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Je m’éveille doucement. Je me sens bien, emmitouflé dans une moite obscurité. Des sons étouffés me parviennent parfois du dehors, le va et vient continu et régulier d’une respiration rassurante me berce doucement.
    A mesure que je prends conscience de mon être, je me commence à me sentir à l’étroit. Je remue un peu. Mon cocon est secoué par un grondement terrible. Mon instinct s’éveille aussitôt: je dois bouger, sortir d’ici le plus vite possible. Je mords mon enveloppe. Oui, c’est ça qu’il faut faire, je le sens. Un liquide chaud et délicieux coule dans ma bouche et tout autour de moi. Il glisse en moi et me gorge de forces. Un nouveau séisme, plus puissant encore ébranle mon monde. J’attaque ma prison à coups de dents frénétiques. Les convulsions redoublent d’intensité. Les entrailles qui m’entourent cherchent à me broyer, mais je ne ralentis pas. Je dois y arriver.
    Une lueur rougeâtre perce à travers la paroi. Un dernier coup de dents. 
    La membrane éclate et je surgis à l’air libre.
    Je pousse un cri de triomphe. Mon tout premier cri ! Mais le monde est trop lumineux, trop bruyant. Partout autour de moi, de grandes silhouettes s’agitent en tous sens. Je suis en danger, ici. Ma queue remue d’elle-même et me propulse hors de l’abri de chair qui m’a vu naître. Je tombe et glisse sur une surface dure et lisse. Une patte énorme s’écrase juste à côté de moi. Il faut fuir! Je rampe de toute la vitesse de mon corps, esquivant les coups, et me réfugie dans boyau sombre juste assez large pour moi. Je continue d’avancer aussi loin que je peux. Je perçois un appel. C’est Maman. Je le sais, même si je ne l’ai encore jamais vue. Elle m’attire et me guide. Je me dirige vers elle de mon mieux. Je commence à fatiguer mais je ne peux pas m’arrêter. Le désir de la rejoindre est trop fort.
    Enfin, après une éternité de reptation, je parviens à un endroit étrangement familier. Le sol est humide, élastique, un peu spongieux. Il y règne une pénombre apaisante et tout est imprégné d’une odeur agréable. Maman est là, juste au dessus de moi. Comme elle est grande et belle! Je me dresse sur ma queue pour être plus près d’elle.
    Elle me feule: « Khrishhht ! »
    Je répète : «Khrishhht ! » 
    C’est mon nom! Je suis tout content. Maman aussi est contente. Elle me bave dessus pour me récompenser. J’aime beaucoup ça. Elle me montre les grosses choses autour de nous. Ce sont les œufs. Il faudra les protéger. Je vois deux autres adultes. Ils me ressemblent mais eux ont de grandes pattes et leur peau a déjà une belle couleur sombre. Ils ne sont pas aussi hauts que Maman, tout de même. Ce sont mes frères. Maman le sait, alors maintenant moi aussi je le sais. Ils traînent l’un des êtres qui voulaient m’écraser. Ça bouge beaucoup et ça crie très fort. Je n’aime pas ça alors je grogne.
    Maman m’apprend que c’est une Proie. Elle arrache un bout de la Proie et celle-ci hurle encore plus. Que c’est bruyant, une Proie ! Maman laisse tomber le bout de Proie devant moi pour que je le mange. Ça a le même goût que le cocon. C’est bon. Je grandis vite. Mes jambes poussent. Maintenant, je peux dévorer le reste de la Proie tout seul, sans que Maman m’en coupe des bouts. Elle gigote quand je la mords, c’est rigolo. Au bout d’un moment, elle ne bouge plus. Je finis mon repas puis je me blottis dans une alcôve dans le mur et je me repose. 
     
