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Tome 1, Chapitre 7 Tome 1, Chapitre 7

Tu entends des voix. Tu ne comprends pas très bien ce qu’elles veulent dire. Elles parlent dans une langue que tu es pourtant sûre de connaître. Tu papillonnes des yeux, mais la lumière vive et blanche te fait mal et t’incommode. Tu gémis. Les sons disparaissent pour reprendre de plus belle, mais cette fois, avec un peu plus d’entrain. On prononce ton nom, on t’appelle, on t’encourage à ouvrir les paupières et tu le fais avec difficulté. C’est un peu flou, mais tu peux deviner des têtes mouvantes au-dessus de toi. Ils te regardent, te scrutent. Ils portent des masques et tu es un peu inquiète. Que se passe-t-il ? Où es-tu ? C’est blanc. C’est trop blanc. Tu veux le dire, mais tu as l’impression que tes mots sont bloqués. Tu fronces les sourcils. Tu es encore trop groggy. Pourtant, tu cherches à bouger, à te redresser. Une main se pose sur ton épaule, force doucement dessus, te faisant comprendre qu’il vaut mieux pour toi de rester allongée. Tu n’aimes pas cela. Être désorientée. On te parle, mais tu ne comprends rien. C’est comme si tu portais un masque, mais ce n’est pas possible et tu le sais. Tu es à l’hôpital, tu l’as bien saisi. Tes yeux se ferment. Tu te rendors.

Tu poseras les questions plus tard.

Tu te réveilles en sursaut. Tu as senti un mouvement brusque du lit dans lequel tu es allongé. Quelqu’un a cogné dedans de manière fort peu délicate, t’obligeant à ouvrir grand les yeux et à te redresser, te donnant immanquablement le tournis. C’est désagréable. Il te faut quelques longues secondes avant que cette sensation s’en aille et que tu entendes la porte se refermer. Ce n’est pas grave. Tu as très bien reconnu l’outil qu’utilisent les agents d’entretien, quoi qu’un peu plus sophistiqué. Tu es seule dans ta chambre. Tant mieux, cela te permet de faire un peu plus le point et de constater que tu es sous perfusion. Que c’est-il passé ? En quelle année es-tu ? Pourquoi n’as-tu pas été réveillée dans le bunker ? Où est Isaaki ? James ? Pourquoi es-tu sous aide respiratoire ? Tant de questions tourbillonnent dans ton esprit encore embrumé et la douleur étant sa prise sur ton crâne. Une machine émet un bruit continu. Un « bip » strident et insupportable qui fait pourtant apparaître un infirmier ayant la délicatesse d’entrer sans faire de bruit supplémentaire. Tu le vois bouger, triturer l’engin qui redevient silencieux et remarque enfin tes yeux ouverts. Ni une, ni deux, il se précipite hors de la pièce et il te faut un petit moment d’attente pour le voir revenir, mais cette fois, accompagné d’un homme bien plus âgé. Sans prononcer une parole, il regarde des constantes, les notes rédigées, prend ton pouls, éblouit tes pupilles avec une petite lampe. Ce comportement t’insupporte et tu ne le caches absolument pas, ne te gênant pour fusiller du regard ce grand-père à l’air hautain. Le docteur parle en russe. Ton cerveau ne doit pas encore être assez éveillé pour te permettre de saisir ces quelques mots. Heureusement pour toi, c’est l’autre homme qui se penche vers toi et qui te parle dans un anglais plutôt scolaire, mais que tu peux juger acceptable dans ta grande mansuétude.

— Bonjour, madame. Vous l’avez sûrement déjà deviné, mais vous êtes à l’hôpital. Vous souffrez actuellement d’hypothermie, mais tout va bien se passer. Vous pouvez retirer votre masque respiratoire si vous voulez me poser des questions ; j’essaierai d’y répondre au mieux si je peux.

Son accent est roulant.

Tu lis sur son badge : Nikolaï.

Tu retires ton masque.

— Où est Isaaki Baranov ?

— Je ne connais pas cette personne, mais je vous promets de me renseigner dès qu’il me sera possible de le faire.

Tu grimaces.

