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Tome 1, Chapitre 24 « L'antre d'Asmodée (Part 5) » Tome 1, Chapitre 24

– Du SM ? répéta Picarel, perplexe.

– Je doute vraiment qu’il soit aussi maso que toi, tu sais…, susurra Byleth, plus amusé qu’autre chose de la tournure que prenait la conversation.

– Cela ne me dérange pas de n’être que le soumis dans notre relation, si cela me permet d’en avoir une avec lui ! s’exclama Asmodée avec ardeur.

Picarel constata avec surprise qu’à présent, un linge long – un drap ? Une serviette fine ? – recouvrait la partie basse du démon. A aucun moment il ne l’avait vu le nouer à sa taille !

Les joues roses et les yeux brillants, ce dernier s’empressa de poursuivre d’un ton rêveur :

– Je rêve qu’Uriel m’attache et fasse de moi sa chose –

– Tu es au courant que tu peux demander ça à presque n’importe quel démon ? Genre Baphomet, qui se tient juste derrière toi –

– Il me le demande déjà, quand il en a envie, répliqua ce dernier.

– Oui mais ce n’est pas pareil ! Uriel, c’est différent !

Asmodée s’étendit alors longuement sur les qualités de l’Archange qu’il l’imaginait avoir – donc possiblement fictives – et sur la relation qu’il aspirait à entretenir avec lui. Sur ses fantasmes, comme la perspective que ce dernier usât sur lui de ses différents instruments de torture que personne n’avait jamais aperçus ou qu’il le prît sans lui demander son avis, n’importe où, n’importe quand. Ensuite, il gémit qu’ô combien il regrettait de le voir si peu depuis plusieurs siècles.

Si Picarel ne comprit rien aux positions sexuelles évoquées, il imagina sans mal des ébauches de scènes décrites avec envie par Asmodée, comme un Uriel sadique, vêtu d’une tenue en cuir moulante, en train d’agiter son fouet, de placer des électrodes sur Asmodée pour l’électrocuter – parce qu’il avait vu des films qui l’avaient traumatisé ! – ou encore de le transformer en cobaye pour diverses expériences nébuleuses, promesses de douleurs extrêmes. Peut-être n’était-ce pas si éloigné des activités réelles d’Uriel. En fait, songeait-il, ils pourraient très bien s’entendre, tous les deux. A se demander la raison pour laquelle ils ne se fréquentaient pas déjà ! Surtout si, comme le démon l’affirmait haut et fort, il fantasmait déjà sur lui quand il était encore chérubin.

– Eh bien, en tant qu’ange, je n’ai jamais osé l’assumer et encore moins l’aborder, lui, répondit ce dernier à la remarque que Picarel ne put s’empêcher de lâcher à voix haute. En même temps, Uriel était un Archange ! Et moi, un simple ange mineur noyé dans la masse. Ce qui faisait de moi… le soupirant effacé et jamais remarqué par l’être aimé ?

– Tu l’es encore, affirma Baphomet d’une voix neutre.

Asmodée grimaça avant d’adopter un visage affligé.

– Pas tout à fait, je suis un Roi à présent. Sinon oui, c’est vrai… Au final, tout ce que je faisais à l’époque, en plus de l’observer à la dérobée autant qu’il m’était possible, c’était tenter de pénétrer dans ses quartiers pour vérifier si les rumeurs disaient vraies, comme beaucoup d’autres anges de mon rang !

– Et alors ? demanda Picarel avec espoir.

Le mystère avait-il été percé par l’ancien ange ?

– J’ai échoué, évidemment. Sinon, je saurais et je ne serais pas seulement pétri de fantasmes.

Déçu, Picarel ne prononça pas un mot de plus tandis qu’Asmodée se plaignait désormais de ne plus le voir si souvent, à présent qu’il était un démon. Dire qu’il s’était rebellé contre Dieu pour être en mesure d’avouer sa flamme à l’Archange ! A présent, il en était réduit à le suivre et à l’observer en cachette – ce qui ne le changeait pas beaucoup de sa vie d’ange, soit –, les rares fois où Uriel se manifestait sur Terre. Asmodée disposait même d’informateurs prêts à lui signaler sa venue une fois qu’il était repéré ! Souvent, il essayait alors de l’approcher dans l’espoir de devenir plus intime avec lui. Cependant, Uriel punissait chacune de ses apparitions avec un jet de lumière divine très douloureux sur sa personne, qui lui arrachait autant de peine et de souffrance que de joie à cette interaction brève mais intense. Ces moments représentaient le tiers de ses excursions sur Terre, les deux autres tiers étant consacrés à des séances galipettes avec des mortels pour se consoler – et parce qu’il aimait cela, aussi.

