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Recueil de nouvelles dans l'univers du pendentif perdu
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Tome 1, Chapitre 1 « Les histoires d'épouvantes » Tome 1, Chapitre 1
-Et là, la fille, elle court dans les champs pour échapper à la foule hystérique. Y a une lumière dorée et un gros plan ! C'est un peu comme l'inverse des courses-poursuites de nuit. Et soudain, la télé s'est éteinte, y avait une coupure de courant !
    
     Ayant terminé, Maxime guetta la réaction des autres, plus âgés que lui.
    
     -Et c'est tout ? râla Nils. Tu nous as fait chier pour ça ?!
    
     Le jeune garçon fit la moue.
    
     -Mais j'ai pas vu la fin du film !
     -Pourquoi tu nous racontes tout ça, alors ? En plus, ça faisait même pas peur. Tu parles d'une histoire d'horreur !
    
     Maxime se tourna vers Lucas, le plus âgé dans la pièce.
    
     -Tu la connais pas la fin du film, toi ?
    
     L'autre passa la main dans ses cheveux.
    
     -Mais pourquoi je la connaîtrais ?
     -Bah… Tu l'as pas vu ? Toi qui gardes toujours tout en mémoire !
     -J'ai pas vu tous les films du monde dans le seul but de te raconter leurs fins, en cas de panne de courant.
     -Ha ? Dommage.
    
     Le garçon parut déçu de l'apprendre.
    
     Profitant d'une soirée d'été les réunissant, les cousins s'étaient regroupés dans la salle de musique, assit en rond. Maxime, douze ans, le plus jeune d'entre eux, avait eu pour idée de raconter des histoires d'horreur. Une façon de se faire peur, tout en étant rassuré par la présence des autres.
    
     Le garçon avait convaincu tout le monde de s'installer sous un drap blanc, histoire de mettre une ambiance volontairement plus stressante, et de se passer une lampe de poche allumée pour prendre la parole. Les plus vieux : Lucas et Daniella jouaient le jeu, pour le plaisir de leurs cadets. Tous s'amusaient, si l'on exceptait Nils qui trouvait l'idée complètement ridicule.
    
     Il n'était resté que devant l'insistance de Loli, sa jeune sœur. Mais le jeu n'avait rien d'amusant pour lui.
    
     Il fallait avouer que les autres se connaissaient depuis toujours alors que lui n'était que la pièce rapportée, qui vivait ici, depuis seulement une année.
    
     -Une autre ! Une autre ! s’excita Loli.
    
     Saisissant l'occasion, Maxime lui donna la lampe de poche.
    
     -A ton tour !
    
     Toute contente, elle se saisit de l'objet, et commença à raconter son histoire.
    
     -Alors, c'est quelqu'un qui avait commandé un sandwich et là, il mord dedans et paf ! Un coeur humain dans son pain !
    
     Nils soupira.
    
     -C'est tout ? ! Ca ne fait même pas peur ! C'est juste con et dégueulasse ! Sérieux comment il est arrivé là, ton coeur humain ?
     -Y avait l'hôpital à côté… commença à se justifier Loli.
     -Tu sais la taille d'un coeur humain ?
    
     Lucas se redressa et décida d'intervenir.
    
     -Ce n'est pas grave, Nils. C'est juste une histoire…
    
     Piquée au vif, sa sœur lui tendit la lampe torche.
    
     -Fais mieux que moi, alors !
    
     Nils soupira, avant de saisir de l'objet.
    
     -Ok.
    
     En grommelant, il serra le poing.
    
     -Alors, c'est l'histoire d'une bombe qui va exploser. Deux policières, au courant, font évacuer le bâtiment et tombent sur une dernière personne. Lorsqu'elles s'approchent, elles se rendent compte que c'est elle, la bombe. Et elle se fait exploser ! Les deux femmes meurent sur le coup, en laissant leur famille, dans une profonde tristesse.
    
     Un silence accueillit sa déclaration.
    
     -Mais Nils, c'est triste pas effrayant, déclara sa sœur.
    
     Le garçon s'énerva.
    
     -Bien sûr que c'est triste !
    
