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Tome 1, Chapitre 7 « Chapitre 1 - Zama » Tome 1, Chapitre 7
Ils traversaient les terres d'Atelpharge depuis quelques heures maintenant, après trois jours de voyage, voguant sur les eaux calmes de l'Atrüs et s'arrêtant toutes les nuits dans un nouveau port. Pour pénétrer dans le premier royaume d'Atlantis, ils étaient passés au travers de l'immense gorge du nom du fleuve, sur la pierre noirâtre de laquelle poussaient diverses plantes et lianes et où chaque parole se transformait en un écho retentissant. Cette étape de leur voyage avait été onirique. À présent, des terres les entouraient. Sur les berges, ils dépassaient pêcheurs, agriculteurs, flamants roses, ibis, cigognes, grues et cités où s'ébattait la vie, paisiblement. Pour Zama, cette quiétude enchanteresse évoquait des souvenirs anciens, altérés par le temps, dont il ne lui restait que des impressions douces-amères. Pour ne pas se perdre dans cette réminiscence, l'esclave se concentrait sur sa maîtresse qui, tour à tour à la proue et à la poupe du navire, ne tenait pas en place.
    
    — Regarde Zama, regarde ! Quel bel oiseau, je n'en avais encore jamais vu de tel ! s'exclama soudain cette dernière, fascinée par l'envol d'un petit volatil vibrant de couleurs.
    
    — En effet maîtresse Adia, il est magnifique. lui répondit cette dernière, un sourire attendri étirant ses lèvres épaisses tandis qu'un autre illuminait ses yeux sombres.
    
    — Tu devrais t'asseoir ma fille, intervint le patriarche de la famille Kal, il nous reste encore du chemin à faire avant d'arriver. Tu vas te fatiguer.
    
    — Mais, père ! C'est qu'il y a tant à voir !
    
    Un rire rauque se joignit à la conversation, en provenance de la gorge du capitaine de la galère, dont les traits burinés par le soleil s'étaient éclairés.
    
    — Laissez-la donc, mon bon seigneur. C'est rafraîchissant de voir une jeune fille s'émerveiller du monde qui l'entoure comme ça. Depuis le temps que je navigue sur ces flots, je m'en suis lassé. Grâce à elle, il me semble les redécouvrir.
    
    — Bien, bien. grommela Kal, défaitiste, avant de toutefois avertir sa fille : Tâche de ne pas nous faire chavirer Adia.
    
    — Bien sûr que non père, s’empourpra la jeune femme, les mains sur les hanches en signe de contrariété, toute tournée vers son interlocuteur à présent.
    
    Cela ne dura que le temps d'un instant, puis la jeune atlane repartit à l'avant de la galère. Elle se fraya un chemin entre les esclaves chargés de ramer pour faire avancer l'embarcation et les marchandises, ayant visiblement aperçu quelque chose de nouveau à observer.
    
    — Zama, va veiller sur elle, veux-tu ? demanda Kal à l'esclave personnelle de sa fille, et celle-ci acquiesça, avant de se lever du banc sur lequel elle était assise pour rejoindre sa maîtresse.
    
    Deux autres heures s'écoulèrent ainsi avant qu'enfin, au loin, n'apparaisse Atelëem. Et quel splendeur c'était. À l'horizon, l'on pouvait distinguer la montagne conique qui surplombait l'immense plaine sur laquelle était situé le cœur de la cité. On ne pouvait également pas manquer le traditionnel Haut-Temple ébène à trois paliers et la Grande Pyramide Royale en or massif, aux façades en terrasses de pierres, sur laquelle luisaient les rayons du Dieu Soleil. Creusées par la main ingénieuse de l'Homme, se trouvaient autour du cœur d'Atelëem trois enceintes circulaires concentriques, deux de terre - qui avaient été investies par la population - et trois d'eau, qui fortifiaient la cité. La galère dans laquelle naviguait Zama dut les franchir un par un, écluse par écluse, grâce à un canal large de cent-cinquante coudées, jusqu'à atteindre le centre de cette dernière. En cette circonstance, l'esclave put à loisir découvrir avec des yeux fascinés une première partie de la cité. Des habitants d'Atelëem se trouvaient sur les berges des anneaux de terre de cette dernière, les observant passer. Certains enfants leur faisaient même des signes. Adia, surexcitée, le leur rendait bien.
    
     — N'est-ce pas magnifique, Zama ? interrogea soudainement la jeune femme cette dernière, en s'emparant de son bras, pour le lier au sien. C'est encore plus beau que ce que j'avais imaginé.
    
     — Oui maîtresse, c'est incomparable.
    
    Au terme d'une vingtaine de minutes supplémentaires de navigation minutieuse, à croiser navires marchands et plaisanciers qui quittaient Atelëem, ils arrivèrent à quai. Immédiatement, quelques esclaves jaillirent du navire pour aller l'amarrer. Quand la galère fut solidement attachée, le capitaine autorisa ses passagers à en descendre. La famille Kal laissa la priorité aux trois autres personnes qui avaient fait le voyage en leur compagnie et, enfin, ses membres touchèrent terre à leur tour. Là, ils attendirent que le capitaine donne l'ordre à ses esclaves de décharger leurs bagages, ce que ce dernier fit rapidement. Puis, il vint les saluer et leur souhaiter un bon séjour, avant d'aller s'occuper de sa marchandise. Les Kal se retrouvèrent seuls, mais pas pour longtemps. S'extrayant de la foule de pêcheurs, marchands, badauds et curieux, un homme dans la tranche d'âge du chef de famille l'apostropha.
    
     — Kal, mon vieil ami ! Viens-là que je te serre dans mes bras ! Cela fait combien d'années, hein ?
    
     — Bien trop, mon ami. Bien trop. lui répondit le concerné, acceptant l'accolade de bonne grâce.
    
    Zama comprit qu'il s'agissait sans aucun doute du maître Amos, seigneur mineur d'Atelëem et connaissance de longue date de son maître, qui avait accepté de les héberger le temps du sommet convoqué par le Haut-Roi.
    
     — Est-ce ta fille que je vois là ? s'enquit le nouveau venu, une fois libéré de l'étreinte de Kal. Par tout ce qui est sacré, le Cheval Salé t'a béni ! Elle est d'une beauté à couper le souffle !
    
    A cela, Adia rougit follement, avant de saluer l'homme d'une légère révérence, comme il était de coutume de le faire en présence d'un homme de haut rang, avant de prendre la parole à son tour.
    
     — Je suis enchantée de vous rencontrer.
    
    Puis, elle tendit les mains en avant de façon à ce que son interlocuteur puisse les embrasser, ce qu'il fit avec empressement.
    
     — Et moi donc ! s'exclama ce dernier, avant de poursuivre, toujours aussi bruyamment. Allez, venez, ne restons pas là ! Vous devez être las de votre voyage. Ma première épouse a fait préparer vos appartements, vous allez pouvoir vous reposer avant le dîner de ce soir.
    
    Ce n'est qu'à cet instant que Zama remarqua les litières, et les esclaves chargés de les porter, qui attendaient ses propriétaires. Ceux-ci ne tardèrent pas à monter dedans, tandis que Philoé et sa comparse devaient, comme la tradition le voulait, marcher à côté. Lorsque tout le monde fut fin prêt, Amos ordonna le départ et tous prirent la route jusqu'à sa villa.

Texte publié par Alie, 21 janvier 2020 à 12h20
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