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Tome 1, Chapitre 1 « vol » Tome 1, Chapitre 1
Khôs
    Une plaine battue par les vents, de la surface de six terrains de football. La bordure partant du sud-est jusqu'au nord-est est exposée aux vents maritimes, achevant le plateau en falaises escarpés et abruptes. La petite portion est était barré par une muraille rocheuse haute d'une centaine de mètres. Une cascade coulait de celle-ci, remplissant un vaste lac.Il faisait nuit et cet endroit était désert, occupé seulement par la nature.
    Désert ? Pas tout à fait... là, caché aux yeux des gens indésirables, juste au nord-ouest du lac, se dresse un complexe de bâtisses en pierre. Quel est donc ce lieu si singulier ? Y-a-t-il au moins de la vie dedans ? Pourquoi est-il invisible ?
    Il s'agit en réalité du grand siège de la plaine. Le siège principal des Khanvaros où ceux-ci s'entraînent au sabre, au tir à l'arc et à l'Énergie. Un lieu où ces derniers sont en paix.
    L'aspect général du siège pourrait faire penser à un château-fort. Une cour cerné de hauts murs en pierre avec de tours de guet aux quatre coins. Une sorte de donjon en briques de roc remplaçant le mur nord. Le tout dissimulé par une puissante magie.
    Dans le donjon, à l'étage, des chambres. Reliées par des couloirs. Il y en a bien plusieurs centaines voire plus. Des chambres sobres, seulement décorées avec les têtes de phüls empaillées, ça et là, on apercevait des touches personnelles comme des parchemins sur les tables de nuit ou des babioles de mauvaise facture.
    Soudain, une ombre dans le couloir menant aux escaliers.
    Une silhouette indéfinissable se jouait des ténèbres. Était-ce un homme ? Une femme ? Un jeune ? Une personne âgée ? Nul ne saurait le dire... aussi silencieuse qu'un Flenn, elle descendit les escaliers menant au rez-de-chaussé, elle déboucha sur un palier. À sa gauche, un autre couloir qui formait un coude vers la droite. Sans s'attarder, l'ombre s'y engagea et dirigea ses pas feutrés vers une porte gravée d'un X.
    La porte s'ouvrit sur une pièce en léger désordre. Un bureau où trônait un encrier avec une plume, deux petits bonsaïs, un dessin encadré et dressé debout, une chandelle ainsi qu'une pile de papier vierge, tenait lieu de mobilier principal. Sur les murs gauche et droit, deux bibliothèques de taille classique exposaient leurs ouvrages, qu'ils soient reliés ou non. Au fond il y avait une grande fenêtre donnant sur la plaine, cette fenêtre était cachée par d'épais rideaux en velours rouge. Au sol fait de lames de bois blanc reposait un tapis en poils soyeux mais difficiles à dépoussiérer. Enfin, un petit lustre à chandelles pendait du plafond. La pièce dégageait une odeur de papier glacé et d'encre fraîche.
    L'ombre savait exactement ce qu'elle faisait, elle se dirigea vers le bureau. Considéra un des petits arbrisseaux et fouilla la terre de ses doigts. Le voleur en extirpa une clé à peine plus grande qu'une poignée de porte. Une lueur traversa ses yeux. Sans bruit elle rejoignit la bibliothèque du mur gauche. Son regard parcourut rapidement les œuvres avant de s'arrêter sur une reliure ocre et argent : un livre de Awskel Mïrdg intitulé La larme de Thuik. Il le retira et passa sa main dans l'interstice. Il ramena un rectangle en bois ce qui eut pour effet de déclencher un mécanisme. Tout un système de poulies et de ficelles se mit en marche. Manifestement, le voleur était content, malheureusement la fin de tout cela était invisible. Perplexe le cambrioleur revint au centre de la pièce, il faillit passer au travers du tapis. Reprenant espoir, il roula l'épais rectangle couvert de poils, révélant une trappe ouverte. Il s'y glissa.
    Un boyau à peine éclairé se déroulait. Cela sentait l'humidité et le moisi. Ce tunnel n'avait pas été emprunté depuis longtemps. Seul le bruit d'un goutte à goutte se faisait entendre. L'inconnu s'arrêta pour fouiller un bref instant dans sa besace. Il en sortit une bougie dans une coupelle qu'il alluma en craquant une allumette. Prudemment, il s'enfonça dans les ténèbres.
    Après quelques minutes, une lumière au bout du boyau se fit apercevoir. Deux grands gaillards armés d'une lance et d'un sabre logé entre les omoplates discutaient avec entrain devant une porte en fer. Celle-ci était éclairé par deux torches flamboyantes projetant les ombres chinoises des deux portiers.
    — Vivement la relève ! Je n'en peux plus de veiller toute la nuit !
