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Tome 1, Chapitre 2 Tome 1, Chapitre 2
Cette large route était bien entretenue comme toutes celles menant à Oscorpia. Le commerce et le savoir constituant le cœur de cette cité, alors elle prenait soin de ses veines. Un chariot bâché même imposant comme celui présent en ce jour, pouvait y circuler facilement. Du moins sans un essieu cassé. Les trois hommes composant le convoi étaient de toute évidence des voyageurs novices. Devant cet aléa ils hésitaient, tournaient rond, et ignoraient comment réagir.
    
    Puis comme le Diable ils surgirent de l’ombre sans le moindre signe annonciateur. Ces six hommes descendirent de leurs montures. Ils portaient des tenues en toiles grossières et rapiécées, et brandissaient des armes en parfaites d’adéquations : gourdins, faux, poignards... Ils appartenaient à la pire espèce des combattants. Celle qui au lieu de se battre au nom de Dieu, de l’honneur, ou d’un noble seigneur, songeait uniquement à son propre profit au détriment des plus faibles.
    
    Parmi ces brigands à l’air sombre, se distinguait un homme musclé à la peau très blanche, aux dents aiguisés comme des couteaux, et à l’air sadique. On aurait dit un démon en quête d’âmes. Pourtant ce n’était pas lui que les infortunés voyageurs remarquèrent. A l’avant de ce groupe de gredins se tenait une masse gigantesque dont émergeait une tête ronde dépourvue de cheveux. Il portait un large tablier de cuir, qui ne parvenait pas malgré tout à couvrir entièrement son ventre si imposant. Ce titan brandissait une impressionnante hache de guerre ayant l’air d’un jouet entre ses mains.
    
    Alors que ses vils complices rigolaient d’avance de leur futur forfait, lui affichait un air grave.
    
    « Donnez-nous vos biens, et nous vous épargnerons. » Dit-il avec une solennité inattendue de la part de quelqu’un de sa caste.
    
    Le recul des voyageurs face à eux renforça la confiance des brigands. Mal leur en prit. Il ne s’agissait pas d’une fuite mais d’un retrait.
    
    Le chariot dévoila alors non pas richesses et marchandises mais six hommes. Les épaules larges, les regards durs, casqués, vêtus de cotte de mailles, brandissant épées, lances, fléaux d’armes... ils étaient de vrais guerriers et non de vulgaires maraudeurs comme ceux reculant à leur tour. Tout comme le précédent au sein de ce nouveau groupe, deux membres s’en distinguaient. Le premier n’était pas plus imposant ou plus lourdement armé que les autres. En revanche il émanait de lui une grande assurance. Même s’il ne se trouvait pas en avant on l’aurait immédiatement identifié comme le guide de cette troupe.
    
    Quelques mèches rousses et frisées typiques de sa lignée ressortaient de son casque. On le désignait sous le titre de baron Norman d’Osborn. Ce visionnaire de part son intelligence et son ambition, avait transformé la modeste bourgade d’Oscorpia en une illustre cité. Et il comptait bien préserver les fruits de son labeur. Il pointa en direction du chef des brigands une épée d’une longueur inhabituelle d’environ un mètre. Bien plus tard cette arme désignée sous le terme ingrat de bâtarde s’imposerait sur les champs de bataille.
    
    « Wilson Fisk. » Déclama-t-il avec une intonation parfaitement maitrisée. « Vous ne sévirez plus sur mes terres. »
    
    Le dénommé Wilson ne prêta visiblement aucun intérêt à ces paroles. Il dit juste : « Restez groupé. » à ses complices comme s’il sentait leur envie de fuite.
    
    La dureté contenue dans ces mots coupa toute intention de retraite. L’affrontement était donc inévitable. C’est alors qu’un autre personnage sortit des rangs des soldats d’Oscorpia. Sa masse égalant presque celle de Wilson, était recouverte d’une véritable carapace de métal. Au lieu de l’armoirie d’Oscorpia se trouvait sur son torse la représentation d’un animal peu connu et issue de terres lointaines, qu’on désignait sous le nom de rhinocéros.
    
