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Tome 1, Prologue Tome 1, Prologue
Malgré l'avertissement d'Alex, je jette un œil au miroir. Elle est en train d'enfiler son T-shirt. J'observe son dos, bien trop vite recouvert. Je décide de détourner le regard. Si elle apprend que je l'ai regardée alors qu'elle se changeait... Je me ferai incendier.
    
    -C'est bon, tu peux te retourner, je suis habillée.
    
    J'obéis. Même les cheveux attachés dans un chignon à la va-vite, elle est magnifique. Ses pointes et mêches roses ressortent par endroit. Son haut fait ressortir ses yeux azurs. Je n'ai pas eu cette chance des iris claires, et dois me contenter d'yeux brun. Mon regard descend le long de son corps. Ses doigts frêles s'entremêlent au bout de ses mains pendantes. Elle n'a pas de chaussettes dans ses vielles converses.
    
    -T'as préparé la lettre ? Ou t'étais trop occupé à relooker mon reflet ?
    
    Merde. La lettre. J'en ai à peine écrit la moitié, et elle est illisible : faute à mes cuisses qui ne sont pas un bon support pour l'écriture. Elle s'en empare et grimace.
    
    -T'as pensé à faire un stage en CP ? C'est à cette âge là qu'on apprend à écrire.
    
    Elle commence à tout réécrire sur une autre feuille de papier. Au fur et à mesure que son pavé d'au revoir s'agrandit, la rythmique de mon genoux s'accélère.
    Je déteste mon accoutrement : on a dû voler dans les objets trouvés pour pouvoir nous trouver des vêtement. Au bas de la page, elle signe et me donne le stylo pour que je l'imite. Je comptemple quelques secondes notre feuille. Alex se racle la gorge, puis se lève. Désormais, on ne peut plus retourner en arrière.
    
    -Est-ce qu'on récapitule une dernière fois ? s'enquit-elle.
    
    -Non. On y va, c'est tout.
    
    Elle ferme les yeux. Je comprend que c'est sa manière de dire adieu a cet hôpital, qu'elle a côtoyé toute son enfance. C'est sa manière d'entamer une nouvelle ère, sa dernière, avec moi. Je profite qu'elle ne me voit pas pour plaquer mes lèvres contre les siennes elle répond à mon baiser. Puis nous nous arrêtons, bien trop tôt, et rejoignons la porte de sa chambre.
    
    Nous traversont le couloir, s'arrêtant devant la sortie de secours. La petite veilleuse verte éclaire nos visage, les rendant encore plus blafards qu'ils ne le sont déjà. Prenant mon courage à deux main, j'ouvre la porte. Le vent froid vient se frotter contre nos joues, me faisant ranger la tête dans les épaules.
    Elle ose mettre un pied dehors, puis l'autre, et je fit de même. L'air nous mord les chevilles, les mains, les oreilles et le bas du dos. Alex frissonne. Dernière nous, la porte claque, presque aussi fort que mes dents. Ça y est, nous sommes libres.
    
    -Il te reste combien de temps ?
    
    Ma bouche est sèche, ses yeux sont humides.
    
    -Selon le médecin, 59 jours, sans compter aujourd'hui.
    
    Nous entamons la descente des escaliers, faient en grilles métalliques. Une larme coule le long de sa joue, elle l'essuie d'un revers de main. J'ai peur pour la suite. Pour l'instant, nous allons nous en tenir à notre plan.
    
    Alea jacta est.
    
    

Texte publié par OOLynetteOo, 16 novembre 2019 à 15h33
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