège, furibonde d’être ainsi dérangée tandis que tu te diriges vers l’homme qui t’ignore royalement, bien trop occupé à lire ce que tu as écrit. Et dessiné. Tu rougis d’embarras. Tu n’as jamais été douée pour le dessin.

— Vous inventez une nouvelle langue ? signe-t-il, son regard te prenant clairement pour une abrutie.

L’enflure.

Et dire que tu t’es cassée la tête pour entendre ça.

— J’ai inventé ces signes parce que je suis persuadée que nos ennemis ne sont pas complètement idiots. S’ils tombent sur ton dossier – parce qu’ils doivent avoir des informations sur toi, chez eux – ils doivent savoir que tu es muet.

Tu grimaces tandis que tu le vois croiser les bras et plisser les yeux de mécontentement.

— Pardon. Mais tu dois bien te douter de ça et que s’ils nous tiennent en filature, ils vont interpréter nos gestes. Du coup, j’ai pensé qu’inventer nos gestes qui n’auraient de sens que pour nous serait efficace contre eux.

Tu as l’impression de patauger dans tes explications et tu commences à en avoir marre de ce comportement qui ne te ressemble en rien. Depuis quand tu t’expliques ? Depuis quand tu t’inquiètes ? Depuis quand tu dis « pardon » ? Tu marmonnes un « je vais me laver » avant de traverser la pièce d’un pas lourd et rapide. Tes habits sont jetés avec rage sur le sol et tu manques de hurler sous la morsure de l’eau glacée. Une voix masculine – un rire ? – te fait comprendre que c’est ton partenaire qui a utilisé toute l’eau chaude et tu ne te retiens certainement pas de le maudire sur plusieurs générations. C’est donc à l’aide d’un savon rustique et d’un gant que tu décides de laver ton corps, lâchant une flopée de juron en anglais, en allemand et en russe à l’encontre du froid et du borgne. Borgne qui présente un sourire hilare tandis que tu reviens dans la pièce principale, tremblante de froid.

— Je n’avais pas non plus de chaud, signe-t-il.

Tu t’en fous.

— Ce langage codé est une bonne idée. Je n’y avais jamais pensé.

— Mph… À croire que j’ai un cerveau pour deux.

Kaare met un doigt sur sa bouche, le regard porté vers l’extérieur et le corps entièrement tendu. Tu déglutis et te hâtes silencieusement à enfiler tes chaussures, comprenant de par son geste de la main, que vous allez bientôt devoir filer à l’anglaise au beau milieu de la nuit. Rapidement, vous prenez vos effets personnels, vous délestant de tout ce qui pourrait être encombrant. Tes mains tremblent tandis que tu tiens ton arme, suivant Arenstoff qui se déplace telle une ombre. Tu es censée couvrir ses arrières tandis qu’il ouvre la marche et guide votre chemin jusqu’à une voiture. N’importe laquelle. Vous ne pouvez pas garder votre Lada. Doucement, l’homme ouvre une fenêtre menant à l’extérieur où vous pouvez entendre des cris Du russe. Et des éclats d’anglais. Tu te mords l’intérieur de la joue. Il ne faut pas que tu fasses le moindre bruit. Ton acolyte se tourne vers toi et ne manque pas tes yeux écarquillés par la peur. Tu ne caches pas ton angoisse et tu as conscience qu’il ne peut rien faire pour la calmer, hormis rester maître de lui-même et espérer que tu pourras gérer en temps voulu. Lorsqu’il aura besoin que tu le protèges. Vous avancez à pas de loup. Il t’indique de surveiller ses arrières pendant qu’il passera par la fenêtre. Tu opines du chef et fais face au couloir qui ne t’avait pas paru aussi long. Tes mains, ton corps tout entier tremble. Quelque chose touche ton épaule. Tu pousses un cri strident et ton doigt appuie sur la gâchette. Merde.

Merde !

Tu fais face à Kaare qui te regarde avec un air furibond. Tu ne dis rien. Ta voix est bloquée. Tu t’en veux de ne pas avoir su garder le contrôle de toi-même. Sèchement, il te fait signe de le suivre et de ne pas aggraver votre cas si tu ne veux qu’il s’occupe personnellement du tien. Vous entendez des éclats d’anglais et vous hâtez de sauter dans la neige, ne vous occupant pas du fait que l’on puisse vous suivre à la trace. Une voiture de marque russe vous fait face. Ce n’est pas la vôtre et elle a l’air encore plus amochée. Vous n’avez pas le temps de jouer les difficiles. Elle n’est pas verrouillée et l’homme va pour s’engouffrer à l’intérieur quand vous entendez des pneus crisser juste derrière vous et voyez des hommes en noir en sortir. Un combat commence entre Arenstoff et son adversaire tandis qu’un homme s’approche dangereusement de toi. Tu lâches ton arme et recules, te sentant prête à paniquer une nouvelle fois. Tu chois au sol, glapissant de douleur alors que tu reçois un coup de poing au ventre, puis un autre au dos. On veut te forcer à rester face contre terre, mais tu résistes tant bien que mal et parvient à te retourner, plaquée contre le sol enneigé et ton opposant, une pierre te blessant la colonne vertébrale. Il veut te rouer de coups. Il ne cherche pas à te tuer. Tu es effrayée. La terreur agit sur toi comme une puissante adrénaline et tu te surprends à lui donner un violent coup de rotule dans son entrejambe.