    — C'est notre travail, à moins que tu ne préfères te coltiner les Wüms Piordaï ?
    — Au moins on ne risque pas d'avoir des courbatures avec eux ! répondit le dénommé Piordaï, je suis ankylosé à force d'être dans cette position !
    — Qu'est-ce qui t'empêche de changer de posture ? Railla son collègue.
    Entre-temps, le voleur avait éteint sa bougie et tiré un grand sabre d'un étui situé entre ses omoplates. Discrètement, il vint à la rencontre des gardes.
    — Crois-moi Thavdi, reprit Piordaï, une fois le service terminé, je prends un petit congé à Yudaïchen, je connais une taverne... elle sert un hydromel divin ! Je ne suis pas grade sept pour rien !
    — Ahh ! Alors c'est comme ça que ton argent part ? Tu m'étonnes que tu marches pas droit au retour ! Comment veux-tu bien graver dans ces conditions ?
    Pris dans leurs chamailleries, ils ne s'aperçurent pas de la mort imminente qui allait les frapper...
    — Laisse mes pieds et ma démarche en dehors de ça ! Et puis la boisson est un plaisir que je m'accorde rarement, je pourrai toujours continuer ma gravure après ! D'ailleurs Thavdi, n'as-tu toujours pas invité Khïra à dîner ? Depuis le temps que tu lui tournes autour !
    — À parce que tu comptes me donner des conseils de séduction ? Je m'attendais plus à des leçons de décuvée avec toi...
    Piordaï s'apprêtait à répliquer quand le voleur, estimant que cela avait assez duré intervint.
    — Je ne vous dérange pas trop ?
    Les deux gardes en restèrent sidérés. L'effet escompté justement par l'intrus, un effet qui donne un avantage certain lors de la suite des actions.
    Ainsi il balança son sabre à l'horizontale, coupant la réponse et la gorge du graveur.
    Horrifié par le meurtre de son ami, Thavdi se mit rapidement en garde. Lance contre sabre. Le voleur attaqua le premier, un estoc contré par la hampe de la lance. Le garde contre-attaqua avec une feinte au ventre. Malheureusement, le voleur ne se fit pas prendre au piège et para facilement la pointe. Son adversaire tenta de le faucher avec la hampe. Le voleur esquiva et trancha net celle-ci. Thavdi tira alors son sabre mais cela lui fut fatal. L'éclair scintillant à la lumière des bougies transperça sa poitrine.
    Il s'effondra, inerte.
    Le tueur prit le temps d'essuyer son sabre du sang qui gouttait. Le combat avait duré quelques minutes. Laissant deux cadavres et un homme, (car il s'avérait que c'en était un), devant deux torches et une porte.
    L'escrimeur sortit alors la clef volé dans le bureau. Celle-ci s'insérait parfaitement dans la serrure. Il tourna la clef et la serrure émit un déclic. Le voleur poussa la porte.
    Il révéla une petite pièce ronde pas plus grande qu'un cabanon, celle-ci était gravée sur tout le pourtour de motifs courbes et abstraits. Une voûte arrondie coiffait l'antichambre. Au centre de cette dernière, sur un piédestal semblable à une colonne antique, maintenu par un repose-livre en verre, se tenait un livre. Un livre à la couverture de cuir marqué d'un grand K stylisé et à la reliure d'or. « Tant d'efforts pour un simple livre » songea le voleur en s'emparant dudit livre. Il coinça son butin sous le bras et rebroussa chemin.
    
    
    
    
*

    
    
    La nuit noire donnait un air presque irréel à la plaine de Khôs.
    Un léger vent soufflait, le lac avait ses eaux aussi calmes qu'un miroir. La lune amorçait une descente en vue de préparer l'aube. Dans le ciel les étoiles s'éteignaient une à une laissant peu à peu place à l'aube rose pâle. L'air iodé et les bruissements de l'herbe parachevaient ce tableau.
    Soudain, une ondulation.
    Comme au sortir d'un miroir, l'air se mit à vibrer. Les ondes se propageant comme si on avait jeté un caillou à la surface d'un plan d'eau. Tout à coup, un homme sortit.
    Un air résolu peint sur le visage, il se dirigea vers le sud-est en contournant le lac dans le but de prendre le passage. Ce passage était une route en lacets serpentant dans la falaise. Il s'agissait du seul moyen de grimper la falaise sans s'adonner à l'escalade sportive. Les éboulements n'étaient pas rares et l'endroit propice aux embuscades. Il ne servirait toutefois à rien d'en organiser car les routes commerciales ne passent pas par la plaine de Khôs.
    L'homme s'engagea dans cette passe et se perdit dans les roches et les tournants.

Texte publié par canard, 8 août 2019 à 09h50
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