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Tome 1, Chapitre 14 « L'éveil tragique marque la fin du rêve » Tome 1, Chapitre 14
Lorsqu'il s'éveilla, Dvan se rendit tout de suite compte que quelque chose n'allait pas. Déjà, il ne se trouvait plus dans sa petite chambre, dans le baraquement mais dans une sorte de cachot. Surpris, il regarda tout autour de lui. Il voyait… C'était si étrange. Il avait l'impression de discerner des détails infimes, comme les nœuds dans le bois ou les arêtes sur le sol pavé. Comment était-ce possible ? A croire que sa vision s'était amélioré.
    
     Ses yeux se posèrent sur sa main droite, les cicatrices étaient toujours présentes. Pire, il les découvrait sous un jour nouveau et les trouvaient encore plus laide. C'était donc ça, que les autres voyaient lorsque leur regard se posait sur lui. Il comprenait pourquoi personne ne le regardait en face. Ils n'avaient pas envie de contempler ce spectacle.
    
     Le garçon posa ses paumes sur son visage, sentant les boursouflures de peaux sous ses doigts. Rien n'avait réellement changé. Son physique était toujours le même. Il était toujours aussi monstrueux.
    
     Le rêve de la veille lui revint en mémoire. Rosa n'était pas là. Elle n'avait sans doute jamais été présente. C'était juste lui qui délirait. Peut-être cela expliquait-il ce qu'il faisait ici…
    
     Il ne se souvenait de rien à part de la visite de sa sœur. La police l'avait peut-être arrêté. Est-ce que se serait pour le meurtre de ce pauvre type ? Les mots de Rosa lui revinrent en tête. Les avait-il imaginé ? Avait-il tué quelqu'un sans le savoir ?
    
     Non, il y avait sûrement une erreur. Quand quelqu'un viendrait lui rendre visite, il poserait des questions pour en savoir plus sur son sort. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'on lui réponde.
    
     Dvan s'assit sur le banc en bois, sur lequel il avait visiblement dormi. Il ne lui restait qu'à attendre.
    
     Pourtant quelque chose le gêné… Il avait l'impression qu'il touché du doigt un élément d'importance sans pour autant retrouver ce que ça pouvait être.
    
     Brusquement, il se releva. Sa vue… Dvan ne pouvait nier qu'il voyait beaucoup mieux qu'auparavant. Avec espoir, il posa sa main sur son œil gauche. Malheureusement, l'autre ne lui permettait que discerner des ombres. De ce côté-là, rien n'avait changé.
    
     Mais de l'autre. Pourquoi sa vision était-elle meilleure ?
    
     Un autre mystère… Tant de questions sans réponse. Les aurait-il un jour ?
    
     Les mots de Rosa, lui revinrent en mémoire. Etait-il possible que… Rosa, où était-elle ? Ses pensées retournaient sans cesse vers sa sœur . Où était-elle à présent ? L'avait-il vraiment vu ?
    
     Une envie de hurler son prénom lui vint. Il se sentait fébrile et ne désirait que sortir pour la retrouver. Seulement la porte en bois était fermé. Il fallait s'y attendre, s'il était en prison.
    
     Après avoir tourné en rond, il se laissa tomber sur le banc. Le garçon n'arrivait pas à se calmer. Quelque chose lui manquait. Quelque chose dont il avait besoin… Seulement, il n'arrivait pas à trouver quoi… Mis à part Rosa.
    
     La sensation ne fit que s'accentuer. Au fur et à mesure que le temps passait, il se sentait de plus en plus mal. Une douleur lui transperça soudainement le corps. Il avait faim ?
    
     Non, il avait déjà eu faim et ceci était beaucoup plus tenace, prenant petit à petit toute la place dans son esprit. Envahissant tout et ne laissant la place qu'à cette unique sensation, ce désir profond, prenant le pas sur sa raison et menaçant de dicter tous ses actes.
    
     Prenant sa tête entre ses mains, il tenta de se calmer. Jamais Dvan n'avait ressentit pareil trouble. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait et ce que lui réclamer son corps. Un éclair de douleur, le paralysa, se répandant petit à petit dans tout son être.
    
     Basculant du banc, il se recroquevilla sur le sol, cherchant une position qui lui permettrait d'apaiser un peu sa souffrance. Avoir mal, c'était un peu l'histoire de sa vie. Le garçon avait appris à faire avec. Serrant les dents et cachant à tous ce qu'il ressentait. Seulement, en ce moment présent, ce n'était sans aucune commune mesure avec ce dont il avait l'habitude. C'était comme si on le poignardait de l'intérieur, prenant plaisir à déchiqueter lentement sa chair.
    
     Sa gorge était sèche et il ne rêvait que d'un peu d'eau pour pouvoir apaiser sa soif. Mais ici, il était seul et l'on pouvait le laisser croupir, tant de temps que l'on souhaité. Cette pensée le terrifia. Il lui fallait sortir au plus vite.
    
     Le géant tenta de se remettre sur pied, mais son corps tremblant ne l'aider pas et il bascula. Sa deuxième tentative fut plus probante, et en prenant appuie sur le mur, il se redressa les jambes chancelantes.
    
     Inquiet, il ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait. Il était malade, mais quel était cette maladie étrange qui se propageait si vite dans son corps.
    
     Allait-il mourir ici, même ? Mourir sans avoir pu revoir Rosa ?
    
