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Tome 1, Chapitre 1 « Un léger contre-temps » Tome 1, Chapitre 1
Il faisait déjà nuit lorsqu'il descendit du bus. Celui-ci avait un quart d'heure de retard, il était arrivé en même temps que celui qui le suivait. L'espace d'un instant, Nicolas avait hésiter à monter dedans peut-être que son successeur aurait finit par le doubler. Seulement, il savait que ce ne pouvait pas être le cas. Il s'était donc installé dans le premier qui avait filé aussitôt.
    
     C'était parti pour une demi-heure de trajet. Tout ça, parce que le garage n'était pas foutu de lui prêter une voiture le temps que la sienne, soit remise en état. Mieux valait ne pas y penser, cela ne ferait que l'énerver. Il se concentra sur le paysage défilant devant lui.
    
     En arrivant à son arrêt, Nicolas soupira. Que pourrait-il faire de sa soirée ? Peut-être regarder une série ? Sans s'en rendre compte, l'image de Clarisse se forma dans son esprit. Avait-il tellement envie de la voir ? Depuis qu'il avait appris la vérité sur elle, il la tenait à distance. Ce n'était pas bien : ni pour lui, ni pour elle… Seulement, il ne savait pas comment réagir dans ce genre de situation. Il ne pouvait se confier à personne, sans trahir le secret de son amie.
    
     Pourtant, il se connaissait, il savait bien qu'à un moment ou l'autre, il allait craquer et revenir vers elle. C'était presque cousu de fils blanc alors pourquoi faire de la résistance ? Que cherchait-il à se prouver ?
    
     L'espace d'un instant, Nicolas s'était imaginer rencontrer quelqu'un d'autre. Une fille « normale » avec laquelle il aurait une relation comme les autres. Seulement, c'était à Clarisse qu'il pensait à cet instant. C'était à Clarisse qu'il pensait pendant tous ces moments perdus.
    
     Et elle, elle n'insistait pas, restant dans l'ombre… Peut-être attendait-elle juste qu'il la rappelle à lui ?
    
     Il se souvenait encore de ses mains sur son corps, de ses lèvres sur les siennes… Tout était si parfait avec elle. Un vrai rêve… Seulement, il fallait revenir à la réalité, et voir la vérité sur Clarisse en face.
    
     A force de réflexion, il arriva chez lui, sans s'en rendre compte. Qu'avait-il foutu de ces maudites clés ? Il fouilla ses poches, en tira son portable, avant de trouver ce qu'il cherchait.
    
     -Nicolas Basogne !
    
     Entendant qu'on l'appelait, il se retourna surprit. Avant qu'il ne puisse voir son interlocuteur, un bruit résonna dans la nuit : une détonation. Surprit, par le choc du projectif le percutant, il s'écroula au sol. C'était bizarre. Sur le coup, il n'avait pas mal.
    
     Un gars plus téméraire que les autres pensa-t-il seulement, avant de revenir à la réalité.
    
     Du regard, il chercha son portable. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'il ne soit pas cassé. Il voulu tendre la main pour s'en saisir, mais c'était si difficile.
    
     Une forme apparue dans son champ de vision : Clarisse. Toujours vêtu de son éternel robe fuchsia, elle le contemplait avec de l'inquiétude dans le regard.
    
     -Nicolas !
    
     Il tenta de lui sourire.
    
     -Clarisse, murmura-t-il.
     -Ne parle pas.
    
     Elle tendit la main vers le portable, le prit et le déverrouilla. Avant qu'elle ne compose les choses, l’appareil retomba sur le sol.
    
     -Nicolas ! Je t'en pris ! J'ai besoin de ton aide !
    
     Il rouvrit les yeux.
    
    
     -Nicolas ! Concentre-toi ! Il faut que j'appelle les secours.
    
     Se concentrer… Mais sur quoi… Ha oui, Clarisse…
    

     Sans attendre elle se rapprocha de lui, suppliante.
    
     -Nicolas, s'il te plaît. Je n'existe pas. Sans toi, je ne suis rien ! Je ne pourrais pas faire le faire !
    
     Il parut s'éveiller quelque peu.
    
     A nouveau Clarisse tenta d'appuyer sur les touches. Un chiffre s'inscrivit suivit d'un second. Il fallait qu'elle arrive à mettre le téléphone en mode appel. Mais sa main passa à travers. Déjà, elle se sentait disparaître.
    
     -Nicolas, encore un effort.
    
     Il ferma les yeux et elle craignit de le perdre. Mais elle se sentit retrouver un peu de consistance. Il voulait se battre. Tant mieux, elle aussi le voulait.
    
     Elle lança l'appel et mit le haut-parleur.
    
     -Vous allez être mis en relation avec le service des urgences… Service des urgences, bonjour.
     -Besoin d'une ambulance aux 21 rue des tulipes ! Homme blessé par balle, a sûrement perforé l'un des poumons.
     -Bien, nous vous envoyons du secours. Madame, restez en ligne.
    
     Elle regarda sa main devenir transparente. Ce n'était malheureusement pas possible. Nicolas était en train de tomber dans les pommes. S'il n'était pas conscient, elle ne pouvait pas l'être. Elle lui jeta un dernier regard.
    
     -Je t'aime, murmura-t-elle, avant de rejoindre le néant.
    
     ***
    
     Quand Nicolas s'éveilla, il avait mal partout et avait un peu de mal à se souvenir de où il était. On l'avait allongé sur un lit, et il était dans une petite chambre : un hôpital sûrement vu le mobilier.
    
     Clarisse, pensa-t-il, brusquement.
    
     -Je suis là, déclara une voix sur son côté.
    
     Il tourna difficilement la tête alors que l'autre s'avançait vers lui. Tendrement, elle glissa sa main sur la sienne. Elle ne pourrait pas rester longtemps, elle le savait. Pourtant, elle voulait profiter au maximum de ce moment avec lui.
     Nicolas lui sourit.
    
     -Clarisse…
    
     Elle posa la main sur son visage avec tendresse.
    
     -Je suis content que tu sois là…
     -Mais aussi, je le suis.
    
     Il tenta de se redressait mais elle l'en empêcha.
    
     -Clarisse. Je veux…
    
     Il parut hésiter l'espace d'un instant.Elle avait tout été pour lui, sa confidente, son amie, son amante, la première d'entre toute… Il lui fallait dire la vérité et ne pas la faire languir.
    
     -Clarisse, je veux être avec toi.
    
     Il saisit sa main du bout de ses doigts comme pour l'empêcher de s'échapper. Même s'il savait bien que cela ne servirait à rien. Elle lui sourit.
    
     -En es-tu sûr ?
     -Oui. Peu importe ce que tu es, Clarisse. Je veux vivre et rester toute ma vie avec toi.
    
     Sans qu'il s'y attende, elle se pencha sur lui et ses lèvres caressèrent les siennes. Il ne put s'empêcher de sourire alors qu'elle disparaissait. Il était temps pour lui de se reposer à présent, qu'il avait dit ce qu'il avait à dire.

Texte publié par Nascana, 13 mai 2019 à 14h45
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