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Tome 1, Chapitre 11 « Fins et débuts » Tome 1, Chapitre 11

Dimitri sentit une main se poser sur son épaule. Mart avait fait vite…

– Les archers sont hors d’état de nuire, déclara-t-il d’une voix froide.

Dimitri ne se retourna pas, il avait besoin de rester concentré pour éviter que le feu se propage à la bâtisse. Ils passaient probablement déjà pour les méchants, autant éviter d’augmenter les dégâts. Les méchants…

– Ils sont… Enfin, tu les as ?

Il ne voulait pas finir la phrase. Après tout, ces hommes n’auraient eu que ce qu’ils méritaient, ils étaient venus pour les tuer. Et pourtant, il craignait la réponse de Mart.

– Un seul. Les deux autres sont inconscients.

À nouveau cette voix distante, sans émotion. L’avait-il imaginé ou bien la main sur son épaule avait-elle resserré son étreinte ? Il faudrait qu’ils aient une bonne discussion une fois que les choses se seraient calmées.

– On procède comment pour la suite ? Je relâche les citoyens ? Ou alors on s’occupe d’abord des imposteurs ?

Mart ne répondit pas tout de suite. Dimitri se tourna vers lui. Son ami avait les sourcils froncés. Pour une fois, il semblait dépassé par les événements.

– J’en sais rien en fait. J’ai beau imaginer plein de scénarios, ça en revient à la même conclusion : on est dans la merde.

– Alors quoi ? Je garde tout le monde enfermé le temps qu’on réfléchisse ? Pas sûr que les gens apprécient…

– Une minute de plus ou de moins… Au moins ils sont au chaud pendant qu’ils attendent.

Une blague… S’il se mettait à blaguer dans un moment pareil, c’était qu’il ne savait vraiment pas quoi faire.

Dimitri éteignit toutes les flammes : si la réflexion ne marchait pas, le chaos finirait bien par donner quelque chose…

– Merde ! Dim, ça va ? s’écria Mart.

– À part cette flèche dans mon épaule qui me fait un mal de chien ? Parfaitement.

Mart n’avait pas l’air d’apprécier ce qu’il venait de faire. S’il n’avait pas eu plus urgent à faire, il l’aurait sûrement sermonné.

Alors que la foule se dispersait en courant et que la bande de Sael leur fonçait dessus, Dimitri sourit. Lui qui avait cru qu’il s’ennuierait à cette fête…

*****

– Il s’agit de quelque chose que je dois faire moi-même. Ce n’est pas contre vous, comprenez-moi bien, mais je ne saurais plus me regarder dans la glace si j’abandonnais.

Cyril en rajoutait peut-être un peu trop, mais au fond il sentait que c’était vrai. Et puis bon, elle n’avait pas l’air déplaisante, la mage…

Non, pas le moment. Certainement pas en sous-vêtements.

– Je vois. Je ne vous voyais pas ainsi, mais c’est tout à votre honneur. Allons-y alors.

Il allait protester contre l’image biaisée qu’elle devait se faire de lui, mais n’en eut pas l’occasion. Elle s’était glissée à ses côtés pour le soutenir. Pressée contre lui, elle s’était emparée de son bras pour le passer par-dessus ses épaules. Un bras dans son dos, la pression délicate et pourtant si ferme.

Il se rendit compte qu’il retenait son souffle lorsqu’il commença à manquer d’air. Il exhala bruyamment et attendit qu’elle dise quelque chose. Si elle faisait une remarque, il pourrait toujours dire que c’étaient ses côtes. Enfin, tant qu’elle ne baissait pas le regard…

– Alors ?

Il tourna la tête et vit son sourcil levé. Pas impressionnée la dame, plutôt ennuyée et impatiente. Elle avait bien raison, ils avaient une mission. Et un bon millier de marches au bas mot…

– Allons-y, grimaça-t-il.

Ils finirent par arriver. Si Cyril tenait encore debout, ce n’était que grâce à l’appui de Nix. Celle-ci avait à peine eu besoin d’être lancée pour parler tout le long de l’ascension. Il la connaissait bien mieux maintenant et était content de lui avoir fait confiance. En partie parce qu’il ne serait jamais arrivé en haut tout seul, mais surtout parce qu’elle semblait être une bonne personne. Enfin, il était assez certain de cela, même si… En fait elle n’avait rien dit sur elle. Il avait bien essayé de lui demander son âge ou d’autres choses personnelles, mais elle avait à chaque fois esquivé les questions, soit par une blague, soit en l’ignorant.

