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Tome 1, Chapitre 14 « 12- Mourir pour mieux renaître » Tome 1, Chapitre 14
5 jours auparavant
    
    
    J'avais fini par passer la nuit dans la pièce de stockage de la station essence, durant laquelle j'expérimentai un sommeil entrecoupé et agité, en proie à de nombreux cauchemars qui n'en étaient pas, mais bien des souvenirs. Et, surtout, maintenue éveillée par les hurlements lointains d'infectés. Au matin, lorsque je fus certaine que le soleil était bien installé dans le ciel, je repris la route. Je marchais pendant des heures, quittant Rognac pour rejoindre les abords que Vitrolles, que je m'étais décidé à contourner par le nord.
    
    Ce fut au détour d'une rue, la Promenade des Oliviers, qu'elle déboula de nulle part devant moi, une trentenaire, asiatique et terrifiée. Le temps lui-même sembla se figer et nous demeurâmes, pétrifiées, à nous observer en chien de faïence. Nous nous jaugeâmes, longuement, dans l'attente que l'autre fasse un mouvement, mais ni l'une ni l'autre ne semblions pressées de désamorcer la situation.
    
    Je laissai mon regard la balayer de bas en haut et de haut en bas à la recherche d'un je-ne-sais-quoi qui aurait pu me renseigner sur le genre de personne qu'elle était. Afin de déterminer si elle représentait un danger pour moi. A la recherche du moindre signe d'hostilité. Alors, je m'attardai sur les moindres détails de son apparence échevelée. Comme le tremblement que je pouvais distinguer de ses fines jambes, étirées sur un pantalon autrefois blanc ; au même titre que ses mains. Comme l'écarquillement immenses de ses yeux fiévreux, paniqués ou encore la précarité de sa posture - celle d'une femme désespérée. Et, comprenant qu'elle ne représentait pas une menace, à quel point elle me ressemblait, j'ouvris la bouche pour l'interpeller lorsqu'un hurlement inhumain se fit soudain entendre, proche - beaucoup trop proche. Je réalisai que c'était ce que la femme fuyait, qu'elle avait probablement réveillé un, voire plusieurs infectés sans le vouloir. Sans réfléchir, je m'élançai vers elle. Elle eut un mouvement de recul instinctif, pensant sans doute que ma charge était antagonique, mais n'eut pas le temps de réagir plus avant car déjà, je lui avais empoigné le bras et l'entraînais dans ma fuite. Je n'avais pu sauver aucun de mes deux parents mais je pouvais essayer de la sauver, elle.
    
    Nous pouvions mutuellement nous sauver.
    
    
    Aujourd'hui
    
    
    Après m'être remise de mon effarement, je pris Kimiko dans mes bras pour lui signifier mon appui, même si je ne savais pas vraiment si c'était la bonne réaction à avoir. Devais-je être heureuse pour elle ? Soucieuse ? Chagrinée ? Mettre au monde un enfant dans l'enfer qu'était devenu nos vies me paraissait inconcevable, mais c'était également une lueur d'espoir, la promesse d'un avenir. Seulement, une question demeurait, et je soupçonnai Kimi de se la poser également : allions-nous vraiment pouvoir offrir à ce petit être ledit avenir ? Il était déjà difficile d'en envisager un pour nous, alors pour un bébé...
    
    Je relâchais l'asiatique après quelques instant d'étreinte, qu'elle ne m'avait rendu qu'avec un temps de retard - toujours sous le choc - avant de la laisser entre les mains capables de Jordan. On m'attendait, et j'avais déjà suffisamment traîné. Je ne voulais pas faire une mauvaise impression à nos hôtes de peur qu'ils ne nous renvoient d'où nous venions - bien que cela semblât peu probable. J'entrai dans le bâtiment blanc et suivis les indications peintes sur les portes à ma droite et ma gauche, jusqu'à tomber sur une pièce ouverte, sur l'ouverture de laquelle était marqué "auscultations". Je toquai contre elle, pour attirer l'attention de la femme en blouse blanche qui écrivait, assise à son bureau.
    
