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Le hangar était terriblement sombre et malodorant. Enisse ne supportait pas l’affreuse odeur des soupapes de production d’oxygène. Le vaisseau était équipé d’un ancien modèle à recharge de silice et de carbone produisant une mixture noire infâme.
    Le soufre embaumait les niveaux inférieurs lorsque les réserves étaient en fin de vie.
    Elle avait pourtant une mission : trouver le chargement récupéré aux abords de Séléné sur le cargo de transport accidenté. Son frère avait été très clair, avant de remettre la caisse à leurs commanditaires, elle devait impérativement avoir listé ce qu’elle contenait.
    Le faisceau de sa lampe heurta la surface plane du conteneur en alliage ; s’il était vrai que la cargaison avait une valeur particulière pour Natla Technologies, alors elle devait se trouver protégée par un épais blindage qui empêchait toute forme de rayons d’y pénétrer.
    Enisse jura.
    C’était sans doute la raison pour laquelle son frère ne s’y était pas collé : elle allait devoir trouver le moyen de pirater ses registres internes.
    « Passerelle, ici Enisse.
    — J’écoute, sœurette ?
    — Tu savais pour le blindage, n’est-ce pas ? »
    Elle n’eut pour toute réponse qu’un rire à peine étouffé par les grésillements du haut-parleur fiché dans son oreille.
    La fureur avait envahi ses yeux aux iris couleur miel et déversait dans son esprit quelques mots doux à l’attention de son jumeau.
    « Combien de temps avant l’arrivée de nos amis ?
    — Nous serons au lieu de rendez-vous dans vingt minutes. »
    Elle ne devait plus perdre de temps et commença à diriger sa colère vers la tâche dont elle devait maintenant s’acquitter.
    Le piratage n’avait pas de grand secret pour elle, tant elle avait su exprimer ses talents lors de raids risqués sur des vaisseaux abandonnés par des pirates. L’espace était un vaste champ d’exploration dont l’exploitation de la lune avait ouvert de nouvelles possibilités. Bien sûr, il existait une route balisée entre la Terre, la Lune et Mars. Cependant pour l’emprunter et bénéficier de la surveillance constante dispensée par les agences de sécurité privée, les voyageurs devaient s’acquitter d’une somme astronomique.
    Nombreux étaient ceux qui s’écartaient de ce chemin pour emprunter leur propre voie et économiser le paiement de la taxe.
    Ceux-là finissaient pour certains entre les mains de pirates sans foi ni loi qui n’hésitaient aucunement à se débarrasser de témoins gênants dans le vide sidéral.
    Pour cette fois au moins, les pirates n’avaient pas eu de chance : leur vaisseau trop lent n’avait pu éviter le tir d’un canon Hélios pointé sur eux depuis l’orbite de la Lune. Lé déflagration avait provoqué une réaction en chaine dans les éléments du noyau nucléaire garantissant leur propulsion.
    Conscients que leur précieuse cargaison n’avait pu être détruite par une déflagration aussi faible, les dirigeants de la compagnie avaient précipité le premier cargo de récupération disponible. Enisse et Joris revenaient tout juste d’une livraison express sur la planète rouge et avaient profité de l’occasion pour se garantir quelques crédits républicains facilement gagnés.
    « Alors, ça avance ? vociféra Joris depuis la passerelle.
    — Cherche pas à me provoquer Ji, répondit-elle en renâclant.
    — Calme-toi petite sœur, j’aimerais que l’on ne finisse pas comme ces idiots de pirates. »
    Elle maugréa entre ses mâchoires serrées et continua de pianoter sur le clavier projeté sur son bras gauche. L’holoécran affichait une lumière bleutée agréable.
    « Accès refusé, teinta la voix monotone de l’ordinateur implanté sous sa peau.
    — Bon sang ! Réinitialise tous les protocoles en C10. »
    Les mesures de sécurité de la cargaison étaient bien plus importantes que celles qu’elle avait l’habitude de rencontrer. Elle pensa subitement au fait qu’il ne valait peut-être mieux pas savoir ce que contenait la caisse.
    Il ne pouvait s’agir d’une arme ou d’un quelconque élément de ce genre.
    Malgré tout, elle lui trouva une forme allongée et particulièrement équivoque. Se pouvait-il que le conteneur contienne un être vivant ?
    « Laisse tomber, ordonna son frère dont la voix était devenue très sérieuse. Ils sont là.
    — Déjà ?
    — Sans doute une manière pour eux d’être sûr que l’on ne touche à rien.
    — J’arrive. »
    Enisse débrancha rapidement les câbles et quitta la cale pour son plus grand soulagement. Elle laissait derrière elle l’air nauséabond et les secrets enfermés par le blindage.
    
    A suivre...

Texte publié par Théâs, 31 juillet 2019 à 22h19
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