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Tome 1, Chapitre 11 « L'amour d'une soeur vaut tous les sacrifices » Tome 1, Chapitre 11
Ainsi, la vie continua lentement dans ce nouvel environnement. Les jours se succédaient aux nuits et inversement. La vie en ce lieu n'était pas simple, mais chaque fois que Dvan rentrait sa sœur l'accueillait avec le sourire. Elle l’incitait à parler, s'inquiétant toujours qu'il souffre du fait de ses anciennes blessures. Même si c'était le cas, le garçon ne lui aurait jamais avoué.
    
     Il avait la chance de ne pas se trouvait aux postes les plus dangereux sur le chantier et loué sa bonne étoile pour cela. Malgré tout son travail éprouvant, il se ressourçait avec le sourire de Rosa. Plus le temps passait, plus il prenait conscience qu'elle devrait le quitter un jour, pour un autre homme, il en concevait une vive jalousie.
    
     -Dire qu'un jour, tu ne seras plus là, lâcha-t-il pour lui-même.
     -Tu m'enterres déjà, charmant !
    
     Il secoua vivement la tête, faisant voler ses boucles rousses.
    
     -Ce n'est pas ce que je veux dire. Il va bien y avoir un moment où tu te lasseras de moi et où tu voudras te marier…
     -Et puis, après quoi ? Avoir des enfants ?
    
     Elle secoua la tête.
    
     -Tu divagues. Ca n'arrivera jamais.
     -Pourquoi donc ? Tu es magnifique. Je suis sûr que plein d'hommes seraient d'accord pour t'épouser.
    
     Elle eut un rire nerveux.
    
     -Comme si moi, j'allais vouloir d'eux. Je sais trop bien ce qu'ils cherchent tous.
     -Rosa ?
    
     Il avait tourné le regard vers elle, ouvrant la bouche pour l'interroger avant de se raviser pour ne pas la mettre mal à l'aise.
    
     -Qu'il y a-t-il ?
     -Tu veux me parler de quelque chose ?
    
     A ce moment, c'était elle qui avait hésité, puis elle avait secoué lentement la tête.
    
     -Je n'ai pas besoin d'un mari puisque j'ai le meilleur des frères. Tu te marieras sans doute avant moi…
     -J'en doute. Tu as vu la tête que j'ai.
    
     Elle l'avait alors pris dans ses bras.
    
     -Tu es grand et fort, et si gentil. Tu es bon à l'intérieur. La fille qui saura le voir, te méritera réellement.
     -Comme ça, elle héritera d'un pauvre ouvrier sous-payé. Cette femme sera décidément une sainte. Je doute qu'elle existe, alors c'est toi qui devras me supporter toute ta vie.
    
     Lui caressant tendrement les cheveux, elle murmurait :
    
     -Mon petit frère, mon si gentil petit frère… Le seul homme qui mérite que passe ma vie, avec lui.
    
     Il secouait la tête.
    
     -N'exagère pas. On croirait que je n'ai jamais rien fait de mal. Je ne suis ni meilleur, ni moins bon que les autres.
     -Ho que si tu es meilleur…
    
     Elle disait cela, les yeux dans le vague, et le visage triste, mais à nouveau, il n'osa pas l'interroger.
    
     ***
    
     Quelques jours plus tard, alors que Dvan rentrait tranquillement, avant que le soleil ne finisse de se coucher, il entendit la voix énervée de sa sœur et se mit à courir dans sa direction. En arrivant, il put apercevoir un type qu'il ne connaissait que de vu, importuner Rosa.
    
     -Aller, montre-moi un peu ce que tu as là-dessous, déclara l'homme en tentant de soulever les jupons de la jeune femme.
     -Ne pose pas la main sur moi, sale porc !
    
     Il la saisit par les bras et elle se débattit.
    
     -Qu'est-ce que t'as ? J'suis pas assez bien pour toi, c'est ça ! Tu peux te donner des grands airs, tout le monde sait bien ce que tu fais, sale pute !
    
     Entendant cela, le sang de Dvan ne fit qu'un tour. Il sépara vivement l'assaillant de Rosa.
    
     -Ne touche pas à ma sœur !
     -Qu'est-ce qu'il me veut celui-là ? grogna l'homme visiblement alcoolisé.
     -Si jamais tu reposes la main sur elle…
     -Tu vas faire quoi ? Me frapper ?
    
     L'autre se mit à rire.
    
     -Si tu devais taper sur tous les mecs qui lui sont passé dessus, t'y passerais la nuit !
     -Ta gueule !
    
     Dvan se mit à le secouer, pour le faire taire.
    
     -Qu'est-ce qu'il y a ? T'avais pas encore compris que ta sœur était une pute ?!
     -Ferme ta putain de gueule !
    
     Rosa remise de ses émotions, appela son frère.
    
