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Tome 1, Chapitre 9 Tome 1, Chapitre 9
Gernot était un de ces enfants des rues d’Oscorpia vivant généralement dans l’ombre. Le jour les braves gens les décriaient, les pointaient du doigt, et même parfois les chassaient. De plus la nuit était propice au chapardage. Malgré ses yeux habitués aux ténèbres Gernot douta de sa vision. Qu’est-ce que faisait cette gargouille en position accroupie sur le toit d’une maison toute simple ? La curiosité l’emporta sur le scepticisme. Gernot s’approcha afin de voir de plus près cette étrangeté. Le temps de faire quelque pas, suffit à la statue de disparaitre. Visiblement le rejeton des caniveaux avait rêvé.
    
    Effectivement il s’agissait bien d’un rêve, mais pas le sien. Combien de fois Peter avait-il eu envie de laisser libre court à ses pouvoirs ? Même lui l’ignorait précisément. A présent il sautait d’un toit à l’autre sans la moindre retenue. Il lui avait juste suffit de devenir une autre personne. Dans un premier temps Peter s’était servit discrètement dans la réserve de chutes de tissus de son oncle. Qui disait une nouvelle identité, disait un nouveau vêtement. D’ailleurs Peter avait fait quelques esquisses à ce sujet. Toutefois il n’existait pas une couleur en quantité suffisante pour produire une tenue complète. Alors Peter en prit deux : du bleu et du rouge.
    
    Un autre problème se présenta. Les morceaux d’étoffes étaient de tailles bien trop disparates. Alors il les rétrécit tous aux mêmes proportions réduites, et les relia avec un même fil noir. Cela donnait un effet uni rappelant une toile d’araigné. Après tout ces dons étaient liées à ces créatures. C’est toujours dans cette même idée il ajouta sur son torse un blason représentant une araignée. L’ajout d’une cagoule finalisa l’effacement de Peter Parker.
    
    Ainsi était né Spider-man. Toutefois il demeurait encore inconnu. D’où cette quête nocturne à l’encontre du malandrin se faisant appeler Mystério. Si Spider-man réussissait là où la prévôté avait échoué, aucun doute que sa réputation serait faite. Sans oublier le service que cette victoire rendrait à Gwen.
    
    Alors Spider-man continua sa patrouille nocturne jusqu’à une avenue trop large pour être franchit d’un simple bond. Le moment était venu de « tisser une toile ». Si Peter voulait que son alter-ego soit un héros adulé de tous il lui fallait une arme. Tous les grands guerriers en avaient une comme Arthur avec Excalibur, et Roland avec Durandal.
    
    Peter ne disposant de rien de mieux qu’un lance-pierre, il s’arrangea avec. Il augmenta la tension de la corde afin de l’adapter à sa nouvelle puissance musculaire. Pourtant Peter ne fut pas convaincu par son projet. Si l’arme était capable d’infliger certains dégâts, en revanche face à une cuirasse ou un bouclier elle ne valait plus rien. Mystério possédait-il une quelconque protection ? Qu’importe Spider-man devait avoir une arme à sa hauteur ou pas d’arme du tout.
    
    Puis lors de sa première sortie Spider-man réalisa les limites de ses déplacements par bond. Comme disait Platon : la nécessité est mère de l’invention. Alors Peter ressortit son lance-pierre, et le modifia en conséquence. Si bien que cette nuit face à cet obstacle Spider-man tira avec son arme un clou, qui se planta sur un mur. Le clou en question étant relié à un de ses fameux fils torsadés, Spider-man n’eut plus qu’à se balancer.
    
    Même si sa sortie nocturne semblait bien partit pour aboutir au nulle part comme les deux précédentes, toutes ces cabrioles valaient largement le déplacement. Brusquement Spider-man aperçut trois hommes d’arme entrain de courir plus bas dans les rues. Peut-être que ? Il les rattrapa rapidement à partir des toitures, et vit l’objet de leur course : un homme qu’il reconnut même de dos. Après tout il l’avait déjà rencontré en tant que Peter Parker. Ce qui d’ailleurs avait joué en partie dans le choix de sa proie.
    
