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Tome 1, Chapitre 22 « 20- Manger ou être mangé » Tome 1, Chapitre 22
Durant la semaine qui suivit, ce fut le branle-bas de combat dans le camp. Les civils assistèrent à des exercices d'évacuation et ils furent briefés sur où se réfugier dans le cas où nous serions attaqués. Cela sembla plus les paniquer que les rassurer. Du côté des forces armées, nous fûmes réquisitionnés par roulement afin d'assister, sous l'égide de Muller lui-même, à une formation censée nous permettre de mieux gérer une agression frontale venue de l'extérieur. Je ne vis que rarement Kimiko et Lucas durant cette période, tout occupés que nous étions tous à nous préparer à une potentielle offensive ennemie. Je sus toutefois que cette dernière avait pris le soin de passer le plus de temps possible en compagnie de Lucas, pour palier à mon absence, ce pourquoi j'avais trouvé le temps de la remercier. Ainsi, sept jours passèrent, jusqu'à celui, fatidique, de la rencontre décidée par le chef de Canjuers. En milieu de matinée, le lieutenant-colonel réunit tout le monde dans la cour principale, qui se retrouva bondée, afin de faire un discours. J'y assistai en compagnie de mes amis et de mon frère, pressé contre moi.
    
    — Comme vous le savez, un autre camp a démontré des intentions hostiles à notre encontre. Aujourd'hui, je vais me rendre à une réunion qui déterminera si oui ou non nous pouvons trouver un compromis avec son dirigeant. (Mariani, aux côtés de son supérieur hiérarchique, comme toujours, se défait de son expression constipée à cet instant pour arborer une moue sceptique. Je partageai son incrédulité.) Dans le cas où ces négociations échoueraient, nous devrons nous préparer à entrer en conflit ouvert avec Canjuers. (Un brouhaha affolé se fit connaître et Muller leva les mains pour tenter d'apaiser les esprits.) Du calme, du calme. Rien n'est encore décidé et même si nous devions nous affronter, soyez assurés qu'ici, entre les murs de ce camp, vous êtes protégés. Vous serez en sécurité, quoi qu'il puisse se produire. A présent, retournez à vos occupations, sans crainte.
    
    La foule se dispersa, bruissante de conversations feutrées où à demi-mots des doutes et des peurs étaient exprimés. Avec mon propre groupe nous primes le chemin d'une plus petite cour, dans laquelle des chaises dépliantes colorées avaient été installées pour nous permettre de nous asseoir, ce que nous fîmes, dans un silence de contemplation profonde. Nous restâmes longtemps sans rien dire ; même Lucas se tut, rattrapé lui aussi par la gravité de la situation. Je me demandais si Muller reviendrait de sa confrontation avec le terrible Alexis. Et, s'il ne le faisait pas, comment nous allions pouvoir nous en sortir sans lui. Je doutais que quoi que ce soit de positif ressorte de cette rencontre imposée. Muller, de son côté, semblait croire le contraire, ou bien il était très doué pour faire semblant. Je m'apprêtai à parler, pour essayer de détendre l'atmosphère étouffante dans laquelle nous étions plongés, lorsqu'une ombre en forme de silhouette vint me cacher le soleil, apparue de derrière-moi. Je me retournai et me retrouvai nez à nez avec le lieutenant-colonel en question, qui me dit, simplement :
     — Lex, je dois vous parler.
    — Oui, lieutenant-colonel ? le questionnai-je, après un instant de silence et il zieuta mes camarades, s'attardant sur mon frère, avant de reprendre la parole.
    — Je voudrais que vous m'accompagniez à la rencontre de cet après-midi.
    — Si elle part, j'y vais aussi ! intervint immédiatement Jordan, en se redressant sur ses interminables jambes, les poings serrés, tant que les veines de ses avant-bras, sous ses tatouages de rosiers, en étaient bombées. Muller lui jeta un regard de côté, sans rien dire, et j’interprétai cela comme de l'approbation. Je me tournai alors vers Lucas, pour lui demander silencieusement la sienne, et, après un instant à nous regarder intensément l'un l'autre, il hocha la tête pour me la donner, une expression solennel sur le visage. Je le trouvai brusquement grandit d'un nombre incalculable d'années. Je le rapprochai de moi et lui embrassai le front, avec gratitude, avant de faire face à Muller pour lui donner ma réponse.
    — C'est d'accord.
    J'ignorais pourquoi il me voulait à ses côtés, mais c'était un grand honneur d'avoir été approchée dans cette optique. Cela voulait dire que mes compétences avaient été remarquées, que mon travail acharné avait payé ; que j'étais considérée utile et capable. 
    — Nous partons dans trois heures, je vous veux tous les deux prêts à partir et aux portes à treize heures. nous ordonna Muller et nous acquiesçâmes, avant de le voir nous tourner le dos et disparaître à l'angle d'un bâtiment. Je passais les deux heures et demies suivantes à câliner Lucas et me gorger de la présence rassurante de mes amis, avant de prendre la route du local où étaient stockées les armes du camp, en faisant un petit détour par ma chambrée, où je m'emparais du pistolet de mon père. Je sentais que j'aurais besoin de ce rappel de tout ce par quoi j'étais passée et tout ce à quoi j'avais survécu, afin de garder la tête froide lors de cette nouvelle mission.
    