     Il se releva avec humeur et sortit de sous le drap.
    
     -Et se raconter des histoires qui font peur, en plein mois d'août alors qu'il fait jour, c'est juste débile !
    
     Énervé, il parti en claquant la porte, sous le regard ahuri des autres. Aussitôt, Lucas se leva à son tour pour le suivre.
    
     -Il a pas l'air bien, je vais lui parler.
    
     Daniella hocha la tête.
    
     -Qu'est-ce qu'il a Nils ? demanda sa sœur.
    
     Lucas hésita et s'arrêta.
    
     -C'est pas une histoire inventée qu'il nous a raconté, déclara-t-il. C'est une histoire vrai !
    
     Sa cousine Daniella se leva à son tour.
    
     -Tu veux dire…
    
     Il hocha la tête.
    
     -Je vais lui parler, répéta-t-il. Je suis son frère après tout.
    
     Lucas quitta à son tour la pièce.
    
     Face aux trois paires d'yeux qui la fixaient, Daniella tenta de rassurer les plus jeunes. Après tout, leurs parents leur avaient confié, à son cousin Lucas et elle-même, la garde de leurs frères et sœurs plus jeunes. Étant les seuls majeurs, ils étaient responsables des autres.
    
     -Il n'aime pas mon idée, soupira Maxime avec une moue boudeuse.
     -C'est pas ta faute. Nils a vécu des épreuves difficiles, et il se sent sûrement très seul.
    
     David regard sa sœur aînée, avant de poser une question.
    
     -Qu'est-ce qu'on peut faire ?
     -Dani comment on peut l'aider ? lui demanda Loli. Je n'aime pas le voir triste. J'ai envie de lui faire un gros câlin mais j'ai peur qu'il me repousse.
     -Moi aussi, je veux lui faire un câlin, reprit Maxime.
     -Pour le moment, laissez Lucas s'en occuper. Ca leur fera du bien à tous les deux.
    
     Les plus jeunes attendirent en silence, réfléchissant.
    
     -Et si on lui faisait une surprise ? proposa David.
     -Quoi comme surprise ? interrogea sa cousine.
     -Un gros gâteau au chocolat, s'écria Maxime.
    
     Daniella hésita.
    
     -Je ne sais pas si tonton serait d'accord pour que j'utilise sa cuisine…
     -Mais si, lui assura Loli. Papa voudra bien si on nettoie après !
     -S'il te plaît, Dani, supplia son frère David.
    
     Elle soupira. Après tout pourquoi pas ? Cela occuperait son frère et ses cousins.
    
     ***
    
     Nils monta l'escalier en vitesse. Toute cette histoire lui tapait sur le système. D'ailleurs, il s'énervait lui-même, c'était dire. Qu'est-ce qui lui avait pris de raconter ça devant tout le monde ? Arrivé dans sa chambre, il referma vivement ma porte, avant de se laisser tomber sur le lit.
    
     Il fallait qu'il se calme avant que sa magie, ne lui fasse commettre une bêtise. Il connaissait la démarche à suivre : élever ses boucliers au maximum et se calmer. Plus facile à dire qu'à faire.
    
     La formation qu'il allait suivre, visant à maîtriser ses pouvoirs ne commençait que dans quelques semaines. Tout ça, parce que son père n'y avait pas pensé avant. Il avait fallu qu'il le tanne pour que celui-ci, fasse la démarche. A croire que ça le dérangé d'avoir un enfant comme lui !
    
     Pourquoi est-ce qu'il ne pensait jamais au fait qu'il était un mage ? C'était trop difficile ?! Ca lui faisait trop penser à sa mère ?
    
     Elle, aurait fait toutes les démarches à l'avance. Ca aurait été beaucoup plus simple et beaucoup plus rapide. Bien sûr, il aurait pu demander de l'aide à sa grand-mère, mais il savait bien que cela aurait encore fait des histoires. Celle-ci ne supportant pas François, son père.
    
     Il prit une grande respiration. Surtout ne pas s'énerver, exactement le contraire de ce qu'il était en train de faire.
    
