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Les Malédictions de l'Homme aux Yeux de Jack
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volume 1, Chapitre 18 « La Valse de l'Homme aux Yeux de Jack » volume 1, Chapitre 18

Que j’oïe ! Est-ce donc de cela que tu veux m’entretenir malheureux garçon ? Toi dont l’âme est lisse, dépourvue du moindre vice. Ah que n’eus-je vécu plus de vies ! Le grand machin là-haut m’en fût témoin ! Je n’ai point jamais eu plus grande admiration que pour ce genre de chose, des petits cœurs, tout ourlé de blancheur et de nacré, nappé de sucre et de stupre.

Vois-tu cette dame, là-bas ? Cette grande dame là-bas qui, de ses bas, file la laine avec laquelle elle tisse ses bonnets. Aime-la ! Chante-la ! Que je visse, au moins une fois, seigneur de par-delà, seigneur de carton-pâte, la métamorphose d’un agneau en loup.

Quoi ? Qu’ai-je dit ? Mais que je me décris ma mie ! Point question de faire de lui un louveteau, encore moins un loup, point de droit, point de foi. Car alors, qui ne de nous deux, sera le plus grand démon qui dans ces rues, hante les nuits de grande dame que l’on nomme Londres. Ce n’est là qu’amusement ! Entre les bras de Mado je le précipite, elle qui ne rêve de me prendre entre ses jupons.

Regardez-le ! Admirez-le ! Le voici qui se précipite, petit oiseau, petit moineau, pauvre petit minot. Dois-je le plaindre ? J’ouïs déjà les cris de ravir ? Les bruits de pas lorsqu’elle se précipite ! Ma dame, accompagnez-moi, je vous pris, que nous jouissions des plaisirs de cette nuit, de l’offrande ce cette âme comme jamais il ne m’a été permis que je visse. La lune est pleine et d’artifice, le ciel est clairet de malice ; le Déméter remonte la Tamise. Allons danser au son de ses accordéons de ces gens de sacs et de cordes, dont l’âme brille comme les étoiles dans la nuit ; il y a si longtemps que nous n’avons valsé ma mie, dame de l’Oubli.

Voyez donc ! les voici qui nous salue. Oh ! au loin ! Ne sont-ce point ses cris que j’entends, ses cris d’oiseau tombé du nid, ses cris de puceau tombé entre les griffes d’une gourgandine, qui l’étouffe de tout son amour.

Ah ! ma dame, s’il vous fallut savoir, alors j’en eusse pris ombrage. Vous ! qui, de votre fatal regard, me crucifiâtes. Je ne puis avoir pour vous plus belle offrande que cette âme si lisse et si innocente.

Valsons ! Valsons, ma mie, ma dame de l’Oubli. Sous la lune, nous voici réunis. Les étoiles m’en soient témoins, ce n’est là que gage d’amour de ma part. Moi ! le Diable, celui que l’on surnomme l’Homme aux Yeux de Jack !


Texte publié par Diogene, 11 mars 2021 à 21h46
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