Tu as un mauvais pressentiment et décides de ne pas poser la même question, mais cette fois, pour James.

— La date ?

— 4 juillet 2016.

— Et l’Hydra ? risques-tu.

— Euh… hésite-t-il, visiblement perdu. Je suis désolé, je ne sais pas ce que c’est.

— Ce n’est pas grave, souffles-tu.

Remettant en place ton masque respiratoire, tu fais ainsi comprendre que tu n’as plus de questions à poser. Du moins, pas pour le moment. Tu es fatiguée. Est-ce qu’on t’injecte de la morphine ? Est-ce que l’hypothermie dans laquelle on t’a retrouvée peut expliquer l’épaisse couverture posée sur ton corps fébrile ? Tu ne sais pas, tu n’as pas envie de le savoir. Tu veux juste te reposer un peu. Juste un peu. Le jeune Nikolaï semble très bien le comprendre puisqu’il n’insiste pas et te promet de venir te revoir dès le lendemain après qu’une de ses collègues soit passée pour venir te laver. Tu n’émets aucun son, aucun geste pour lui répondre. Tu as fermé les yeux. Tu te réveilleras plus tard.

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Ton réveil est, une nouvelle fois, brusque et, cette fois, tu réagis à temps pour regarder fixement cette vieille bique de femme de ménage qui n’en a rien à faire des patients ayant visiblement besoin de beaucoup de repos. Pire, même. Tu peux étrangement entendre de la musique provenir de bitoniaux plantés dans ses oreilles et reliés par un fil blanc partant se dissimuler dans la poche ventrale de sa blouse. Tu arques un sourcil étonné et fatigué. Il va, sans nul doute, falloir que tu te renseignes sur tout ce qui a changé, les nouvelles technologies. Apprendre les comprendre, à les manier. Mais, pourquoi diable Hydra ne t’a réveillée qu’à cet instant. Pourquoi t’ont-ils laissé dormir aussi longtemps ? Était-ce prévu ? Y a-t-il eu des complications ? Et Isaaki ? Lui qui prétendait t’aimer, pourquoi ne s’est-il pas battu avec la hiérarchie pour te réveiller plus tôt ? Qu’en est-il de James ? Non… Du Soldat de l’Hiver. A-t-il survécu à toutes les expériences, à la cryogénisation, aux électrochocs, à ses combats que tu devines nombreux ? Tu ne le sais pas. Il faudrait que tu te renseignes, mais tu ne penses pas que cela soit une bonne idée de demander à l’infirmier de la veille de te donner de quoi apprendre tout ce qu’il s’est passé durant ces soixante-dix dernières années. Il ne ferait sûrement que te regarder étrangement et te prendre pour une folle. C’est à éviter.

Il ne faut pas que tu te fasses remarquer.

Mais dans cette époque qui n’est pas la tienne, comment peux-tu faire pour trouver un soutien, un allié ? Tu ne le sais pas et l’anti-douleur que tu devines couler dans tes veines ne t’aide absolument pas à réfléchir. Pas plus que la porte s’ouvrant pour laisser une très belle jeune femme blonde et au sourire avenant. Une pure russe dans toute sa splendeur. Elle te souhaite le bonjour dans un anglais un peu mieux prononcé que son collègue. Tu ne parviens pas à lire son badge. Elle ne cesse de bouger, de virevolter et cela t’agace un peu. Tu ne comprends pas toute cette joie de vivre. Tu lui demandes presque gentiment pourquoi elle semble si heureuse. Pas gênée pour un sou de son exubérance, elle affiche un grand sourire dévoilant sa dentition parfaite et répond que son petit-ami vient de la demander en mariage hier soir. La fiancée a du mal à se remettre des événements de la veille et à la sensation de flotter sur un nuage. Tu hoches la tête. Tu imagines aisément sa réaction bien que tu ne puisses la comprendre. Tu n’as jamais ressenti ce genre de chose ; pas même avec lui. Avant qu’il ne se tourne vers ces deux poules ce soir fatidique où ton cœur s’est morcelé.

— Heum…

La belle semble hésiter et tu peux enfin regarder ce satané badge et connaître son identité : Liliya.

