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Tome 1, Chapitre 2 Tome 1, Chapitre 2
26 Mayis 635
     Planète Hyedonis. Ville d’Espoir.

    
     Pour Nyx Hiedys, le mois de Mayis était passé bien trop rapidement. Sans cesse dans l’atelier de sa meilleure amie, il préparait son Armatus pour la course. Deux jours le séparaient du départ et il n’était pas tout à fait prêt. Depuis tout jeune, il tenait absolument à y participer malgré le nombre impressionnant de morts lors des épreuves. Il y pensait parfois, mais il s’en fichait. Le premier prix faisait cadeau de places pour une navette en direction de la lune Yenesis, ainsi qu’un logement gratuit. Il désirait les utiliser pour offrir une nouvelle vie à sa famille.
    
     La vie dans la ville d’Espoir était miséreuse. La criminalité ne cessait d’augmenter, même si le maire Yann faisait tout ce qu’il pouvait pour maintenir l’ordre. La répression était de plus en plus violente, à tel point que les prisonniers les plus agressifs étaient envoyés sur la terre ferme, empoisonnée par l’Aura depuis plusieurs années.
    
     L’administration d’Orbis s’occupait du transfert de la population vers la lune, mais il manquait de place et il ne voulait pas créer une surpopulation. Donc, des gens survivaient encore sur leur planète d’origine vouée à disparaître.
    
     Néanmoins, Nyx était déterminé à partir par tous les moyens. Avec un entrainement difficile, il était devenu un formidable pilote d’Armatus et il comptait bien le prouver lors de la prochaine course. Il avait pris beaucoup de cours pour savoir conduire ces mini vaisseaux spatiaux. D’ailleurs, il n’avait pas cherché à construire quelque chose d’originale, mais simplement une bête ! La cabine de pilotage était encerclée de deux ailes blanches qui partaient vers l’avant où reposaient deux canons lasers. Le cockpit se prolongeait vers l’arrière par une carcasse arrondie, où se trouvaient les deux réacteurs subluminiques prêts à l’emploi.
    
     À genoux sur un aileron, il inspectait les circuits et les cartes électroniques qui permettaient de gérer la puissance des moteurs. Il ne voulait pas les faire exploser dès le début de la course. Grâce à de nombreux appareils, il pouvait visualiser tout un tas de signaux attestant du bon fonctionnement de l’engin. Après les avoir branchés, il lança un simulateur de vol.
    
     Fixant l’écran de sa tablette de ses iris verts, il regarda la barre de progression augmenter, sans pour autant voir un défaut système ou une erreur grave se produire. Pour l’instant, tous les niveaux visibles étaient au vert, ce qui était très encourageant. Il croisa les doigts tout en se mordillant les lèvres. Lorsque l’avancement ralentit, il passa les mains dans ses cheveux mi-longs ébouriffés d’une belle couleur bleu nuit, chuchotant à l’ordinateur de se dépêcher, comme s’il pouvait l’entendre.
    
     Une petite sonnerie retentit, marquant la fin de sa simulation. Il releva la tête les yeux exorbités. En voyant le message de réussite, il se redressa brusquement et hurla de joie. Il se mit à danser sur son vaisseau, heureux et incrédule à l’idée d’avoir terminé de construire une telle machine.
    
     – Fais gaffe, tu vas le casser ! cria une voix féminine derrière lui.
    
     Il se retourna brusquement et sauta de l’appareil. Il s’élança vers Rebecca Ambre, sa meilleure amie. La plus grande mécanicienne capable de tout réparer. Toujours prête à lui donner un coup de main, elle lui avait été d’une aide inestimable dans son projet complètement fou. Habillée d’un pantalon noir synthétique et d’un boléro orange ouvert sur un débardeur blanc dévoilant sa poitrine généreuse, elle avait les mains posées sur ses hanches larges tout en lui décochant un regard amusé. Il la prit dans ses bras et la souleva du sol, lui arrachant un cri aigu.
    
     – Mais t’es dingue ! Repose-moi !
    
     Il obéit et montra du doigt son ordinateur, pendant que la jeune femme remettait de l’ordre dans sa longue chevelure rose. Elle refit sa queue de cheval qui ressemblait plus à un balai à frange.
    
     – Tout fonctionne ! Le vaisseau est prêt pour la course !
    
     Rebecca lui fit signe de se calmer, un sourire au coin des lèvres.
    
     – Tu n’oublies rien ?
    
     Nyx écarquilla les yeux, puis leva les yeux en l’air. Se grattant le menton, il réfléchit à ce qu’il avait pu omettre de monter.
     – Je ne crois pas…
    
     Elle soupira et lui mit une tape sur la tête.
    