    J’ai bien dormi. Je mesure la même taille que mes frères, maintenant. Maman veut que nous allions chercher des Proies. Je quitte donc le nid avec Tktktk et Frrrriiiiks. Les Proies ne sont pas  difficiles à trouver: elles sentent fort et font tout plein de bruit. Mais Tktktk est un peu bête : il fait tout le temps claquer sa mâchoire interne. Du coup les Proies l’entendent et elles fuient. Heureusement, Maman est très intelligente : Elle lui commande de faire un grand détour. Frrrriiiiks et moi, nous cassons les choses qui font de la lumière avec nos queues et ensuite restons couchés sous le plafond sans bouger. Après, Tktktk reviendra et il rabattra les Proies vers nous. Maman veut que l’on assomme les Proies pour les ramener vivantes. 
     Tktktk revient avec cinq Proies. Le plan de Maman a bien marché ! 
    Une Proie court vers moi sans me voir. Je lui saute dessus et je cogne sa tête sur le sol. Son crâne craque. Zut, j’ai frappé trop fort. C’est plus fragile que je ne pensais. Maman est fâchée. Frrrriiiiks, lui, a fait comme il faut. Je décide d’essayer encore. Les Proies qui restent nous ont vus et elles essaient de s’enfuir; mais comme elles ne courent pas vite, c’est facile pour moi de les rattraper. Il y en a une, encore plus lente que les autres, qui pousse des cris très forts et très aigus. Celle-ci sera pour moi. Je l’attrape par les poils laids qui dépassent de sa tête. Je ne l’ai pas cassée. Maman est contente. Frrrriiiiks a capturé une dernière Proie, qui essayait de l’attaquer. 
     
    Nous ramenons quatre prises: la mienne qui crie et celle que j’ai cassée, et les deux de Frrrriiiiks: une qui est assommée et une qui bouge un peu. Tktktk, lui, n’a rien attrapé mais il a l’air content quand même.
     
    Les Proies qui sont en vie sont pour des œufs. Il faut les coller au mur pendant qu’elles ne gigotent pas trop. Pour ça, Nous bavons sur leurs bras. En séchant, notre salive spéciale durcit et les Proies restent coincées. C’est très facile et ça marche bien. Mais la mienne fait toujours du bruit et elle s’agite dans tous les sens. C’est pénible! Son raffut fait éclore un œuf. Une larve en sort. Elle déploie ses longs doigts lentement. Les cris de la Proie sont encore plus aiguës. Heureusement, la larve lui saute sur la gueule, s’y accroche et déploie sa trompe à l’intérieur. Enfin un peu de silence! La larve va pondre un embryon dedans, et bientôt un nouveau frère en sortira. En attendant, nous mangeons des morceaux de ma Proie toute cassée. Ensuite, nous retournons chasser. Maman a pondu beaucoup d’œufs alors nous aurons besoin de plein de Proies. Nous nous amuserons bien, quand nous serons une grande famille !
     
    Nous sommes en route lorsque que tout à coup, le sol se met à trembler et un grondement sourd résonne entre les murs. Maman veut que j’aille avec Tktktk voir ce qui cause tout ce remue-ménages. Frrrriiiiks retourne avec elle pour garder le nid.
     
    Tktktk passe devant moi pour me montrer la route. Il a beau ne pas être très malin, il connaît tous les passages. Il nous amène jusqu’à un endroit où on peut voir le « dehors » à travers le mur. Le dehors, c’est tout noir, avec juste des points qui brillent au loin et il n’y a ni sol, ni mur ni plafond.  Pas très pratique pour chasser. Une grosse chose est en train de s’accrocher au dedans. C’est elle qui a tout secoué. Elle colle une longue trompe transparente à notre monde, et elle y pond des Proies. Maman est contente: c’est un nid à Proies. Nous allons avoir plein de Proies toutes neuves!
     Elles sont maintenant toutes « dedans. » Tktktk croit savoir où elles vont. Si nous y arrivons avant elles, nous pourrons en attraper dès qu’elles entreront. Et ça, c’est facile, parce que les Proies avancent lentement et en plus elles ne marchent que sur le sol. Nous courrons à toute vitesse. Tktktk trouve ça amusant, alors il claque sa mâchoire intérieure encore plus fort que d’habitude. Zut! Les Proies nous ont entendus! Je pense qu’elles vont s’enfuir, mais elles restent là, alors Tktktk fonce sur elles. Maman dit que ce n’est pas normal, et que les Proies ont TOUJOURS peur. Alors je ralentis. Mais Tktktk attaque quand même. Une Proie tend un truc vers lui. Une grande gerbe de feu en sort et le brûle! NON! TKTKTK ! 
    ... Il est mort! Maman me dit de fuir alors je détale. Le feu brûle le bout de ma queue. J’ai mal! Je crie. Je passe par un boyau dans le plafond, là où les Proies ne pourront pas me suivre. Maman est furieuse et moi aussi. Ce n’est pas normal ! Les Proies, c’est fait pour être tué par nous! Pas pour nous tuer! Il faut les neutraliser toutes. Et vite, avant qu’elles ne trouvent le nid. Je vengerai Tktktk de ces maudits casse-croûtes qui ne savent pas se tenir! 
    Maman est d’accord, mais elle pense qu’il faut un plan d’abord. 
    Nos nouveaux frères sortiront de leurs hôtes dans quelques heures. En attendant, elle veut que je suive les Proies à distance, sans me faire repérer. Il faut veiller à ce qu’elles n’approchent pas du nid, mais il ne faut pas que je me fasse tuer non plus. Je dois attendre prudemment. Et si l’une d’elles s’en va loin du troupeau, je l’attaque. Elle est maline, Maman! 
    Elle me dit qu’il faut que je fasse bien attention aux choses que les nouvelles Proies ont dans leurs bras. Ce sont des « armes ». Ils peuvent nous faire mal, avec ça. Et même détruire le nid si elles le trouvent. C’est très dangereux!
     