     Nils se concentra sur ses boucliers magiques. Normalement, cela devrait lui faire du bien. Enfin ça, ça serait s'il ne pensait pas à sa mère toutes les dix secondes.
    
     On frappa à la porte, mais il ne répondit pas. A nouveau des coups résonnèrent.
    
     -C'est Lucas !
    
     Mais qu'est-ce qu'il lui voulait, l'autre mou du genou ?
    
     -Je peux rentrer ?
    
     Il avait très envie de lui dire qu'aller se faire voir. Cependant, ça n'aurait pas été très sympa de sa parte. Lui aussi, devait faire des efforts.
    
     Nils s'allongea sur le lit et tourna la tête vers la fenêtre.
    
     -Ouais, grogna-t-il.
    
     La porte s'ouvrit et son frère entra. Il ne se retourna pas pour autant.
    
     -Nils ?
     -Hum…
     -Je peux m'asseoir ?
    
     Que pouvait-il répondre sinon oui, à présent, qu'il l'avait laissé entrer ?
    
     -Fais-toi plaiz…
    
     Lucas s'installa sur le lit, à son côté.
    
     -Ce n'était pas vraiment une histoire, n'est-ce pas ?
    
     Nils haussa les épaules.
    
     -Toi, on ne peut rien te cacher, railla le garçon.
    
     Pourtant, son frère ne s'en formalisa pas.
    
     -Tu veux en parler ?
     -Y a rien à dire… On ne peut pas revenir en arrière...
     -D'accord. Mais sache que si tu veux en parler avec moi, tu peux. Ca sert aussi à ça, un grand frère.
    
     Nils lui jeta un regard perplexe, avant de fixer à nouveau le mur.
    
     -Je sais que tu as plus d'affinité avec Loli, mais sache que moi aussi, je suis présent pour toi.
     -C'est pas que j'ai plus d'affinité, lâcha-t-il soudainement. C'est juste que c'est plus facile d'être un grand frère d'un coup, que d'être un petit frère. J'ai été fils unique pendant quinze ans, je te rappelle.
    
     Lucas hocha la tête.
    
     -Je sais que c'est difficile pour toi d'arriver dans une famille qui t'es inconnu. Moi-même, je reconnais avoir eu une certaine appréhension, mais c'est du passé maintenant. Du coup, si tu as des soucis, besoin de conseil ou autres, tu peux me demander ce que tu veux. Il doit bien y avoir des choses dont tu n'as pas envie de parler à papa…
    
     Nils réfléchit rapidement, avant d'avoir un petit sourire.
    
     -Tu peux m'acheter des préservatifs ?
    
     Il se régala du désarroi sur le visage de son frère.
    
     -Quoi ?!
     -Je vais pas demander à papa, quand même…
     -Euh…
    
     L'autre paru réfléchir rapidement.
    
     -Tu ne voudrais quand même pas que je risque d'attraper des maladies…
     -Non, bien sûr que non. Je vais te trouver ça…, promis Lucas.
    
     Nils décida de pousser plus loin le jeu.
    
     -T'en as pas dans tes affaires ?
     -Euh…non désolé… je…
     -T'en utilises bien, toi, non ?
    
     L'autre rougit.
    
     -En fait… C'est à dire que…
    
     C'était si marrant de le voir mal à l'aise. Nils savait très bien qu'il n'avait pas de copine et qu'il n'en avait probablement jamais eu. En même temps, il n'était vraiment pas drôle et devait saoulait toutes les filles qu'il rencontrait. Entre ses habitudes digne d'une personne du troisième âge et ses discussions passionnantes sur les épidémies de pestes de temps ancien, ou la culture des courgettes dans les autres pays, il envoyait du rêve. Il avait tendance à retenir tout ce qu'il lisait, ce qui donnait un concentrer d'information qui sortait pêle-mêle.
    
     Il parut se reprendre.
    
     -J'attends.
     -Le déluge ?
     -Mais non ! J'attends la bonne personne. Quelqu'un dont je serais vraiment amoureux, et avec laquelle je pourrais fonder une famille.
    
     Nils eut envie d'éclater de rire, tant cela lui paraissait surréaliste.
    