     – Et le générateur de bouclier Hérion IV ? Tu vas te balader dans l’espace sans ça ? Tu veux que la course dure cinq minutes ?
    
     Nyx claque des doigts et frappa du poing dans sa paume.
    
     – Bon sang, tu as raison ! Aller viens, on y va !
    
     Il lui prit la main et la tira vers lui, impatient d’obtenir le dernier outil pour son Armatus.
    
     – Hé, mais tu ne te changes pas avant de sortir ?
     – Pas le temps, amène-toi !
    
     Il ne voulait pas perdre un instant. Il était très à l’aise dans son large short bleu et ses bottes de Nérarium. Sachant qu’il faisait toujours chaud dans les rues d’Espoir, sa simple veste assortie à la couleur de ses cheveux lui suffisait largement.
    
     Ils traversèrent le petit hangar de Rebecca. Assez grand pour contenir son vaisseau, il y avait des ateliers remplis d’outils, d’ordinateurs, et de machines en tout genre. Tout ce qu’il fallait pour entreprendre leur construction. Avec son père qui gérait une entreprise de mécanique, il était très facile de récupérer ce dont ils avaient besoin. Néanmoins, impossible de se procurer un bouclier et ils devaient l’acheter. Pour la remercier, Nyx s’était promis de leur offrir à eux aussi une place dans la navette pour partir sur Novus, mais il savait que cela allait être compliqué d’emmener deux familles. Il s’attendait presque à partir seul avec Rebecca…
    
     Après avoir passé une porte, ils entrèrent dans la maison. Faite entièrement en métal, certains endroits étaient en piteux états. De la rouille apparaissait dans la salle de bain et dans la cuisine, des plaques se décollaient du sol à cause des fixations qui cassaient… Rien de tel que cette vision pour renforcer la détermination de Nyx qui lui semblait sans faille. Bientôt, tout allait changer, il en était sûr !
    
     Ils passèrent l’entrée de l’habitation et se retrouvèrent à l’extérieur. Le jeune homme s’arrêta sur le trottoir et scruta les environs. Toutes les habitations, collées les unes aux autres, étaient d’une telle laideur… Il s’agissait en fait de grands cubes posés les uns à côté des autres, avec quelques fenêtres afin de laisser passer la lumière.
    
     Construite très rapidement pour sauver le plus d’êtres humains possible, Espoir possédait plusieurs propulseurs afin de voler dans les cieux. Elle permettait à la population d’éviter le poison envahissant toute la planète : l’Aura.
    
     Nyx y pensait souvent. Il se demandait comment les générations d’avant avaient pu être aussi idiotes ? L’Aura était l’énergie vitale de la planète, elle coulait à l’intérieur de celle-ci et, quelquefois, elle faisait surface dans ce que les humains appelaient des puits. Il était possible d’aller à l’intérieur et s’approprier l’Aura. Même si c’était extrêmement dangereux pour la santé, elle offrait des pouvoirs magiques à la personne y restant un certain temps. Mais l’Aura équivalait à du sang, c’est-à-dire que la planète en fabriquait de nouveau lorsque quelqu’un en volait. Sachant qu’à la mort de l’utilisateur de cette magie, l’Aura retournait dans le cœur de la planète.
    
     Ainsi, lors de la plus grande guerre qu’opposaient trois clans, beaucoup de combattants perdirent la vie et le niveau d’Aura monta de façon alarmante. Pris au dépourvu, les humains durent combiner leurs efforts pour fabriquer cette ville afin de vivre loin de ce poison. Finalement, il aura fallu la destruction d’un monde pour que ce peuple se réveille, et Nyx trouvait cela navrant.
    
     Un coup sur la tête le sortit de ses pensées. Il se frotta à l’endroit du choc alors qu’une petite douleur lui arracha une grimace.
    
     – Tu as fini de me frapper à la tête, Rebecca ?!
     – Ah oui, désolée. Déjà que tu n’as pas beaucoup de neurones, si en plus je te tape sur le crâne, il ne va pas rester grand-chose… Bon, on y va ? Ou tu veux encore admirer notre charmante bourgade ?
    
     Il leva les yeux en l’air et ils se mirent en route vers la grande place. Espoir avait une architecture très simple. Une plateforme circulaire au centre accueillait les bâtiments administratifs, les marchés, les hôpitaux et tout ce qu’il fallait pour la population. Ensuite, quatre branches s’élançaient de chaque point cardinal pour donner à la ville une forme de croix. Celles-ci accueillaient des habitations un peu plus chics, ainsi que certains bâtiments militaires et autres hangars, notamment pour les navettes.
    
