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Tome 1, Chapitre 17 « Invitation (Part 2) » Tome 1, Chapitre 17

Picarel se retint de bondir de joie. Il se contint mais bouillonnait intérieurement, l’excitation croissante, sous le regard amusé de Sytry. Ce dernier ne cilla pas mais se fit attentif.

– Bien sûr ! Je t’ai dit, arriver par surprise a un véritable côté stimulant – et je suis sûr qu’As’ aime ça, au fond ! répondit Byleth avec bonne humeur. Tu sais bien qu’il adore beaucoup de choses – euh, beaucoup de choses. Pika, tu veux venir ?

Picarel mit quelques secondes pour se rendre compte qu’il s’adressait à lui. Il était vrai que ce surnom ridicule était devenu son pseudonyme dans ce monde…

– Oui ! s’exclama-t-il avec force avant de plaquer une main sur ses lèvres, gêné.

Byleth rit et le désigna tandis qu’Achamoth se tournait vers lui, curieuse. Le visage de Picarel devint rouge d’embarras. Il y avait plus discret !

– Eh bien, comme tu vois, je ne suis pas le seul à vouloir m’y rendre dès à présent. Alors où est le problème ?

Achamoth haussa les épaules, blasée.

– Nulle part. En fait, j’aurais dû m’y attendre.

– Tu vois –

– Je viens aussi, annonça Sytry de but en blanc. Ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu, ce sera l’occasion !

Il ne s’attarda pas sur ses réelles motivations et fixa Picarel avec un sourire entendu. Ce dernier ne le remarqua pas. Byleth sourit avant d’hocher la tête. La venue de Sytry l’indifférait mais après tout, cela égayerait leur passage ! Et s’il participait aussi aux réjouissances…

– Bien, c’est entendu. Achamoth, lève tes fesses, nous y allons sur-le-champ !

**

Cockatiel concédait qu’il ne brillait pas par son intelligence. Pourtant, il avait eu conscience, dès le début, des lacunes du plan de son ami, mauvais voire ridicule – si l’on pouvait appeler ça un plan. Malheureusement, ce dernier avait refusé d’écouter ses mises en garde et était parti. Avait-il seulement réussi à atteindre l’Enfer ? Ce n’était pas comme s’il pouvait le contacter par téléphone pour avoir des nouvelles. Il regrettait tellement d’avoir espionné Michael ce jour-là ! Ils n’en auraient pas été là s’il s’était abstenu. Ses yeux errèrent sur les Portes du Paradis qu’il scrutait sans voir, pensif, ignorant les quelques âmes qui le considéraient avec curiosité et les autres anges qui passaient. Il n’était pas tellement étonné de la position de l’Archange qui consistait à laisser Picarel se débrouiller seul ; avec toutes les galères qu’ils l’avaient forcé à résoudre pour eux, peut-être était-il même soulagé par la perspective de sa disparition. Cependant, lui s’inquiétait. C’était son ami et il avait peur pour lui – la disparition de Scalpel aux Enfers, pour lequel Michael n’avait pas diligenté de mission de sauvetage non plus, lui restait toujours en mémoire. Picarel n’était pas quelqu’un de débrouillard ; paresseux et inconscient comme il était, il saurait s’attirer des ennuis tôt ou tard si ce n’était pas déjà fait. Il devait faire quelque chose mais quoi ? Il hésitait. Il n’avait rien d’un ange courageux, bien au contraire, sans compter que seul, il ne servirait à rien ; mais quelle était l’utilité de se ronger les sangs sans rien faire, impuissant ? Ce n’était pas comme s’il pouvait supplier Dieu d’intervenir, il était bien trop secondaire pour avoir l’opportunité de le rencontrer !

Et vu que ses prières restaient sans réponse, il doutait qu’Il les écoutât seulement.

Une main se posa soudain sur son épaule et coupa net ses réflexions. Il poussa un cri strident et se retourna d’un mouvement brusque pour apercevoir le visage aviné de Saint Pierre qui collait presque le sien. Il perçut alors les effluves d’alcool en sa provenance, assez fortes, et se demanda comment il les avait manquées. Il voulut reculer mais ne le put pas ; le Saint s’agrippait désormais à lui pour maintenir son équilibre et Cockatiel ne se sentit pas le cœur de le repousser, même si l’odeur lui tirait une grimace.

– Kess tu fixes com’ ça ? lâcha Saint Pierre d’une voix pâteuse, avant de s’effondrer dans ses bras.

Grand Dieu, il était plus lourd que d’habitude !

– T’es sacrément imbibé, aujourd’hui, soupira Cockatiel. Il s’est passé quelque chose ?

Sur ces mots, il tenta de le trainer jusqu’à sa loge, dans l’espoir de l’y laisser décuver, mais le Saint ne l’aidait pas vraiment. Ce dernier agita mollement la tête sans que cela n’eût de signification particulière.

– Pouah… Micha’l, encore… P’quoi d’mander aux gens p’quoi y sortent, sérieux ? C’est pas mon prob’ !

A ces mots, Cockatiel se sentit un peu coupable. Le départ de Picarel… Il n’osa pas lui demander plus de détails ; c’aurait été au risque de s’exposer à des reproches, même si l’état du Saint rendait la chose peu probable. De toute façon, ce dernier s’endormait, ce qui ne l’arrangeait pas. La loge lui paraissait vraiment loin.

– Besoin d’aide ?

Cockatiel tourna la tête et eut la surprise de faire face à Raphael. Il était certes l’Archange le plus accessible, cela restait étrange de le côtoyer d’aussi près, d’autant qu’il ne dépendait pas de lui, ce qu’il regrettait sincèrement. Ce dernier lui adressa un sourire innocent et enjoué, comme si voir un Saint ivre ne l’affectait pas. Raphael était trop gentil – et déconnecté de la réalité, il fallait l’avouer – pour s’en indigner. Il accepta d’un signe de tête et, joignant leurs forces ridicules, ils parvinrent à le glisser dans sa loge et à le coucher sur une banquette. Ils sortirent ensuite, accompagnés de ses ronflements.

A la vue des grilles, Cockatiel fut de nouveau assailli par les inquiétudes causées par la folie de son ami. Raphael s’aperçut du brusque changement d’humeur et s’en étonna.

– Quelque chose ne va pas ?

Cockatiel hésita à se confier. Ce n’était pas comme s’il serait d’une grande aide. Cependant… et s’il parvenait à convaincre Michael ? Après tout, il était presque son égal. Ou, à défaut, Gabriel ? Celui-ci restait puissant, même s’il avait élevé les techniques d’esquive au rang d’art. Habituellement, seuls Dieu et Michael – et éventuellement Uriel, si un tel cas se présentait un jour ? – étaient en mesure de le forcer à agir mais qui sait ?

– C’est Picarel. Je suis inquiet pour lui.

Raphael le considéra, intrigué.

– Eh bien, je ne suis pas sûr d’avoir tout compris… mais je suppose qu’il sait ce qu’il fait, non ?

Il n’a rien compris. Les épaules de Cockatiel s’affaissèrent. Pas la peine de s’appesantir sur le sujet, il n’y avait définitivement rien à attendre de Raphael.


Texte publié par Ploum, 8 novembre 2020 à 19h57
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