     -T'as dix-neuf ans et tu veux déjà fonder une famille ?
     -Et alors ? Ce n'est pas quelque chose de honteux.
     -Tu veux des gosses aussi ?
     -Bien sûr. Dès que j'aurais terminé mes études, je chercherais un travail pour avoir mon logement et après, je pourrais avoir ma famille.
    
     Nils le regarda avec de grands yeux. Le pire, c'est qu'il ne plaisantait pas.
    
     -Et après quoi ? Mariage et enfants ?
     -Oui.
     -Tu en veux combien ? Deux ? Cinq ? Sept ?
    
     Lucas haussa les épaules.
    
     -Je verrais au moment voulu.
     -Rassure-moi, tu sais que le seul but de l'homme n'est pas procrée ? On peut coucher avec quelqu'un sans avoir la volonté d'avoir un enfant derrière.
    
     Le visage de son frère s'assombrit.
    
     -Tu trouves ça, si risible ? Je t'ai juste dit ce que j'avais sur le coeur. Et toi, quel est ton but ?
    
     Nils se laissa retomber sur son oreiller. Pour le moment, il n'avait que des objectifs à court terme. Le premier était de faire chier Lucas. Le deuxième était de faire un stage pour maîtriser sa magie.
    
     Il haussa les épaules.
    
     -Tu ne veux pas d'enfants plus tard ?
     -Certainement pas. Hors de questions de me faire prendre la tête avec un truc qui bave et qui vomit en permanence. Je ne parle même pas des couches à changer.
     -Oui, mais il t'aime tellement…
     -Qu'est-ce que tu en sais ? Ca ne parle pas.
     -C'est quelque chose que seuls les parents connaissent. Papa me dit toujours, qu'il a été le plus heureux des hommes lorsqu'il m'a pris dans ses bras, pour la première fois. Il me parle d'un moment magique qui n'arrive que quand tu es enfin parent.
    
     Nils se mit à pouffer.
    
     -Ta mère a dû louper le coche…
    
     Lucas baissa les yeux, il avait l'air profondément blessé. Pour peu, Nils eut l'impression que l'autre allait se mettre à pleurer, et il s'en voulu un peu.
    
     -Je ne te comprends pas, mais je t'aime bien quand même, lâcha le brun pour le rassurer.
     -Vraiment ?
     -Ouais.
    
     Le silence tomba entre eux.
    
     -Par contre, tu fais comment si tu tombes sur une fille qui ne veut pas de gosses ?
    
     Nouvelle hésitation…
    
     -J'aviserais en temps voulu.
    
     Lucas parut penser à quelque chose.
    
     -Et toi, tu ferais quoi si tu tombes sur une fille qui veut des enfants ?
     -Je te la donnerais !
    
     Il explosa de rire, fier de sa blague.
    
     -Nils !
    
     Son fou rire le reprit, de plus belle.
    
     -Non, mais sérieusement ?
     -J'en sais rien, moi. De toute façon, Sophie ne veut pas de gamin.
     -Tu veux faire ta vie avec elle ?
    
     Nils soupira. Il commençait à trouver son frère trop intrusif.
    
     -Mais j'en sais rien. On verra comment les choses évoluent. Je ne suis pas pressé, contrairement à toi.
     -Tu ne l'aimes pas ?
    
     Le brun se redressa d'un bon.
    
     -Mais bien sûr que si. Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit. Bien sûr que je tiens à elle. Mais je ne prévois pas mon planning pour les prochaines années, ni la date de mon mariage. Surtout, que j'ai même pas envie de me marier.
     -C'est important, c'est un engagement, une marque d'attachement…
     -Ma mère n'était pas marié et elle a survécu.
    
     La connerie de ce qu'il venait de dire frappa Nils, au moment où les mots sortaient de sa bouche.
    
     -Oui, mais ça, c'est parce qu'elle ne pouvait l'être, souffla Lucas. Papa étant…
     -Tais-toi !
    
     Le brun s'allongea sur le lit en lui tournant le dos, saisit son oreiller et s'en couvrit la tête comme si cela servirait à le protéger de la vérité du monde extérieur.
    