Au final, il n’avait pas vraiment appris grand-chose. Elle était plus vieille que lui, mais à quel point, il lui était impossible d’en être certain. Elle s’intéressait très fort à la magie de l’eau, et la comprenait probablement mieux que lui. Enfin, peut-être que c’étaient juste les termes techniques qui l’avaient un peu perdu…

Le fait est qu’au final, la tension était complètement retombée. Il avait sûrement été le seul à la sentir. Elle était un peu brusque et très franche, alors si elle avait été intéressée… Nix lui aurait certainement fait savoir.

– Tu peux tenir debout seul ou tu vas te produire devant le grand chef appuyé sur moi ? Je sais bien que tu aimes te frotter, mais bon, ce n’est pas top comme impression…

Quand exactement avait-elle perdu tout respect pour lui ? Ah oui, quand il lui avait confessé comment il en était arrivé là… Enfin, quand il lui avait parlé de Shalys quoi. Il n’en revenait pas, il avait probablement créé un meilleur lien avec cette mage en montant une saleté d’escaliers qu’avec toutes les filles qu’il avait charmées. Et il ne la désirait même plus !

*****

– Tu vois ? Parfois il n’y a pas besoin de réfléchir…

Dimitri était accroupi derrière le corps inconscient de Sael. Il essayait tant bien que mal de lui retirer son t-shirt, ce n’était pas facile avec un seul bras et un gaillard aussi imposant !

– C’est ce que tu affirmes maintenant. En vrai il t’a quand même encore bien fait crier en heurtant la flèche.

– Ça va, je ne m’attendais pas à un coup aussi bas, c’est tout ! On les a bien neutralisés, non ?

– En attendant, tous les citoyens ont fui. À quoi bon pouvoir prouver que les Sael sont des faux s’il n’y a personne pour le voir ? Et puis… Des assassins krondariens tapissent le sol quelques mètres plus loin, pourquoi t’acharnes-tu à vouloir déshabiller le chef de la bande ?

– Deux preuves valent mieux qu’une ! répliqua Dimitri.

Mart n’avait pas l’air convaincu, mais Dimitri n’en avait rien à faire. Après une soirée à subir des assauts, il avait bien le droit de faire ce qui lui chantait. Ce n’était peut-être pas le meilleur moment, mais il s’en foutait. De toute façon, il faudrait d’abord prouver leur innocence avant de se faire soigner. Alors sa blessure avait beau le brûler, il n’allait pas rater une occasion de se rincer l’œil alors qu’il avait une bonne excuse de le faire.

Pourquoi étaient-ce toujours les méchants les plus attirants ? Il avait toujours chaud, mais là, alors qu’il passait les mains sous le t-shirt du colosse inconscient, il se sentait extrêmement fébrile. Un feu liquide se répandait dans ses veines, il avait la tête légère. Est-ce que c’était vraiment normal ? C’était sûrement la fatigue…

Mart s’était détourné. Ça ne le dérangeait pas spécialement que Dimitri puisse aimer les hommes, mais la scène le mettait mal à l’aise. Est-ce qu’il était vraiment obligé de se donner en spectacle de la façon ? Cette attitude ne lui ressemblait pas.

Il allait récupérer les corps des assassins. Il faudrait qu’il attache les inconscients et… Que devrait-il faire de l’autre ? Le laisser traîner à la vue de ses compagnons serait cruel. Et si l’homme avait eu une famille ? Mart en viendrait à regretter l’époque où ils traversaient les étendues sauvages, affrontant monstre après monstre. Tout était toujours plus compliqué avec les humains…

Un bruit le tira de sa réflexion. Il se retourna et ne vit d’abord rien dans l’obscurité. Lorsqu’il comprit d’où il venait, il se précipita vers son ami. Dimitri s’était effondré par-dessus le corps de Sael.

Ce n’était pas une flèche dans l’épaule qui allait abattre Dimitri, et encore moins la fatigue. Du poison. Il ne voyait que ça. Il allait falloir agir vite. Mais comment ? Il ne savait lui-même absolument pas quoi faire. Ça faisait au moins un quart d’heure que la flèche était plantée là. Un poison rapide aurait déjà dû le tuer… Pouvait-il encore essayer d’arracher la flèche pour nettoyer la blessure et empêcher que plus de poison ne se déverse dans son corps ? Il y avait peu de chances que cela aide vraiment… Or c’était tout ce qu’il pouvait faire. Il ne savait même pas s’il y avait un guérisseur parmi les villageois, alors pour le trouver quand tous ceux en état de courir s’étaient enfuis… Furans aurait peut-être su. Mais il l’avait vu essayer de se relever, échouer lamentablement et finir par se rouler en boule par terre… Non, il faudrait qu’il tente de sauver son ami tout seul.

