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Tome 1, Chapitre 5 « Chapitre 1 - Attas » Tome 1, Chapitre 5
Le Haut-Roi Attas, souverain d'Atelpharge, premier entre tous les royaumes d'Atlantis, était soucieux. Inquiet, même. Le plan qu'il avait mis en branle était faillible, au moins autant que ses doutes étaient solides. S'il avait raison - et malheureusement, c'était plus que probable - alors des ennemis de sa famille et de son règne se cachaient derrière le masque de serviteurs soumis. Pour les démasquer au grand jour toutefois, il avait besoin de l'appui d'autant de hauts dignitaires du continent que possible. D'où la convocation qu'il avait lancée, sept jours auparavant, à ces derniers. Les premiers d'entre eux devraient arriver sous trois jours, et les autres en fin de semaine. Il espérait que sa stratégie porterait ses fruits. Las de tourner en rond dans son bureau, éclairé de dizaines de bougies murales qui créaient des ombres fantasmagoriques, il décida, au vu l'heure tardive, d'aller se coucher. Le repos était synonyme de clairvoyance, disait-on. En quittant la pièce, il se tourna vers les deux soldats chargés de sa protection qui en gardaient l'entrée et s'apprêtaient déjà à le suivre, et ordonna :
    
    — Laissez-moi.
    
    Les hommes s'entre-regardèrent, indécis sur le comportement à adopter. Leur mission était de protéger le Haut-Roi et pour se faire, ils ne pouvaient pas le quitter. D'un autre côté, il leur était formellement interdit de désobéir à un ordre de ce dernier. Attas, pour sa part, n'attendit pas que ses subordonnés se décident. Déjà, il partait en direction de ses quartiers.
    
    Il s'approcha bientôt, seul, de l'aile réservée à ses enfants dans la Grand Pyramide Royale d'Atelëem, qui précédait la sienne, et décida d'aller jeter un œil sur ses descendants, pour se rassurer. A l'entrée de leurs quartiers, il trouva deux premières sentinelles, qu'il salua d'un hochement de tête. Il s'engouffra ensuite dans le couloir qui se trouvait derrière eux. Lorsqu'il pénétra dans l'immense chambre que partageaient ses enfants, il entendit qu'un chant leur était adressé, porté par la voix mélodieuse de son unique épouse. Il n'était pas surpris de la trouver là, après tout, c'était un rituel nocturne qui se produisait depuis la naissance de leur premier fils. Il dépassa deux autres gardes, qui surveillaient l'intérieur de la chambrée et sourit à Edeon, celui qu'il connaissait le mieux et en qui il avait toute confiance, pour avoir participé à son éducation. Ce dernier lui rendit sa marque d'appréciation, sans se départir de sa posture rigide. Agir autrement aurait été inconvenant.
    
    Le Haut-Roi se fit discret, désirant que sa présence ne soit pas encore connue de sa femme. Il posa rapidement les yeux sur cette dernière, assise au pied du lit de leur aîné, déjà assoupi, de même que ses deux sœurs et son frère. Minoé était la fille d'un Haut-Seigneur d'Atelpharge qu'Attas s'était résolu à épouser afin d'apaiser une vieille querelle entre le père de l'atlane et le sien, après la mort de son prédécesseur. Plutôt belle, raffinée et cultivée, Attas songea qu'il aurait pu faire un bien plus mauvais mariage. Si lui et son épouse ne s'aimaient pas, et ne s'aimeraient probablement jamais, ils partageaient une certaine tendresse et la même affection envers leur progéniture, qui les liait solidement. Pour cette raison, et parce qu'il n'avait aucune envie de faire le contraire, Attas n'envisageait pas de prendre une autre femme.
    
    L'atlan attendit patiemment que son épouse cesse de chanter pour faire connaître sa présence. Lorsque Minoé se tut, il s'approcha d'elle, toujours à pas feutrés de façon à ne pas réveiller les bambins endormis. Comme si elle avait perçu son approche, sa femme se retourna, lui faisant face, et lui sourit, avec la réserve qu'elle avait toujours en sa présence. Malgré les années, elle ne s'en était jamais départie et ne le ferait probablement pas plus à l'avenir. Les propres lèvres du Haut-Roi s'étirèrent, avant qu'il ne détourne le regard pour le poser sur son héritier. Il se dirigea vers celui-ci, sur le front duquel il déposa un baiser, avant de passer à la couche suivante et de faire de même avec sa fille aînée. Il reproduisit le même schéma avec ses deux autres enfants, puis se dirigea vers leur mère, à qui il tendit la main. Celle-ci s'en saisit et se redressa. Alors seulement, ensemble, ils quittèrent les lieux.
    
    Attas songea qu'il ferait l'amour à son épouse ce soir, dans l'espoir que la Lionne Mère veuille bien lui accorder la bénédiction d'un nouvel enfant à bercer de ses chants.

Texte publié par Alie, 19 janvier 2020 à 17h22
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