     -Dvan, laisse-le. C'est pas grave !
     -Pourquoi tu crois que t'es jamais à des postes dangereux ?! ricana l'autre. Elle se tape le contre-maître dans ton dos et qui sait d'autres, et toi, t'es trop con, pour le voir. Ou alors, ça t'arranger parce que tu la baises aussi !
    
     Ne pouvant retenir davantage sa colère, il lui décocha un grand coup de poing dans le visage, le faisant tomber au sol.
    
     Rosa se précipita sur lui, se serrant contre son dos.
    
     -Dvan, je t'en pris. Calme-toi. Tu vas avoir des problèmes.
    
     Il risqua un regard vers elle, des larmes coulaient sur ses joues. Sans un regard pour l'autre, il accepta de prendre sa main et se laissa entraîner vers leur logement, sans un mot. Ils fermèrent la porte derrière eux, toujours silencieux.
    
     -C'est vrai ? demanda juste le garçon.
    
     Elle hésita les yeux baissés sur le sol.
    
     -Et si c'était le cas, tu ferais quoi ?
    
     L'espace d'un instant, ils s'affrontèrent du regard. Le jeune homme fut le premier à baisser la tête. Elle soupira.
    
     -Mais enfin, Dvan, comment tu crois que j'ai survécu seule ? Ne me dis pas que ça ne t'est jamais venu à l'esprit ?!
     -Si, bien sûr mais…
    
     Il se sentait si mal.
    
     -Mais quoi ? Je pensais que tu le savais, mais que tu avais la décence de ne pas en parler ! Pourquoi croyais-tu que je partais chaque nuit ?
     -Pourquoi ici ? Tu n'étais pas obligée.
    
     Elle se mit à rire à la question, avant de le serrer dans ses bras.
    
     -Mon pauvre petit frère… Mon pauvre petit frère trop innocent… Dès l'instant où il a posé les yeux sur moi, j'ai su que je serais sa chose. Si j'avais résisté, tu aurais été renvoyé ou alors il m'y aurait contraint quand même. J'ai depuis longtemps appris à accepter les choses comme elle venait. Je lui ai dit « oui » mais j'ai posé mes conditions. Je voulais te protéger.
    
     Dvan la fixa, avant d'exploser.
    
     -Mais ce n'était pas à toi de le faire ! Tu aurais dû m'en parler, on aurait trouvé…
    
     Elle l'interrompit les sourcils froncés.
    
     -Ici ou ailleurs, quelle importance ! Les hommes sont tous les mêmes. Ici où il n'en y a qu'un ou ailleurs, où ils défilent à la chaîne !
     -Ne dis pas ça !
     -C'est pourtant la vérité.
    
     Elle fit mine de tourner les talons.
    
     -Où vas-tu ?
     -Lui parler, avant que les choses ne s'enveniment trop.
    
     Il la retint.
    
     -Je ne te laisserais pas retourner voir ce salaud ! C'est moi qui vais aller le voir, j'ai des choses à lui dire.
    
     Rosa repassa devant lui, pour lui barrer la route.
    
     -Certainement pas. Je n'ai pas fait tant d'effort pour que tu gâches tout ! Tu vas commencer par te calmer.
     -Me calmer ?! Mais comment veux-tu que je me calme ?! Tu as une idée de ce que je ressens.
     -Et moi, tu as une idée de ce que je ressens ?!
    
     A nouveau, ils s'affrontèrent du regard.
    
     -Laisse-moi m'occuper de tout. Je l'ai toujours fait jusque-là…
    
     Dvan se prit la tête entre les mains. Il était en plein dans un cauchemar et ne savait pas comment en sortir. Quelle était la bonne solution dans ce cas-là ? Comment réussirait-il à se sortir de ce mauvais pas ? Plus important comment tirerait-il Rosa de là ?
    
     -Et ce type, comment est-il au courant ? Il va le dire à tout le monde. Ca sera invivable pour toi…
    
     Tournant en rond, il réfléchissait à voix haute.
    
     -Je m'en occupe.
     -Non, attends ! Rosa, je t'en pris !
    
     Il la serra contre lui.
    
     -Je ne veux pas que…
     -Que quoi ? Que les gens sachent que je couche avec le contre-maître ?
     -Rosa…
     -Mais arrête avec ta voix plaintive ! Tout le monde le sait déjà. Je pensais que tu faisais semblant, parce que tu étais embarrassé. Maintenant, laisse-moi faire.
     -On pourrait tout recommencer ailleurs…
    
     Elle passa la main sur son visage, avec un sourire triste sur le visage.
    
     -Ici ou ailleurs, Dvan, les hommes restent les mêmes.
    
     Elle l'abandonna sur ses paroles dures et il s'écoula dos au mur, incapable du moindre mouvement. La tête dans les bras, il sentit les larmes coulaient le long de son visage. Il se sentit tellement inutile, et stupide.

Texte publié par Nascana, 23 juin 2019 à 20h46
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