Mart hésita encore une fois lorsqu’il agrippa la flèche. Ce n’était pas bon de tirer simplement dessus comme ça. Il risquait de faire plus de dégâts que de bien… Mais s’il s’agissait bien d’un poison rapide comme il le craignait…

Il brisa la hampe, puis, d’un coup ferme, arracha la pointe. Elle ripa contre l’omoplate, mais sortit sans trop de problèmes. La tête était simplement pointue, sans crochets.

Mart ne comprenait pas. Il n’avait cependant pas de temps à perdre en critiquant l’équipement de leurs assaillants. Il avait une blessure à nettoyer. Il allait se pencher dessus lorsqu’une fine langue de feu en sortit. Surpris et aveuglé, Mart recula précipitamment pour éviter de se brûler et finit sur les fesses. La flamme disparut aussi brusquement qu’elle était apparue.

Lorsque ses yeux se furent à nouveau accoutumés à l’obscurité, il se pencha sur la blessure. Enfin, ce qui en restait… La tunique de Dimitri possédait désormais au lieu d’une tache rouge un large trou aux bords calcinés. La chair au centre présentait une aspérité rose, une cicatrice. Ça avait l’air sain, mais Mart n’était pas rassuré. Son ami n’avait toujours pas bougé. Respirait-il toujours ?

Son corps était complètement immobile… Non, des deux hommes empilés, seul le premier respirait. Il fallait agir, et vite.

Mart souleva le corps de son ami et l’assit contre lui. Le changement de position ne suffit pas. Était-il déjà… Non ! Il ne perdrait pas un autre ami, pas Dimitri ! Il prit sa tête entre ses mains et appliqua sa bouche contre la sienne. S’il ne pouvait pas respirer, alors il le ferait pour lui !

Mart souffla, attendit un peu, retira l’air, s’écarta pour inspirer et recommença. Encore et encore, et encore. Il commençait à sérieusement paniquer. Devrait-il tenter un massage cardiaque ? Il n’y connaissait rien en premiers secours et encore moins en poisons !

Ce qui était en train de se passer lui semblait tellement irréel… Après tout ce qu’ils avaient traversé, c’était une flèche empoisonnée tirée par un lâche qui l’emporterait ? Ils avaient traversé le monde ensemble, vaincu les pires monstres, défait les tyrans… Et maintenant, alors que Dimitri avait enfin trouvé sa place, son obsession allait le tuer. Il s’était convaincu que c’était pour eux qu’il le faisait, mais c’était faux. Il n’y avait que lui qui voulait toujours rentrer. Cyril s’était taillé une place à la cour, Dimitri se consacrait à sa forge…

Il aurait voulu tempêter, pleurer de rage, mais même ça, il ne pouvait pas le faire. Même pour son meilleur ami sur le point de mourir, il n’arrivait pas à se défaire de sa froide rationalité. Il ne pouvait pas abandonner. Peut-être qu’en continuant de souffler à intervalles réguliers, il recommencerait à respirer…

Alors il continua. Et rien ne changea. Il crut d’abord qu’il avait commencé à pleuvoir, mais c’étaient des larmes qui dévalaient ses joues. C’était la première fois en une éternité qu’il pleurait, mais il n’en avait pas le droit. Pas des larmes de tristesse. Ce n’était pas fini, ça ne pouvait pas se finir comme ça.

Alors qu’il inspirait de nouveau, il essuya ses larmes. Il appliqua de nouveau sa bouche contre celle de son ami et allait reprendre le bouche-à-bouche lorsqu’il eut le souffle coupé. Dimitri l’embrassait. Il ne l’avait pas rêvé, ses lèvres avaient bougé !

Mart prit du recul. Si cet enfoiré s’était foutu de lui… Non, il dormait. L’air entrait et sortait tranquillement de son nez. Il avait réussi.

Il se laissa tomber à côté de son ami. La nuit était douce et la terre n’était pas si dure que ça. Il ramasserait les assassins plus tard. Si l’un d’eux osait bouger ne serait-ce qu’un orteil, il le renverrait directement au pays des songes.

Les étoiles avaient l’air tellement distantes et froides… Elles avaient leur charme, mais semblaient bien pâles à côté du Soleil. Pourquoi ne pouvait-il pas, lui, briller un peu plus fort, donner un peu de chaleur ?

*****

Cyril et Nix étaient rentrés bras-dessus-dessous finalement. Thomas avait levé un sourcil, mais n’avait pas fait de remarque. Nix lui avait quand même dit de ne pas se faire d’idées, que si elle était aussi proche de son ami, c’était bien à cause des dernières mesures qu’il avait prises.

– Comment ça, les dernières mesures prises ? demanda Cyril.

