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Tome 1, Chapitre 4 Tome 1, Chapitre 4
-Thomas ! Alex ! Réveillez-vous, vite !
    
    J'ouvre un œil, entends du vacarme en bas, comme si quelqu'un frappait contre le mur. Je me lève, comme SAnia nous l'a crié, et Alex fait de même, en prenant un petit objet sur la table de nuit. Salèmne apparaît dans l'encadrement de la porte, et au même moment, j'entends un grand fracas, des voix qui crient.
    
    -Les policiers sont là, vite !
    
    C'est là que je remarque qu'il a son Unita -l'objet qui permet de changer de monde. Avec Alex, je forme la même chaîne qu'il y a 5 jours, et il enclenche le bouton. Le temps s'arrête, et à nouveau, j'ai la tête qui tourne, je me sens mal, j'atteris. Je me relève, la lumière du jour si soudaine m'éblouie, mais je distingue que nous ne sommes pas dans le champ.
    
    -Ecoutez-moi bien. Je ne l'ai pas dit devant Sania car elle n'aurai pas apprécié, mais je ne peux pas vous ramener dans votre monde, je vous ai expliqué pourquoi. Ici, c'est un centre pour les gens comme vous, qui ont eu la malchance de quitter leur univers. L'homme qui devait vous accueillir plus tard est dans le bâtiment là-bas, je ne peux pas rester, je doit prouver que nous ne sommes pas complice. Adieu.
    
    Et il se dématérialise sans plus de parole. Je suis toujours en caleçon, Alex est toujours en chemise de nuit. Je suis encore une fois pieds nus. Et surtout, je suis en colère. Il avait dit qu'il nous ramènerez chez nous. Il avait dit qu'on allait pouvoir rentrer avec nos parents respectifs. Au lieu de ça, on se retrouve dans un asile qui accueille les naufragés comme nous, qui n'ont rien demander à part retourner dans leur monde. Ne sachant que faire d'autre que lui obéir, je prend les devant, marche jusqu'au bâtiment. Alex me suis, je l'entend trottiner et tousser derrière moi, à croire que je marche si vite que ça. J'arrive devant les portes, tend le bars pour en pousser une. Elle s'ouvre avant même que je ne les touchent, je comprend qu'un détecteur est à l'oeuvre. J'entre, un peu moins déterminer devant la grandeur du hall. Il est circulaire avec des colonnes tout autour, et un couloir ou une porte entre chacune d'entre elles. Devant nous, un comptoir d'accueil, avec personne dedans. Il fallait s'y attendre : c'est un refuge, pas un hôtel.
    Je m'approche doucement, en admirant les décorations dorées et la moquette bleu roi, les colonne blanche immaculée et les portes en bois vernis. En vue - ou plutôt en non vue - des clanches sur ces dernières, elles ont toutes l'air automatique. Je m'arrête devant le comptoir, Alex appuie sur la petite sonnette. On attends assez longtemps pour que je m'appuie sur mon autre pied, et après le deuxième appel, un homme se dirige vers nous. Il nous regarde comme si on était des extraterrestre, ce qui n'est pas très surprenant étant donné notre accoutrement. Puis, une fois à côté de nous, il ouvre la bouche.
    
    -Je ne m'attendais pas a vous voir de sitôt. Il était convenu que vous veniez ce soir...
    
    -On a eu un contretemps pendant la nuit, j'explique.
    
    Il hoche la tête, comprenant mieux pourquoi je suis en caleçon.
    
    -Venez, je vais vous conduire à vos chambre, où vous attendent des vêtements et toutes affaires qui vous serons nécessaires durant votre séjour.
    
    Il se dirige vers une porte à la droite de la pièce, à l'opposée d'où il est arrivé. Comme je m'y attendais, la porte s'ouvre seule à notre approche. Le couloir est aussi luxueux que le hall, mais cette fois ci dans des couleurs différentes : l'or est remplacé par l'argent et le bleu par du violet. De chaque côté, des portes numérotées, je devine que ce sont les chambres. Puis, arrivé à la numéro 36, il prend un anneau dans sa poche, le pose contre un rectangle de métal au milieu du battant, et j'entend un "clic". La porte s'ouvre, et dévoile une très grande chambre. Je me demande comment le bâtiment peut paraître si banal de l'extérieur, alors qu'il est en réalité gigantesque.
    
