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Tome 1, Chapitre 17 « 15- Promettre » Tome 1, Chapitre 17
Six semaines passèrent en un clin d’œil. Plusieurs des volontaires de la première heure avaient fini par se désister, vaincus par le régime d'entrainement de plus en plus éprouvant et nous n'étions plus que quinze. J'étais au delà de fière d'être parvenue jusque-là, même s'il avait fallut en passer par de la sueur, des ampoules, des courbatures, une foulure, du sang et des larmes. Beaucoup de larmes. Plusieurs fois, j'avais failli abandonner. Mais Jordan m'avait toujours relevée lorsque j'étais incapable de le faire par moi-même, et la volonté de garder Lucas en sécurité m'avait permis de garder le cap. A présent, je pouvais dire sans me vanter que j'avais acquis les compétences nécessaires à ma survie, bien qu'elles fussent toujours perfectibles. Je n'étais pas encore totalement satisfaite de ma performance au tir au fusil et je n'étais pas encore parvenue à vaincre mon soldat d'adversaire au combat au corps à corps. Mais pour tout le reste, qu'il s'agisse des exercices de renforcement musculaire ou de ceux purement militaires, comme le franchissement de palissades ou la course face contre terre sous des barbelés, je m'en sortais à merveille. Déjà, là où auparavant j'étais molle je devenais ferme, et là où jadis j'étais douce la rugosité s'installait ; signe de mon endurcissement tant souhaité. J'avais perdu du poids - celui que j'avais toujours jugé avoir en trop - et du muscle commençait à le remplacer progressivement. Je m'affûtais. Peu à peu, je devenais une meilleure version de moi-même ; une qui était loin d'être sans défense. Lorsque le sommeil - de plomb, ces jours-ci - ne m'emportait pas immédiatement, je m'interrogeais sur ce qu'en auraient pensé mes parents. Seraient-ils fiers de mon évolution ? Ou au contraire, regretteraient-ils que je doive en arriver à de telles extrémités simplement pour avoir l'assurance de rester en vie le plus longtemps possible ? Je ne le saurais jamais, alors j'évacuais vite ce genre de réflexion.
    
        Ce matin là, un lundi, Bernard nous ordonna de nous réunir après notre échauffement quotidien. Là, il nous informa que nous étions prêts pour nous affronter les uns les autres, et que ce serait à cet exercice que serait consacrée la matinée. Il nous divisa en groupes de deux, puis par roulements des affrontements se succédèrent. Une certaine fièvre commença à nous habiter alors que nous assistions aux premiers combats et nous nous retrouvâmes bientôt à nous siffler et nous encourager ; Bernard ne nous repris pas. Quand ce fut mon tour, je me retrouvais face à un trentenaire, du nom de Eric, il me semblait bien. En terme de taille et de masse musculaire il me dépassait, et de loin. En conséquence, je devais me montrer plus maligne et rapide que lui pour espérer le vaincre. Dès que notre instructeur nous donna le feu vert, nous commençâmes à nous tourner autour et à nous feindre l'un l'autre. Puis, en un instant, le vrai duel débuta.
    
        J'évitai un crochet du droit, avant de tenter un uppercut qui fut intercepté. Mon adversaire envoya son poing en direction de mon estomac, et je pivotai de justesse sur mes pieds pour éviter l'attaque, adressant en retour une balayette de la jambe gauche qui fut également parée. D'un coup, Eric se projeta vers moi et m’agrippa les épaules ; je ne pus rien faire pour me dégager, malgré tous mes efforts. Je me retrouvai couchée en travers sur le sol et me retournai sur le dos en un instant. Immédiatement, sans réfléchir, je projetai mon pied contre la rotule de mon adversaire, le déséquilibrant. Puis, je crochetai sa jambe mal assurée, l’entraînant au sol avec moi. Il atterrit lourdement à mes côtés et j'entendis Jordan s'égosiller pour m'encourager. Sans laisser le temps à Eric de reprendre ses esprits, je me redressai d'un bond et me jetai sur lui. Il me fit rouler sous lui dans un mouvement pratiqué mais je ne me laissai pas démonter. J'enroulai mes deux jambes autour de sa tête et serrai aussi fort que je le pouvais, obstruant sa respiration et sa visibilité. Il me souleva de la terre pour m'abattre contre cette dernière, à de multiples reprises, mais je refusai de lâcher prise, que la douleur aille au diable. La situation semblait inextricable avant que, soudain, mon adversaire n'abatte son poing contre le sol en signe de reddition et seulement alors, je lâchai prise. Jordan cria son ravissement et je restai couchée dans la poussière, la respiration hiératique mais le sourire immense. Ce fut Eric, fair-play, qui m'aida à me relever et il en profita pour me féliciter pour ma victoire. Je le remerciai et nous laissâmes la place à un autre duo de combattants.
    