– Elle parle du bouclier d’anti-magie que j’ai activé autour de l’île et que tu t’es pris comme un idiot. Je t’ai déjà dit mille fois qu’il faut obtenir mon autorisation pour venir ici… Ce n’est pas pour rien !

– J’amène des informations capitales. Je me suis dit que tu devais savoir que…

Cyril fut interrompu par le rire de l’Archimage. Et ce n’était pas un rire agréable. Moqueur et nerveux en même temps.

– Parce que tu penses que je ne sais pas qu’il y a des mages dissidents ? Que le roi prépare des choses dans l’ombre avec leur aide ? Qu’est-ce qu’un fat comme toi qui se complaît des attentions qu’il reçoit en faisant des tours de magie à la cour pourrait bien espérer m’apprendre ?

– Un peu d’humilité pour commencer, l’anti-mage. Tu penses tout savoir ? Alors, dis-moi, ce qu’il prépare, hein ? Où se cachent-ils, tes dissidents ? T’en sais rien, hein ?

Thomas n’avouerait pas son ignorance. Cyril le savait bien. Mais il avait besoin des informations. Or vu comme il venait de l’accueillir, et sachant qu’il avait failli le tuer, de simples aveux ne suffiraient pas. Peut-être que s’il se mettait à genoux et suppliait…

– Bon, comme je suis la seule adulte dans la pièce, je vais rappeler les gamins à l’ordre : vous n’avez rien de mieux à faire que de vous chamailler là ? On parle d’une nouvelle guerre magique là…

Les deux hommes jetèrent un regard mauvais à Nix avant de reporter le regard l’un sur l’autre. Cyril crut que l’Archimage allait se lancer dans une bataille de regards avec lui, mais finalement, il se montra raisonnable.

– Bon, qu’est-ce que tu sais ?

Cyril allait l’ignorer, mais un regard de Nix suffit à lui faire mettre de côté sa mauvaise humeur. Elle avait raison, ce n’était pas le moment de reprendre d’anciennes querelles.

Il raconta donc ce qu’il avait vu dans les souterrains en donnant le plus de détails possible, des doutes insistants qu’il avait ressentis en voulant pénétrer dans le couloir aux abominables expérimentations dont il avait été témoin.

– Un sort de répulsion… Pas mal comme défense. Discret et assez efficace normalement. Ça m’étonne qu’un faible d’esprit comme toi ait réussi à passer…

– Bien, et si on s’interrogeait plutôt sur l’important ? Ce qui m’intrigue, ce sont ces expérimentations. Vu ce que Cyril a décrit, elles ont échoué, mais qu’essayaient-ils d’accomplir?intervint Nix.

– C’est pourtant évident, répondit Thomas. Ils essaient de reproduire la magie élémentale de nos chers Élus. Et vu ce que nous a décrit Cyril, ils ne le font pas de manière très subtile…

– Tu sais ce qu’ils leur ont fait ? s’étonna Cyril.

– Je n’en suis pas certain, mais je dirais qu’ils ont essayé de greffer des élémentaires à des humains…

– On s’en fout pas mal du comment, non ? coupa Nix. L’important c’est de savoir comment on réplique. Est-ce qu’ils sont encore sauvables ?

– Pas sûr, avoua Cyril. Mais on devrait essayer…

– On n’essaie rien du tout, on atomise le château avec une bonne pluie de météorites et c’est bon, déclara Thomas le plus sérieusement au monde.

Cyril ouvrit de grands yeux.

– Je croyais que ton truc c’était la magie subtile ? Le temps, l’anti-magie… Depuis quand tu sais faire ça toi ?

– Pas moi, d’autres bien.

Cyril se tourna vers Nix, l’air interrogateur. Celle-ci secoua la tête.

– Pas moi non plus, je n’aurais jamais voulu avoir à dire ça, mais on a plus en commun que tu ne pourrais croire… Enfin, je confirme. On a les moyens de faire péter la zone.

Ces mages avaient l’air encore plus irresponsables que lui, et Cyril voulait vraiment venir en aide aux pauvres hommes dans les souterrains, sans compter les dommages collatéraux qui ne manqueraient certainement pas s’ils suivaient cette voie. Pouvait-il vraiment accepter cela ? Avait-il seulement son mot à dire dans cette histoire ?

1. Cyril essaie tout pour convaincre Thomas de trouver un autre plan, il faut sauver ces victimes.

2. Bon, le laboratoire doit sûrement être détruit, mais si on pouvait éviter un sort de masse, ce serait quand même mieux, non ?

3. Allez hop, on ne se casse pas la tête, on atomise la zone, comme ça, pas de risques et on repart sur des bases saines question gouvernement en même temps !


Texte publié par Mart, 2 septembre 2019 à 18h16
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