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Tome 1, Chapitre 2 Tome 1, Chapitre 2
Mes doigts sont engourdis par le froid de la nuit. La température a beaucoup descendu. Le soleil est presque levé, je peux voir les premiers rayons pointer le bout de leur nez à travers le feuillage. Alex dort toujours à côté de moi. Aucun oiseau ne chante, mais des insectes se promènent entre les brins d'herbe. Je me lève pour aller marcher un petit peu. C'est drôle, quand j'y repense : hier, j'étais à peine capable de faire un pas tellement j'étais exténué. Maintenant, j'ai envie de marcher. Je vais sur le chemin de béton et commence ma balade. Il n'y a personne, je ne sais même pas si les gens d'ici sont déjà levés. La fraîcheur du sol sous mes orteils me donne un frisson qui me parcours l'échine. Je rentre ma tête dans le col de mon manteau. On aurait du dormir dans un parking.
    Des bras m'enlacent par derrière. La tête d'Alex vient se glisser au creux de ma nuque. Ses cheveux, comme toujours, sentent la vanille. À croire que sa coloration rose contient plus de parfum que de pigment. Je lui transmet ma décision nocturne.
    
    -Tu as raison, il faut qu'on parte.
    
    -Tu as une idée de comment on pourrait changer de monde ? Je te rappelle que ça nous est interdit.
    
    -Eh bien on va devoir y aller en toute illégalité. Je suis sûr qu'il doit exister des sortes passeurs.
    
    Elle hoche la tête, puis m'embrasse le cou. Je frissonne et bascule ma tête en arrière. J'adore quand elle fait ça. J'aurais été un chat, je crois que je ronronnerais.
    
    -Il faut déjà qu'on trouve de nouveaux vêtements, je sourit. Regarde nous. Moi avec ma doudoune, toi avec ton jean troué... Personne ne voudra nous parler si on a l'air de déchets.
    
    Elle acquiesce et je lui prend la main. Nous marchons cote à cote jusqu'à la sortie du parc. Il n'y a aucune voiture, aucun passant. Je ne sais pas si il est tôt ou tard pour ce globe. Nous ne marchons que cinq cents mètres avant d'arriver devant un magasin de prêt à porter dans une rue adjacente. Ouvert. Et vide. Il n'y a donc personne qui surveille les boutiques ? Peut être que personne ne vole, parce personne n'a besoin de rien. On rentre, faisant sonner la clochette en haut de la porte. Mais rien ne bouge, ce qui me fait penser que l'objet est inutile. Je passe entre les rayons et commence à regarder les habits. Alex est du côté femme, je ne vois pas ce qu'elle prend. Je m'empare d'un pantalon vert, avec une veste assortie et un sorte de tee-shirt à manches longues blanc. J'ai vu beaucoup de jeunes porter cette couleur émeraude, hier. Je vais vers les cabines d'essayage, Alex est encore dans son rayon, elle regarde les chemises. Je ferme le rideau derrière moi et m'observe dans le miroir pour la première fois depuis des jours. Je suis crasseux, c'est le moins qu'on puisse dire. Mes yeux sont soulignés par d'affreuses poches violacées. Pourtant, je jurerai avoir bien dormi cette nuit. Mes cheveux sont en bataille, j'aimerai pouvoir les coiffer, mais je doit me contenter de passer mes doigts à travers les mèches. Mettre des vêtements propres par dessus ma peau sale me dégoûte un peu, mais je me sens quand même un peu plus propre. J'aurai du prendre d'autres sous vêtements. J'enfile mes trouvailles et me contemple. Avoir des vêtements à ma taille est plus confortable que le vieux pull que j'arborais dix minutes plus tôt. Je repense à mes bandanas multiples de toutes les couleurs. Avec le temps, c'était devenu une vraie collection. J'en porterai volontiers un, mais je n'en ai pas vu dans le magasin. Je me regarde encore quelques secondes et ouvre mon rideau, me retrouvant nez à nez avec Alex.
    
    -Tadaaaaaaam !
    
    Elle écarte les bras et tourne sur elle même. Elle porte un robe longue noire ornée de fleurs roses, et une veste en cuir assorties aux pétales. Elle a aux pieds des baskets blanches, qui, contrairement au lacets de notre monde, tiennent le pied grâce a une seule sangle noir à la cheville. Je comprend que le tissu est élastique, un peu comme une chaussette. Par dessous son collant, je remarque que le médecin a pansé son genoux, hier.
    Elle est magnifique, même si son teint vire au vert. Elle s'approche de moi et replace correctement ma veste, tire sur le bas de mon haut.
    