Tu détestes rester dans l’ignorance.

— Je suis désolée, mais nous avons quelques soucis avec le petit-déjeuner ce matin. Il n’arrivera que vers dix heures.

— Quelle heure est-il ?

— Huit heures et demi ?

— Vous voulez dire que cette teigne de femme de ménage me réveille tous les jours à cette heure-là avec ces fils qui sortent de ses oreilles et qui émettent des bruits bizarres ?

— … Vous ne savez pas ce que sont des écouteurs ?

Merde !

Ta colère te trahit. Il faut que tu restes maîtresse de toi-même et de tes émotions. Pas comme à l’instant car, te voilà obligée de trouver une excuse crédible pour ton ignorance. C’est alors que la porte s’ouvre aussi soudainement qu’un Deus Ex Machina et laisse entrer une femme sévèrement vêtue et coiffée. De sa voix froide et sèche, ses mots russes ordonnent à la jolie Liliya de sortir immédiatement de la pièce. Cette dernière ne moufte pas, baisse plutôt la tête et s’en va sans demander son reste. Quelque chose ne tourne pas rond. Lorsque vous êtes enfin seules, l’inconnue se tourne vers toi et ses yeux pénétrants te regardent fixement avant qu’elle ne prenne la décision de s’asseoir sur le siège à côté de ton lit. Jambes croisées, le dos droit, la tête haute, tu as clairement conscience que cette femme te jauge avant d’afficher un sourire pincé.

— Il n’est pas très prudent de parler de Hydra aussi imprudemment, Fräulein Fox.

— Je n’aurais pas eu à le faire si on ne m’avait laissé le choix. De plus, il me semble me souvenir qu’Ashleigh Amber Fox devait mourir ?

Le silence s’installe.

Tu sens que ta réponse l’a agacée.

— Vous devez sûrement vouloir savoir qui je suis.

— La politesse exigerait que vous vous présentiez.

Elle sourit.

— Votre sens de la répartie devait sûrement agacer beaucoup de nos camarades, mais ici, nous allons apprécier votre audace à votre juste valeur, Fräulein. Je suis Cadélia de Mussy. Ce nom doit vous dire quelque chose, n’est-ce pas ?

— Pas le moins du monde, j’en suis navrée.

— Ce n’est pas bien grave. Vous avez rencontré ma mère lors d’un gala en Suisse, il me semble.

— Et il y a eu l’attaque des américains…, souffles-tu, la mémoire te revenant doucement sur cet événement. Je n’ai jamais su ce qui était arrivée à votre mère.

— Elle est morte. Emprisonnée à perpétuité, le désespoir l’a poussée à s’ôter la vie.

— Je suis navrée.

— Ne le soyez pas.

Fort bien.

Parce que tu ne l’es pas.

Tu te souviens de cette femme hautaine et désagréable qui te poignardait de paroles accusatrices. Fervente amie ou admiratrice du scientifique Zola et ne pouvant supporter l’idée que tu le remplaces dans ses recherches et ses travaux. N’acceptant pas la trahison volontaire de ce Suisse, persuadée qu’il n’a pas eu le choix de par l’abandon de votre cher leader. Vraiment, si cette femme est morte, ce n’est réellement pas une grosse perte pour votre Ordre. Cependant, sa fille décide que tu n’as droit à aucun temps de réflexion et décide d’enchaîner immédiatement en t’expliquant que cette attaque n’était pas due à de simples soldats américains, mais à une cellule bien plus sournoise et dangereuse. Le Shield. Tu n’en as jamais entendu parlé.

— Cela n’est pas surprenant. Hydra ne souhaitait pas que cette nouvelle vous déstabilise et vous freine dans votre travail. Nos leaders de l’époque craignaient que cela vous ébranle trop. Après tout, c’est le combat de votre ami, le Capitaine Steven Rogers, qui a inspiré la création du Shield.

— C’est parfaitement grotesque, craches-tu.