    La cape violette ne laissait planer aucun doute. Spider-man prit alors son temps. Il attendit d’être à sa hauteur, et éprouva un certain plaisir à observer ce gibier, qu’il avait eu tant de mal à débusquer. Trois nuits représentaient une éternité aux yeux d’un adolescent.
    
    Spider-man suivait avec facilité ce bateleur en fuite inconscient du danger le guettant au-dessus. Soudain il accéléra au détour d’une rue tout en enlevant sa cape. Intrigué par ce manège Spider-man lui accorda encore un peu de répit. Il retourna son vêtement, et révéla la couleur marron de l’autre face. Mystério en extirpa des manches et enfila cet espèce de manteau caché. Ensuite il recouvrit ses autres vêtements avec. En guise de final il ôta sa perruque, sa fausse moustache, et ses favoris révélant ainsi une tête imberbe.
    
    Les préparatifs achevés Mystério offrit à ses poursuivants une parfaite prestation du pauvre passant bousculé par un gredin en fuite. Même s’il avait précédemment déjoué l’un de ses tours Spider-man demeura admiratif. Au point qu’il hésita à agir. Certes Mystério trompait les gens. D’un autre coté il n’usait pas de violence. Finalement ce ne fut ni l’éthique, ni l’admiration qui l’emporta mais la soif de gloire.
    
    Spider-man atterrit sur la terre ferme, et s’engouffra à son tour dans la rue empruntée par son gibier. Un nouveau tour l’y attendait. Mystério avait disparu ! Il s’agissait pourtant d’une impasse dont les seules ouvertures étaient des fenêtres situées en hauteur et aux volets tirés. Face à ce coup de théâtre lui dérobant une victoire certaine, l’intelligence de Spider-man céda devant la panique. L’apprenti-justicier tourna en rond dans le cul-de-sac sans idée précise. Un bourdonnement similaire à celui ayant eut lieu dans sa chambre, se manifesta. Toutefois il était si léger, qu’un autre fut nécessaire à Spider-man afin qu’il y prête attention.
    
    Cette sensation lui venait, dès qu’il passait devant une portion précise d’un des murs. Spider-man tâta l’endroit. C’était du bois reproduisant habillement l’apparence de la pierre. Son découvreur défit cette cloison donnant sur une porte. Un nouvel instant d’admiration face aux tromperies de Mystério aurait dû suivre. Seulement la proximité du triomphe grisait trop Spider-man.
    
    Il aplatit littéralement la porte s’offrant au passage une entrée fracassante.
    
    « Mystério vous venez de jouer votre dernier tour. »
    
    Malgré toutes les fois où Spider-man avait répété cette réplique, elle sonnait faux. Le ton était bien trop pompeux. Il faudrait peut-être demander des conseils à la jolie Mary-Jane pour la prochaine fois ? L’intérieur se limitait à une pièce plutôt vaste et encombrée de... choses. Miroirs, cartes à jouer, bouteilles, outils, habits, bouts de bois... cet ensemble était dénué toute cohérence. Au fond de la pièce se trouvait Mystério.
    
    Il avait juste eu le temps de se débarrasser de sa cape-manteau, et offrait à présent un aspect très ordinaire. C’était un peu comme un tour de prestidigitation dont on connait le trucage. Il perd alors toute sa saveur. D’ailleurs une fois l’étonnement passé face à cette apparition costumée, sa réaction fut également décevante. Pas de disparition ou autre illusion. Il empoigna juste un gourdin à proximité et afficha un rictus voulu intimidant.
    
    « Vas-t-en. »
    
    Sa réplique était tout aussi médiocre. La « magie » de Mystério avait visiblement atteint ses limites. Face à tant de déceptions Spider-man décida d’abréger la scène. Lui qui n’avait jamais été violent sans doute emporté par une sorte de plaisir du jeu, balança son poing. Le coup était rapide afin de surprendre tout en conservant une puissance modérée.
    
    Le bourdonnement lui revint juste avant. Il n’y prêta aucun intérêt. La situation était si simple. Pourquoi la compliquer ? Au lieu de mettre à terre son adversaire Spider-man explosa un miroir un peu particulier reflétant ce qui était derrière lui et non en face. En plus de quelques saignements les éclats de verre aveuglèrent un court instant Spider-man.
    