    -Il manque une ceinture.
    
    -J'allais justement en chercher une, je justifie
    
    Elle regarde mes pieds noirs de saleté.
    
    -Et des chaussures.
    
    Elle se dirige vers le rayon homme, s'arrête au niveau des ceintures, jette un œil à ma tenue et me tend un ceinture blanche, qui s'assortie à mon tee-shirt manches longues. Je la glisse à travers les passants de mon pantalon et l'attache au cran le plus serré. Puis, elle choisis la même paire de chaussures que la sienne. Je les enfiles et me rend compte que je n'ai pas mis de chaussettes, mais la chaussure en fait elle même office. Je souris a Alex, elle à l'air satisfaite de son travail.
    
    -Tu vas avoir froid aux jambes avec ta robe, je lui rappelle. Il fait froid la nuit.
    
    -J'ai pensé à tout !
    
    Elle sort de sa poche de veste un pantalon très épais type pyjama d'hiver. Je me demande comment ça rentre, mais ça rentre.
    
    -On ne va peut-être pas laisser nos vieux habits ici ? Ils doivent avoir des poubelles.
    
    Elle hoche la tête et nous retournons au cabines pour tout récupérer et, à la sortie, jetons le tout dans un benne à ordure. Je fronce le nez quand l'odeur de la poubelle parvient à mes narines.
    
    -Et maintenant ? je demande.
    
    -Maintenant on trouve un passeur. Le hic, c'est qu'on ne sait pas où ils se cachent.
    
    J'acquiesce. Effectivement, je n'ai aucune idée d'où peuvent bien se cacher les illégaux. Enfin, à condition qu'il y en ai.
    
    -Tu penses qu'ils ont des toilettes publiques ?
    
    Hier soir, on s'était débrouillés dans le parc. Mais j'avoue que moi aussi, j'aimerai bien avoir des toilettes, et un robinet pour me décrasser.
    
    -Oui. Mais pour les trouver... Si c'est une porte sans pancarte comme les parkings, on va pouvoir chercher longtemps.
    
    Son épaule droite se soulève, elle est amusée. C'est de loin mon tic préféré. Elle en a énormément, je les connait tous par cœur. Nous décidons d'arpenter l'avenue, en attendant de trouver un passant à qui on pourrait poser la question. Les lampadaires s'éteignent soudainement, je ne m'était même pas rendu compte qu'ils étaient encore allumés. Je fixe les écritures sur les différentes portes, même si je ne comprend rien à cette alphabet. Alex lâche ma main, et pointe du doigt l'autre côté de la rue. Un grande porte de métal avec un logo de toilette imprimé dessus est incrusté dans un mur. On traverse la rue sous les quelques voitures qui ont commencé à défiler. On entre dans l'habitacle, et fermons à clé. Il y a un seul toilette, alors J'allume l'eau et commence à me débarbouiller, laissant Alex faire ses besoins a l'autre bout de la pièce. Petit a petit, je vois mon visage reprendre des couleurs dans le miroir. Alex profite du robinet allumé pour se laver aussi les mains et le visage. Je retire mes chaussures-chaussettes et me nettoie les pieds, mes égratignure d'hier me piquent quand je les passes sous l'eau. Je ne peux pas me laver entièrement car nous n'avons pas de serviettes, seulement du papier-toilette. Alex m'attrape la mâchoire, tourne ma tête vers elle et m'embrasse. Je l'attrape par la taille pour approfondir notre baiser. Ses lèvres sont hypnotisantes. Je ne peux pas m'en détacher. Je suis sourd, aveugle, muet. Je ne vit que par nos bouches qui dansent en rythme avec véhémence. Elle se détache, haletante, et je me délecte de chaque parcelle de sa peau visible. Même mourante, elle est splendide. Je passe mes doigts dans ses cheveux. Ses pointes roses vont merveilleusement bien avec sa robe. Je caresse sa nuque, elle brûlante, j'ai envie d'y plonger la tête. Elle m'embrasse à nouveau, lentement cette fois. Puis nous sortons. Je passe mon bras sur ses épaules, elle mets le siens autour de mes hanches. J'aurais voulu continuer de l'embrasser jusqu'à la fin des temps, puisqu'on a que ça à faire. Rien ne nous attends nul part, a part peut-être nos parents. Mais au moins, on leur a détaché un poids en partant. Je repense a ce que nous a confirmé le médecin. Il ne lui reste que 58 jours. Le 59ème s'est terminé. Et si nous perdions le compte des jours ? Et si elle mourrait avant ? Dans tout les cas, ça ne change rien. Elle va mourir. La question est : où ira-t-elle ? Existe-t-il un paradis ? Est-ce qu'elle va finir aux enfer ? Me verra-t-elle, de là-haut ? Je sert plus fort mon bras autour d'elle. Je ne veux pas qu'elle parte. Pas tout de suite. Je veux mourir avec elle. Je veux qu'elle m'accompagne jusque chez les dieux.
    
