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Recueil de nouvelles dans l'univers du pendentif perdu
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Tome 1, Chapitre 6 « Une journée à Dunkick (partie 5) » Tome 1, Chapitre 6
Lucas ouvrit la voiture à distance. Les phares du coupé se mirent à clignoter. Il avait toujours ce véhicule tape à l'oeil. Le brun avait beau savoir que ce n'était pas son choix et qu'il l'avait reçu par un concours de circonstances, cela le mettait toujours mal à l'aise.
    
     Il savait bien que même si son père allait lui payer le permis de conduire, il ne lui offrirait sûrement pas une belle voiture. Déjà parce que son travail scolaire laissait à désirer et en plus, parce qu'il n'avait pas de mère pour réclamer une, qu'elle n'utiliserait jamais et finalement laisserait à son fils.
    
     -Je peux monter devant ? demanda Loli.
     -Non, il vaut mieux que se soit Nils, pour qu'il me guide.
    
     Sa sœur fit la tête.
    
     -Je montrais derrière avec toi, au retour si tu veux, proposa le brun.
     -Trop cool.
    
     Ils s'installèrent et Lucas tourna la clé pour mettre le contact. Une musique se mit à résonner dans l'habitacle.
    
     -On a le droit à radio musique classique, ricana Nils.
     -Non, c'est une musique de jeu vidéo.
    
     Loli se pencha vers les sièges avant.
    
     -Moi, j'aime bien.
     -Tu joues aux jeux vidéos ? Toi, Lucas ?
    
     Son aîné se renfrogna.
    
     -Ne te moques pas. C'est juste un jeu de stratégie. C'est bon pour la réflexion.
    
     Nils secoua la tête. C'était toujours tellement simple de le faire marcher.
    
     -Tu joueras avec moi, à Planète sauvage ?
     -Tu ne préfères pas jouer avec Nils ?
     -J'ai acheté un socle pendant les soldes, on peut brancher quatre manettes. Nils joue le militaire et moi, la technicienne. Tu peux prendre la scientifique ou le médecin…
    
     Lucas parut réfléchir.
    
     -Je manque d’entraînement. Je vais sûrement vous faire perdre la partie.
     -Mais aller ! Lucas !
    
     Elle lui secoua l'épaule pour le faire réagir.
    
     -Joue avec nous !
    
     Nils retira la main de sa sœur.
    
     -J'aimerais autant que tu évites de secouer comme un prunier le conducteur.
     -On n'est pas encore partie !
     -Et ça, ne risque pas tant que tu le gênes !
    
     Loli soupira.
    
     -Il a qu'à jouer avec nous !
    
     Voyant Nils se mettre à tapoter sur le rebord de la fenêtre, elle se calma, laissant le soin à son aîné de passer à la marche arrière.
    
     -On va où ? tenta sa sœur.
     -A Dunkick.
     -Ca j'avais compris. Mais où dans Dunkick ?
    
     Le brun ne paraissait pas prêt à desserrer les mâchoires.
    
     -On verra bien, lâcha Lucas, en mettant son clignotant pour s’insérer dans la circulation.
    
     Comme il n'était pas tard, et que les gens étaient encore pour la majorité au travail, ils purent quitter la ville sans encombre.
    
     -On prend l'autoroute ou la nationale ? demanda leur aîné.
     -La nationale, ça te coûtera moins.
     -Je peux payer si tu veux, lui proposa son frère.
    
     Nils secoua la tête.
    
     -Garde tes sous pour toi. Tu peux en avoir besoin.
    
     C'était vrai que sur ce point-là, ils étaient différents. Élevé par sa mère en majorité, le brun avait appris à faire attention, mais s'il n'avait jamais manqué de rien. Pour ce qui était de son frère et sa sœur, ils n'avaient pas la même notion des choses. En même temps, Anne-Laure passait son temps à quémander des trucs au près de leur père.
    
     Un coupé par exemple, avant de se rendre compte qu'il était trop difficile à garer et de réclamer la petite voiture neuve que François avait acheté pour son fils. C'était ainsi que Lucas s'était retrouvé avec un véhicule tape à l'oeil.
    