    -Voilà votre chambre, Thomas. La bague sert à ouvrir la porte. C'est plus pratique qu'une clé qu'on risque de perdre.
    
    -Merci.
    
    Je prend ma bague, c'est un anneau simple, avec une pastille sur le dessus, que j'identifie comme le dispositif de déverrouillage. Puis il repart avec Alex, me laissant seul dans cette suite. Je ferme la porte. La chambre est simple, blanche, impersonnelle. Beaucoup de gens ont du passer ici avant moi. Un lit patiente contre le mur de gauche, une commande orne celui de  droite, une baie vitrée troue la paroi en face de moi et une petite porte se dessine derrière le lit le lit. Je décide d'aller l'ouvrir, et m'émerveille devant la salle de bain. Il y a déjà une brosse à dent, du dentifrice, des serviettes, une fleur de douche et des savons qui m'attendent. Et un grand miroir. Je ne suis pas aussi crasseux comme je l'étais dans le miroir des toilettes de l'univers de Salèmne : j'ai pris ma douche hier soir, avant d'aller me coucher. Mes pommettes sont plus saillantes que jamais, j'aimerai que ce soit à cause de l'éclairage. Mais ce sont les mêmes lumières que dans la ville araignée, diffuses, comme celle du jour. La fatigue se voit dans mes yeux, qui sont entourés de grosse cernes. Logique : j'ai été réveillé en pleine nuit. En fait, l'adrénaline est largement passée, et je n'ai qu'une envie : aller dormir. Mes paupières sont lourdes, mes yeux demandant à se fermer. Alors je profite de ne pas être habillé pour me glisser dans mes draps bien bordés. Je ne m'endors pas tout de suite : je programme un réveil qui sonnera dans une heure. Heureusement, ici aussi, ils fonctionnent avec vingt-quatre heures de soixante minutes de soixante secondes.
    
    *****
    
    Quand la sonnerie retentit dans la pièce, je me sens déjà plus reposé. Je me lève, regarde l'heure et apprécie pouvoir à nouveau faire ça. Il est 14h27. Je me dirige vers la commode et ouvre le premier tiroir. C'est là que sont rangés mes vêtements. Deux pyjamas, quatre pantalons, quatre pull et sept T-shirt, sans oublier des sous-vêtements. Dans le tiroir du dessous, il y a quelques fournitures : des stylos, un crayon de papier et une gomme, des feutres, des crayons de couleur et deux carnets. Et le dernier tiroir est vide. Je ne pensais pas qu'on nous donnerait autant de choses dès le début. Mais si je n'ai pas le droit de rentrer, je vais rester pour toujours ici. Tout de suite, ça ne me parait plus aussi excessif. Je ne suis pas qu'un visiteur : je suis un habitant. Je prend un de mes deux jeans et un T-shirt noir, les enfilent. Je sort de la chambre, et met ma bague sur mon annulaire de la main droite. Je marche dans le couloir jusqu'au hall, mais l'alphabet et différent de celui du monde des Tesslarun, donc je ne comprend rien au écriteaux des portes. Je décide de me diriger vers la porte d'où est arrivé l'homme de tout à l'heure. Je pousse la porte, mais elle est verrouiller. Alors, je sort dehors, et commence à faire le tour du bâtiment. J'entends des cris, des exclamations en plus du chant des oiseaux. On est sûrement en automne, pourtant, il fait assez chaud pour sortir sans veste. Je continu de faire le tour, le bâtiment est plus qu'énorme. Puis j'arrive sur une grande terrasse, ou plutôt une grande dalle collée à une véranda. Dessus, il y a des tables de ping-pong, et à quelques tables, certains s'amusent à jouer avec les mains. J'aperçois Alex à l'une des tables avec raquette, alors je la rejoins. Elle fais un smatch et tourne la tête de mon côté. Elle porte, au même endroit que je lui avait posé, le pins épées. C'était ça qu'elle avait récupéré sur la table de nuit. Je pensais que la prison lui avait confisqué.
    