    — Oh, bonjour. Vous devez être Lex. Entrez je vous en prie, je m'occupe de vous dans un instant. m'assura-t-elle aimablement en m'apercevant, tout en repositionnant ses lunettes, avant de vite terminer ce sur quoi elle travaillait pour venir à ma rencontre. Elle me tendit une main, que je serrai, puis elle m'invita à m'asseoir sur le siège d’auscultation. Là, elle prit ma tension - trop basse - et vérifia l'état de mes yeux, mes oreilles et ma gorge. Elle me demanda ensuite de m'allonger, avant de me palper le ventre, les seins et le cou. Puis, elle me fit une prise de sang et je m'interrogeai sur la raison, puisse qu'à ma connaissance, il n'existait plus aucun labo en état de fonctionnement auquel elle aurait pu demander une analyse. Je théorisai qu'il devait y en avoir un privatif quelque part dans le camp. Enfin, elle m’enjoignit à me déshabiller, jusqu'à ce que sois en sous-vêtements élimés.
    — Je dois m'assurer que vous ne présentez aucune trace de morsure, se justifia-t-elle pour cette demande et je m'exécutai. Lorsqu'elle eut vu tout ce qu'elle souhaitait voir, elle m'autorisa à me rhabiller et seulement là, je pris la parole.
    — Mon amie, Kimiko, elle est vraiment enceinte ?
    — En effet. Sa palpation abdominale m'a fait suspecter quelque chose, et l’échographie l'a confirmé. Elle en est à presque huit semaines selon mes estimations. Mais je ne suis pas gynécologue.
    — Mais, ça ne devrait pas déjà se voir ?
    — Si, mais je suspecte un déni de grossesse de sa part. Par les temps qui courent, ce n'est pas bien étonnant. En tout cas, ne vous en faites pas. Nous allons bien nous occuper d'elle. Sa grossesse se fera tout en douceur, je le promets.
    J'acquiesçai, presque convaincue par sa certitude et quelques instants plus tard, après avoir échangé les politesses d'usage, je me retrouvai dehors. Jordan et Kimiko m'y attendaient et je saisis immédiatement la main de cette dernière, plongeant mon regard dans le sien avant de déclarer, solennellement :
    — You're gonna be okay*
    .
    J'espérai dire la vérité.
    
    Ça va aller*
    
    
    5 jours auparavant
    
    
    Nous courûmes jusqu'à une petite dépendance aux grandes portes de grange ouvertes, vide, dans laquelle je m'engouffrai, obligeant la femme à faire de même. Puis, je me dépêchai de clore ses deux battants en bois miteux du mieux que je pus, avant de poser un doigt sur mes lèvres pour indiquer à l'asiatique de ne pas faire de bruit, avant de l'entraîner jusqu'au fond du bâtiment. Nous nous assîmes dans le seul rayon de lumière qui passait entre les portes et attendîmes. Après plus d'une demie-heure, les hurlements des infectés semblant s'éloigner, je m'adressai pour la première fois à ma nouvelle compagne.
    
    — C'est bon, on devrait être en sécurité ici, lui chuchotai-je en me tournant vers elle, pour la voir m'observer, avec ce qui me sembla être de la confusion. J'attendis, et attendis, une réponse de sa part, n'importe laquelle, mais rien ne vint et une conclusion s'imposa à mon esprit. Tu ne comprends pas un mot de ce que je dis, n'est-ce pas ? l'interrogeai-je alors et obtins pour tout retour un regard démuni. Putain c'est bien ma veine, pestai-je, avant de reprendre, sur un ton plus cordial.
    — OK alors, anglais ? English* ?
    — English, yes*, s'exprima pour la première fois l'étrangère, hésitante et avec un accent à couper au couteau.
    — D'accord, super. Alors... euh... What's your name* ?
    — Kimi... Kimiko.
    — D'accord, très bien, je peux t'appeller Kimi ? Non je veux dire, can I*... Et puis merde. Kimi ? Kimi ? It's ok* ?
    — Yes, Kimi, yes*. me répondit cette dernière, l'air aussi peu douée que moi en anglais mais parvenant tout de même à saisir ce que j'essayais de lui dire. J'acquiesçai alors, fière de m'être faite comprendre, puis, à tâtons, commençai à lui expliquer que nous allions probablement devoir passer la nuit ici, comme je ne savais pas si le ou les infectés qui la poursuivait plus tôt allaient rester longtemps éveillés. Enfin, j'arrivai à lui faire assimiler que je me dirigeai vers un endroit sûr, et que, si elle voulait venir avec moi, elle pouvait. A cela, elle me répondit favorablement.
    
    Et puis, nous attendîmes les prochains coucher et lever de jour, nous familiarisant l'une avec l'autre.
    
    *Anglais ?
    *Anglais, oui
    *Quel est ton nom ?
    *Puis-je
    *C'est bon ?
    *Oui, Kimi, oui.
    