    -Eh, salut belle dame, t'es perdue ?
    
    Je me tourne en même temps qu'Alex vers les voix. Ce sont deux garçons, adossés au mur, habillé en jaune, couleur que je n'avais jamais vue portée dans cette ville.
    
    -Y'a un problème ? je demande.
    
    -Ouais, y'en a un, me réponds le plus imposant des deux. C'est que ta sœur, elle est magnifique.
    
    Je suis le seul qui ai le droit de dire ça d'Alex.
    
    -C'est ma meuf. Et oui, elle est perdue puisqu'on est dans le mauvais univers.
    
    J'aurais voulu lui en mettre une dans la gueule, mais ils ont l'air de mauvais gars. Et ce sont les mauvais gars qui sont illégaux. Il hausse les sourcils et fait un petit rire en prenant un affreux rictus.
    
    -Pauvres chéris. J'aimerai bien vous ramenez chez vous, mais je n'ai aucune raison de la faire.
    
    -On n'a pas d'argent, je crache.
    
    -Oh mais je ne demande pas d'argent, raille-t-il en passant sa patte crasseuse sur le visage de porcelaine d'Alex.
    
    Je fulmine. Là, je suis vraiment sur le point de lui en coller une.
    
    -Je ne suis pas une de tes putes, persifle-t-elle.
    
    -Alors si tu n'es pas l'une de mes putes, tu devras payer 50 000. Par personne, précise-t-il en se tournant vers moi.
    
    -Et comment on peut être sûrs que tu ne nous arnaque pas ? demande-t-elle en croisant les bras.
    
    Il sort de sa poche le même objet qu'avait l'homme du champ. Rond, métallique, un bouton au milieu, entouré par des chiffres. Surement pour choisir le numéro de l'univers.
    
    -Ça te va, comme preuve ?
    
    Je déteste sa façon de parler, il souris toujours. Il me prend de haut. Il insulte MA Alex. Mais il est capable de nous ramener sur Terre, donc je sert les poings mais ne réponds rien.
    
    -Où est-ce qu'on peut te trouver, quand on aura l'argent ?
    
    -Ici même, bébé.
    
    Et avec un clin d'œil à Alex, il s'en va, son ami -ou plutôt son toutou- sur les talons.
    
    -On ne peut pas trouver autant d'argent à moins de braquer une banque.
    
    Alex réfléchit quelques secondes à ce que je viens de dire.
    
    -Alors on va braquer une banque. Ça va pas être simple.
    
    Elle plaisante là ? On ne pourra JAMAIS braquer une banque. Jamais. Même si il n'y a personne dans les magasin, ce qui est très étonnant, il y a forcément des employés a la banque. Pour gérer les comptes, prendre les chèques... Non, ce n'est pas possible. Je doit avoir une tête de déterré, car Alex se met a rire.
    
    -Il y a quoi de drôle ?
    
    Elle rigole encore plus, j'ai presque envie de la suivre tellement c'est communicatif. Mais elle finit par se calmer en essuyant ses larmes.
    
    -Notre situation ! Il y a quatre mois, on se rencontrait à l'hôpital et maintenant, on est dans un autre univers, complètement paumés. Permet moi de me moquer de moi même.
    
    Je lui attrapé les mains, et le plaque contre moi, en profitant pour déposer un baiser sur ses lèvres.
    
    -On ferai mieux de chercher une banque. D'ailleurs, j'ai faim.
    
    C'est sortit tout seul. J'ai bel et bien un poids sur l'estomac. J'ai faim. Depuis combien de temps je n'avais pas eu faim ? Trois, quatre ans ? Oui. Depuis que ma mère est morte. Mais pour elle, je ne me pose plus de question : je sais qu'elle est au paradis et qu'elle l'encourage tout les jours, et je suis sûr que c'est elle qui m'a donné faim.
    