    -Tu aurais pu passer par l'intérieur.
    
    -Je ne connaissait pas le chemin.
    
    Elle hoche la tête, se rappelant que j'étais dans ma chambre. Elle me pointe du doigt son adversaire.
    
    -Je te présente Sade. Elle joue encore mieux que moi au tennis de table. Sade, je te présente Thomas, mon petit-ami.
    
    Elle me lance un petit sourire. Elle n'est plus fâchée contre moi ? Elle m'a de nouveau appelé petit-ami ? Je croyais qu'elle m'avait quitté définitivement. Un poids que je n'avait pas remarqué me quitte. Je suis son petit-ami. Sade, qui a la peau rose pâle et des yeux ronds jaunes, me donne sa raquette pour que je joue avec Alex. J'accepte et engage, me remémorant le points faibles d'Alex. Elle a du mal à frapper les balles qui sont proches d'elle. Je tente d'en placer une tout au bord, mais elle passe à côté et lui donne un point. Elle me tire la langue, alors je réitère mon coup et réussi. Elle me fait l'un de ses smatch, et reprend l'avantage. Nous jouons cinq parties, je n'en gagne qu'une. Au moment ou nous allions en entamer un énième, une femme d'une cinquantaine de printemps vient nous appeler pour goûter.
    
    Tout le monde rentre, et j'ai hâte de savoir ce qu'il y aura à manger. Ça fait tellement longtemps que je n'ai pas pris de goûter. La grande véranda est en fait le réfectoire. Je m'installe à côté d'Alex, sur une des tables au soleil, et Sade nous rejoins, avec des amis à elle. Dans le réfectoire, il y a deux autres personnes comme elle, avec la peau saumon et les yeux ronds. Une autre dame passe avec un chariot, et distribue le goûter. Je choisis un petit gâteau de couleur verte, sans savoir quelle est son goût. Je croque dedans, et je suis surpris par son goût sucré. Je ne connais pas cet arôme, mais il me rappelle un peu la figue. Je le termine vite, et je vais même en chercher un deuxième. La dame nous a aussi donné un verre, et l'un des amis de Sade va chercher un gros objet métallique. C'est un sorte de cylindre, avec un truc bleu qui dépasse. Il tourne le morceau de plastique turquoise, et verse de l'eau dans son verre. C'est en fait une bouteille. Je lui tends le bras et il me la donne. Je m'en sert aussi et examine l'étrange bouchon. En fait, quand on le tourne d'un demi tour, le cercle hermétique se décale de l'ouverture. Je le tourne deux ou trois fois avant de la reposer sur la table. Je vois que les autres sont tous en train de me regarder avec des sourires bêtes. Je hausse un sourcil comme si je ne comprenais pas, même si je sais qu'ils se fichent de moi. Le gars de la cruche secoue la tête pour le signifier de laisser tomber, et les autres détourne aussi leurs regards, mais sans quitter leur rictus. Puis, ils entreprennent de nous expliquer les horaires et les règles d'ici. J'ai l'impression d'être à l'internat,à la seule différence qu'il n'y a pas d'heures de permanence obligatoires. Puis, une fois que tout le monde a finit de manger, nous quittons la table et Sade nous propose d'aller dans sa chambre. C'est là que j'apprend le nom de tout ses amis : le blond qui est allé chercher la cruche s'appelle Cyriel; un autre garçon au cheveux auburn qui lui arrivent aux épaules et des lèvres si caraminées qu'elles paraissent presque brunes se nomme Lopco et une fille aux cheveux blancs, aux yeux tout aussi ivoires et à la peau noire violacée s'appelle Ezra.
    
    -Dans vos mondes, est-ce que vous aviez aussi des voitures volantes ?
    