        La matinée s'écoula à une vitesse éclair après ça, et j'affrontai encore deux adversaires (un homme, une défaite, et une femme, une victoire) avant que Bernard ne déclare la fin de l'entrainement. Avant de nous laisser partir pour nous restaurer toutefois, il nous réuni à nouveau. Là, il nous informa qu'il nous jugeait prêts à rejoindre les soldats dans la surveillance du camp et nous laissâmes éclater notre joie à cette annonce. Enfin, il nous divisa en escouades de trois - malheureusement, Jordan et moi étions séparés - et nous indiqua que nous serions bientôt intégrés à une équipe pour commencer notre service actif. Enfin, il nous libéra, nous accordant pour la première fois un minuscule - mais sincère - sourire fier.
    
        Cette nouvelle semaine commençait à merveille.
    
        Durant les jours qui suivirent, j'appris à connaître les membres de ma toute nouvelle escouade. Jenna «c'est Jen je t'ai dit !» Riva était la fille unique d'un conseiller politique italo-catalan stationné à l'ambassade d'Espagne, en France et d'une aristocrate du Pays de Galles. Un vrai produit de l'Europe. Placée dès son plus jeune âge dans un internat pour filles multilingues dans son pays d'origine, jusqu'à ses treize ans, date à laquelle son politicien archi-friqué de papa l'en avait extraite, pour rapatrier toute la petite famille au pays des droits de l'homme, suite à sa nouvelle affectation. Le genre de gosse de riche prout-prout ma chère sur laquelle personne n'aurait parié, question survie, lors d'une catastrophe telle que le Jugement Dernier. Mais là encore, personne n'aurait parié sur moi non plus. Et de toute façon, quiconque ait jamais vu Jen de cette manière n'avait vraisemblablement aucune idée de ce dont elle était capable. Et capable, elle l'était. L'entraînement l'avait suffisamment prouvé.
    
        Fabrice «par pitié appelle-moi Fab !» Colas était quant à lui un Français pure souche, aux origines Grecques - assez troubles, selon lui - issu de la classe moyenne et avant ça de la classe ouvrière. Un parcours classique, un poil chiant, comme le mien. Tout du moins jusqu'à-ce qu'il tape dans l’œil de la belle et fougueuse Jen, à la fac de droit d'Aix, qu'elle avait choisie pour s'éloigner de ses parents autoritaires - et les faire chier - et où lui s'était rendu par dépit, faute de pouvoir vivre à Paris. Fab, c'était le genre de gars qui après l'obtention du BAC s'était cherché pendant deux ans, bossant ici et là, avant de s'inscrire en droit sur un coup de tête. Du moins c'était ce qu'il affirmait. Jen avait un tout autre avis sur la question. Selon elle, il était brillant, fait pour le barreau. Je la croyais, même si, en l'état actuel des choses, on ne le verrait jamais le passer.
    
        Je me retrouvai donc avec un couple, en parfaite symbiose, et je dû trouver ma place parmi eux. Ce ne fut pas si difficile qu'on aurait pu le croire, car Jen et Fab étaient particulièrement accueillants - trop, peut-être, pour des gens qui avaient survécus à des horreurs que j'imaginai sans peine semblables aux miennes, bien qu'ils les aient tues. De leur côté, mes nouveaux camarades s'étaient parfaitement intégrés à notre petite famille recomposée et il n'était pas rare, ces jours-ci, de surprendre Jordan en pleine conversation avec Fabrice ou Jenna essayer d'enseigner les rudiments de la langue française à Kimiko.
    
        Comme convenu, Bernard nous avait attribué des brigades - je m'étais d'ailleurs retrouvée avec Youssef - et nous avions débuté nos premières missions de surveillance. Chaque jour notre emploi du temps changeait et je me retrouvai à faire des rondes, vêtue d'un treillis et armée d'un fusil d'assaut HK416, de l'aube jusqu'à treize heures, de treize heures jusqu'à vingt-heures ou encore, plus rarement, de vingt heures à l'aube. En plus de cela, notre instructeur poursuivait notre entrainement, par escouade et selon nos disponibilités. J'avais des journées bien chargées, bien qu'un peu mornes, je devais bien le reconnaître. Il n'y avait rien de bien excitant à faire des tours de garde, faire la police dans le camp, ni à assurer l'entretien des armes. Mais cette routine me convenait. Bien que je ne fasse rien qui sorte de l'ordinaire, à ma façon, j'étais utile et c'était tout ce qui m'importait.
    