C’est à son tour d’avoir mal.

Ta respiration et ton corps tout entier tremblant, tu te redresses à genoux et empoignes la fameuse pierre pour l’écraser au visage de ton adversaire de toutes tes forces. Tu répètes l’opération autant de fois qu’il le faut. Jusqu’à ce que tes bras n’en puissent plus et que tu ne parviennes plus à tenir ton arme de fortune, la laissant rouler au sol. Tu regardes tes mains. Elles sont rouges. Rouge sang. Tu viens de tuer quelqu’un. Dans un état second, et entendant des cris masculin sur ton côté, tu tournes ton regard et vois Kaare se battre contre son ennemi et présentant des difficultés à le mettre hors d’état de nuire. Machinalement, tu ramasses ton arme à feu, te remets difficilement sur tes pieds et adoptes la posture adéquate. Tu ne sais pas si tu vas faire mouche. À dire vrai, tu ne te poses même pas la question. Elle ne traverse pas ton esprit. Tu tentes juste de reproduire les gestes que l’on t’a inculqués. Tu tires quand tes poumons se vident et tu vois l’homme en noir choir au sol et Arenstoff, quelque peu sonné, te regarder de son œil écarquillé. Un trait sanglant barrant sa joue. Putain. Tu as failli le tuer et c’est le seul constat qui te passe par l’esprit à cet instant précis. Tu pâlis considérablement et il lui faut frapper sur le capot de la vieille Lada pour te faire revenir à la réalité et tu opines plusieurs fois du chef avant de t’engouffrer dans la carcasse, laissant une nouvelle fois le volant à ton partenaire.

— Je suis désolée, psalmodies-tu à plusieurs reprises, tes mains encore tachées d’hémoglobine. Je suis désolée. Je voulais pas tirer. Je voulais pas tirer. Je suis désolée.

La peur a pris possession de ton corps ainsi que la réalisation de vous avoir mis en grand danger. Sans parler du fait que tu as failli le tuer. Tout ce qui vient d’arriver est de ta faute. Bordel. Pourquoi a-t-il fallu qu’on exige de toi que tu ailles sur le terrain. Tu es une scientifique. Rien d’autre. Rien d’autre !

— ‘Ep’e’ez-vous !

Ton corps se fige et le silence se fait dans la voiture. Tes yeux exorbités par la surprise, la bouche encore ouverte, ta tête tournée vers lui. Tu ne t’attendais pas à cet éclat et encore moins à ce qu’il parle. La culpabilité se fait plus grande en toi tandis que tu réalises que c’est à cause de ta crise de panique qu’il a dû parler malgré son handicap. Tu penches la tête, tes cheveux défaits dissimulant ton visage tandis que tu combats tant bien que mal tes larmes qui menacent de couler. Tu serres les poings, te mords la lèvre inférieure. Il ne faut pas que tu craques. Tu n’en as pas le droit. Certes, tu aurais dû garder le contrôle de toi-même, mais ce qui est fait, est fait et tu ne peux plus revenir en arrière pour corriger tes erreurs. Il ne faudra juste plus les réitérer. Ta gorge veut crier pardon. Ta raison t’ordonne de te taire. Tu choisis d’obéir à cette dernière. Alors, dans le but de te forcer à te concentrer sur autre chose que sur tes actes, tu sors bouquin, papier et crayon. Peut-être qu’en te plongeant sur votre langage codé, tu parviendras à te calmer et à retrouver ton self-control.

À plusieurs reprises, tu ne peux t’empêcher de jeter un coup d’œil au rétroviseur, l’angoisse d’être une nouvelle fois suivis te tenaillant l’estomac. Mais tu as beau vérifier cela toutes les minutes, rien. Seriez-vous parvenu à les semer ? Aussi facilement ? Tu as beaucoup de mal à y croire et tu peux même apercevoir ton partenaire, mâchoire serrée, surveiller également vos arrières. Vous roulez dans l’angoisse que vos ennemis vous rattrapent.

Ou qu’une tempête de neige se déclenche.


Texte publié par Edda T. Charon, 20 mai 2022 à 19h47
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