    Je pose la question car j'aimerai savoir si c'est nous qui sommes en retard, ou si c'est dans le monde de Salèmne qu'ils sont très avancés.
    
    -En fait, je ne m'en rappelle plus beaucoup, m'explique Lopco. Mes souvenirs du temps d'avant ont presque tous disparus. Comme nous tous. On pense que c'est à cause du changement d'univers, mais dans tout les cas, je ne voudrais pour rien au monde quitter Domater. C'est le nom d'ici.
    
    -Domater ?
    
    Je jette un regard à Alex, elle hausse les épaules. Je le trouve étrange, ce nom. Et il me dit quelque chose. Doma, Ater... Je ne sais plus. J'ai déjà entendu ça quelque part. Impossible de me rappeler quelles syllabes j'ai déjà entendu, ni où. Je revois ma salle de classe, quand j'étais encore scolarisé. Mais il n'y a aucun rapport.
    
    -C'est bizarre, je dis juste.
    
    -Peut-être que vous devriez aller à l'infirmerie pour passer l'examen général ? C'est même étonnant que Zonnté ne vous y ai pas emmenés.
    
    -C'est qui, Zonnté ?
    
    Cette fois-ci, c'est Alex qui a posé la question.
    
    -C'est la gars qui vous a accueillit et qui vous a remit vos chambres. Le directeur. Venez, on vous y accompagne.
    
    On s'ébranle tous et quittons le lit de Sade, pour repartir vers le hall. C'est la porte à côté du couloir des chambres. Il y a une femme d'une trentaine d'année assise à un bureau. Elle lève la tête vers nous et nous sourie.
    
    -Je peux faire quelque chose pour vous ?
    
    C'est évident, elle est la seule dans la pièce. Cyriel lui répond.
    
    -Oui. Ces deux là - il nous désigné de la tête - sont nouveaux. On s'est dit qu'ils fallait qu'ils passe leur examen de routine. Bon, salut Alex !
    
    Il lui a fait un clin d'œil avant de sortir, la bande sur les talons. Apparemment, il ne sait pas qu'elle est prise. La femme se lève, tout sourire.
    
    -Bonjour, je me présente, Mme Darkire. Mais appelez moi Isabella. Et vous ?
    
    -Je m'appelle Alex. Et lui Thomas. On vient de la Terre. Enfin, de la Terre 256.
    
    -Oh, moi aussi ! C'est bien de tomber sur des français ! C'est la langue la plus parlée à travers les univers. Même si, dans le notre, c'est l'anglais qui a pris le dessus...
    
    Je hausse les sourcils et hoche la tête en signe d'approbation. Si le français était resté la langue la plus parlée, je n'aurais pas, pendant le voyage en Angleterre de ma classe, hoché la tête quelles que fussent les paroles de la famille d'accueil.
    
    -Bon ! D'abord, je vais prendre votre tension, puis je ferais une prise de sang, pour être sure que vous ne couvrez pas de maladie, et puis je testerai vos sens.
    
    -Avant que vous découvrirez avec horreur ma prise de sang, je suis malade. Je vais mourir dans 54 jours.
    
    Elle prend un air de compassion et de surprise, je la comprend. Même à la clique de Sade, elle ne l'a pas dit comme ça. Je ne sais même plus si elle leur à dit, en fait. Plus personne ne dit rien pendant qu'elle procède à nos examens. Elle change mon bandage au poignet que j'avais presque oublié, ce qui ravive un peu la douleur quand elle le désinfecte.
    
    -Donc, Thomas, tu auras des vitamines, comme tout nos pensionnaires, et toi, Alex, des vitamines ainsi qu'un médicament appelé Fialonne contre les symptômes de ta maladie. Ça ne te guérira pas, ça t'empêchera juste de souffrir.
    
    Nous quittons la pièce après l'avoir remerciée. Je n'ai jamais eu aucune carence, mais puisque tout les pensionnaires ont des vitamines à prendre, j'imagine que c'est la nourriture qui n'en contiendra pas suffisamment.
    