    Au final, ça ne ferait pas une grande différence. 
    
    
    A treize heures précises, nous montâmes en voiture. Trois soldats, constituaient avec nous l'escorte de Muller. Mariani était restée au camp, responsable de ce dernier en l'absence de son supérieur. Nous prîmes la même route que la dernière fois pour atteindre Brignoles et l'entrepôt de Provence distribution logistique, que nous atteignîmes finalement aux alentours de quatorze heures trente. Là, nous étions attendus. Deux blindés étaient garés sur le parking du hangar et une poignée d'hommes armés en faisait la garde. Le tension était à son comble lorsque nous descendîmes de voiture pour leur faire face.
    
     — Où est Alexis ? leur demanda Muller, sans plus de cérémonie, et l'un des hommes pencha la tête en direction du bâtiment, pour nous indiquer qu'il nous attendait à l'intérieur. Deux de nos soldats restèrent dehors, pour garder un œil sur nos propres véhicules et nos arrières et nous entrâmes à quatre dans l'entrepôt que je ne connaissais que trop bien. Nous prîmes le même chemin que celui emprunté plus d'une semaine auparavant avec Youssef pour nous rendre au centre de l'édifice. Tout était semblable à la dernière fois, hormis les étalages, tous vides. Des flashs-back de ce qu'il s'était produit à cet endroit m'envahirent immédiatement l'esprit et je dus lutter pour ne pas perdre pied. Paradoxalement, c'est le fait de passer devant la flaque de sang où gisait auparavant mon ami - depuis enterré quelque part dans les environs par les soins de quelques uns de nos hommes - qui me permit de garder la tête froide. Elle était la personnification de ce qu'il m'attendait si par mégarde je ne parvenais pas à me maîtriser. Lorsque nous atteignîmes le point d'orgue du bâtiment, nous fûmes confrontés à une vision surréaliste. Alexis se trouvait bien là, assis sur une chaise pliante d'un rose criard, attablé à une table de camping sur laquelle se trouvait une théière et deux tasses. L'homme leva les yeux en nous entendant arriver et prit une grande lampée de sa boisson chaude avant de s'écrier :
     — Vous voilà ! Bienvenus, bienvenus ! Approchez lieutenant-colonel ! Asseyez-vous avec moi, buvez un coup !
    L'un des sbires du chef de Canjuers se saisit d'une autre chaise, qu'il déplia, avant de la mettre bien perpendiculaire à la table et d'inviter, d'un geste, Muller à s'asseoir. Ce dernier, voyant qu'Alexis n'était pas armé, se défie de son propre fusil, qu'il passa à Jordan avant de s'avancer pour prendre place, nimbé d'un air d'autorité. Alexis se mit immédiatement à lui servir du thé dans la seconde tasse vide, posée devant lui.
     — J'adore le thé, commenta le lieutenant, je trouve que ça détend et on peut le boire en toute saison. Rien de tel qu'un petit thé pour se mettre à l'aise, qu'en pensez-vous ?
    — Que je n'ai pas fait tout ce chemin pour parler de thé, lui répondit sèchement le chef de Carpiagne, dédaignant l'offrande liquide offerte par son interlocuteur.
    — Certes, certes. Entrons dans le vif du sujet dans ce cas. Comme mon cher Louis vous l'a fait remarquer lors de notre précédente rencontre, vous avez quelque chose qui m'appartient, et je souhaite le récupérer.
    — Ces vivres ne vous appartenaient pas à l'origine, alors je ne vois pas comment nous aurions pu vous les voler, contra Muller avec une logique implacable mais Alexis ne fit que sourire ; un sourire naturellement tordu à l'image de son propriétaire.
    — Mon équipe était la première sur place et comme on dit par chez moi, premier arrivé, premier de servit.
    — Votre équipe a fait feu sur la mienne sans provocation et a tué un de mes hommes ! s'agaça le lieutenant-colonel et je tressautai malgré moi, touchée en plein cœur.
    — Oui, je l'avoue. C'était pas très amical de leur part mais soyons sérieux deux minutes, dans le monde d'aujourd'hui, la sympathie est superflue. De plus, ils obéissaient à mes ordres.
    — Et on peut savoir ce qu'ils étaient, ces ordres ?
    — Ne revenir qu'avec la bouffe et tuer tous ceux qui essayeraient s'interposer. lui répondit Alexis, le plus calmement du monde et je vis le poing de Muller se serrer sur ses genoux.
    — Ma seconde leur a fait une offre, il leur aurait suffit de-
    — Partager ? l'interrompit le lieutenant putschiste. Je ne suis pas très bon au partage.
    — Alors nous avons un problème, parce que je n'ai aucune intention de priver les habitants de mon camp des vivres qui sont nécessaire à leur survie pour vous les remettre.
    — Eh bien je ne peux pas dire que je m'attendais à autre chose de votre part, lieutenant-colonel, mais je suis tout de même un peu déçu. Lecomte faisait un portrait vraiment élogieux de vous. Il vous disait si raisonnable.
    — Ne parlez pas de Lecomte comme si vous étiez intimes après ce que vous lui avez fait !
    — Fait ? Je lui ai fait si peu, en vérité, une balle dans la tête et c'était réglé.
    Muller perdit son calme et envoya valdinguer tout ce que contenait la table au travers de la pièce, avant de se saisir de son pistolet, qu'il pointa résolument sur Alexis. Ce dernier ne réagit pas à ce déchaînement de violence, et encore moins à la menace tangible que représentait mon supérieur. Ses hommes, en revanche, la prirent au sérieux. Ils pointaient à présent leurs armes sur Muller et automatiquement, avec Jordan et le soldat qui nous accompagnait, nous fîmes de même sur eux.
    