    Tout comme son physique et son armure, son arme défiait les normes. Il s’agissait d’un marteau de guerre que trois hommes forts auraient eu ensemble de la peine à soulever. Sous son heaume Alexandre d’O’hirn esquissa un air satisfait. Ce chevalier sans terre, ni richesse qui trouvait uniquement de la gloire au combat, faisait enfin face à un adversaire susceptible de l’inquiéter.
    
    « Il est à moi. » Lui rétorqua Norman à qui décidément rien échappait. « A l’assaut. »
    
    Faute de mieux lors de la charge Alexandre se dirigea vers le brigand pâle. Quant au baron il fonça en estoc sur Wilson. Ce dernier attendit bien campé sur ses jambes. Une fois à portée Norman dévia sa course sur sa droite, si bien qu’il rata son ennemi du moins en apparence. Puisqu’une fois au niveau de Wilson il tourna sur lui-même vers la droite et enfin exécuta un coup de taille sur sa gauche.
    
    Un fracas se produisit, hélas pas celui escompté. La feinte n’avait pas fonctionné. Wilson venait de bloquer l’attaque de sa hache. Ensuite il avança d’un pas en basculant de tout son poid. Norman eut l’impression de subir la charge d’un taureau. L’instant d’après il se retrouva quelques mètres plus loin gisant sur le sol et incapable de se relever. Wilson s’approcha alors calmement tout en levant son arme. On aurait dit la mort fauchant tranquillement les âmes.
    
    « Tu n’es pas à un tournoi, pauvre Bouffon. »
    
    Les paroles de son ennemi firent réaliser son erreur à l’infortuné baron. Faire prospérer son fief lui avait laissé peu de temps pour guerroyer, chasser, et ferrailler. De plus Wilson n’était pas comme il le croyait un simple voleur de grand chemin un peu plus fourbe, et fort que ses congénères. Donc même s’il s’était soigneusement préparé Norman n’était pas en mesure de croiser le fer avec cet homme sévissant sur ses routes. Malheureusement cette vérité arrivait bien trop tard.
    
    Brusquement un cri de guerre stoppa l’instant fatidique. Alexandre qui était venu à bout de son adversaire, se porta au secours de son seigneur. Son marteau s’abattit. La hache de Wilson le dévia au prix d’un recul. Ce chef de bande n’avait jamais fléchit auparavant. Cela attisa sa concentration. Il vit alors d’autres soldats se ranger au coté de son nouvel adversaire. Ainsi ses complices avaient mordus la poussière même Tombstone le meilleur d’entre eux. Lui seul supportait un entrainement avec Wilson.
    
    Pourtant la peur ne l’étreignit pas. Il brandit alors sa hache bien haut vers le ciel. Et il en tomba une flêche, qui finit sa course dans la poitrine d’un des soldats. D’où tirait ce talentueux archer ? Cette question et la diversion l’accompagnant permirent à Wilson de courir vers sa monture. D’autres flêches tombèrent des cieux poussant les soldats à se mettre à couvert sous le chariot au lieu de poursuivre le chef de ces maudits pillards. Ne pouvant pas du fait de sa taille se glisser sous le véhicule Alexandre s’éloigna jusqu’à être hors de portée, et emporta au passage son maitre.
    
    De son coté Norman le regard pointé en direction du ciel ne songeait pas à la fuite de son ennemi, ni sa défaite, ni même à ses blessures. Ce qui revenait inlassablement à l’esprit de ce seigneur était le mépris de Wilson à son égard. Lui le baron d’Oscorpia dont l’existence avait été jusqu’ici que gloire et triomphe, venait d’être humilié par un vulgaire voleur
    
    Cette première défaite allait le hanter pour le restant de son existence.

Texte publié par Jules Famas, 19 avril 2019 à 22h15
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