    
    Aujourd'hui
    
    
    La militaire qui, plus tôt, nous avait fait rentrer dans le camp parue à nouveau, Roger dans ses talons, avec une pile de vêtements entre les mains. Elle nous scruta quelques instants de son regard bleu et perçant, avant de déclarer :
    — Suivez-moi, vous allez pouvoir faire un brin de toilette. Vous en avez besoin.
    Puis, elle nous tourna le dos et s'éloigna. Nous la suivîmes jusqu'à un autre bâtiment, plus excentré, où nous découvrîmes des douches communes. Elle nous indiqua où trouver shampoing, gel pour le corps et serviettes avant de s'éclipser, nous informant qu'elle nous attendait dehors pour nous attribuer nos logements. Nous comprimes que sa patience n'était pas sans limite, alors nous nous dépêchâmes de nous rendre sous le jet après nous être partagé les habits fournis par cette dernière. Les hommes prirent deux des premières douches et j'entraînai Kimiko vers celles du fond, où nous nous installâmes. Fort heureusement, il y avait des séparations murales entre chacun des bacs, pour couper la vue. Voir Roger nu était une horreur dont je pouvais me passer.
    Un soupir collectif de bonheur nous échappa lorsque de l'eau chaude commença à nous pleuvoir dessus ; ça faisait si longtemps. Nous en profitâmes un tantinet plus que nous ne l'aurions dû avant de commencer à nous rhabiller. Les cheveux encore humides nous rejoignîmes l'extérieur y retrouver notre guide, qui avait été rejointe par un jeune soldat. Lorsqu'elle nous avisa, elle reprit immédiatement la parole.
    — Je suis le lieutenant Mariani, il n'y a qu'une seule personne plus gradé que moi ici, mais vous n'aurez pas beaucoup l'occasion de le voir, alors vous pouvez d'ores et déjà imprimer que les ordres passent par moi, et doivent être obéis. Concernant vos couchages, on vous a attribué des lits dans nos dortoirs. Vous, m'interpella-t-elle en me pointant du doigt, vous serez dans l'aile réservée aux familles avec votre frère, quant aux autres, vous rejoindrez les quartiers des civils. Je vais demander à un de mes hommes de vous faire visiter et de vous montrer vos couchages. Demain, à la première heure, vous rencontrerez le lieutenant colonel Muller.
    — Pour quelle raison ? ne pus-je m'empêcher de la questionner, et elle porta son regard sur moi, impérieuse.
    — Le lieutenant colonel souhaite en apprendre plus sur vous, et avoir des nouvelles de l'extérieur. Nous sommes en lock-down depuis l'incident à Berre-l'Etang.
    Je tressaillis, ce qui ne passa pas inaperçu, et le masque de froideur de la lieutenant se fissura l'espace d'un instant, avant de se consolider.
    — Bien, maintenant que tout est dit... Soldat ! aboya-t-elle au militaire à ses côtés. Vous accompagnerez ces personnes à leurs logements respectifs, puis reviendrez à vos fonctions.
    — A vos ordres, lieutenant. la salua ce dernier, avant de nous demander de le suivre, ce que nous fîmes. Comme demandé, il nous fit faire le tour du propriétaire, puis nous abandonna à notre sort une demie-heure plus tard.
    Sans attendre, je décidai d'aller retrouver Lucas.
    
    
    4 jours auparavant
    
    
    Le lendemain, nous arrivâmes à Vitrolles en fin de matinée, dont j'avais décidé que nous longerions les abords nords afin de rejoindre Septèmes-les-Vallons, pour finir par contourner Marseille en passant par le Vallon de l'Eyraou, puis celui de Marcellin. Ainsi, nous courions moins de risque de croiser le moindre infecté, ce dont Kimiko et moi, à n'en pas douter, serions à parts égales soulagées. Même si pour ce faire, nous rallongerions notre temps de trajet. C'était toutefois un sacrifice auquel je consentais. Nous évoluâmes sur une grande avenue pendant un long moment, puis entrâmes sur une autre, sans rencontrer le moindre être vivant. Seules des voitures abandonnées par dizaines sur la route nous bloquèrent le passage, et nous les contournâmes sans le moindre problème. Nous finîmes par quitter l’agglomération, nous engageant sur un terrain forestier vallonné, afin d'éviter Plan de Campagne et se fut au détour de quelques arbres que nous nous retrouvâmes nez à nez avec deux hommes. Instantanément, nous nous pétrifiâmes.
    