     Sur le chemin, les discussions allaient bon train, même si le temps passant, Nils participait de moins en moins. C'était comme si le stress le rattrapait petit à petit. Il serrait les dents sans s'en rendre compte.
    
     -Sortie Dunkick ! Tournes Lucas ! Enfin pas tout de suite…
     -J'attends la sortie. Je ne vais pas tourner dans le talus. J'imagine même pas la tête de papa si on avait un accident tous les trois.
     -Il serait très en colère, approuva Loli.
    
     Sur ces mots, ils entrèrent en ville.
    
     -Tourne à droite pour contourner le centre-ville, déclara Nils.
    
     Petit à petit, il les guida vers une grande avenue, bordée de place de parking.
    
     -Gares-toi, là ! J'en ai pas pour longtemps.
    
     Obéissant, Lucas réussit à caser sa voiture entre un 4X4 et une petite citadine. Dès que le contact fut coupé, Nils ouvrit la porte et s'élança.
    
     -Je reviens.
     -Attends !
    
     Mais c'était déjà trop tard. A l'arrière, Loli enrageait. Elle ne pouvait pas sortir tant que son frère n'avait pas rabattu le siège. Ce qu'il fit d'ailleurs assez rapidement, avant qu'elle ne saccage le véhicule, d'énervement.
    
     La jeune fille sortit.
    
     -On y va.
     -Mais Loli, c'est…
    
     Sa sœur ne l'écoutait déjà plus et s'élança derrière Nils. Du coup, Lucas fut bien obligé de suivre. Elle passa la grille ouverte sans un regard pour le lieu. Tout ce qu'elle voulait, c'était son frère. Des larmes lui piquaient les yeux. Elle avait une idée de la raison pour laquelle il était là.
    
     Quand elle le retrouva, il avait une bougie à la main et tentait de l'allumer avec un briquet. L'espace d'un instant, leur regard se croisèrent. Loli s'attendait à ce qu'il lui hurle dessus, mais au lieu de ça, il lui réclama son aide. Ce qu'elle fit.
    
     Une fois, la flamme jaillit, Nils la tint devant lui sans un mot.
    
     -C'est pour éclairer l'âme des morts, murmura sa sœur.
     -Non, c'est parce que c'est son anniversaire.
    
     La main de sa cadette se retrouva à tenir la sienne, alors que quelqu'un lui toucha délicatement l'épaule.
    
     -Je suis là…
    
     Nils hocha la tête sans un mot. Alors les autres ne dirent rien non plus.
    
     Ils restèrent tous les trois plantés là, en silence. Brusquement, le brun prit conscience que sa sœur pleurait et il passa un bras autour de ses épaules. C'était étrange de voir que c'était elle la plus touchée alors qu'elle ne connaissait même pas sa mère. Ou alors c'était pour lui, qu'elle était triste.
     Son petit doigt accrocha celui de son frère.
    
     -Je te promet que je serais là, pour toi, si tu as besoin d'aide.
    
     A son tour, Lucas posa la main sur les leur.
    
     -Je suis votre grand frère.
     -Merci, déclara Nils. Mais je voudrais rester un peu seul. Pas longtemps…
     -D'accord.
    
     L'aîné saisit sa sœur par le bras, à regret, elle se laissa entraînée.
    
     Le brun se retrouva face à la tombe de sa mère. C'était dur de se retrouver là. Encore plus sans son père, à ses côtés. Il aurait voulu qu'il soit là. Qu'il remue ciel et terre pour venir la voir… Au lieu de ça, il préparait des soirées avec sa femme.
    
     Nils avait l'impression qu'il trahissait la mémoire de sa mère. Après tout l'amour qu'elle lui avait donné, comment osait-il ? Déborah méritait plus de considération. En rentrant, il lui dirait le fond de sa pensée.
    
     Maman… Maman… Tu me manques beaucoup… Pourquoi t'es allée là-bas ? Pourquoi tu voulais sauver tout le monde ? T'aurais pas pu rester tranquille et rentrer à la maison ?
    