    Les Proies sont maintenant toutes dans la même salle, et moi je suis caché dans un conduit juste au dessus. Je peux même les voir par une toute petite grille. Elles grognent avec les Proies qui étaient déjà dans le dedans. Elles grognent toutes ensembles un long moment. Enfin, il y en a une qui s’écarte du groupe. Je la suis, tout content. Elle va dans une petite pièce. Elle pose son « arme » contre un mur et elle enlève un peu de la peau qui couvre le haut de ses jambes. Elle en sort une toute petite queue qui crache un liquide jaune qui sent fort. Elle regarde sa bave couler alors j’en profite pour enlever la grille sans bruit, je descends doucement dans son dos... 
     
    D’un coup de mâchoire interne, je lui casse la tête. Sa bave puante, son sang et sa double peau glissent sur ses jambes. Je casse son arme, puis je tire sa carcasse dans le plafond. Ça tombe bien, en fait, j’ai un petit creux. Je traîne mon goûté un peu plus loin, pour ne pas que les autres Proies m’entendent, et j’en grignote un bout. Maman me dit qu’un mon nouveau frère est né. Il s’appelle Rrrrrkkt. Je suis content, mais quand même, Tktktk me manque. Je suis triste. Je donne un coup de queue dans la viande. Mais ça ne m’amuse pas. Je veux tuer une autre Proie. Je retourne vers la harde. Elles sont en train de manger. Il y en a une qui s’éloigne en sifflant dans la direction de la petite salle où j’ai attrapé mon goûter. Je me dépêche d’y aller avant elle. Je me glisse à l’intérieur, je casse le truc qui fait de la lumière et je me positionne juste au dessus de la porte. La Proie entre. Je la laisse faire deux pas, et je lui transperce le cou avec ma queue. Elle fait un bruit bizarre. C’est rigolo. Je la hisse elle aussi dans le plafond. Mais elle commence à sentir fort et la bave jaune suinte à travers sa double peau, entre ses jambes. Beurk... Ils ne pourraient pas faire ça avec la bouche, une belle bave bien claire comme la nôtre? Je cache ce cadavre puant un peu plus loin et je reviens: j’en ai assez d’un seul pour mon goûter.
    J’ai à peine le temps de revenir que déjà une autre Proie se dirige vers la même salle en aboyant. Je retourne me poster au dessus de l’entrée: ça a l’air de bien marcher. Cette fois, la Proie pénètre prudemment dans mon piège, son arme pointée devant elle, en grognant. Je me demande si toutes les Proies vont venir ici, l’une après l’autre... Maman voudrait celle-ci vivante, alors je lui assène un coup derrière la nuque, comme fait Frrrriiiiks, puis je la mets avec mon trophée précédent. 
    Frrrriiiiks vient de me rejoindre.
    Mais voilà que les Proies s’agitent, en dessous de nous. Je comprends vite pourquoi: du jus de Proie a coulé par les grilles et elles l’ont vu. Elles entrent à plusieurs dans le réduit. L’une d’elles voient le trou dans le plafond et me tire dessus avec son arme. Je suis touché ! Mon sang coule, perce le conduit et tombe sur le visage de celui qui m’a blessé. Il hurle. Bien fait! Il a fait rien qu’à m’embêter ! Les autres tirent aussi, alors je file sans demander mon reste. De toute façon, Maman m’appelle. Frrrriiiiks a pris la Proie assommée, donc j’emporte au passage les Proies mortes. Je les donnerai à Maman, à Rrrrrkkt et aussi à Kffraaa et Xxxiikkt qui viennent de finir leur mue.
     
