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Tome 1, Chapitre 10 Tome 1, Chapitre 10
Le lendemain fut difficile. Non pas à cause du manque de sommeil. Ses forces nouvelles permettaient à l’adolescent de supporter aisément la fatigue. La véritable épreuve était après une telle aventure d’endosser de nouveau l’identité de Peter Parker. Une fois de plus il était attablé à ses enluminures dans le sinistre silence du scriptorium. C’est comme si rien ne s’était passé la nuit dernière. La démarche lourde et nerveuse de Jameson annonça son arrivée. Qui allait être sa victime ?
    
    « On est pire que des moutons. » Pensa Peter. « Eux au moins ils se sauvent à l’approche du loup. Alors que nous restons assis en espérant ne pas être la proie. »
    
    « Parker ! J’ai un travail pour vous. » Gueula Jameson.
    
    Effectivement rien n’avait changé. Sauf que Peter osa relever la tête. Il réalisait qu’à présent il pouvait broyer d’une seule main ce visage colérique rehaussée de cette petite moustache ridicule. Jameson en posant un simple papier éteint cette envie brûlant en lui.
    
    Ce dessin ou plus exactement ébauche faisait penser à....
    
    « C’est Spider-man. » Expliqua Jameson avec tant de mépris qu’on aurait cru qu’il crachait. « C’est une espèce de... créature, qui s’est battue dans les bas quartiers avec un voleur surnommé Mystério. »
    
    « C’était juste la nuit dernière. » Pensa Peter à haute voix.
    
    « Hé oui. » Enchaina Jameson trop occupé à déclamer pour se demander comment son employé connaissait ce détail. « Le prévôt s’est déjà chargé d’obtenir une description des témoins. »
    
    « Car lui il travaille vite ! » Ajouta Jameson à toute l’assemblée avant de se concentrer de nouveau sur Peter. « Bref cette chose n’est pas humaine. Sûrement un démon ou je ne sais quelle autre hérésie. La prévôté a besoin d’affichettes pour informer, prévenir, et tout le reste. J'en veux une trentaine avant la fin de la journée. Et comme le format est réduit, vous serez moins payé bien entendu. »
    
    « J... il a les doigts crochus. » Constata Peter encore abasourdi par une pareille coïncidence.
    
    « Et alors ! En quoi ça vous surprend ? Vous l’avez déjà vu en vrai pour comparer ! »
    
    Le malheureux enlumineur dû se mordre la langue pour ne pas exploser de rire. L’ironie de la situation était si intense, que la fin de cette journée de travail passa comme un simple murmure. Quant à son achèvement il fut comme une sorte de réveil. Pas le doux réveil après une bonne nuit de sommeil. Non ce réveil là se rapprochait plus d’un somme millénaire suite à une quelconque malédiction. Celui dont une fois sorti vous donne envie de dévorer le monde.
    
    Lui Spider-man, une future légende, venait de passer sa journée courbé sur un bureau en échange de quelques sous. Il méritait tellement plus. Tant d’idées lui traversaient l’esprit. Toutes plus délirantes les unes que les autres : jeter Jonah au sommet de la forteresse, soulever aux yeux de tous l’un des étals du grand marché, et bien entendu réduire en bouilli Flash Thompson. Finalement Peter parvint à se trouver un projet raisonnable : Mary-Jane Watson. Il en avait assez de ce jeu si lent avec Gwen Stacy. Mary-Jane paraissait bien plus avenante. Il faut dire que ces saltimbanques avaient une certaine réputation. Tante May attendrait bien un peu. Alors qu’il s’apprêtait à rechercher la belle rousse, une autre personne finit par s’introduire dans son esprit : Oncle Ben. Il lui avait demandé de veiller sur sa tante. Cette trahison s’ajoutant à celles à l’encontre de Tante May et Gwen Stacy, était de trop même pour le jeune ingrat en lequel Peter était entrain de se transformer.
    
    Bien qu’en trainant un peu le pas il rentra directement chez lui. Ses pensées étaient contradictoires. Ce retour dans ce doux foyer était toujours agréable. D’un autre coté était-ce digne du spectaculaire Spider-man ? A la vue de la boutique Peter eut une sorte de mauvais pressentiment. Rien à voir avec son bourdonnement miraculeux. Cette impression s’appuyait sur l’observation et l’habitude. Les rideaux étaient fermés. Les voisins généralement aimables affichaient un air triste.
    
    Peter était complètement perdu. Qu’est-ce qui avait bien pu survenir au sein de sa petite famille à l’existence si paisible ? Il ouvrit alors la porte sur un grand changement. Un changement que toute personne connaissait une fois dans sa vie. Un changement souvent douloureux, mais hélas inévitable.
    
    Trois personnes se trouvaient à l’intérieur. Il y avait Tante May recroquevillée sur une chaise le visage entre ses mains dont s’échappaient des sanglots. A ses cotés George Stacy la soutenait d’une main compatissante sur l’épaule. Son attitude guerrière ne parvenait pas à dissimuler totalement sa tristesse. Une jeune fille tenait une main de la vieille femme. Il émanait d’elle une compassion sincère, que pourtant la seule présence de Peter suffit à détourner.
    
    « Ho Peter ! Je suis tellement désolé. » Dit-elle en le prenant dans ses bras.
    
    Que la si réservée Gwen se comporte ainsi était de mauvaise augure. Au fond de lui-même Peter en comprit la cause, même s’il refusait de l’admettre. Alors il la serra contre lui en espérant que le temps s’arrête. Le prévôt n’appréciait pas que sa fille se comporte de la sorte. Il se sentait déjà faible d’avoir accepter de l’amener pour annoncer l’horrible nouvelle. Seulement elle s’était tellement attaché aux Parker et lui aussi dans une certaine mesure.
    
    L’homme d’arme sépara les deux jeunes gens avec une certaine délicatesse. Ensuite il plaça en face de son interlocuteur avant de s’adresser à lui d’une voix crispée.
    
    « Je... suis désolé Peter. On a retrouvé une caravane à quelques lieux de la ville. Elle a été attaquée par des brigands sans doute la bande de Wilson Fisk. Votre oncle compte parmi les victimes. Il n’est plus de ce monde. »
    
    Peter lui aussi venait de quitter un monde : celui de son enfance. Il souffrit pour son oncle, pour sa tante, et pour lui-même. Toutefois derrière cette douleur émergeait une rage, une haine. Une haine évidemment à l’égard des assassins d’Oncle Ben. Mais aussi envers quelqu’un d’autre : Spider-man.
    
    Cet incroyable pouvoir, il n’en avait jamais cherché l’origine, ni comment l’utiliser de façon bénéfique. Spider-man n’avait été que frivolité jusque-là. Désormais il en serait autrement. La ville d’Oscorpia venait d’hériter d’un nouveau citoyen, d’un symbole, d’un héros.

Texte publié par Jules Famas, 5 juin 2019 à 18h36
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