     Il sentit les larmes lui piquer les yeux. Il ne voulait pas pleurer. Nils devait se montrer fort. Malgré tout, la tristesse et l'énervement se mélangeaient en lui. Avec son père et sa mère, ils n'avaient jamais formé une famille normale. Il s'était fait une raison. Après tout, il avait deux parents ce qui n'était pas le cas de tout le monde.
    
     A présent, le brun avait juste l'impression d'avoir une moitié de parent. Quelqu'un qui n'avait jamais vraiment de temps pour lui. Aurait-il dû demander à aller chez sa grand-mère ? Elle était mage donc il pourrait librement parler de ses pouvoirs. Seulement, il savait qu'il ne supporterait pas son côté intrusif plus de cinq minutes. La vérité, c'est que c'était chez sa tante qu'il aurait voulu aller, mais comme celle-ci n'avait jamais émit le souhait de l'accueillir, il ne voulait pas s'imposer.
    
     Brusquement, il sentit une présence près de lui. En tournant la tête, il vit Loli qui lui passait une écharpe autour du cou. Elle lui sourit.
    
     -On t'attends au café, au coin de la rue.
    
     Il hocha la tête, pour seule réponse.
    
     Sa sœur n'insista pas et tourna les talons.
    
     Au moins, il était proche de sa cadette. Même si au début, elle lui tapait sur le système à toujours être dans ses pattes, il s'était habitué.
    
     -Qu'est-ce que je dois faire ?
    
     Il avait vraiment besoin de conseil. Ceux de la personne qui le connaissait le mieux au monde : sa mère. Pendant des années, ils étaient seuls tous les deux, trois semaines par mois. Les vacances étaient le moment qu'il détestait enfant. Pourquoi les autres enfants pouvaient partir avec leurs parents et ce n'était pas le cas pour lui ? Il arrivait parfois qu'il ne le voit même pas de toutes les vacances scolaires. Dire que petit, il croyait que son père travaillait beaucoup…
    
     Ce n'était qu'au moment de l'adolescence qu'il avait pris conscience de la vie de ses parents. Il en avait voulu à son père d'avoir deux familles, et à sa mère, de toujours l'aimer malgré cela. Tous les deux avaient choisi leur vie, mais lui n'avait rien demandé.
    
     Pourtant, quand Déborah s'était excusée auprès de lui, pour la vie qu'elle lui avait offert, il avait senti son coeur se serrer. A la vérité, il n'était pas si malheureux que ça. Sa mère l'avait toujours aimé et avait fait son maximum pour qu'il est une belle vie. Sans être riche, il n'avait jamais eu de problème d'argent. Son père s'occupait de lui, lorsqu'il était là et lui proposait des activités, rien que tous les deux.
    
     Au fond, il y avait beaucoup d'amour. Alors tout n'allait pas comme il le voulait, mais Nils n'était pas seul et abandonné. Même à la mort de sa mère, ça avait été la guerre entre son père et sa grand-mère qui voulait tous les deux sa garde. Évidement priorité avait été donné à François.
    
     Dans sa nouvelle maison, le brun avait une grande chambre. Il ne manquait de rien, sinon de la présence de sa mère. Avoir un album de photos pour se rappeler son visage, ne lui suffisait plus. Il aurait voulu pouvoir en discuter avec son père. Seulement celui-ci n'était pas d'accord.
    
     Que dirait sa mère dans ce cas là ?
    
     Sûrement d'essayer d'en parler. Seulement, il avait peur de se mettre à crier, et de balancer tout ce qu'il avait sur le coeur. Ca n'arrangerait rien.
    
     Il soupira et jeta un dernier regard sur la tombe de sa mère. Ce n'était pas en prenant froid qu'il trouverait la solution. Il souffla la bougie et quitta les lieux. Autant aller retrouver son frère et sa sœur, qui l'attendait.

Texte publié par Nascana, 17 septembre 2019 à 18h37
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