Cela lui valut des éclats de rire.

– Tu as raison, le rôle de masochiste te va très bien ! s’écria Sytry entre deux gloussements. D’ailleurs, on peut dire que votre relation est déjà établie, vu ce que tu en dis…

– Pas tellement, puisqu’il se contente de me rembarrer, geignit le démon libidineux avec une moue. Oh, au fait, quand tu retourneras au Paradis, pourras-tu plaider ma cause auprès de lui ? ajouta-t-il brusquement en se tournant vers Picarel.

– Hein ?

Picarel le fixa avec des yeux écarquillés, comme s’il était fou. Lui demandait-il sérieusement d’affronter Uriel en personne ? Désirait-il sa mort dans d’affreuses souffrances ? Il n’était pas comme lui !

– Tu ne perds pas le Nord, toi ! ricana Byleth. Et tant de désespoir pour en arriver là, c’est émouvant… Enfin, je suis désolé de te le dire, mais je doute qu’Uriel soit saisi d’un brusque désir envers ta personne parce que Pika lui répète ce que tu lui dis depuis des siècles.

– En vérité, je n’ai jamais réussi à lui avouer mon intérêt pour lui. Il ne m’en a jamais laissé le temps.

A ces mots, la salve de rires reprit de plus belle.

– Crie-le-lui avant qu’il ne t’attaque ! lui proposa Sytry avec entrain. Ou montre-toi à poil et désigne tes fesses, ça devrait être assez explicite pour qu’il comprenne !

Picarel, lui, n’avait pas compris et décida d’en abandonner l’idée.

– Eh bien, c’est-à-dire que j’ai déjà essayé d’apparaitre nu devant lui, mais ça n’a pas changé grand-chose. Il n’a montré aucune réaction – pas de gêne, rien ! – et il n’a même pas tourné la tête vers moi pour me frapper…

– Ah AH ! Une lueur d’espoir ! Après tout, peut-être te matait-il en cachette parce qu’il se sentait incapable de rester neutre dans l’autre cas ? suggéra Sytry, excité par la perspective.

Picarel l’observa quelques secondes. A voir son air, le prince s’amusait follement de la situation, comme s’il ne s’agissait là que d’un divertissement.

– Tu crois ?

– Bien sûr ! Tes attributs sont tout à fait respectables et ont de quoi attirer son attention, renchérit-il. C’était quand ?

– Hm, il faut dire aussi qu’il y avait Michael avec lui, ce jour-là…

– Ah, tu ne peux rien en conclure, alors, la présence de Michael biaise forcément le résultat, lâcha-t-il sur le ton du constat. Il te faut réitérer ta tentative, quand Uriel sera seul et plus à même de céder à ses pulsions véritables.

– Tu as raison, je vais faire ça !

– N’empêche, une telle violence exprimée aussi vite, ce n’est pas une attitude très angélique – ça va dans le sens de ce que tout le monde dit, en fait, réfléchit Byleth à voix haute.

– Oui, tu as vu ça ? ronronna Asmodée avec plaisir.

Vraiment, ils sont faits l’un pour l’autre, ces deux-là, songea de nouveau Picarel. A savoir si Uriel avait les mêmes attentes que lui, sentimentalement parlant, ce qui n’était pas dit du tout… Lui-même ne le voyait nourrir un amour passionné que pour ses volumen, ses livres et ses instruments de torture qu’il devait bichonner avec soin. Quant à être en couple avec un individu conscient ? Si cela s’avérait possible, un être comme Asmodée, qui partageait ses passions et était même désireux d’y prendre part, avait toutes ses chances.

Enfin, c’était bien beau tout cela mais ses recherches n’avançaient pas d’un pouce, pendant ce temps !


Texte publié par Ploum, 1er août 2021 à 22h26
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