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TW : mention de sang et de violence.
    
    
    
    Allongé sur le canapé, le bébé posé sur le torse, je somnole. Un calme angoissant plane sur la maison, comme tous les après-midi.
    
    Je déteste ça. Depuis notre emménagement, rien ne va. Le premier jour, les escalopes ont pris feu. Puis les canalisations d'eau ont éclaté, provoquant des arcs électriques et un début d'incendie dans la cuisine.
    
    Le pire investissement de notre vie, cette maison. Bâtie sur un ancien cimetière, nous l'avons acheté trois fois rien. On comprend pourquoi.
    
    Je dodeline de la tête. Le bébé soupire.
    
    Un grésillement me tire de ma torpeur. Je me dresse aussitôt, le cœur battant, le tout-petit serré dans mes bras.
    
    Le baby-phone s'allume. Une voix enfantine s'élève.
    
    – Papa, c'est moi qui ai fait ça.
    
    Ma main se crispe sur le petit dos tandis que je bondis hors de la pièce pour monter l'escalier quatre à quatre.
    
    Notre chambre est fermée à clef la journée. Aucun des enfants ne peut y aller.
    
    La voix s'élève encore, ma respiration se bloque.
    
    – Papa, c'est moi qui ai fait ça.
    
    J'ouvre la première chambre à la volée. Vide. Mon petit garçon de trois ans n'est plus là.
    
    – Tim ?
    
    La voix susurre encore, semble venir de derrière moi autant que de ma chambre.
    
    – Papa, c'est moi qui ai fait ça.
    
    Quelques enjambées et je me heurte à ma porte. Toujours verrouillée, vide.
    
    Bon sang, que se passe-t-il ?
    
    – Papa, c'est moi qui ai fait ça.
    
    Je me rue vers la dernière chambre, celle des grands. Mes membres tremblent tant que je manque d'échapper le bébé.
    
    – Les enfants, vous êtes là ?
    
    La porte s'ouvre sans un bruit. La pièce est plongée dans la pénombre. Une odeur métallique me prend à la gorge. Au centre de la pièce, je crois distinguer une silhouette.
    
    – Tim ?
    
    Ma paume moite de peur presse l'interrupteur.
    
    C'est bien lui. Un sourire mauvais déforme son angélique visage. À ses pieds, les grands. Énucléés. Inertes.
    
    Le bébé geint, je recule, horrifié.
    
    Tim tend vers nous son tournevis ensanglanté.
    
    – Papa, c'est moi qui ai fait ça. Et c'est son tour.
    
    

Texte publié par Carazachiel, 6 novembre 2019 à 13h23
© tous droits réservés.
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