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Tome 1, Chapitre 4 Tome 1, Chapitre 4
Les coups de marteau émanant de la forge suivaient un rythme précis. Ils constituaient presque une mélodie où se mariaient lyrisme et force. Le forgeron mélomane disposait d’une musculature correcte bien qu’inférieure à la moyenne de sa profession surtout à celle de son père. La mort de cette brute juste capable de répéter inlassablement les mêmes gestes avaient été une bénédiction aussi bien pour son fils que son établissement. Désormais cette forge était réputée dans toute la région.
    
    La musique se fit plus douce. Le forgeron procédait aux dernières finitions du casque. Il procéda à un ultime examen de sa création, puis l’aligna parfaitement avec ses prédécesseurs sur une table. La rigueur de l’artisan était omniprésente. Chaque outil était rangé selon sa taille et sa fonction. Aucune trace de suie ou d’autre saleté propres aux forges ne trainait. Même la coupe au bol de l’artisan était parfaite sans la moindre mèche, qui dépasse.
    
    Les gongs de la porte régulièrement huilés n’émirent pas le moindre grincement lorsqu’un visiteur pénétra à l’intérieur. Si bien que le forgeron mit un certain temps à se rendre compte de sa présence. Depuis combien de temps l’observait-il ? Même si cette perpective lui déplut, il n’en laissa rien transparaitre. Au contraire il exécuta la révérence et la tirade d’usage.
    
    « Bonjour messire d’Osborn. »
    
    « Bonjour maitre Octavius. »
    
    Jusqu’ici Norman avait toujours fait preuve d’un grand respect envers son forgeron attitré du fait de son talent. Pourtant ses dernières paroles contenaient de la sévérité. Et celà continua.
    
    « Où en est votre fameuse épée ? »
    
    « J’ai dû apporter certaines modifications. » Commença à dire machinalement Octavius avant de réaliser l’insatisfaction de son seigneur et de se reprendre. « Mais je pense avoir bientôt un modèle définitif. »
    
    « Vous pensez ! » S’exclama Norman en laissant s’échapper ouvertement son impatience. « Les brigands qui sévissent sur mes routes eux ne pensent pas, ils agissent. J'exige du concret ! »
    
    Octavius était fier de ses créations si innovantes. Qu’on ose remettre en cause la qualité de son travail, lui fit oublier l’ordre social.
    
    « Si mon travail prend du temps à qui est-ce la faute ! Depuis longtemps je demande des apprentis compétents et un agrandissement de ma forge. Or seuls ces noircisseurs de papiers ont vos faveurs. »
    
    « Ces noircisseurs de papiers. » Répéta seulement Norman interloqué par tant d’audace.
    
    Octavius réalisa alors sa maladresse. Ne pouvant faire disparaitre ses paroles, il décida de les justifier.
    
    « Dans votre lutte contre la bande de Wilson Fisk, je peux vous fournir armes, et cuirasses. Les soi-disant sages de votre université, quelle aide vous offrent-ils ? »
    
    Norman ne fut pas impressionné par cette tirade, ni choqué par le fait qu’on mette sa gouvernance en doute. En fait il était en pleine illumination. Quelle pensée traversait-il donc ce brillant esprit ?
    
    « Nous en reparlerons. » Dit-il à son forgeron avant de brusquement s’éclipser.
    
    Norman se dirigea vers l’université d’une démarche volontaire, puis marqua un arrêt à mi-chemin. Il s’aventurait vers un chemin obscur. D’un autre coté il en allait du bien être de son fief et de l’honneur de son blason. Alors le seigneur d’Osborn reprit sa marche vers sa destinée.
    
    La marche en question s’acheva dans le bureau de Connors. Le contraste était saisissant par rapport à la forge d’Octavius. Parchemins, livres, et divers instruments y trainaient dans un chaos absolu. Dès qu’il vit l’air sombre de son visiteur, le professeur le partagea. Car il comprit que la raison de cette venue était importante. Norman était un homme direct habitué à commander sans avoir à se justifier. Pourtant il mit un certain temps à prendre la parole.
    
    « J’ai besoin de votre savoir. »
    
    « Bien entendu. » Répondit Connors interloqué par tout ce cérémonial pour une demande si simple.
    
    « De tout votre savoir. » Insista Norman gravement.
    
    L’érudit comprit parfaitement l’allusion. Ses mains commencèrent alors à trembler. Tout un passé enfoui depuis de nombreuses années, ressurgit dans son esprit.
    
    « Vous ignoriez de quoi vous parlez. » Rétorqua-t-il.
    
    « Je parle de puissance et de pouvoir ! » S’exclama Norman avant de baisser un peu le ton. « Une puissance dont j’ai grandement besoin. A cause de Wilson Fisk et de ses hommes, Oscorpia s’appauvrit. Les marchandises y arrivent et y partent de moins en moins. »
    
    Norman venait d’exposer ses soucis de baron. Connors à son tour présenta ceux de l’érudit.
    
    « Ce sont des rites païens bien trop anciens pour être compris. J’ai payé le prix de ma témérité à vouloir le faire. Je refuse de me laisser y entrainer de nouveau. »
    
    Les arguments étaient logiques et sincères. Seulement Connors avait usé d’un mot inapproprié : refuser. On ne refusait rien au grand Norman d’Osborn ! Il chassa d’une main une pile de papiers sans raison valable, uniquement pour le plaisir de détruire et d’assoir son autorité.
    
    « Je vous ai fournis une nouvelle identité, et même une université. C’est aussi grâce à moi que les inquisiteurs ne vous ont pas retrouvé. »
    
    En tant qu’ancien homme de foi, Connors savait de quoi la sainte inquisition était capable. La simple mention cet ordre le fit trembler jusqu’aux tréfonds son âme.
    
    « Si je pratique l’invocation, un vaisseau sera nécessaire pour accueillir la puissance des esprits de la terre, un vaisseau humain. » Dit-il à mi-voix le regard baissé. « Et je ne crois plus être en mesure de le faire. »
    
    « Il n’a jamais été question que ce soit vous. » Annonça Norman le visage dévoré par l’envie.
    
    A le voir ainsi Connors se demandait, qui il devait craindre le plus ? Ces rites de jadis ou son seigneur et maitre du présent.

Texte publié par Jules Famas, 29 avril 2019 à 08h46
© tous droits réservés.
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