    -Tu as... Faim ?
    
    Je souris de joie.
    
    -Oui ! Alex, tu te rends compte ? J'ai faim !
    
    Je lui prend la main, je l'emporte avec moi pour trouver un magasin. Je veux être sûr que c'est vraiment de la faim. Elle trébuche a moitié en courant a mes côtés, je crois qu'elle a compris ce que je voulais faire. On arrive devant un supermarché de deux étages. Je m'arrête de courir, et j'inspecte tout les rayons, pour essayer de trouver quelques chose qui me fasse vraiment envie. Mais c'est en traversant le rayons bonbons que je trouve mon bonheur. Des marshmallows, verts et violet. Je prend le paquet, le glisse dans ma veste, retourne dehors et marche encore deux cents mètres pour ne pas être à côté du magasin au moment de manger les friandises. J'ouvre le sachet en plastique, il ne sont pas différent des nôtres. Je plonge la main dedans, en ressort une poignée, et en enfourne trois. C'est alléchant, le sucre est addictif. Je les avales, en remet deux. Alex en prend aussi une poignée.
    
    -Je vois que tu vas mieux ! se réjouie-t-elle, son épaule moqueuse à nouveau élevée.
    
    Je perd mon sourire. Oui. je suis guéri, mais pas elle. Elle va mourir dans 58 jours, et aucun marshmallow ne pourra la sauver. Les bonbons deviennent une bouillie pâteuse dans ma bouche, le sucre m'écœure, me coule dans la gorge. Je les avales avec difficulté.
    
    -Ça va pas ?
    
    Je lui donne le paquet.
    
    -Pourquoi c'est moi qui doit aller mieux, et pas toi ? Je n'ai plus faim.
    
    En fait, j'ai encore faim. Le poids dans mon ventre est toujours présent, mais je n'ai plus envie de manger quoi que ce soit.
    
    -Je préfère que ce soit toi qui soit guéri. Moi, si je ne meurt pas, je vais souffrir; c'est pire que de mourir. Toi, tu peux encore retrouver le bonheur.
    
    Elle me redonne le paquet. Elle a raison. Alors j'en reprend une poignée, parce que j'adore ça. Et je me remets à marcher. Je déteste savoir qu'elle va mourir et que je ne peux rien faire pour l'aider. Qu'il n'y a pas eu un putain d'humain sur ces sept milliard qui a pu l'aider. Je donne un coup de pied dans un truc qui traîne par terre. Il rebondit plus loin et brille sous les rayons du soleil. Je me penche pour voir ce que c'est. C'est un pins en forme d'épées qui se croisent. Je le ramasse, vois que l'attache y est encore. Je me retourne et l'accroche sur la robe d'Alex. Je ne sait pas ce qu'il signifie, mais pour moi, il signifie que je vais me battre pour elle. Je vais me battre pour que ses derniers jours soient les meilleurs qu'elle ai jamais vécu. Puis je continu à marcher. Je ne sais pas si elle me suis, mais je veux trouver une banque. Un banque qui aurait 100 000 euros, dollars, francs... qu'importe la monnaie qu'ils peuvent bien avoir ici, je les veux. J'en ai besoin. Mais comment trouver une banque ? N'importe quel bâtiment pourrai avoir un comptoir avec une file de personnes qui font la queue. A condition que leur banques ai des guichets. Je crois qu'on va être obligés de demander des indications précises à un passant. Ça tombe bien, les rues sont en train de se remplir. Je marche rapidement pour essayer de rattraper l'homme qui marche dix mètres devant moi. Mais il rentre dans un des bâtiments avant que je puisse l'apostropher. Ça tombe bien, un autre arrive en face de moi.
    
    -Excusez-moi monsieur, où est-ce que je pourrai trouver une banque ?
    
    Il fronce les sourcils, puis me pointe le bâtiments d'en face.
    
    -La porte bleue, c'est une banque.
    