     Des larmes coulèrent seules de ses yeux. Il ne pouvait partir comme ça.
    
     Des bruits de pas lui parvinrent. Quelqu'un venait ?
    
     Il se sentait encore plus fébrile. Il y avait quelque chose dehors qu'il voulait. Quelque chose hors de cette cellule, qu'il désirait plus que tout.
    
     Il sentit la salive inonder sa bouche, sans comprendre pourquoi. Il avait faim, certes mais rien ne disait que l'on lui apportait à manger.
    
     -Attendez ici !
     -Bien, Monsieur le Gouverneur.
    
     Sur le moment, Dvan ne comprit pas ce qu'il venait d'entendre. Il devait forcément se tromper.
    
     La clé tourna dans la serrure, et il n'eut qu'une envie se précipiter à l'extérieur pour pouvoir enfin… Manger.
    
     Manger, c'était le mot qui lui occupait l'esprit.
    
     Ses muscles se tendirent, il était prêt à bondir. Encore quelques secondes et ça serait bon…
    
     Lorsque la porte s'ouvrit, Dvan s'élança. Mais tous ses espoirs furent rapidement brisés, lorsqu'un coup de poing le fit retourner en arrière. Il s'écroula sur le sol, peinant à se relever.
    
     -Ne t'approches pas de moi, vermine ! C'est donc pour toi, que ma chère épouse était prête à risquer tout son avenir… Toi, le bon-à-rien, incapable de prendre soin d'elle.
    
     Le géant tourna la tête vers celui qui lui parlait. Il ne le connaissait pas. Ne savait pas de quoi il parlait, mais ses manières ne faisaient que décupler sa colère. Son froncement de nez, avait quelque chose d'insultant. Alors qu'il se redressait, l'autre lui envoya un coup de pied qui le déstabilisa.
    
     -Reste par terre !
    
     Il appuya le bout de sa botte sur sa tête.
    
     -Tu n'es rien ! Mais un rien qui prend déjà trop de place !
    
     Dvan ne comprenait pas ce que l'autre lui racontait, mais il n'était pas décidé à se laisser maltraiter. Il se saisit de la jambe de son interlocuteur et tira un grand coup, le déstabilisant. Chose à laquelle l'autre ne s'attendait sûrement pas. Il bascula en avant, tentant tant bien que mal de se rééquilibrer, avant de venir percuter le mur, sous le regard hilare du géant.
    
     L'homme se retourna furieux.
    
     -Toi ?! Comment as-tu osé ?! Sais-tu seulement qui je suis ?!
    
     Dvan n'en avait pas la plus petite idée, et il n'en avait pas grand-chose à faire non plus. En ce moment, seules deux choses comptaient pour lui : Rosa et trouver à manger. La deuxième était d'ailleurs en passe de surplomber la première.
    
     -Je suis Aloysius Devret, Gouverneur de cette province.
    
     Pour le géant, tout cela lui passait par au-dessus de la tête. Il ne voyait pas pourquoi ce type lui en voulait. Tout ce qu'il savait de lui, c'était qu'il travaillait à construire sa nouvelle résidence. C'était un peu maigre comme indice.
    
     L'autre se reprit et avançant à un vitesse folle, le saisit par le cou, enfonçant ses doigts dans sa chair. Il avait une poigne de fer, et Dvan se sentait si mal.
    
     -Qu'est-ce que je vous ai fait, à la fin ? hoqueta le géant.
    
     Son interlocuteur eut un mouvement d'humeur et l'envoya frapper le mur.
    
     -Bien sûr, trop stupide pour comprendre.
    
     Il lui jeta un regard mauvais.
    
     -Je vais te laisser là, et tu vas finir par crever oublié de tous. Telle sera ta peine, pour la honte que j'ai subie. Je l'aurais pour moi, seul. Elle sera à moi.
    
     Il referma la porte derrière lui.
    
     -Brûlez ça ! déclara-t-il en jetant quelque chose. Je ne veux rien qui été en contact avec cette vermine.
    
     Les autres lui emboîtèrent le pas, abandonnant Dvan a son triste sort. Il les écouta encore quelques instants avant qu'ils ne disparaissent dans les profondeurs du lieu.
    
     Où est-il donc ? Qu'avait-il fait ?
    
     Et le pire de tout, pourquoi souffrait-il autant ?
    
     Se laissant glisser à nouveau sur le sol, il tenta de trouver du réconfort dans la fraîcheur du dallage au sol. Malheureusement, il n'en trouva aucun. Son corps se mit à trembler. La douleur ne faisait qu'augmenter, alors qu'il avait l'impression qu'un feu avait pris place au sein de son estomac.
    
     Allongé, recroquevillé sur lui-même, il ne pensait plus à rien. Il voulait juste que tout s'arrête. Son tourment continuait pourtant, ne lui laissant aucun répit. Chaque seconde, chaque minute ne faisait que lui apporter son lot d'affliction.
    
     Dvan chercha une pensée sur laquelle fixer son esprit. Mais il n'y parvenait pas, revenant sans arrêt à sa sœur donc il n'avait toujours aucune nouvelle. Ne sachant pas si elle était encore en vie ou non, il ne pouvait même pas se focaliser sur cette idée.
    
     Ainsi, commença le début de son calvaire.

Texte publié par Nascana, 29 juillet 2019 à 00h18
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