    Même s’il préférait des procédés plus subtiles, Mystério était habitué aux bas quartier et à ses risques. Si bien qu’il sut profiter de l’occasion, et exécuta une frappe en pleine tempe. Du fait de ses nouvelles capacités il en fallait plus pour venir à bout du justicier. Toutefois cette violence lui demeurait étrangère. Spider-man encore désorienté répliqua par un mouvement du bras désordonné. Sa force et sa vitesse toutes deux surhumaines pallièrent à son inexpérience. Bien qu’effleuré Mystério se fracassa contre un mur. Grâce à Dieu il bougeait encore.
    
    « Bravo. » Applaudit Spider-man. « Votre numéro final était à la hauteur. »
    
    Il plaisantait ! Cet homme l’avait tout de même attaqué violemment. Spider-man restait au fond de lui un adolescent, qui face à l’adversité s’évadait par le biais de l’humour. De son coté Mystério malgré le choc subit, conservait son esprit créatif.
    
    « Ce n’était pas le final. » Dit-il en suivant son ennemi dans son sens de la propos.
    
    En guise de démonstration il s’empara d’une petite fiole à proximité et la jeta à terre. De la fumée s’échappa du récipient brisé, et recouvrit presque immédiatement toute la pièce. Spider-man si sûr de sa victoire fut dépassé par ce coup de théâtre. Au contraire Mystério sut parfaitement quoi faire. Un illusionniste se devait d’avoir une bonne perception. L’emplacement de la carte cachée, le mécanisme de la trappe, l’angle-mort des regards des spectateurs... autant de choses qu’il fallait vite savoir retenir, si on voulait que la magie fonctionne. Donc avant l’invasion totale de ce nuage opaque, Mystério avait retenu l’emplacement de Spider-man et le cheminement pour s’y rendre sans un bruit.
    
    Il frappa toujours de son gourdin Spider-man sur sa droite, puis sur gauche. La troisième attaque brassa juste de l’air. Spider-man s’était accroupi juste avant comme s’il l’avait senti venir. Et c’était exactement le cas. Avant chaque assaut le bourdonnement était revenu. L’esprit logique de Spider-man avait comprit, qu’il s’agissait d’une sorte de sixième sens l’avertissant du danger. Tout comme le risque de voir son ébauche de costume découverte par sa tante ou celui de pénétrer dans l’antre de Mystério.
    
    Cette acceptation de cet autre pouvoir alla de paire avec une meilleure compréhension. Le fameux bourdonnement indiquait aussi vaguement la provenance de la menace. Tandis que la quatrième frappe se préparait, Spider-man percuta son adversaire. Cette simple charge fit sombrer Mystério dans l’inconscience. Spider-man jusqu’ici croyait s’amuser. Ce déversement de violence, et ses blessures venaient de le ramener à la triste réalité. Il n’avait plus qu’une seule envie désormais : en finir au plus vite. D’une main il ramassa Mystério et de l’autre chercha à tâton la sortie avant que cette maudite fumée ne les asphyxie tous les deux.
    
    Une fois dehors tout en pestant il déposa son fardeau avant s’offrir une grande inspiration. C’est alors qu’il les remarqua. Son affrontement avec Mystério n’avait pas été des plus silencieux. Quelques badauds étaient donc venus voir les raisons de leur réveil précoce. Ainsi le gringalet, l’orphelin, l’anonyme était le centre d’attraction. Non il n’était plus cette personne à présent.
    
    « Je me nomme Spider-man. » Dit-il à la modeste assemblée. « Je vous offre Mystério, celui qui a dépouillé tant des vôtres. »
    
    Quitte à fournir un spectacle autant soigner sa sortie. Un jet du lance-pierre, un fil fixé, et un balancement vers les hauteurs. Ce départ fit son petit effet. Mary-Jane avait raison. Être quelqu’un d’autre procurait une sensation indescriptible.
    

Texte publié par Jules Famas, 31 mai 2019 à 08h58
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