    Et il continue son chemin. Avec ces nouveaux vêtements, on n'a plus l'air de personne étranges. Bien que je n'ai pas su lire le "banque" que je suppose écrit en face, je suis normal. Alex commence à traverser, les marshmallow toujours dans sa main. On pénètre dans la banque, et je me rend compte qu'aucun guichet ne nous attend patiemment. Il n'y a rien qu'un mur de coffre fort. Je m'en approche, et comprend que c'est une dizaine de rangées de coffre fort qui sont entreposées ici. C'est pour ça que l'homme à froncé les sourcils : tout le monde sait ou sont les banques, puisqu'ils y sont forcément allés une fois pour entreposer les choses dans leur casier. Je me demande comment le gens font pour récupérer un coffre fort, puis je vois une machine contre le mur. Même si je suis incapable de lire ce qui y est écrit, les fentes me permettent de comprendre : les gens sont censés payer pour récupérer un clef. Je vais inspecter l'un des coffres. J'avais déjà ouvert des cadenas du lycée qui était bloqués, mais je n'ai jamais ouvert de serrure. Et puis, je n'ai pas mes outils de crochetage sur moi.
    
    -Il faut qu'on aille voler des trombones, et des pinces pour les tordre et leur donner une forme. À partir de la, je pourrai peut être ouvrir les casiers. Mais je ne pense pas qu'il y ai 100 000 ici. Et même si c'était le cas, je n'ai pas envie de dépouiller ceux qui font des économies depuis longtemps.
    
    -Si tu n'es pas capable de le faire, je peux m'en occuper, me rassure Alex.
    
    J'ai vraiment l'air d'un incapable ? De toute façon, je ne vais pas demander à tout les passants des banques dans toutes les avenues. Tant pis pour ces gens : ils n'ont qu'à avoir une assurance.
    
    -Je le ferais avec toi quand même.
    
    On ressort et nous mettons à la recherche d'un magasin de bricolage. Les devantures défilent aussi vite que descends le niveau de bonbons, et une fois le paquet vide, on le jette à la poubelle. On a fait le tour de l'avenue, mais nous n'avons rien trouvé.
    
    -On peut essayer le supermarché de ce matin. Peut être qu'il y en a.
    
    Je la suis jusqu'à là bas, nous y entrons pour la deuxième fois de la journée, et montons a l'étage cette fois-ci. C'est là que se trouvent les produits non alimentaires. On parcourt les rayons de produits ménagers, de vêtements, le rayon rayon pour animaux. Il me rappelle le chat de ma grand-mère, un persan blanc aux pattes grises qui détestait les caresse sur le ventre. Une fois, il m'avait griffé tellement fort que j'en ai garder une cicatrices. Je regarde ma main, j'arrive encore à la voir sur le bas de mon pouce gauche. Puis nous arrivons au bon rayon : le rayon électroménager. Je le parcours de yeux et prend ce dont j'ai besoin : une bobine de fil de fer, une pince coupante et une autre pince, pour tordre le métal. Avec ça, je pourrai fabriquer de quoi crocheter les serrures des coffres. Et je pourrai aussi en fabriquer à Alex, pour qu'on aille plus vite. C'est en repassant devant le rayon vêtements que je me rend compte de mon oubli : on n'a rien pour mettre l'argent qu'on aura volé.. On fait demi-tour et au rayon maroquinerie on trouve deux grands sacs de sport. Ça m'étonne qu'ils ressemble autant à ceux que l'on peut trouver sur notre Terre, mais les habitants sont les mêmes, ils ont pu avoir les mêmes idées. Je mets le deuxième sac dans le premier avec les outils et nous sortons du magasin comme si de rien n'était.
    
    -On ferai mieux de les fabriquer autre part que dans la rue.
    
    Elle a raison, il y a des passants partout. Ça grouille, ça fourmille, mais personne n'est dans les magasins. A croire qu'ils ont leur jour de marché.
    
    -Tu veux qu'on aille où ? Au parc ? Il n'y a pas un arbuste pour se cacher.
    
    -Peut être qu'ils ont un autre parc ? Hier, l'homme nous a dit qu'on était dans le parc périphérique. Pourquoi donner un nom a quelque chose alors qu'il est unique ? C'est comme dire qu'on va dans notre maison de campagne, alors que c'est notre seule maison. C'est illogique.
    
    Encore une fois, elle a raison. Mais où est-ce qu'il peut bien y avoir un parc ? Peut être qu'une des avenue est un gigantesque parc ? Je soupire.
    
    -Il faut qu'on fasse le tour de la ville à pied. Je ne sais pas toi, mais je préfère me cacher dans un magasin vide et traficoter nos fils de fer plutôt que de marcher pendant des heures pour aller dans un autre parc, qui serai peut être comme le premier. Et puis, il faudra retourner à la banque après. Non, c'est trop compliqué.
    