     Des cliquetis métalliques retentirent au rythme de leur pas. Ils remontèrent toute la rue et arrivèrent dans les zones d’appartements. Il y avait de grandes tours d’une dizaine d’étages et on pouvait y voir toute la détresse de la ville. Sur le trottoir, assis par terre, des enfants aux vêtements sales et déchirés tentaient de s’amuser avec ce qu’ils pouvaient. Des mendiants dormaient à même le sol, espérant voir quelqu’un les sortir de leurs conditions miséreuses. Certains ne bougeaient pas, peut-être morts…
    
     Même si ce n’était pas visible, il existait un endroit bien pire que ce quartier. Cachés dans les profondeurs de la ville, des bazars, des clubs et autres boutiques perverses proposaient des services pour se détendre. Travailler pour eux était très tentant au vu de la vie bien plus luxueuse qu'ils proposaient.
    
     Un brin de tristesse envahit Nyx. Il détourna le regard de ce spectacle affligeant, essayant de se concentrer sur sa mission. Il voulait vraiment sortir de cette misère avec sa famille et sa meilleure amie. Chaque minute passée dans ces taudis renforçait sa détermination.
    
     – Qu’est-ce qu’il y a ?
    
     Nyx fixa sa camarade. Ses yeux marron le dévisageaient avec inquiétude, alors qu’une grimace se dessinait sur son visage joufflu.
    
     – Oh rien… Enfin… Quand je vois l’état de la ville, je me demande si nous finirons par tous partir de cet enfer. Regarde ça…
     – Je sais… Mais tu connais la situation sur Yenesis aussi bien que moi. La planète est en superbe état et Novus s’agrandit petit à petit. Orbis compte même construire une nouvelle ville, ce n’est qu’une affaire de patience.
     – Mh… Le problème reste les délinquants, trafiquants et j’en passe. Comment vont-ils faire pour ne pas les emmener ?
    
     Rebecca détourna le regard. Tout comme elle, il savait très bien comment cela finirait. Ils allaient faire un tri et laisser les autres mourir dans cette ville. Ce n’était pas un avenir joyeux qui les attendait.
    
     Après plusieurs minutes de marche, ils dépassèrent le quartier des appartements pour arriver au grand cercle administratif. Les bâtiments n’avaient rien de plus que les précédents. Ce n’était que de grandes tours de métal trouées de fenêtres, s’étirant vers les cieux. Les deux amis filèrent vers la grande place centrale.
    
     En forme de carré, des restaurants et des marchés s’étendaient tout autour. Sans y faire attention, Nyx et Rebecca empruntèrent l’une des quatre rues qui permettaient de s’enfoncer encore plus loin dans le centre commercial, où régnait un brouhaha constant. Chacune d’entre elles emmenait les consommateurs vers des allées à thèmes, dont la leur proposait des marchandises mécaniques et électroniques.
    
     Il était possible de trouver du neuf comme de l’occasion. Des vendeurs proposaient même des objets recyclés encore en état de marche, ou alors avec quelques réparations à faire. Ils ne ralentirent pas et entrèrent dans leur boutique favorite. Nyx n’était pas vraiment surpris de voir autant de monde en cette période de l’année. Après tout, la course débutait dans deux jours et tous les pilotes et leurs mécaniciens cherchaient les dernières pièces nécessaires à leur Armatus. Les marchands devaient être aux anges !
    
     Rebecca raffolait de cet endroit. Elle trouvait toujours de bonnes affaires. C’était d’ailleurs grâce à elle qu’il avait récupéré des moteurs en état de marche, qu’elle avait améliorés pour qu’ils puissent aller encore plus vite. Un grand sourire aux lèvres, elle bavait devant toutes les nouvelles trouvailles exposées à l’extérieur. Car tel était la pratique commune à chaque magasin : exhiber ses nouveautés sur des tables en métal de fortune installées devant leur devanture.
    
     Le chemin se faisait plus long, la jeune mécanicienne n’arrêtait pas de jeter un œil par-ci un œil par-là, tout en poussant des exclamations.
    
     – Regarde Nyx, c’est formidable !
    
    Elle s’arrêta brusquement devant un gros moteur, les yeux brillants. Nyx, curieux, s’approcha et inspecta l’objet en question.
    
     – C’est bien ça ?
    
     Elle se tourna vers lui, la bouche ouverte en un grand O.
    
