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Tome 1, Chapitre 2 « Chapitre 1 - Zama » Tome 1, Chapitre 2
Zama fredonnait tout en extirpant d'une malle de vêtements de sa jeune maîtresse une nouvelle pièce de tenue en drapés colorés, qu'elle tint devant elle un instant, avant d'aller la déposer sur la couche d'Adia Kal. Le vêtement rejoignit ainsi les autres morceaux de tissus qui trônaient sur les draps, récemment faits, de la benjamine des enfants du maître de maison. Cela, dans l'attente que celle-ci effectue un choix parmi eux pour se vêtir pour la journée. Zama aimait ce rituel quotidien, l'un de ses favoris depuis qu'elle était entrée au service de sa maîtresse, bien des années auparavant. Elle n'était alors qu'une enfant terrifiée d'avoir été arrachée à sa famille et son pays, dont elle oublierait bien vite les visages et contrées, rassurée par l'amitié démontrée par sa propriétaire juvénile elle-même, à l'époque. Perdue dans la réminiscence de temps passés, Zama n'entendit pas sa maîtresse pénétrer dans ses appartements avant que celle-ci ne se racle la gorge pour faire connaître sa présence. Dans un léger sursaut, l'esclave se retourna pour faire face à la jeune Kal, une main sur le cœur, stigmate de sa surprise.
    
     — T'ai-je effrayée Zama ? l'interrogea la beauté Atlane, un rictus amusé étirant ses lèvres pleines et ciselées, tout en s'avançant en direction de l'interrogée.
    
    Celle-ci se remit rapidement de ses émotions et sourit à sa propriétaire.
    
    — Je vais bien maîtresse Adia, vous m'avez tirée de mes pensées, voilà tout. Je vous ai choisi trois tenues comme à l'accoutumée, je vous laisse faire votre choix.
    
    Sur ces quelques paroles, Zama fit un pas de côté pour permettre à sa maîtresse de s'avancer jusqu'à sa couche et poser les yeux sur les vêtements que son esclave avait sélectionnés pour elle. Une décennie en arrière, lorsque cette tâche lui avait été dévolue pour la première fois, Zama n'avait pu s'empêcher d'éprouver une nervosité paralysante à l'idée d'avoir commis un impair auprès de sa très jeune maîtresse, de laquelle elle désirait par-dessus tout se faire aimer. Aujourd'hui, bien au fait des goûts et de l'affection de cette dernière, la servante ne ressentait qu'un calme souverain, et s'était armée de patience, tandis qu'Adia inspectait ses trouvailles du jour.
    
    Au terme d'une longue observation des linges soyeux disposés devant elle, la jeune Atlane en désigna un ensemble, du bout des doigts. Zama s'en empara immédiatement, pour aller les déposer sur le portant destiné à cet effet. Pendant ce temps, sa maîtresse se dévêtait déjà, laissant échoir au sol ses minces habits de nuit, sans la moindre pudeur – non qu'il y en eut besoin. Elle se dirigea ensuite vers la petite pièce de bain contiguë à sa chambre, enjolivée d'animaux marins, et entra par quelques marches immergées dans ce dernier. Zama, qui l'avait suivie de près, s’accroupit derrière elle et lui attacha ses nombreuses tresses sur le haut du crâne à l'aide d'un peigne qu'elle avait saisit sur la coiffeuse de sa maîtresse, pour qu'elle ne les défasse pas. Puis, à la brasse, l'Atlane se rendit de l'autre côté du bassin, plus profond de cinq coudées. Elle se trouva alors immergée dans l'eau, délicieusement chaude toute l'année, jusqu'à la racine de la nuque. Zama, qui s'était redressée et était restée sur le bord, s'exprima alors.
    
     — Souhaitez-vous que j'entre vous laver ce matin, maîtresse ?
    
     — Non, ça ira. Attends-moi dans la chambre.
    
    Avec un hochement de tête de compréhension, la servante obtempéra à l'ordre qui lui était donné. De plus en plus, à mesure qu'elle avait grandi, Adia avait désiré des moments de solitude, pour se retrouver avec elle-même, comme elle l'avait confié une fois à son esclave. Si Zama s'inquiétait parfois de ce comportement secret de sa maîtresse, elle n'en avait jamais dit mot, car ce n'était pas sa place. En conséquence, elle se dirigea vers la pièce susnommée sans une parole de plus et, pour s'occuper l'esprit et les mains, entreprit d'ordonner la chambre de l'atlane. Une quinzaine de minutes plus tard, celle-ci héla son esclave qui s'empressa de répondre à son appel, pour la découvrir hors du bassin, dégoulinante d'eau claire. Zama se dépêcha d'ouvrir le coffre qui contenait les draps de bain, en saisit un, avant de commencer à éponger méticuleusement la jeune femme, de peur qu'elle ne prenne froid. Quand cette dernière fut sèche, Zama l'invita à rejoindre la chambrée pour se vêtir.
    
    L'esclave s'empara du haut de corps céruléen, coupé sous la poitrine, qu'avait choisie Adia, qui levait déjà les bras pour s'en faire habiller, et le lui enfila. Puis, elle se saisit du long drapé orangé décoré de filins dorés et bordé de bleu qu'avait également sélectionné sa propriétaire et lui noua autour de la taille, à l'aide d'une épingle plaquée d'or en forme de bourgeon, avant de rabattre ce qu'il restait de tissu sur l'épaule gauche de sa maîtresse, comme le voulait la tradition. Puis, elle lui passa ses bijoux favoris. De lourdes boucles d'oreilles dorées à pendant, gravées des symboles associés à la Mer Nourricière, ainsi qu'une bague du même acabit et, pour finir, une manchette en forme de serpent, animal totem qu'avait choisit son père pour représenter sa lignée, à l’orée de son mariage et de son indépendance.
    
    Pour conclure, Zama se dirigea vers l'entrée des appartements de sa maîtresse, tandis qu'Adia s'asseyait sur sa couche, patientant. La servante revint vers cette dernière avec, en mains, sa paire de sandales. Bientôt agenouillée contre le par-terre obscur, l'esclave se chargea d'enfiler et de nouer celles-ci aux pieds délicats de l'atlane. Fin prête, la jeune maîtresse extrait de ses cheveux le peigne qui les maintenaient sur le haut de son crâne et un amas de tresses lui retomba dans le dos. Puis, elle se releva, tandis que Zama faisait de même. La servante se retrouva un instant plus tard avec l'accessoire capillaire en ivoire entre les mains, mis là d'autorité par Adia Kal.
    
    — Merci Zama. Tu peux disposer jusqu'à ce qu'il soit temps de partir. ordonna la fille du maître de maison, avant de s'élancer hors de ses quartiers d'un pas énergique.

Texte publié par Alie, 12 janvier 2020 à 11h05
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