     Jamais sa mère n'avait parlé mariage. Mais ce n'était pas pour autant qu'elle n'y pensait pas. Il n'en savait rien. Rien à part que son père était déjà marié à une autre. A présent que sa mère n'était plus, il était obligé de côtoyer au quotidien cette femme infecte.
    
     Est-ce que c'était pour ça, que sa mère n'avait eu qu'un enfant ? Elle était seule avec lui la plupart du temps. Peut-être qu'elle ne se voyait pas l'être avec deux gosses. Surtout, qu'il reconnaissait qu'il n'avait pas un caractère facile. Peut-être que si elle avait eut un fils comme Lucas, calme et serviable, elle aurait voulu avoir un autre enfant.
    
     Tout ce à quoi il avait pensé le jour où elle était morte, c'était qu'il voulait qu'elle accepte que son ami vienne dormir à la maison, tout ça parce qu'ils avaient prévu une soirée console super importante. Il avait même commençait à cuisiner des lasagnes pour l'amadouer. Sûr qu'après sa journée fatigante et en voyant ce qu'il avait fait, elle
    accepterait. Bien sûr, ils avaient fait leur devoir avant. Ils avaient expédié rapidement les choses, pour être tranquille.
    
     En arrivant ici, il s'était rendu compte que son frère était un génie avec des années d'avance et que sa sœur s'en sortait sans problème. Le seul nul de l'équipe ici, c'était lui. Il comprenait mieux l'énervement de son père quand il se déconcentrait en permanence et ses mots expliquant son incompréhension à sa mère.
    
     Une main le toucha.
    
     -Nils, je suis désolé.
    
     Il s'en fichait. Il ne voulait juste plus l'entendre.
    
     Il en voulait à tout le monde : à son père qui n'avait pas pris la peine de divorcer et avait choisi la facilité, à sa mère qui n'avait jamais pris le temps de le prévenir qu'un jour, peut-être, elle ne rentrerait pas. A son frère, qui énonçait des évidences et le blessait plus profondément qu'il ne l'aurait voulu. A tous les autres qui continuaient leur petite vie tranquille alors qu'elle n'était plus là.
    
     -Laisse-moi, grogna-t-il.
     -D'accord, mais n’oublie pas que tu peux compter sur moi.
    
     Nils ne répondit pas. Son frère sortit et ferma la porte derrière lui.
    
     Il soupira. Il avait envie de pleurer comme un gosse. Chassant cette pensée, il se concentra sur ses boucliers magiques. C'était toujours mieux que rien.
    
     ***
    
     Lucas descendit et en entendant des voix dans la cuisine, sentit son coeur manquer un battement. Il poussa rapidement la porte, pour découvrir Daniella occupait à faire fondre du chocolat. Alors que les trois autres s'occupaient de mélanger des ingrédients.
    
     -Que… Que faites-vous ?
     -Un gâteau au chocolat, répondit Maxime.
    
     Lucas grinça des dents en voyant de la farine se répandre sur la table.
    
     -Attention ! Il vaudrait mieux éviter de tout salir.
     -On nettoiera après, déclara le plus simplement du monde David. C'est ce qu'on fait à la maison.
    
     Son cousin paru septique.
    
     -Détends-toi. Je dirais à tonton que c'est moi qui est pris l'initiative, lui souffla Daniella.
    
     Cela ne le rassura qu'à moitié. La cuisine de son père était toujours immaculée, et il avait presque peur d'y entrer et de déranger quelque chose, sans vraiment savoir pourquoi.
    
     -Tu veux nous aider ? lui demanda sa sœur.
     -Il ne vaut mieux pas, je ne suis pas très doué.
    
     Il s'installa dans un coin et regarda les autres faire, avec un petit sourire. Il aurait voulu participer, mais se sentait trop maladroit pour. Il allait sûrement les gêner.
    
     -Y a plus qu'à enfourner pour une demi-heure, déclara soudain leur aînée.
    