    Nous marchons tranquillement vers la chambre de Sade, et je toque a la porte. Après quelques secondes, je frappent a nouveau, en faisant une petite pression sur la porte. Elle est fermée.
    
    -Ils ne sont pas là.
    
    Alors, nous repartons dans l'autre sens, et ça me rappelle la fois ou nous avons traversé toute la deuxième rue de l'avenue numéro seize pour s'apercevoir qu'on était partis du mauvais côté. Je frissonne en me rappelant a quel point je n'en pouvais plus. Je ne veut pas penser à ça, parce que c'est ce jour là qu'on a eu la confirmation qu'Alex allait mourir. Nous marchons jusqu'au réfectoire, Alex m'a expliqué que parfois, ils se rendent là-bas pour jouer. Nous y entrons, et il est plein. Ça crie, ça rit, ça s'exclame, ça râle. Nous nous faufilons entre les tables ou se jouent des jeux de société. A chaque fois, nous nous arrêtons pour regarder quelques minutes la partie en court. Un groupe d'adulte tous très grands jouent au même jeu que nous avons essayé chez Salèmne. L'un d'eux fais tomber son pion par terre, il change de forme, et roule. Je l'attrape, le tend à celui qui l'a échappé.
    
    -Merci.
    
    Il a un accent qui me rappelle l'accent Russe. Il est sûrement arrivé ici sans en parler la langue. Nous arrivons à la table ou se disputent Lopco et Ezra au dessus du plateau de leur jeu. Cyriel essaye de les calmer pendant que Sade remet en place les tas de cartes qui se font malmener. Je n'avais jamais vu deux personnes avec autant de caractère. Les gens des parties d'à côté râlent même du boucan qu'ils font. On finit par les mettre d'accord sur le fait qu'il n'y a personne qui a pris le bâton en premier, et qu'ils auraient chacun les récompenses du gagnant, autrement dit six pièces. À leur façon de jouer, ça me rappelle le Jungle Speed, mais avec un plateau et de l'argent. En fait, plus on a d'argent, plus on peut avancer. Mais à part ça, il faut aussi avoir le même motif de carte pour attraper le bâton. On les regardes finit leur partie, puis Zonnté viens vers nous.
    
    -Isabella m'a dit que vous étiez passé la voir. C'est bien. Si vous voulez, on organise des sorties. La semaine prochaine, il y en a une en forêt, pendant trois jours. Vous partez deux par deux avec un guide et vous apprenez à vivre en autonomie. Ça vous plairait d'y participer ?
    
    Je regarde Alex, elle me regarde aussi. Et elle attend que je décide pour nous deux.
    
    -Allez, je vous inscrits ! Vous n'allez pas passer votre vie ici !
    
    C'est ironique, parce que si, on va passer notre vie ici.
    
    Il repart sans demander à notre groupe si eux aussi veulent venir. Mais je suppose que le nombre de places est limité, et qu'il veut surtout que les nouveaux y aille.
    
    -Il y a souvent des nouveaux ? je demande.
    
    -Non, car il y a d'autres asiles. Ici, ce n'est pas le plus demandé. C'est pour ça que vous avez pu avoir vos places dès que vous les avez demandées. Mais si c'est ce que tu veux savoir, alors oui, il y a beaucoup de gens qui viennent ici car il se sont par erreur trouvés sur l'endroit où se sont téléportés les voyageurs.
    
    C'est vrai que si Salèmne était apparu deux cents mètres derrière nous, nous ne l'aurions pas vu. Et puis, il voulait juste aller a un rendez-vous. Mais un rendez-vous avec qui ? Il y a des gens, sur notre planète, qui savaient ?
    
    -Mais ça veut dire que nous étions victimes d'un complot ? Que des gens savaient, qu'ils rencontraient ceux des autres univers et qu'ils le cachaient à toutes les populations ?
    
    -C'est comme ça dans tous les univers. Et puis, environ cinquante ans après avoir découvert le multivers, ils l'avouent aux habitants comme quelques chose de tout nouveau.
    
