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Tome 3, Epilogue Tome 3, Epilogue

— Nous avions perdu votre trace, s’excusa l’Oracle, de sa mine déconfite. J’ai essayé de vous contacter à maintes reprises mais ce n’était qu’une suite de gloubibouillon sans nom. Dites-moi agent Skully, vous m’en voulez ?

L’Oracle parlait avec un léger blèsement ; elle était si mignonne avec ses grosses lunettes à monture en cuivre que Georges ne pouvait pas lui en vouloir. La seule personne – ou le monstre - qu’elle haïssait, c’était elle.

Elle inspira et laisser son regard s’envoler vers les nuages londoniens, quelques fois traversés par des rayons de soleil qui illuminait le bureau circulaire de l’Oracle. Cette dernière officiait au dernier étage de l’ESS, l’esoteric secret service, qui jouxtait la tamise et dominait le quartier de ses hautes tours en verre.

— Vous savez, il faut apprendre à vivre avec un échec ! insista l’Oracle de sa voix légèrement nasillarde. Par exemple, moi, il m’arrive de me tromper dans mes prédictions. Je n’en suis pas une mauvaise Oracle pour autant.

Elle délaissa Georges sur son fauteuil en cuir et continua d’astiquer ses nombreux cristaux, amassés sur les étagères. De plafond pendait d’innombrables boules en verre, parfois colorées, de toutes les tailles.

— Becky sera très bien prise en charge. C’est pour cela que l’on vous a envoyé en France : il fallait que cela reste discret. Les français sont susceptibles vous savez et s’ils avaient su que deux anglaises étaient impliquées dans cette histoire sordide, ils auraient encore crié aux armes.

Georges soupira et baissa les yeux sur ses chaussures vernies. Au moins, elle avait retrouvé sa longue parka et ses souliers propres. Sur l’accoudoir de son fauteuil, elle avait posé son chapeau melon ; cela lui remontait légèrement le moral.

— C’était une veuve des sables, ces créatures-là sont imprévisibles ! Georges ! Permettez-moi de vous appeler Georges. N’allez pas me faire croire que sur toute votre carrière de squelette survitaminée, vous n’avez jamais connu de défaite ! C’est pareil maintenant. L’agent Murder ne vous en voudra pas. Croyez-moi, je sais de quoi je parle hein ! Et l’Oracle n’a qu’une parole !

Elle avait toujours ce sourire en coin, stigmate de sa bonne humeur constante. Quand elle s’énervait, jamais bien méchamment, elle entortillait ses colliers de perles et tapotait du pied. Mais son sourire ne disparaissait pas.

— Si vous vous êtes un monstre, alors moi je suis une… Oh !

L’Oracle cessa de parler. Elle attrapa la première boule de cristal à sa portée et la souleva jusqu’à son nez. Les runes gravées sur la monture de ses lunettes s’illuminèrent ; les pupilles s’élargirent, la respiration se fit plus forte, saccadée, quand soudain, d’une voix rauque, elle annonça :

— Des temps sombres approchent. Une première guerre, violente, sinistre. Puis il s’élèvera du royaume des limbes. Il étouffera l’humanité, nourrira la haine, alimentera la peur. Je vois le monde souffrir. Mais un jour, vous aiderez la Reine à s’élever. Et pour se faire, votre vie vous offrirez !

La boule s’échappa de ses mains et éclata sur le parquet en un millier d’étincelles.

— Bien, reprit l’Oracle comme si rien ne s’était passée. Où en étais-je ? Ah, oui ! Agent Skully, vous êtes une warrior !


Texte publié par Jérôme M. Keller, 5 octobre 2021 à 10h54
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