     Je montre mon bras blessé à Maman. Elle met de la bave dessus. Ça fait du bien. Mais elle laisse une petite blessure dans ma main: ça me sera utile pour chasser.
    Je fais la connaissance de Rrrrrkkt. C’est lui qui est sorti de la Proie qui criait beaucoup. Il a déjà l’air costaud. Maman dit qu’il est prêt à chasser avec nous. Kffraaa et Xxxiikkt sont encore trop petits. Ils restent au nid. Donc nous repartons avec Rrrrrkkt et avec sept larves tout juste écloses. 
     
    Nous empruntons des conduits qui passent au-dessus des chemins des Proies, pour aller leur sauter dessus. 
    Les Proies avec des armes ne sont plus là où nous les avions laissées. Elles se sont rapprochées du Nid. on dirait même qu’elles le cherchent. Ça ne va pas du tout. Maman décide de leur tendre un guet-apens. Nous les dépassons, puis nous laissons les larves sur leurs route. Ensuite, Frrrriiiiks et moi allons leur couper la retraite. 
     
    Comme toujours avec les plans de Maman, ça fonctionne très bien: les Proies attaquent les larves et reculent vers nous, sans nous voir. Je fais tomber quelques gouttes de mon sang sur le bras d’une Proie. Elle lâche son arme et une larve en profite pour lui sauter à la face. Frrrriiiiks se laisse tomber juste devant la première. Une autre lui tire dessus mais tue son semblable au lieu de Frrrriiiiks. Je bondis sur l’arrière garde, en posant ma main sur ses yeux. Elle hurle. Je la jette en entier sur la suivante, qui tombe. Aussitôt,  deux larves les attrapent. Rrrrrkkt se jette au milieu du troupeau et distribue un coup de queue à gauche, un coup de dent à droite, et arrache quelques morceaux par ci par là. Sacré Rrrrrkkt! Je reconnais bien là la fougue des débutants ! Ce n’est pas très grave, après tout, tant qu’il ne les tue pas toutes : elles n’ont pas besoin de tous leurs morceaux pour être inséminées. Dans la mêlée, une autre larve a pu se fixer. La Proie qui tirait sur Frrrriiiiks ne tire plus, alors Frrrriiiiks l’assomme et l’emporte. J’en assomme une autre de mon côté, après avoir cassé son arme avec ma main qui saigne.
    La dernière Proie projette une grande flamme en poussant des cris. Rrrrrkkt esquive juste à temps. J’embroche la Proie avec ma queue. Tant pis pour celle-ci. Elle n’avait qu’à pas utiliser cette saleté de chose-qui-lance-du-feu! 
     
    Je la ramasse pour la rapporter au nid pour nourrir les petits. Rrrrrkkt en a trois vivantes en assez bon état, Frrrriiiiks en a une, et quatre des larves ont pu pondre - nous les laissons là : les petits, une fois éclos, trouverons le chemin du nid comme moi. Maman est contente. Mais elle veut encore plus de Proies, pour faire une grande, très grande famille. Et aussi elle est inquiète parce qu’il reste peut-être encore des Proies armées. Elle décide de garder avec elle Rrrrrkkt et Frrrriiiiks pour protéger le nid. Moi, je vais aller éliminer la menace avec Xxxiikkt et Kffraaa, qui viennent de finir leur croissance, et notre nouveaux frère, Kshkshksht, qui a mué pendant notre chasse. Et bien sûr, nous emportons des larves.
     