        Pourtant, un beau jour, ce statut quo fut brisé.
    
        A la fin de notre service, un soir de juillet, Jen Fab et moi, avec le reste de notre team composée de cinq soldats, furent convoqués dans le bureau de Muller. Là, nous y retrouvèrent ce dernier, comme de coutume secondé de Mariani, qui semblait particulièrement tendue et, plus étonnant, Bernard se trouvait là, lui aussi. Sans attendre, dès que la porte fut refermée derrière nous, le lieutenant-colonel prit la parole.
         — Je vais ai convoqué ici pour vous affecter à une nouvelle mission, hors du camp. Le lieutenant Bernard, ici présent, m'assure que vous êtes l'une des meilleures brigades disponibles pour le travail et je fais confiance à son jugement.
         — Je me dois de faire savoir que je m'oppose à votre décision, lieutenant-colonel. intervint Mariani, l'air outragée. Les civils ne sont pas suffisamment aguerris pour qu'on leur permette de quitter le camp, surtout pour une mission aussi périlleuse. Surtout ceux-ci, l'une d'entre eux est une adolescente ! C'est encore une enfant !
        Je me renfrognai, irritée au delà de l'imaginable par cette conviction erronée de mon incompétence - ou, peut-être, de mon inadéquation. En conséquence, j'osai exprimer mon mécontentement.
         — Permission de parler, lieutenant-colonel ?
         — Accordée, m'autorisa-t-il, intrigué.
         — Je suis désolée de devoir vous contredire, capitaine, mais il n'existe plus aucun enfant dans ce monde, la pandémie et les infectés s'en sont chargés. parlai-je avec conviction et la voix mesurée. Le lieutenant Bernard me juge suffisamment compétente pour mener à bien la mission qui m'a été attribuée, et de mon côté je pense également en être capable. Je ne suis peut-être pas encore une adulte sur le papier, mais je crois être suffisamment mature pour que cela n'influence pas la décision du lieutenant-colonel de faire appel à mes services, que ce soit pour une mission en extérieur, ou au sein du camp.
         — Mais... !
         — Ça suffit, capitaine. Vous l'avez entendue et je lui donne raison. A présent, contenez vos élans réprobateurs.
        Mariani s'exécuta, visiblement de mauvaise grâce, et Muller poursuivit :
         — Comme vous l'avez peut-être remarqué, des scientifiques sont à pied d'oeuvre ici même, au sein du camp de Carpiagne, afin de trouver un vaccin pour lutter contre la maladie qui nous touche depuis quelques mois. (Je songeai que je les avais remarqué, cette poignée d'hommes et de femmes - celle qui m'avait fait mon check up à mon arrivée au camp comprise - vêtus de blouses blanches disparaître régulièrement dans un bâtiment auquel personne d'autre n'avait accès. Mais j'avais toujours supposé qu'il s'agissait d'une zone restreinte, dédié à la médecine, voilà tout.) Il m'a été rapporté récemment qu'ils avaient besoin d'un cobaye, transformé par le virus, afin de pouvoir avancer dans leurs travaux. En conséquence, j'ai décidé de vous envoyer à la chasse afin de leur ramener un sujet d'étude. Comme l'a souligné le capitaine Mariani, cette mission sera périlleuse alors je comprendrais si l'un d'entre vous refusait d'y participer.
        Avec mes camarades, nous nous regardèrent l'espace d'un instant. Lorsque qu'aucun de nous n'émit de protestation, le lieutenant-colonel reprit, avec un hochement de tête approbateur.
         — Bien, dans ce cas, vous partez demain à l'aube. Je vous souhaite bonne chance. Rompez.
    
        D'un même élan, nous quittèrent le bureau de Muller, songeurs.
    
        — Je n'aime pas ça. se répéta pour la troisième fois Jordan, les dents serrées. Cette mission est beaucoup trop dangereuse, même pour une bridage de huit.
         — On prendra toutes les précautions et tu me connais, je ne ferai pas folie. lui rétorquai-je, essayant de le rassurer même si je voyais bien que ça n'avait aucune incidence sur l'inquiétude de mon comparse.
         — Muller aurait dû envoyer deux équipes, au moins. insista le blond à la longue chevelure, nouée en arrière à la base de son crâne par un élastique qu'il avait trouvé je ne savais où.
         — Je suppose qu'il ne veut pas vider le camp de ses défenseurs, nous sommes déjà peu... justifiai-je, à cours de mots pour le rassurer.
       — Je vois pas l'importance capitale qu'à la surveillance d'un camp qui n'a aucun ennemi ! J'ai même pas vu un seul infecté traîner près du mur d'enceinte depuis qu'on est là.
         — T'inquiète pas Jordy, intervint Fab avec le sourire du chat de cheshire sur les lèvres, on va veiller sur ta princesse.
        En réponse, Jordan envoya un regard noir à son compère masculin, renfrogné. Je compris aisément pourquoi ; après tout, entre nous, ce n'était pas comme ça. Ça ne l'avait jamais été, et ne le serait jamais. Mais je devais bien reconnaître que mon compagnon de voyage avait tout du chevalier servant, cependant.
         — De toute façon, c'est décidé. m'exprimai-je, avec finalité, pour couper court aux ruminations de Jordan et mettre un terme, préventivement, à une potentielle dispute.
         — Lex a raison, s'exprima pour la première fois Jen depuis le début de la conversation, après avoir discipliné son petit-copain d'un coup réprobateur à l'épaule. La décision est prise et on reviendra pas en arrière. Maintenant, l'important c'est de faire de notre mieux avec les cartes qui nous ont été données.
    