     – Tu plaisantes ? C’est un sacré moteur à propulsion ! Ton Armatus pourrait aller encore plus vite avec !
    
     Elle s’adressa au vendeur.
    
     – Combien ?
     – Trente-trois mille Yunnies.
    
     Elle soupira. Évidemment, le prix était bien trop élevé. Nyx écarquilla les yeux, personne ne pouvait sortir une telle somme.
    
     – Bon laisse tomber, viens on avance.
    
     Elle fit la moue avant de s’éloigner de l’étalage. Comme d’habitude, elle n’aimait pas ne pas pouvoir acquérir ce qui lui mettait l’eau à la bouche.
    
     – Tu n’avais pas quelque chose à échanger ? tenta Nyx.
     – Si, ton vaisseau.
    
     Il fronça les sourcils.
    
     – Quoi ?!
    
     Elle se retourna et lui tira la langue.
    
     – Je plaisante ! Allez, amène-toi !
    
     Ils continuèrent de se faufiler à travers la foule en direction de leur boutique. Nyx croisa quelques pilotes qu’il connaissait bien. Depuis tout petit, il suivait chacune de leurs courses avec attention. Il connaissait les points forts et les points faibles de beaucoup d’entre eux, ce qui lui donnerait peut-être un avantage. Mais il ne connaissait pas les siens ! Et il ne savait pas si son Armatus ferait le poids face à ses concurrents. Il serra les poings. Il le fallait ! Il n’avait pas le droit à l’erreur, sinon, il devrait attendre une année de plus pour sortir de cet enfer.
    
     Ils arrivèrent devant le magasin. Ils passèrent la porte en métal et s’engouffrèrent dans un petit hangar avec tout un tas de matériel. Il n’y avait aucune étagère, tout était à même le sol. Néanmoins, c’était impeccablement rangé. Des canons lasers alignés, des moteurs, des propulseurs, des systèmes GPS… Il y avait tout ce qu’on voulait !
    
     Une odeur de brûlé attaqua les narines de Nyx. Cela sentait la soudure… Ils la suivirent jusqu’à un bureau construit dans l’angle de ce hangar, où travaillait un homme. Rebecca, enjouée, courut le rejoindre en sautillant.
    
     – Yo, Viroj !
    
     L’homme se tourna vivement et enleva ses lunettes de protection. La quarantaine, il arborait une barbe taillée sur un visage anguleux et marqué par l’âge. En voyant son amie, il lui fit un large sourire et se leva pour lui faire la bise.
    
     – Ah ! Rebecca ! Tu vas bien ? Demanda-t-il en essuyant ses mains sur son pantalon gris.
     – Yep, et toi ?
     – Oui, comme toujours !
     – Tu bosses sur quoi ? demanda-t-elle en tentant de se faufiler derrière lui.
     – Je tente de réparer une carte mère… Je l’ai échangée ce matin !
     – Génial !
    
     Nyx soupira. Il ne savait pas s’il devait les arrêter avant que la discussion ne dure plusieurs heures, comme cela avait été le cas quelques jours avant. Pour ça, il alla saluer Viroj à son tour. Ce dernier lui serra la main.
    
     – Salut mec ! Alors ça roule ? Je suppose que tu viens chercher ton générateur de bouclier ?
    
     Le pilote eut un rictus.
    
     – Apparemment, tu as l’air bien au courant.
    
     Le vendeur lui fit un clin d’œil et lui mit une tape sur l’épaule.
    
     – Hé, je sais tout moi ! Viens avec moi.
    
     Ils le suivirent dans un autre coin du hangar. C’était le seul qui était caché par de grandes bâches noires. Derrière se trouvaient trois tables disposées en forme de U avec du matériel en très bon état. Rebecca siffla d’admiration et voulut passer les doigts sur un canon à ion.
    
     – On ne touche pas ! vitupéra-t-il.
    
     Il leva la main, les sourcils froncés et la mâchoire contractée. Le sourire de Rebecca s’effaça et elle s’éloigna vivement d’un pas. Nyx était déjà prêt à bondir si jamais cet homme osait la frapper. Mais au lieu de cela, il leur montra d’un geste de la main l’objet qu’ils étaient venus chercher.
    
     – Comme promis, voici votre générateur de bouclier Hérion IV. Bon, on en est au modèle VI, mais pour la course je pense que c’est largement suffisant.
    
     Rebecca s’approcha de l’appareil en question. En forme de sphère, il y avait une multitude de câbles et de connectiques qui tombait sur la table. Sa surface rassemblait des centaines d’hexagones. Lorsque la jeune femme appuya sur un petit bouton, l’objet émit un bruit sourd continu avant qu’une lumière bleue en émane.
    