     Une fois, cela fait, ils se mirent en mouvement pour tout nettoyer : Daniella commença à faire la vaisselle alors que Loli essuyait et ranger tout ce dont il s'était servi. Maxime nettoya la table et David passa un coup de balai. La cuisine avait retrouvé son air habituel en moins de temps qu'il ne le fallait pas pour le dire. Lucas en fut le premier surpris. L'efficacité des autres le bluffait.
    
     -Bon, qu'est-ce qu'on fait, maintenant ? demanda David.
    
     Les autres hésitèrent.
    
     -On regarde un film d'horreur, proposa Maxime.
     -Non, je crois qu'on a notre dose pour ce soir.
     -En plus, Nils a raison, on est en août, c'est pas le bon moment, reprit Loli.
     -Qu'est-ce qu'on fait alors ? reprit Maxime.
    
     Personne ne répondit. Finalement, se fut Daniella qui pris la parole.
    
     -J'ai peut-être une idée : et si vous lui écriviez un petit mot gentil ?
     -Oui ! J'ai des stylos à paillette, déclara Loli. On va pouvoir les utiliser.
    
     Elle fila aussitôt les chercher.
    
     -On peut faire un dessin ? demanda Maxime.
     -Bien sûr.
    
     Lucas se demanda bien quel dessin, il pouvait vouloir faire. Parce qu'on règle général, il dessinait des avions de chasse ou des chars d’assaut, ce qui n'allait sûrement pas remonter le moral de Nils. Mais après tout, c'était à chacun de choisir ce qu'il voulait mettre dans cette lettre.
    
     Lui-même se saisit d'une feuille et commença à réfléchir sans savoir quoi marquer de plus, que ce qu'il lui avait dit de vive voix. Peut-être juste qu'il était là, pour lui. C'était simple mais clair. Sa sœur revint et lui tendit un stylo vert à paillette. Il le fixa un moment avant d'hésiter. Finalement, il haussa les épaules et se mit à écrire.
    
     Ils furent surpris lorsque le four sonna. Personne ne s'était rendu compte que tant de temps s'était écoulé. Daniella sortit le gâteau et une bonne odeur embauma la cuisine. Tous les autres le fixèrent.
    
     -Vraiment très réussi, Dani.
    
     Le jeune fille haussa les épaules.
    
     -C'est juste un gâteau.
     -Qu'est-ce qu'on fait ? demanda David.
     -On le démoule et on l'apporte à Nils.
    
     En quelques minutes, ils grimpaient tous, l'escalier et s'arrêtèrent devant la chambre du jeune garçon. Loli, frappa à sa porte.
    
     -Oui ?
     -C'est nous !
     -Nous, qui ?
     -Bah, nous tous ! On peut rentrer ?
    
     Un silence, avant que la réponse ne vienne.
    
     -Ok.
    
     Nils vit donc son frère, sa sœur et ses cousins-cousines, débarqué dans sa chambre avec un gâteau. Il en fut le premier surpris. Jusque là, sa famille se résumait à ses parents, sa grand-mère et sa tante. C'était assez restreint et il était le seul enfant. Ici, il y avait d'autres personnes de son âge.
    
     Au départ, ils les trouvaient envahissant, mais finalement, il se surprenait à les trouver aussi attachant. Après avoir quitté la salle de musique aussi vivement, le brun n'aurait pas pensé qu'ils reviendraient le chercher aussi rapidement.
    
     -On t'a fais un gâteau, lui expliqua Maxime.
     -On t'a écris des lettres au stylo à paillette, continua Loli, avant de lui sauter dans ses bras.
    
     Aussitôt, ses deux cousins firent de même. C'était assez embarrassant, mais il les laissa faire, ça avait l'air de leur faire plaisir.
    
     Finalement, ils passèrent une soirée dans la chambre de Nils à manger du gâteau et jouer à des jeux idiots d'imitation ou de devinette. Ils ne se rendirent même pas compte que leurs parents étaient rentrés.
    
     En se couchant ce soir-là, le brun avait le sourire aux lèvres. Même s'il ne voulait pas s'en avouer la raison, il devait reconnaître qu'il avait plutôt passé une bonne soirée.

Texte publié par Nascana, 9 mai 2019 à 17h00
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