Elle sourit une nouvelle fois. Apprécie-t-elle ta force de caractère ou ta capacité à t’agacer plutôt rapidement ? Tu ne le sais pas. Tu la regardes poser une mallette noire sur ses genoux, l’ouvrir et en sortir un dossier qu’elle te tend et que tu acceptes sans hésiter. Elle t’explique qu’il s’agit du tien, de toutes les informations que Hydra a récolté sur toi et ta famille, ton entourage, tes actions. La femme t’annonce aussi que tu y trouveras ta nouvelle identité ainsi que ta future fonction. Elle se lève, arguant qu’elle reviendra demain, à la première heure, et que tu devras la suivre pour te rendre à leur quartier général pour y recevoir tes prochaines instructions et rencontrer ton partenaire. Tu grimaces. Tu préfères travailler seule. Lorsque la porte se referme et qu’il n’y a plus que le silence pour seule compagnie, tu ouvres le dossier et prends tout ton temps pour le lire. Étudier chaque photo, chaque phrase, chaque trait noir dissimulant une information sur toi. Tu y trouves une photo de ta famille et ton regard mélancolique s’attarde sur les traits souriant de tes parents. Que sont-ils devenus ? Ont-ils vécu longtemps ? Ils doivent être morts depuis longtemps. Une ligne. Le lieu de leur sépulture. Il va falloir que tu t’y rendes. Ne serait-ce que pour leur dire au revoir. Leur dire que, malgré toutes tes actions, tu n’as jamais cessé de les aimer. Tu tournes la page, effaces une larme. Pas maintenant. Il y a la photo de Steve affublé de son costume ridicule, de James. Où est-il ? Est-il actuellement en mission ? Est-il dans un sommeil artificiel ?

Tu tournes la page.

Tant bien que mal.

Una Wynn Gallagher.

Tu restes longtemps bloquée sur cette identité. Celle qui t’appartient dorénavant. Celle qui va, désormais, te définir. Un choix purement écossais comme pour appuyer sur tes origines, rayant de la carte ta nationalité américaine. Tu vas avoir du mal à t’y faire, à prendre le réflexe de te retourner lorsqu’on te hélera, à donner ce nom quand tu devras te présenter. Una W. Gallagher. Elle semble être une toute autre personne. Une personne qui n’a pas connu les horreurs de la guerre, ses pertes, ses morts, ses viols. Une femme qui a vécu simplement, dignement ou presque. Tu poursuis ta lecture. Orpheline. Tu ricanes. C’est le plus simple, effectivement, quand on ne veut pas que des importuns posent des questions sur la prétendue famille. On te donne officiellement le métier d’historienne spécialisée dans la Seconde Guerre mondiale. Officieusement, tu sais qu’il en sera tout autre et tu ne peux t’empêcher de te demander ce que tu vas devoir faire. Tu es jeune et la technologie a changé, a évolué. Sans doute, vont-ils vouloir te mettre à l’épreuve et s’assurer que ce gouffre qui sépare ton époque et la leur ne sera pas un frein pour ton travail et la réussite de l’Ordre. Tu grimaces lorsque tu lis ton statut matrimonial. Mariée. Tu vas devoir te faire passer pour une épouse aimante, à tous les coups. Tu n’aimes pas cela. Après la rencontre de cette Cadélia de Mussy, tu espérais vraiment pouvoir compter sur ton indépendance. Il faudra que tu lui en touches deux mots. Tu refuses de dépendre d’un homme ou que ce dernier en profite de cette excuse de couple pour t’obliger à écarter les cuisses afin d’effectuer son devoir d’époux. Hors de question que cela arrive.

— C’est à nouveau moi, madame.

Tu refermes vivement le dossier et le caches sous tes draps, relevant vivement la tête en direction vers l’infirmière Liliya qui vient d’arriver avec un plateau qui ferait certainement plaisir à un affamé ; ce qui est ton cas. Elle t’explique qu’il a été décidé que, dans ton cas et avec le problème du petit-déjeuner, il valait mieux te confectionner un petit brunch pour que tu puisses satisfaire ton estomac qui ne va sans doute pas tarder à crier famine. Reconnaissance, tu la remercies pour cette attention, surtout quand elle te conseille de ne pas te nourrir trop vite si tu ne souhaites pas récolter des crampes d’estomac. Oui, tu vas faire attention.