    Le temps sembla se figer.
    
    — Tss, tss... Vous avez si peu de maîtrise de vous-même lieutenant-colonel. Une telle honte. le railla le chef de Canjuers, l'image même de la décontraction.
    — Si c'est la guerre que tu veux, tu vas l'avoir. le menaça Muller, passant au tutoiement tant il avait perdu le contrôle de lui-même, poussé à bout.
    — Oh mais j'y compte bien. Quel dommage que vous ne soyez pas là pour voir les murs de votre camp s'effondrer... hélas, on ne peut pas tout avoir.
    — Qu'est-ce que-
    — Tuez-les, le coupa Alexis à l'intention de ses hommes avant qu'une balle n'atteigne Muller à la cuisse, tirée depuis le dessous de la table de camping. En une fraction de seconde, alors que mon supérieur s'effondrait, je réalisai que notre ennemi avait probablement pointé une arme sur le lieutenant-colonel durant toute la durée de la rencontre et simplement attendu le moment propice pour faire feu. Mais je n'eus pas le temps d'y réfléchir plus longuement. Déjà, un déluge de balles fondait sur moi et avec mes camarades nous courûmes nous mettre à l'abri, derrière les étals massifs, en tirant à notre tour. De là où j'étais dissimulée, je pouvais apercevoir Muller qui tentait de stopper le flux d'hémoglobine impressionnant qui s'échappait de son membre blessé, tout en essayant de lever son arme pour faire feu à son tour, en direction d'Alexis. Celui-ci s'avança calmement vers le lieutenant-colonel et lui arracha son fusil, avant de s'emparer de son arme de poing, lui donnant un violent coup de pied en plein plexus au passage, qui laissa Muller sans souffle.
    — Je vais vous faire la même faveur qu'à Lecomte et vous achever, plutôt que de vous laisser vous vider de votre sang comme un cochon à l'abattoir, qu'en pensez-vous lieutenant-colonel ? questionna Alexis avec une rhétorique badine, avant de pointer la propre arme de Muller contre lui. Mais il n'eut pas l'occasion de faire feu car des hurlements inhumains, en grand nombre, nous parvinrent. Ils semblaient venir d'assez loin pour que la menace que représentaient les infectés ne soit pas immédiate, mais imminente néanmoins. Hein, s'étonna le chef de Canjuers, finalement, j'ai changé d'avis. Je vais plutôt laisser les mordeurs s'occuper de vous. Allez les gars, on se barre !
    Alors qu'il prenait sa retraite, couvert par ses hommes qui tiraient toujours, j'essayai d'entre-apercevoir une opportunité de l'atteindre, sans succès. Le déluge de balles était trop important pour que j'envisage de sortir de ma cachette. Putain. Lorsqu'ils disparurent de notre champ de vision et que les tirs cessèrent, je courrai auprès de Muller auprès duquel je m'agenouillai, couverte par mes camarades.
    