    Je n'arrive pas à y croire. Il n'y que dans les films et les livres de science-fiction que le gouvernement cache un lourd secret au peuple. Peut être que je suis dans un roman de science-fiction, ce qui explique que je suis dans un univers qui n'est pas le mien et dont je ne connais même pas l'alphabet. Je hoche la tête, mais en réalité, je suis en colère. Il n'ont pas le droit de cacher ce genre de choses. Si ils ne l'avaient pas fait, je serai chez moi, ou peut être en Suisse si le gars de la voiture ne nous a pas dénoncé, et pas dans cette asile; où, même si je me suis fait des amis, je n'arrive pas à me sentir a ma place. Toute cette joie d'être là, c'est presque étouffant. Comment ont-ils pu oublié leur ancienne vie comme ça ?
    Puis, la dame de la cantine nous dit de commencer à ranger car on va bientôt manger. Alors, on n'entame pas la partie qu'on avait prévue de faire, et remettons les éléments dans la boite. Ezra et Lopco boudent toujours, mais au moins, ils ne se crient plus dessus. Nous allons nous servir en couvert et en verre, puis nous asseyons à une table libre dans un coin de la pièce. C'est une table de six, mais elle aussi grande que les tables de huit. Puis, la femme au chariot-repas du goûter nous donne les assiettes chaudes. Dedans, il y a un morceau de poulet mariné, avec des filaments vert étranges. Je goutte, c'est de l'endive. Je n'aimes pas ça mais je manges quand même, pour ne pas faire mon difficile le premier jour. En dessert, nous avons le droit à une pomme. Elle est juteuse, vraiment différente par rapport à celle sans goût de la prison. Je laisse le trognon dans mon assiette ou il reste un peu d'endives, je n'ai pas su les terminer. Autant la saveur de l'endive passe, mais après, ça laisse un arrière goût désagréable. Et parce que je n'ai pas envie d'aller chercher la cruche pour le faire passer avec de l'eau, et bien, je ne manges pas. Alex a pris un yaourt, et il a l'air d'être bon puisque elle en racle le fond. Malgré le brouhaha, j'entends Ezra qui ronchonne car c'est "toujours elle qui va chercher l'eau". Cyriel lui rétorque que ce midi, c'est lui qui s'est levé, et a nouveau, Ezra monte le ton. Si tout les gens de son univers sont autant sur la défensive, ça doit être un sacré carnage. Elle se lève brusquement en faisant racler un grand coup sa chaise sur le sol, et frappe des pieds jusqu'à l'étagère pleine de ces bouteilles métalliques. Elle s'en sert en premier, la plaque contre la table si fort que nos couverts s'entrechoquent, et bois cul sec.
    
    -Franchement, t'es saoulante ! se plaint Sade. T'es toujours en train de râler !
    
    Ils commencent à se disputer a nouveau, on dirais une fratrie qui aurait été laissée dix minutes sans surveillance. J'hésite à intervenir, mais comme je ne sais pas quoi dire, je ne le fait pas. Les tables alentours jettent à peine un coup d'œil, ils doivent être habitués.
    
    -Cela suffit ! hurle la dame des chariots aux desserts. Je vous entends monter le ton une seule fois de plus aujourd'hui, et je vous jure que pendant deux semaines vous ne sortirez de votre chambre que pour manger !
    
    Ils se taisent tous, et à la vue des têtes baissées, je conclue qu'ils ont déjà du subir cette punition. Mais ils continuent de se fusiller tous du regard. Je m'attends à ce qu'ils s'accusent les uns les autres, mais ils n'en font rien, et des que Jarsia -je l'ai lu sur sa chemise- tourner les talons, ils éclatent de rire. Je ris avec eux, même si je ne sais pas vraiment pourquoi. Nous reposons nos assiettes sur les chariots et débarrassons le plancher pour aller s'avachir sur le lit de Cyriel. Lui aussi, sans chambre et toute blanche, sans décoration. Alors que Sade, elle, a des posters accroché un peu partout.
    