    L'un d'eux, le plus jeune, avait de longs cheveux fillasses dorés et dépassait son comparse d'une bonne quinzaine de centimètres, porté sur deux longues et minces jambes, semblables à des échasses. Dans sa main droite, menaçante, se trouvait une batte de baseball dans laquelle des clous avaient été plantés. Le second individu, aux cheveux en brosse couleur poivre et sel et au faciès peu avenant, tenait quant à lui un grand couteau de boucher dans sa paume dominante. L'instant s'éternisa, alors que l'autre partie nous dévisageait également et, finalement, ce fut le plus jeune mâle qui désamorça la situation en s'abaissant au sol pour y déposer son arme, avant de lever les mains en l'air, en signe de paix.
    — Bonjour, nous ne vous voulons aucun mal. nous assura-t-il dans un doux filet de voix, comme s'il essayait de domestiquer un animal sauvage, avant de poursuivre. Peut-être que nous pouvons nous entre-aider. Je suis Jordan, lui c'est Roger, et vous ?
    Avec l'asiatique, nous nous regardâmes, incertaines de l'attitude à adopter. Au terme d'une bonne minute de concertation silencieuse, comme j'étais la seule de nous deux à maîtriser la langue de molière, je me décidai à répondre.
    — On veut pas d'ennui non plus, on ne fait que passer. Elle c'est Kimiko, elle parle pas français. Et moi je suis...
    Qui étais-je ? Alexandra "Alex" Cornélia Royer était morte à Berre-l'Etang, ou peut-être avait-elle commencé à disparaître dans un couloir aseptisé d'hôpital d'Aix-en-Provence. Quoi qu'il en fût, cette fille là n'était plus. A la place, il ne restait que...
    — Lex. Je m'appelle Lex. affirmai-je finalement, avec une conviction de fer et mon interlocuteur hocha la tête en réponse, tandis que son comparse émettait un petit reniflement de dérision, que j'ignorai.
    — D'accord, très bien. On se dirige vers le camp de réfugiés de Berre-l'Etang, il paraît que c'est sûr là-bas. Peut-être qu'on pourrait-
    — Il n'y a plus de camp de réfugiés à Berre-l'Etang. le coupai-je, avec âpreté, une douleur sourde dans la poitrine et une pression derrière les yeux.
    — Quoi ?
    — Il a été détruit par des infectés, y'a quelques jours. Vos courrez après un mirage.
    Mon interlocuteur se tourna vers son compagnon, terrassé par la nouvelle, qui haussa simplement les épaules, indifférent à la tragédie que j'évoquais. Un nouvel instant de silence, lourd et épais, passa avant que le fameux Jordan ne reprenne la parole, la voix fêlée, s'adressant à lui-même.
    — Alors, où aller ?
    Contre tout mon bon sens, je décidai de fournir une réponse à cette question.
    — A Carpiagne, c'est là qu'on va. Ils ont un camp militarisé, ou du moins ils en avaient un la dernière fois que j'en ai entendu parler.
    Voyant que le blond commençait à prendre en considération mes propos, l'autre homme s'irrita.
    — Tu vas quand même pas gober tout ce que te dis cette gamine ! Elle pourrait raconter n'importe quoi !
    — Je dis la vérité ! m'indignai-je. Mon petit frère est à Carpiagne, les militaires l'y ont emmené.
    Jordan ne semblait écouter que d'une oreille distraite notre altercation, tandis qu'il réfléchissait à mes affirmations, semblant peser le vrai du faux et, tout d'un coup, il hocha la tête, décision prise.
    — Je te crois. Si tu veux bien, je vais aller avec toi. On sera plus forts en groupe, hein ?
    — Alors quoi c’est décidé ?! s'insurgea le quinquagénaire, en brandissant furieusement son arme dans son élan de colère. On la suit sans poser de question, on risque nos vies pour qu’elle puisse retrouver son mioche de frère qu’est sans doute déjà mort ? (Outrée, je me dirigeai à grandes enjambées vers l'homme, prête à lui coller une gifle qu'il n'était pas prêt d'oublier, mais Jordan me retint.) Au fait, quand est-ce qu’on a décidé qu’on mettait au pouvoir une gamine de quinze piges ? Parce qu’au cas où vous l’auriez pas r’marqué, on est trois adultes ici et ça m’semble logique que ce soit à nous de prendre les décisions.
    — Fais ce que tu veux Roger, dit Jordan, moi je la suis. Si tu veux qu’on se sépare, pas de problème, personne te retient vieux.
    — Et toi là, la bridée. interpella ledit "vieux" Kimiko avec agacement, en s'approchant d'elle, et cette dernière recula de deux pas, paniquée. Tu veux vraiment risquer ta peau pour cette gosse ?
    — Recule connard ! m’exclamai-je en me plaçant entre eux pour protéger la jeune femme des mauvaises manières de ce rustre. Elle te comprend pas de toute manière.
    — Arrête d'être aussi con Roger ! intervint Jordan, une moue irritée mais résignée sur son visage aux traits longs. Fais pas d'histoire et viens. T'as plus de chance avec nous et tu l'sais.
    — Putain. se résigna ce dernier, de manière très éloquente, et, comme ça, ce fut acté. D'un groupe de deux personnes chacun nous devenions une petite troupe de quatre. Jordan ramassa sa batte et je sortis de mon sac à dos ma carte, afin de lui montrer le plan de route que j'avais élaboré. Il l'approuva et, cinq minutes plus tard, nous nous dirigions tous ensemble vers Septèmes-les-Vallons.
    
    En les acceptant auprès de moi, j'espérai simplement avoir pris la bonne décision.
    
    

Texte publié par Alie, 22 octobre 2019 à 17h22
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