— Au fait, nous avons besoin de votre prénom et nom de famille pour votre dossier médical. Vous sauriez me le dire, s’il vous plaît ?

— Ash… Una Wynn Gallagher.

— Vous n’êtes pas d’ici, note-t-elle avec un sourire tout en écrivant sur un calepin qu’elle a sortie de la poche de sa blouse.

— J’étais en voyage pour mon travail avant… l’accident, réponds-tu, un peu hésitante.

— Je comprend mieux.

La nouvelle fiancée te sourit une dernière fois avant de t’annoncer qu’elle va te laisser te restaurer avant de revenir plus tard pour t’aider à te guider jusqu’à la douche. L’idée te séduit, appréciant fortement ce programme. Sentir l’eau glisser sur ta peau, le savon nettoyer toute la saleté, détendre tes muscles et ton esprit. Cela ne pourra que te faire du bien. En attendant, tu préfères te concentrer sur le plateau que tu rapproches de toi. Tu as faim. Très faim et c’est presque avec difficulté que tu t’obliges à prendre ton temps, à ne pas te jeter sur la nourriture. C’est difficile. Les plats sont fades, pas salés et tièdes, voire froids. Mais tu pioches dans tout. Omelette, tartines beurrées, café trop noir, fruit. Tu ne manges pas tout, mais tu t’en fiches. Tu ne veux pas te forcer. Tu n’oublies pas que tu n’as pas terminé de lire le dossier, ta nouvelle identité. Tu ne tardes donc pas à écarter le plateau de toi et à ressortir le dossier de ta cachette de fortune et de l’ouvrir jusqu’à la bonne page. Tu lis tout, cherches l’identité de ton prétendu mari, mais ne trouves rien. Tu renifles de mépris. Nul doute qu’il te sera présenté en temps voulu. Cela t’agace cette manie d’envelopper de silence, de secret et de mystère certaines informations. Se donner de l’importance quand ce n’est pas utile.

Tu tournes la page.

C’est une photographie de ton ancien amant. Le colonel Issaki Baranov. Tu as la sensation que c’était hier la dernière fois que tu l’as vu, que tu t’es rendu dans sa chambre et entendu ses trois mots. À quoi ressemble-t-il maintenant ? Tu ne trouves pas d’images récentes de lui. Et pourquoi tu as des informations sur lui ? Cela ne devrait-il pas être classé dans un autre dossier que le tien ? Tu ne comprends pas, mais ne vas certainement pas cracher dessus. C’est pour cela que tu n’hésites pas à lire et tu te figes lorsque tu tombes sur deux lignes fort déplaisantes.

« Statut matrimonial : marié. »

« Date de décès : 2 octobre 1994. »

Il s’est marié. Cet homme, qui t’a promit de ne jamais t’oublier, s’est trouvé une femme, n’a sûrement pas hésité à la séduire et à l’épouser. Au bout d’un court moment, tu finis par hausser des épaules. Ce n’est pas bien grave. Après tout, tu ne ressentais rien pour lui et ne faisais que l’utiliser à tes fins personnelles, pour assurer ta protection vis-à-vis des autres hommes présents dans votre bunker. C’était dans ce seul et unique but que tu as répondu à ses avances ; que tu as accepté cette relation qu’il souhaitait tant ; que tu l’as laissé te toucher, t’embrasser, te dénuder ; que tu as couché plusieurs fois avec lui. Tout ceci dans ton propre intérêt, le laissant croire à un avenir commun que tu ne désirais nullement. Alors, tu ne devrais rien ressentir. Tu ne devrais pas sentir ton cœur tambouriner jusque dans tes tympans, ta gorge se serrer douloureusement. Tu devrais pas sentir des larmes brûler tes yeux et couler sur ton visage. Tu ne devrais pas être triste.

Bien plus que la date de sa mort, c’est son mariage qui t’atteint le plus.

Ta fierté t’a interdit de tomber amoureuse, gardant le voile opaque de ta haine et de ton désir de vengeance.

Et ton cœur déjà émietté s’ouvre.

Et il pleure.


Texte publié par Edda T. Charon, 19 mars 2020 à 17h48
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