    Elle acquiesce. Nous passons pour la troisième fois de la matinée dans le supermarché. Je me retourne brusquement vers Alex.
    
    -Il y avait un rayon vêtements, non ?
    
    -Euh, oui, répond-t-elle les sourcils froncés.
    
    -Quel enseigne peut bien vendre des vêtements sans avoir de cabines d'essayage ?
    
    -Bien vu !
    
    Nous courrons à l'étage et partons en chasse des cabines d'essayage chacun de notre côte. Il y a des pancartes partout, mais j'ai beau les suivre, je ne trouve rien.
    
    -J'ai trouvé ! T'es où ? résonne la voix d'Alex depuis l'autre bout du magasin.
    
    -J'arrive !
    
    Je suis la direction de sa voix. Elle est devant cinq rideaux. J'ouvre le premier. la cabine est petite, mais pour ce qu'on va faire, je m'en contrefiche. Je sort les pinces et le fil de fer du sac, en coupe un bout de vingt centimètres et commence à le tordre en fonction des conseils qui j'avais vu sur YouTube. Alex coupe un bout de même longueur et attends que j'ai finit avec le premier pour me le donner. Je fabrique donc deux paires d'outils : à chaque fois, il y en a un pour maintenir la pression, et l'autre pour baisser les pistons un à un de la serrure ou du cadenas. Je remet le nécessaire dans le sac et nous repartons en direction de la banque. Ça me fait bizarre de passer l'entrée en sachant ce que je m'apprête a faire.
    
    -Je n'ai jamais volé d'argent.
    
    -Moi non plus. Pas même un centime pour me payer un kinder bueno dans le distributeur de l'hôpital. De toute façon, je n'aime pas les kinder bueno. Je préfère les kinder country, et ils n'en ont pas, a l'hôpital.
    
    Je souris à ses paroles. Une fois, elle avait demandé a son père de lui ramener des kinder country et du jus de raisins - son deuxième pêcher mignon. On s'avance vers les coffres forts.
    
    -Peut-être qu'on devrait commencer par ceux du fond ? Plutôt que de risquer de se faire prendre à tout moment par des passants.
    
    Elle se mord la joue et acquiesce. Nous avançons dans les allées et au final, il y en a beaucoup plus que ce à quoi je m'attendais. Un fois à l'autre bout de la salle, je sort les crochets. Ma main tremble, je n'arrive toujours pas à croire que j'en suis arrivé là. Dépouiller des gens pour mon bonheur personnel. En fait, je le fait surtout pour Alex -du moins, c'est ce que je me dis pour me rassurer. Je lui tend les siens, qu'elle attrape. Je vois dans son regard qu'elle est déterminée à récolter l'argent et à se barrer. J'aimerai être aussi confiant qu'elle. Je rentre mes outils de fortune dans la première serrure, et commence à crocheter.
    
    -Il faut d'abord que tu compte le nombre de piston avec ton crochet. Avec l'autre truc, tu maintiens une pression permanente, comme pour tourner la serrure.
    
    Elle m'obéit et je la vois compter minutieusement les pistons.
    
    -Cinq. Il y en a cinq.
    
    Je hoche la tête.
    
    -Il y en à le même nombre à chaque serrure. Après, il faut que tu arrive a trouver quel piston tu doit descendre. Et tu appuis dessus jusqu'à ce qu'il soit lâche. Tu fait ça cinq fois, et normalement, avec la pression de ton deuxième outil, la serrure va tourner comme elle tournerai avec une clé. Ok ?
    
    Elle me signifie que oui et se met au travaille. Moi aussi. J'essaie de ressentir le moindre accroc de ma serrure. Au bout de dix secondes, je l'ai ouverte. A l'intérieur du coffre fort, il n'y a qu'une montre en or.
    
    -Alors ?
    
    Je tourne la tête vers elle, elle n'a pas encore réussi a ouvrir le sien.
    
    -Un montre.
    
    Je le referme, et passe à celui d'en dessous. Nos deux portes s'ouvrent en même temps. J'ai une montagne de billets devant moi. Je me lève. Alex aussi. Nous vidons les deux casiers dans les sacs. Heureusement, même si leur alphabet est différent, les chiffres sont les mêmes. On a à peine 1000. Il nous faut encore 100 fois la somme. Je me tourne vers Alex au moment où un point rouge apparaît sur son front.
    
    -Ne bougez plus !
    
    

Texte publié par OOLynetteOo, 16 novembre 2019 à 15h36
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