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Il fut réveillé par l’alarme de son radar et la lueur agressive au-dehors.
    L’écran principal de son panneau de contrôle était brisé, sans doute par le choc de son poing lors de l’impact. Les idées avaient du mal à se remettre dans l’ordre, pourtant il savait son temps compté.
    « Leader, répondez ! »
    La voix de son second résonnait, lointaine. À bien y réfléchir, cela devait faire un bon moment qu’il tentait d’établir une communication, tant sa phrase lui parut familière.
    Alexandre souleva difficilement son bras et ses paupières le brulaient à chaque fois qu’il clignait des yeux ; la chaleur étouffante du cockpit pesait sur sa poitrine comme une chape de plomb sur un corps trop faible pour le supporter.
    Était-ce les régulateurs de pression qui déconnaient encore ?
    C’était impossible, il avait vérifié trois fois les capteurs avant son départ… Son départ ? Mais pour quoi, pour où ?
    Il commençait à cuire dans l’habitacle réduit de l’appareil et une vague odeur de liquide mécanique en surchauffe lui titilla les narines.
    Sa réaction avait été immédiate : le soudain réveil lui fit très mal. Les étoiles tournoyaient autour de lui comme s’il s’était trouvé dans un tonneau.
    « Monsieur !
    — Je suis là, ne hurle pas.
    — Tout va bien ?
    — Ouais… »
    Une violente douleur se répandit dans son crâne et le ramena à la réalité de sa situation.
    « Vous vous rapprochez beaucoup trop d’Hélios, quel est le diagnostic moteur ? »
    Alex plissa les paupières pour tenter d’apercevoir les commandes holographiques dans la pâle, mais puissante lumière des panneaux solaires de la station située à quarante-cinq kilomètres.
    Il n’y avait pas d’avarie sur les moteurs, mais celui-ci s’était simplement arrêté du fait de la surchauffe. Les faucons F-07 n’étaient pas conçus pour les écarts extrêmes des températures délivrés par l’exposition aux reflets des panneaux solaires d’Hélios.
    « Une surchauffe, mais pas de problème mécanique.
    — Vous pouvez le réinitialiser ? »
    En réalité, il n’en était pas certain. Quelque problème que puisse rencontrer le cœur du réacteur qui alimentait l’appareil, une exposition au-delà des seuils de tolérance ne pouvait que mal se terminer. D’un geste approximatif, il commanda la réinitialisation des protocoles pour forcer le redémarrage des systèmes.
    Il n’y avait rien conventionnel dans la technique, mais son expérience et son analyse de la situation tendaient à lui faire comprendre qu’il était dans une boucle critique. La démangeaison qu’il ressentait sur l’ensemble de son corps trahissait une surexposition à la chaleur et à des radiations potentiellement graves.
    Il tenta de se concentrer sur son objectif : retrouver le contrôle du faucon pour maintenir son ventre blindé face aux rayons réfractés par Hélios. Il pourrait ainsi gagner du temps et retrouver une atmosphère respirable en dépressurisant la cabine.
    « Réinitialisation en cours.
    — Natla, transfère-moi les commandes.
    — Transfert accordé. »
    La voix de l’intelligence artificielle couplée à sa navigation le rassurait ; les systèmes n’avaient pas été endommagés plus que de raison et il devait être en mesure d’accomplir sa mission avant de finir aussi brulé qu’une côte de bœuf oubliée sur la grille d’un barbecue.
    « Vous êtes à 35 kilomètres des miroirs, en approche rapide.
    — Je sais tout ça, laisse-moi piloter en silence. »
    Les réacteurs vrombirent de nouveau faisant vibrer l’habitacle. La puissance déployée par les moteurs était telle qu’Alex se trouva écrasé dans son siège par la force de l’accélération.
    Lentement, le tournoiement du ciel autour de lui ralentit et il vit une dernière fois les instruments baignés par la lumière puissante des miroirs lointains.
    « Trajectoire stabilisée. Dix kilomètres avant impact.
    — Ferme-là. »
    Les commandes étaient au rouge et il redressa lentement la poussée pour ne pas finir écrasé comme un vulgaire sac de grains. La pression sur son corps avait réactivé la douleur sur sa tête, mais il parvint à ne pas perdre connaissance le temps de terminer la manœuvre.
    Conformément à son plan, il commanda la dépressurisation du poste de pilotage après avoir activé l’isolation de sa combinaison. Une réserve d’oxygène propre prendrait le relais pour lui assurer une alimentation parfaite de sa respiration.
    Le silence se fit autour de lui et il sentit un léger bourdonnement dans son casque.
    Le changement de pression faisait toujours cet effet-là : d’abord un léger souffle dans les oreilles, puis l’impression de perdre ses repères.
    Alex lança un diagnostic de l’état de son appareil et des équipements secondaires.
    Tout allait pour le mieux, si ce n’est ce coup de soleil pris en plein vide sidéral.

Texte publié par Théâs, 28 juillet 2019 à 19h39
© tous droits réservés.
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