     Nyx croisa les bras. Heureusement que Rebecca était avec lui pour contrôler la marchandise. Elle savait y faire et l’inspectait sous tous ces angles. Viroj souriait bêtement tellement il était content de son œuvre. Après quelques minutes, son amie acquiesça d’un hochement de tête et éteignit le générateur.
    
     – C’est du bon boulot ! On le prend.
     – Ravis d’avoir fait affaire avec toi !
    
     Rebecca lui serra la main, heureuse. Nyx ne comprenait pas pourquoi le vendeur ne lui demandait pas d’argent ou quelque chose en échange. Avait-elle déjà pris les devants ?
    
     – Tu devrais laisser ce tas de ferraille et te barrer d’ici !
    
     Nyx se retourna brusquement. Il connaissait très bien cette voix rauque. Jack, un homme faisant son bon mètre quatre-vingt-dix, bâti comme une armoire à glace avec des cheveux dressés tels des pics sur la tête. Il s’agissait du concurrent le plus dangereux. Il s’approcha d’eux.
    
     – Qu’est-ce que tu viens faire ici ? demanda le jeune pilote.
    
     Son adversaire eut un rictus.
    
     – La même chose que toi, imbécile. Franchement, un type IV ? Ça ne fera pas le poids face à mes canons et mes lance-missiles… Tu devrais laisser tomber ! Je vais te détruire tellement vite que tu n’auras même pas passé le premier obstacle de la course !
    
     Serrant les poings, Nyx hésitait à lui répondre de façon virulente, mais Rebecca, heureusement moins impulsive, lui attrapa le bras pour tenter de le calmer.
    
     – C’est ce qu’on va voir ! s’exclama Nyx. Je ne vais pas me laisser faire ! Je vais remporter la course !
    
     Jack rit à gorge déployée. Il essuya les larmes qui lui montaient aux yeux, alors que le jeune homme rougissait de honte. Sa colère ne faisait qu’augmenter son envie de lui coller son poing dans la figure.
    
     – Franchement, tu ne vas pas faire long feu. Comme tous les gamins qui tentent cette course pour homme. Hé toi, la rosée. Tu as besoin d’un vrai mâle, pas d’une chiffe molle dans son genre.
    
     Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Nyx fit un pas menaçant, mais Rebecca le dépassa plus rapidement. Il écarquilla les yeux, surpris.
    
     – Écoute gros con, gronda-t-elle. Cette course, on va la gagner. Et ce n’est pas toi et ta grande gueule qui allaient y changer quoi que ce soit.
    
     Jack grogna. Les veines de son front ressortirent alors qu’il serrait les dents. Rebecca ne rajouta rien, elle attrapa son générateur et le bras de Nyx avant de s’éloigner à grandes enjambées.
    
    
     Arrivés au hangar, les deux amis travaillèrent en silence pour monter la dernière pièce du puzzle. Après plusieurs heures d’efforts, ils firent la dernière simulation qui fonctionna à merveille. Heureux, ils se tapèrent dans la main et s’enlacèrent, fiers de tout ce qu’ils avaient accompli.
    
     La nuit était tombée rapidement. Ils en avaient oublié de se restaurer pour reprendre des forces. Pour fêter cela, ils allèrent dans un restaurant qu’ils aimaient beaucoup et partagèrent un bon repas.
    
     – Tu es toujours sûr de toi ? avait demandé Rebecca.
    
     Nyx n’en était pas étonné. Très protectrice, elle avait maintes fois tenté de le faire changer d’avis. Elle ne voulait pas le perdre, c’était son meilleur ami.
    
     – Oh que oui ! Une fois que j’aurai gagné, on se tire sur Novus toi, moi et nos familles. Et ne me dis pas que ce n’est pas possible, ça va le faire !
    
     Elle fit un demi-sourire et posa la main sur la sienne.
    
     – Merci.
    
     Mais elle n’y croyait pas. Jamais l’administration ne laisserait deux familles partir. Elle savait, au fond d’elle, qu’il devrait choisir. Au début, elle pensait qu’il emmènerait son père et sa mère, mais une part de Rebecca pensait qu’il la choisirait elle. Si tel était le cas, elle se sentirait mal de prendre la place de ses parents… Elle se pinça les lèvres, chassa toutes ses pensées et profita de cette soirée.
    
     Dans deux jours, la course d’Armatus débuterait !
    

Texte publié par Seiki, 10 octobre 2019 à 12h38
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