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Tome 1, Chapitre 3 « La mort est parfois une délivrance » Tome 1, Chapitre 3
Tout se passa si vite que Lynette ne comprit pas la scène qui se déroulait sous ses yeux. Un instant, cet homme était là devant elle, menaçant son intimité, et celui d'après, il hurlait comme un damné. Son corps s'agitait sans réelle cohérence, tentant de lutter contre la douleur, et un ennemi tenace.
    
     -Saloperie ! hurlait-il à pleins poumons. Dégage !
    
     Avec l'effet de surprise, il avait lâché son couteau qui était tombé à côté de la jambe de Lynette. Tremblant de tout son corps, elle s'en empara et le tint devant elle pour se protéger, sachant bien qu'elle ne ferait pas le poids contre lui. Cependant, l'homme ne s'intéressait plus à elle, trop occupé à lutter pour sa vie.
    
     La jeune fille y vit sa liberté et se remit sur pieds. Elle regarda rapidement sur sa droite et sa gauche pour choisir le côté où elle prendrait ses jambes à son cou. Voyant que l'attaquant avait surgit par la droite, elle partit dans l'autre sens.
    
     Alors qu'elle s'élançait, l'homme la saisit fermement par le bras. Lynette se tourna vers lui. Il était toujours à genoux et du sang coulait de son cou. Sa poigne se faisait moins forte. Il perdait son énergie à lutter.
    
     -Aide-moi, la supplia-t-il.
    
     Resserrant sa prise sur l'arme, elle la planta un grand coup, dans son épaule. Celle-ci frappa quelque chose de dur, et l'autre se mit à hurler, la lâchant. Saisissant sa chance, elle reprit sa course, abandonnant le couteau figé dans le corps de l'homme.
    
     Son coeur battait à tout rompre, elle traversa la maison, atteignit la porte et continua à courir. Elle voulait fuir le plus loin possible. Elle voulait retrouver son père, qu'elle la prenne dans ses bras et qu'il la rassure.
    
     Se fut qu'une fois devant la grille qu'elle prit conscience de deux choses : l'état dans lequel elle se trouvait et le fait qu'elle ignorait où pouvait se trouver son père. Le vent mordit sa peau avec force, et elle baissa les yeux sur ses sous-vêtements pendant en lambeaux qui dévoilaient sa poitrine blanche. Vivement, elle attrapa les pans de son chemisier pour le reboutonner. Elle ne voulait pas qu'on la voie ainsi.
    
     Son corps se remit à trembler. Pourtant, ce n'était pas le moment de flancher. La jeune fille passa la main sur sa jupe, espérant qu'elle n'était pas déchirait, mais ce n'avait pas l'air d'être le cas. Elle ne pouvait pas déambuler dans les rues à moitié nue. A quoi bon échapper à un tortionnaire pour se retrouver aux mains d'un autre ?
    
     Elle regarda en face d'elle à travers la porte en fer forgé. Que pouvait-elle faire ? Elle n'avait nul part où aller. C'était ici, qu'elle vivait. Lynette sentit les larmes lui monter aux yeux, il lui était impossible de fuir. Le seul endroit qui pourrait lui servir de refuge, c'était ici. Seulement…
    
     La jeune fille repensa à cet homme, à sa proximité, à son odeur. Ses jambes se mirent à chanceler. Ce n'était vraiment pas le moment de penser à ça. Une envie de vomir la prit et elle sentit remonter dans sa gorge le repas qu'elle n'avait pas pris.
    
     Trop de questions sans réponses la hantaient. Au premier plan, la façon dont elle devait agir. Elle ne pouvait pas passer la nuit-là. Mais y retourner signifier affronter son agresseur s'il était encore en vie, et ce qui l'avait attaqué.
    
     Un bruit de coup de feu, traversa la nuit, la faisant sursauter. Est-ce que celui qui l'avait agressé s'en était sorti ? Avait-il une arme à feu ? Elle n'en avait aucune idée.
    
     Un deuxième coup résonna, lui faisant lever les yeux vers la falaise. Il devait se passer quelque chose là-bas. En un sens, cela la rassura. Ce règlement de comptes ne la concernait pas. Mais en même temps, cela ne l'aidait à décider de ce qu'elle devait faire.
    
     Des éclats de voix se firent entendre, lui prouvant qu'il se passait quelque chose sur la bande de terre, les surplombant. Lynette tourna la tête mal à l'aise. Elle aurait voulu qu'ils se taisent. Trop d'émotion contraire se bousculait dans son esprit, la laissant incapable de bouger ou de prendre la moindre décision, alors que les larmes dévalaient la courbe de ses joues.
    
