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Tome 1, Chapitre 4 « Chapitre 1 - Kal » Tome 1, Chapitre 4
Kal, qui avait donné son nom à sa lignée familiale, seigneur mineur d'Atelmisïa et magistrat de cette même cité, était en plein travail. La lueur vacillante de la bougie qui éclairait la tablette en argile qu'il avait en main et lisait était à peine suffisante pour lui permettre de s'adonner à cette activité. Ses yeux, fatigués, n'étaient plus aussi vifs qu'autrefois. Malgré tout, il persévéra. Plongé dans sa lecture, il n'entendit pas son épouse bien-aimée pénétrer dans son bureau et ne fut au fait de sa présence que lorsqu'elle lui apposa une main sur l'épaule, pour attirer son attention. L'homme sursauta légèrement, avant de plonger son regard doré, qu'il avait légué à ses deux plus jeunes enfants, dans les yeux tendres et ambrés de sa seule femme. Kal n'avait, en effet, jamais ressenti le besoin de prendre plus d'épouses. Celle qu'il avait déjà lui avait donné trois enfants – ce qui était plus que beaucoup d'atlanes pouvaient fournir, la natalité de leur peuple étant faible, bien que compensée par un presque inexistant taux de mortalité infantile - et toute satisfaction.
    
    — Il est tard mon aimé, le repas va bientôt être servi.
    — Oui, oui. Je dois juste terminer ceci et je serai tout à toi, répondit l'atlan en se saisissant de l'une des paumes de sa conjointe, qu'il embrassa comme il l'avait l'habitude de le faire pour transmettre son affection.
    Perdus dans le moment, aucun ne remarqua l'entrée de l'esclave personnel et scribe de Kal jusqu'à ce que celui-ci s'exprime, d'une voix hésitante.
    — Je suis désolé de vous déranger maître, mais un mot est arrivé pour vous.
    — Approche Philoé, lui ordonna le chef de famille avec une douce autorité, sans se départir de la main de son épouse.
    Alors seulement, l'esclave osa s'approcher et tendre à son propriétaire une tablette argileuse dont s'empara ce dernier avec sa paume de libre. Bientôt, les sourcils froncés, il relâcha son épouse pour se concentrer totalement sur ce que disait le message, surprit par ce qu'il lisait.
    — Eh bien, il semble que je sois convoqué à la Capitale.
    —Vraiment ? s'étonna Melekna en se penchant par dessus l'épaule de son époux, pour essayer de déchiffrer par elle-même la teneur du message.
    — Ainsi que tous les Rois, Hauts et Bas Seigneurs d'Atlantis, compléta son époux en déposant la tablette contre la surface de son secrétaire, a présent tourné vers sa femme, qui avait l'air pensive.
    — Une telle convocation n'a pas eut lieue depuis l'accession au trône du Haut-Roi Attas. Penses-tu que quelque chose de grave est arrivé ?
    — Rien de tel, du moins de ce qu'en dit ce message.
    — Tout ceci est très mystérieux, soupira la maîtresse de maison, avant de poursuivre. Quand dois-tu partir ?
    — Dans une semaine, si je veux arriver à temps. Ce délais ne laisse pas beaucoup de temps aux rois et seigneurs les plus éloignés de la Capitale pour la rejoindre, ce qui me fait penser que ce dont doit s'entretenir le Haut-Roi avec nous est urgent.
    — Tu auras tout le temps de le découvrir une fois là-bas, maintenant viens manger, le repas doit être servit et Adia nous attend.
    
    Kal acquiesça, avant de libérer son esclave pour la soirée, qui s'empressa de déguerpir une fois l'autorisation lui ayant été donnée. Puis, le couple se rendit dans la grande salle à manger de la villa, où ils retrouvèrent leur fille, déjà alanguie sur un lit de table. Plusieurs esclaves se croisaient, sans jamais se bousculer, pour apporter sur la longue tablée en bois gravée et peinte un ensemble de mets aux saveurs exquises. L'un d'eux, qui portait une cruche de vin, s'empressa de remplir la coupe de sa maîtresse lorsque cette dernière leva celle-ci en l'air pour indiquer qu'elle souhaitait se faire servir. C'est à ce moment précis que s'attablèrent les parents de la belle. Une conversation coutumière, qui retraçait la journée de chacun, démarra et bientôt, des rires remplirent la pièce lorsque Melekna Kal entreprit de raconter une anecdote qui était arrivée ce jour-même à l'une de leurs voisines. La soirée se déroula sans encombre, une répétition familière de la précédente. Après le départ des fils de la maisonnée, Morak, puis de Tesios, encore plus marquant et toujours frais, il avait été difficile de s'habituer à n'être que trois aux repas. Mais, à présent, une nouvelle normalité s'était installée. Si on avait demandé l'avis de Kal, ce que personne n'avait fait, il aurait dit que, bien qu'il souhaitait voir sa petite fille chérie s'installer en ménage et lui engendrer des petits-enfants, il craignait son départ tout autant. Adia était à ses yeux, depuis le jour de sa naissance, la lumière de la villa. Une fois partie, Kal s'inquiétait que toute joie déserte son foyer.
    
    — Oh, nous ne t'avons pas dit ! s'écria soudain Melekna à l'attention de sa fille. Ton père partira dans une semaine pour la Capitale, des affaires l'attendent là-bas.
    — Est-ce vrai père ? s'enquit la jeune fille, les yeux écarquillés d'excitation.
    — Oui, j'ai été convoqué par le Haut-Roi lui-même, ainsi que les autres notables d'Atlantis.
    —Oh, père ! Emmène-moi ! Ça fait si longtemps que je souhaite découvrir Atelëem. Il y a tant à faire et tant à voir là-bas !
    — Je n'y vais pas pour le plaisir Adia.
    — Je ne t'empêcherai nullement de travailler. Je promets que tu ne sauras même pas que je suis là !
    — Et qui, je te prie, veillera sur toi lorsque je serai absent ?
    — Zama m'accompagnera ! Père, je t'en prie...
    Une moue peu convaincue sur le visage, Kal se tourna vers son épouse pour y trouver du soutien, mais ne vit sur son beau visage que de l'amusement à ses dépends. Alors, avec un grand soupir, il s'avoua vaincu.
    — Bien. Mais tu m'obéira au doigt et à l’œil Adia, me fais-je bien comprendre ?
    Ne pouvant plus contenir sa fébrilité, la jeune fille se redressa sur son lit de table en poussant une exclamation de joie et se leva immédiatement pour aller embrasser son père sur la joue, bruyamment.
    — Merci père ! Merci, merci, merci ! Je promets d'être obéissante !
    
    Douteux, songea alors le maître de maison, connaissant le caractère aventureux de sa fille, mais il ne releva pas l'évidence de son simulacre de promesse. Le repas s'acheva alors et les membres de la maisonnée se séparèrent pour la nuit, chacun perdu dans ses pensées, toutes tournées vers la semaine à venir.

Texte publié par Alie, 18 janvier 2020 à 12h42
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