    Maman veut qu’on s’assure qu’il n’y a pas d’autres Proies dangereuses à proximité du nid avant de chasser, alors ça nous prends un peu de temps. Mais comme aucune ne rôde dans les parages, nous pouvons finalement nous éloigner tranquilles.
    Maman me dit de diriger le groupe dans une direction précise. Elle pense savoir où se cachent d’autres Proies. Et elle a raison : J’en flaire deux. Je me glisse dans un conduit au dessus d’elles pour les observer. Elles sont grandes et elles ont des armes. Je les dépasse un peu, puis je rouvre la blessure du creux de ma main et je fais fondre le métal pour ménager une ouverture, sans faire de bruit. J’y fais passer les larves que j’ai amenées et leur commande de ramper sous le plafond et se laisser tomber sur les Proies en même temps. Elles n'ont pas eu le temps de se servir de leurs armes, c'est parfait. Ça fera encore deux frères de plus.
    Les autres me rejoignent. La piste des Proies continue mais on ne peut pas passer. Je donne un coup de mâchoire interne sur un bouton qui est sur un mur et une porte s’ouvre. Encore un nouveau tour appris par Maman. Je suis fier.
     
    Là, il y a plein de Proies à la peau de dessus blanche. Maman est très contente qu'on les ait trouvées. Celles-là, elle les déteste particulièrement et nous dit de nous méfier car elles sont retorses. Pour le moment, elles ont surtout l'air affolées. Certaines essaient de se cacher à des endroits qui ne les cachent pas du tout, d'autres poussent des grand cris qui ne servent à rien, d'autres courent mais elles vont beaucoup moins vite que les Proies à peau verte qui portent des armes. C'est rigolo. Kshkshksht et Kffraaa s'en donnent à cœur joie. Maman veut qu'on les ramène toutes vivantes, mais ils s'amusent tellement que je ne suis pas sûr qu'ils leur laissent assez de bouts pour ça… Je me suis lancé à la poursuite des fuyards. Une très grosse porte est en train de se fermer devant eux, très lentement. J'ai juste le temps de me glisser à l'intérieur avec Xxxiikkt. Ici, il y a des choses en verre et dedans il y a des larves et même quelques uns de nos frères tout juste sortis de mue. C'est sûrement pour ça que Maman n'aiment pas ces Proies-ci.
    Je casse les récipients à coups de queue pour libèrer les larves et les jeunes pendant que Xxxiikkt s’occupe des Proies. Mais l’une d’elle tire un truc métallique qui le pique. Maman dit que c'est un poison et qu'il faut couper le bras de Xxxiikkt, alors vite, je le lui arrache et je le jette sur la Proie. Œil pour œil, bras pour bras ! La Proie hurle. Xxxiikkt aussi. Il est très très fâché. Il essaie de donner des coups de queue dans les Proies, mais elles fuient. Je bave autant que je peux sur sa blessure pour le soigner un peu, mais il faut qu'il retourne auprès de Maman. Je m'occuperai des Proies qui restent. Les larves en ont déjà eu trois et les autres ont fui.
    Les Proies en blanc sont tellement lentes que je les ai vite rattrapées, malgré leur avance. Je saute sur la première et lui casse les pattes pour qu'elle m'attende gentiment. La seconde a le temps de fermer une porte derrière elle. Je recommence le truc appris par Maman pour l'ouvrir. Mais cette fois, ça ne fonctionne pas. Alors Maman me dit d'arracher la peau blanche de la Proie que je viens d'arrêter. Je fais comme elle dit. Ensuite, je secoue la peau. Un petit truc plat et dur en tombe et je le colle sur le bouton. Cette fois ça s'ouvre. Elle sait vraiment plein de trucs, Maman ! C'est parce qu'elle est déjà venue ici. Elle y est même née. Je comprends mieux, maintenant. La dernière Proie est là. Elle ne fuit plus, elle reste là, sans bouger. Elle grogne juste vers moi. Maintenant, elle tape sur des boutons avec ses doigts, mais ça n’ouvre pas de porte. Elle n’a pas l’air d’avoir peur; elle a même l’air contente. Les Proies sont bizarres, parfois... Elle me feule dessus. Elle crie, même, et ça m’agace, alors je l'assomme. Mais maintenant, il y a plein de cris de Proies qui sortent des murs. Et une drôle de lumière rouge qui bouge, sur une grosse boîte. Elle forme des signes bizarres... C'est dérangeant et je veux partir, mais Maman dit que ces signes veulent dire des choses. Elle veut les comprendre, alors je m'arrête et je regarde plus attentivement pour elle.  «CONTAMINATION CONFIRMÉE. RISQUE BIOLOGIQUE MAXIMAL. ALERTE GENERALE ENCLENCHÉE. AUTODESTRUCTION DE LA STRUCTURE DANS 3...2...1... »

Texte publié par Leliel, 20 juillet 2019 à 23h12
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