    — Ce connard m'a bien eut, tonna ce dernier, m'étonnant par son inhabituelle vulgarité. Il a touché l'artère fémorale.
    Bien que m'y connaissant peu en anatomie, je compris que le lieutenant-colonel n'avait que peu de chance de s'en sortir. Malgré tout, je drapai l'un de ses bras autour de moi, pour l'aider à se relever, ce qu'il fit avec toutes les difficultés du monde. Une nouvelle gerbe de sang épais s'écoula sur le sol, glissant, pour rejoindre la flaque vermeille qui ne cessait de s'étendre.
    — On va vous sortir de là lieutenant-colonel. lui promis-je avant de commencer à avancer, droit devant, toujours couverte par mes comparses. Nous progressâmes avec prudence, mais rapidité, car les infectés se rapprochaient de plus en plus de notre position. Quand nous fûmes dehors, nous découvrîmes que nos ennemis étaient partis depuis longtemps, laissant derrière eux les cadavres des deux militaires que nous avions laissé à l'extérieur. Je déglutis, mais ne m'attardais pas sur leur vue. Je m'avançais, difficilement avec le poids de Muller sur moi, vers le premier véhicule à ma portée, avant de constater quelque chose. Les hommes d'Alexis avaient crevé nos pneus.
    — Bordel de merde ! m'exclamai-je, faisant fit de maîtriser ma voix.
    — Putain, confirma Jordan en avisant le problème et je continuai d'avancer, jusqu'à pouvoir poser Muller à terre, dos contre la carlingue du blindé. Nous allions devoir affronter les infectés, frontalement, nous n'avions pas d'autre choix.
    
    Quelle journée de merde.
    
    Ces derniers apparurent soudainement, au terme de deux minutes d'attente qui effilochèrent nos nerfs. Ils venaient de directions opposées et nous nous mîmes à tirer dans le tas, visant de notre mieux les têtes. Les corps s'accumulaient mais les créatures approchaient toujours. Soudain, Muller quelque part derrière moi poussa un cri et je me retournai pour le voir, couché contre terre, un infecté allongé sur lui, essayant de lui arracher le visage avec ses dents. Je m'emparai du pistolet de mon père et courrai dans sa direction avant d'exploser la boîte crânienne de la bête, qui s'écroula sur Muller, en difficulté pour respirer. Je poussai l'infecté hors de lui et l'aidait à se redresser avant de me détourner pour recommencer à tirer, toujours avec mon arme de poing, sur trois créatures qui surgirent de nulle part et se dirigeaient vers nous. Je parvins à toutes les avoir et j'entendis le feu nourrit cesser à ma droite. Je portai mon regard sur mes camarades, pour voir qu'ils avaient achevé toutes les créatures. Nous restâmes sur nos gardes, en pleine expectative dans le cas où d'autres infectés apparaîtraient mais il n'en fut rien. Je poussai un soupir de soulagement avant de ranger mon pistolet le long de ma cuisse. Puis, je m'approchai à nouveau du lieutenant-colonel, pour l'aider à se relever mais il refusa obstinément de se redresser.
    — Laissez-moi ici, me conjura-t-il, c'est trop tard pour moi.
    — Il en est hors de question ! Allez, relevez-vous !
    — Vous ne comprenez pas, Lex. C'est trop tard. m'assura-t-il, avant de lever sa main gauche pour dévoiler à mon regard une trace nette de morsure et je haletai. Un homme infecté ne revient pas au camp, conclut-il et je sentis comme une chape de plomb me tomber dessus.
    — Mais... nous avons besoin de vous. le conjurai-je, comme si ça pouvait effacer l'ineffaçable et Muller m'offrit un sourire douloureux, le premier que je l'avais jamais vu arborer.
    — Non Lex. Vous tout particulièrement, de ce que j'ai pu observer. Et pour le reste, Mariani saura s'en occuper.
    — On ne peut pas vous laisser ici vous vider de votre sang ! m'exclamai-je, horrifiée à cette idée et Jordan s'approcha de derrière moi, avant de s'accroupir devant Muller et de lui saisir sa main infectée, dans laquelle il glissa son pistolet. Le lieutenant-colonel hocha la tête en reconnaissance, en direction de mon ami, avant de porter à nouveau son regard sur moi.
    — C'est pour le mieux, Lex. Maintenant partez. Ne perdez pas de temps pour rentrer au camp, Mariani doit être tenue au courant de ce qu'il s'est passé ici. Et vous devez vous préparer à l'attaque de Canjuers, je sens qu'elle est imminente.
    Jordan se redressa, avant de m'empoigner par le biceps. Je croisai son regard vert d'eau, décidé, et m'avouai vaincue. Alors je fis un pas en arrière, puis un second, avant de tourner le dos à Muller et de commencer à marcher. Je n'avais pas fait dix mètres toutefois que celui-ci m'interpella une dernière fois.
    — N'ayez aucun regret Lex, vous avez fait de vôtre mieux.
    
    J'acquiesçai, même si, en mon fort intérieur je souhaitai en avoir fait plus, puis je me détournai et recommençai à avancer.
    

Texte publié par Alie, 27 octobre 2019 à 12h40
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