    -Ça fait combien, de temps, que vous êtes là ?
    
    J'ai surtout envie de savoir combien de temps je devrais rester, même si je connais déjà la réponse.
    
    -Moi, ça fait six mois, me répond Ezra.
    
    -Moi, presque sept ans, se plains Sade.
    
    -Je ne suis là que depuis l'année dernière, précise Lopco.
    
    -Moi, je suis venu enfant dans les bras de ma mère, commence Cyriel. Autrement dit : je n'ai connus que Domater. Ma mère, tu ne l'as pas croisée aujourd'hui car elle est dans un autre asile pour aider, car ils manquent de personnel. Mais elle rentre la semaine, donc tu pourras la rencontrer.
    
    -Et ton père ? s'enquie Alex.
    
    -Il n'était pas avec nous quand un gars est tombé du ciel. Il doit penser qu'on a disparu. Je ne l'ai jamais connu.
    
    C'est triste. Moi, j'ai eu le temps de connaitre ma mère, même si elle est morte. Lui, il ne connait même pas son visage.
    
    -Ne t'inquiète pas, je ne suis pas triste. On ne peut pas être triste d'avoir perdu quelque chose qu'on a jamais eu. Et puis, ça fait dix-sept ans. J'ai dix-huit ans. Je m'en fiche.
    
    Moi, ça fait quatre ans. Et je m'en suis remis, même si parfois, elle me manque. Ezra nous raconte à son tour comment elle est arrivée ici. En fait, elle se promenait dans la foret pour aller à une rivière, elle aimait bien dessiner avec le clapotis de l'eau en arrière plan. Ce jour là, elle dessinait une fleur cueillit plus tôt, quand une femme était aterrie en plein dans la rivière. Elle avait d'abord pensé qu'un simple branche était tombée dans le ruisseau, mais quand elle avait vu quelqu'un de trempé jusqu'au os en emmerger, elle a pris peur. Et la femme, ne pouvant pas s'expliquer entre ses cris, l'avait amenée à Domater. 
    
    Sade, elle, était juste dans son jardin à étendre le linge quand un jeune homme avait débarqué sur sa terrasse. Là, il n'y avait aucun "je suis tombé de l'arbre possible" de un : parce qu'il n'y avait pas d'arbre, et de deux : parce que c'était dans la propriété de ses parents, personne n'avait rien à faire dedans. Alors, le gars n'avait même pas cherché trouver une excuse, lui avait expliquer d'où il venait, puis lui avait aussi demandé de la suivre. Elle était jeune, elle voulait aller dans un autre univers. Alors, elle avait accepté de le suivre jusqu'ici. Ses parents lui avaient manqués des les premières heures, et elle avait amèrement regretter. Mais aujourd'hui, elle n'a plus de remord et est très heureuse d'être ici. Chez elle, ses parents la négligeait beaucoup. Un jour, elle était partie chez des amis alors que ses parents lui avait interdit d'y aller. Et pourtant, fille unique et absente toute l'après-midi, aucun de ses géniteur ne s'en était rendu compte.
    
    Lopco, lui, était à un match de catch. Il s'était rendu derrière les toilettes extérieur, son père faisant la queue, pour fumer une cigarette sans qu'il ne le voit. Et, sous ses yeux, un homme assez âgé était apparu. Il a été forcé de le suivre. Il s'était débattu, mais une fois dans un autre univers, il n'avait pas eu d'autre choix que de soumettre à son sort. 
    
    Nous discutons pendant longtemps, mais Alex est vraiment fatiguée alors nous décidons de tous aller nous coucher. Je ne m'endors pas tout de suite, j'essaye d'imaginer ma réaction si j'avait été à leur place. Est-ce que, a onze ans, j'aurais voulu changer de monde ? Est-ce que je me serai battu pour voir un match de catch ? Est-ce que je me serai mis a crier en voyant quelqu'un tomber dans la rivière ? Et eux, aurait-ils prit la main de Salèmne ?
    
    

Texte publié par OOLynetteOo, 20 novembre 2019 à 15h39
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