        Je hochai la tête avec approbation, avant de prendre une gorgée du verre d'eau posé devant moi. Nous étions au self, notre lieu de rendez-vous quotidien. Il n'y avait que peu de monde autour de nous, comme le premier service du soir était encore loin, et Lucas était absent, occupé à faire je ne savais quoi avec les autres jeunes sous la surveillance de quelques femmes, civiles, qui s'étaient proposées pour occuper leurs journées. Kimiko, assise près de moi, se caressait pensivement le ventre, de plus en plus rond à mesure que les semaines passaient - une nouvelle habitude chez elle. Je ne savais pas ce qu'elle comprenait de nos conversations, mais elle mettait toujours un point d'honneur à être là, avec nous, lorsque nous nous réunissions. Pour prévenir toute reprise de notre conversation précédente, je me tournai d'ailleurs vers cette dernière, la sortant de sa psyché, pour la questionner sur son rendez-vous du jour avec la doctoresse - et chercheuse, l'avais-je découvert plus tôt - qui s'occupait de suivre la progression de sa grossesse. Kimi m'assura que tout allait bien, dans un anglais qu'elle maîtrisait de mieux en mieux, à force de pratique. J'appris par ailleurs qu'elle ne voulait pas connaître le sexe de l'enfant, et que c'était une question de tradition familiale. Je respectais ça bien que, dans la même situation, je savais que ma curiosité m'aurait empêché de faire de même.
        Le reste de la soirée se déroula dans une ambiance chaleureuse et nous ne reparlâmes plus de la mission du lendemain. Lorsque Lucas nous rejoignit, se fut pour nous faire un rapport extrêmement détaillé de sa journée - comme tous les soirs - et nous l'écoutâmes avec attention. Puis, vint l'heure de nous séparer, ce que nous fîmes à regret. Lorsqu'il fut temps de border Lucas, j'hésitai à lui parler de mon départ. Puis, je décidai qu'il serait cruel de ma part de le laisser dans l'ignorance s'il devait m'arriver quelque chose. Alors, je le lui dis.
        — Personne d'autre ne peut y aller ? me questionna-t-il immédiatement après que j'eus fini de parler, les traits tirés par l'angoisse de me perdre et je lui pris une main, que je serrai pour le rassurer.
         — Si, sans doute. Mais c'est à moi qu'on a donné cette mission, alors je dois le faire, tu comprends ?
         — Mais si... Si...
        Comprenant ce qu'il cherchait à me dire, je l'attirai contre moi pour le serrer contre ma poitrine.
         — Je ne peux pas te promettre qu'il ne m'arrivera rien, parce que ce serait un mensonge Lucas, et je refuse de te mentir. Mais je suis assez forte pour affronter ça, tu me crois, n'est-ce pas ?
         — Je sais que tu es forte, t'es même la plus forte ! me complimenta-t-il, la voix étouffée contre mon t-shirt, avant de se dégager de notre étreinte. Mais je m'inquiète quand même, poursuivit-il et je lui ébouriffai les cheveux, un sourire sur les lèvres.
         — Crois en moi, p'tit frère. Je vais revenir. Je reviens toujours vers toi, pas vrai ?
    
        Il acquiesça, légèrement rassuré, et se rapprocha à nouveau de moi pour que je l'enlace. Nous restâmes ainsi entremêlé un long moment, buvant la présence de l'autre. Finalement, lorsque Lucas bailla à s'en décrocher la mâchoire, je le mis au lit avant de faire de même. Allongée sur ma couchette je me questionnai cependant, pour la première fois depuis que Muller avait choisi ma brigade pour la mission qui nous avait été attribuée.
    
        Est-ce que je reviendrais vraiment ?

Texte publié par Alie, 22 octobre 2019 à 17h30
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