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Tome 1, Chapitre 2 « L’homme sanglant (et sans gland) » Tome 1, Chapitre 2
Je le sens, cet alcool traître et tant aimé, qui me monte à la tête. Je sens qu’il réchauffe tout mon corps, qu’il attise mon désir de me faire remarquer, de dévoiler ma lumière aux autres. Mes exploits doivent leur être dévoilés, pour qu’il prennent confiance en eux, pour qu’ils me reconnaissent comme un leader, un guerrier, un ange ! Et pour cela, quoi de mieux que de raconter quelques aventures, notamment celle que nous avions vécu sur le chemin de cette belle ville. Et l’enjoliver un petit peu, histoire de m’imposer.
    
    Sans faire attention au regard lourd que va sans doute me lancer mon frangin, je tape du poing sur la table en levant ma chope de bière à moitié pleine. C’est la deuxième, ou peut-être la troisième que j’avale. Je suis en forme, je suis entouré de guerriers, de belles demoiselles et d’hommes aux yeux langoureusement posés sur moi. J’adore être le centre de l’attention, comme avant. C’est un plaisir qui coule en moi comme une sève nourrissante.
    
    « LE COMBAT ENFLAMME LES HOMMES ET FAIT D’EUX DES DIEUX ! » Que je hurle, accompagne des acclamations des combattants et des admirateurs dont j’attire l’attention avec mon attitude.
    
    Je monte sur la table en buvant une gorgée de l’alcool contenu dans mon récipient avant de pousser un rot tonitruant. Tous éclatent de rire, moi de même, et je tape cette fois du pied sur la table.
    
    « Sur le chemin, nous les avons croisé ! Ces sacripants, ces bandits, qui ont tenté de nous détrousser de tous nos biens ! Ils ont osé menacer mon pauvre frère qui, déjà fragile, ne peut brandir une épée sans qu’elle ne lui torde le poignet ! »
    
    Je ne regarde pas Leowen pour éviter d’attirer l’attention sur lui, parce qu’il ne va sans doute pas aimer que je parle de lui de cette manière. Mais c’est pour le drame, de même que les quelques exagérations que je vais porter à mon récit, notamment pour essayer de me mettre en avant. Il ne faut pas se leurrer, je suis le meilleur combattant de notre groupe, c’est une réalité !
    
    « Ils étaient nombreux, des archers se tenaient embusqués dans les buissons, prêts à nous trouer la tête et le ventre, je murmure presque alors que je capte l’attention d’un plus grand nombre de personnes encore. Leur chef a tenté de nous impressionner, mais c’était inutile face à nous ! Nous ne sommes pas de ceux qui courbent l’échine ! Je me suis jeté sur lui, toute hache dehors, et je l’ai volontairement évité pour lui donner un avertissement ! »
    
    Volontairement en trébuchant sur une racine, mais une racine n’avait rien d’héroïque et il fallait retirer tout ce qui ne l’était pas de mon récit. Je vois une femme sourire, admirative, les yeux brillants de l’éclat de l’amour. Une cible de plus touchée par mes flèches séductrices !
    
    « Il a refusé et tenté de lancer une attaque sur nous ! Je cris d’un coup pour faire monter la pression. Impossible pour nous de nous en sortir indemnes, ils étaient trop nombreux ! Une dizaine d’entre eux se sont jetés sur moi, les flèches ont plus ! Mes camarades se sont défendus comme ils ont pu, avec leurs talents indéfectibles ! Je me suis tourné vers le chef qui a tenté de me planter avec sa dague sans y parvenir et ma hache a trouvé le chemin de son entre-jambe ! »
    
    Des soupirs affolés et des gémissements d’une douleur imaginaire. J’ai même vu deux hommes porter la main à leur paquet avec une grimace angoissée. En réalité, ils n’avaient été que trois : le chef effectivement tué par cette technique atrocement vile, un archer qui s’est enfuit et un autre, bouffé par Owen. Je crois. Mais une dizaine d’hommes impressionnent plus que trois trous d’balle sur un chemin pourrave.
    
    « Les hommes ont fuit face à cet exploit : le chef ne s’est pas relevé ! Mes compagnons se sont occupés de rendre leur retraite plus compliquée que prévu en tuant deux autres des leurs et nous nous en sommes sortis sans une égratignure, ou presque. Une seule flèche a trouvé mon compagnon Fergus, bien peu de chose comparé à leur perte. Que cela serve de leçon à tous les brigands qui oseraient par la suite croiser notre chemin ! »
    
    J’entends la foule applaudir alors que je m’incline. Je manque de tomber à cause de l’alcool qui me fait tourner l’esprit, je redescends et m’écroule dans une chaise. Je capte quelques regards intéressés sur moi. Je vais essayer d’en prendre une – ou un – qui sera potable demain matin. En gros, je vais faire mon choix avant d’être complètement bourré et de rien voir d’autre qu’une paire de nibards ou un torse musclé.
    
    Au final, je sais même pas avec qui je vais passer la nuit, je choisis une personne, ou deux. Je sais pas trop. Demain matin, j’aurais la gueule de bois de toute manière, et un petit frère qui me fera sans doute une de ses potions pour que j’aille mieux. S’il est pas vexé par mes paroles de ce soir. Non il m’aime trop pour me laisser en souffrance ! Pas vrai… ?

Texte publié par Loune, 2 juillet 2019 à 02h15
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