     Alors que le calme semblait revenir dans la nuit, et qu'elle commençait à se détendre, elle fixa sa maison. Personne n'en était sorti, et elle ne pouvait dire si c'était une bonne ou une mauvaise nouvelle.
    
     Elle fit un pas dans sa direction, surprise d'y arriver. C'était comme si, elle s'était attendue à ce corps ne réponde pas, lui intimant de ne pas retourner en ce lieu. Mais il n'en était rien. Elle pouvait à nouveau se déplacer librement. Lynette se maudit. C'était avant qu'elle aurait voulu pouvoir faire quelque chose, pas seulement rester paralyser comme une empotée. Elle s'en voulait tant. Elle n'aurait pas eu le dessus sur cet homme, mais au moins, elle aurait essayé.
    
     Alors qu'elle prenait la décision de se dirigeait vers sa maison, un grand bruit résonna dans tout le cimetière, lui faisant écarquiller les yeux de surprise. Elle ne comprenait pas ce qui venait de se passer, mais elle sentit qu'elle se devait d'aller voir.
    
     Sa curiosité lui faisait aller au-devant d’ennuis, elle en avait conscience. Seulement, Lynette ne se sentait pas de rester là, les bras croisés. Ce cimetière, c'était son lieu de vie, elle en avait longuement arpenté les allées. Elle s'était occupés des tombes, aidant son père à offrir une dernière demeure aux malheureux qui arrivaient ici. Elle ne pouvait pas permettre que quelqu'un vienne troubler leur sommeil éternel.
    
     Jetant un coup d'oeil alentour, Lynette s'avança, faisant de son mieux pour faire le moins de bruit possible. Elle préférait rester discrète, ne sachant pas ce qui l'attendait. Gagnant l'une des allées, qu'elle entretenait chaque jour, la jeune femme se mit à faire de petits pas.
    
     Le vent souffla rabattant l'une de ses mèches échappé de sa natte, vers ses yeux. Elle la coinça derrière son oreille pour être tranquille. Un frisson la parcouru. Il faisait frais en cette soirée d'automne.
    
     Sa visibilité se faisait de plus en plus déclinante. Elle devait pourtant s'enfonçait dans les profondeurs du cimetière, car c'était de là qu'était venu le bruit. Sa raison lui disait de retourner chercher une lampe à la maison. Avant de se souvenir des événements arrivés précédemment, et de lui dire de s'éloigner à toutes jambes de cet endroit. Elle n'en fit rien. La jeune femme savait qu'elle avait une mission à accomplir ici-même. Elle ne reculerait pas.
    
     Arrivant jusqu'à la tombe la plus éloignée, Lynette prit conscience de l'ampleur des dégâts. Un homme se tenait allongé sur l'une des tombes dont il avait cassé le marbre. La jeune femme le fixa avant de lever les yeux, vers le ciel. Etait-il tombé de la falaise ? Dans ce cas, il y a avait peu de chance qu'il soit encore en vie.
    
     Surmontant son dégoût, elle s'approcha et posa une main sur son cou. Le corps était froid, pour ne pas dire glacé. Avec un peu de chance, il devait être mort avant sa chute. En un sens, cela la rassura.
    
     La jeune femme promena son regard sur l'homme. Musclé et de grand taille, elle ne voyait pas son visage qui disparaissait sous une masse de boucles auburn. Elle sentit son coeur se serrait. Elle ne pouvait pas le laisser là. Mais elle n'arriverait sûrement jamais à le porter.
    
     Peut-être réussirait-elle à le hisser dans la brouette ? Mais ensuite ?
    
     Il n'y avait pas de tombe de prête. Devrait-elle en creuser une ?
    
     Ses yeux se fixèrent sur un morceau de métal qui lui traversait le flan. Elle imaginait à peine la souffrance qui serait la sienne, s'il était encore en vie. Le sang qui coulait de sa plaie venait teinter sa chemise de rouge.
    
     Lynette s'approcha, tendant la main vers son visage. Il fallait qu'elle ferme ses paupières au cas, où cela n'avait pas encore était fait. Elle ne pouvait pas le laisser ainsi. Alors qu'elle repousser une mèche de cheveux, des doigts se refermèrent sur son poignet. Sous l'effet de la peur, la jeune femme se mit à hurler.

Texte publié par Nascana, 17 mars 2019 à 23h00
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