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Tome 1, Chapitre 25 Tome 1, Chapitre 25

Il revinrent en petit groupe à table, et avant même qu'ils ne puissent s'asseoir, Anne-Laure lançait les hostilités. Elle se tourna, vers ses propres enfants, les lèvres pincées.

-Je peux savoir où vous étiez passé ?

-On réglait un problème, murmura Lucas.

-Tu crois franchement que c'était le moment ?! A cause de vous la viande va être froide !

-Et quoi ?! Tu auras une excuse pour dire que ma bouf est dégueulasse ? grogna Nils.

Anne-Laure se tourna vers son mari.

-Qu'est-ce qu'il raconte celui-là ? Je croyais que c'était toi qui avais fait à manger.

-Nils m'a aidé. Ce n'était pas un secret d'état. D'ailleurs, si tu écoutais, tu serais au courant, vu qu'on a dû le dire au moins dix fois dans la soirée.

Sa femme se renfrogna.

-Tu ne me l'as pas dit, à moi !

-Très, la prochaine fois, je t'enverrais une lettre recommandée avec avis de réception comme ça, je serais sûr que tu es au courant. Après, tu signeras un formulaire en trois exemplaires, pour spécifier que tu as reçu l'information.

-Et tu te crois drôle ?

-Je dirais que je me défends.

Elle souffla.

Pendant ce temps-là, tout le monde avait regagné sa place.

-J'ai mis le poulet sous cloche, pour le garder au chaud.

-Merci, papa. Je crois qu'il n'aurait pas supportait d'être réchauffé une autre fois.

François commença à servir les invités.

-Alors Eva, quel morceau voulez-vous ?

-Euh…

Le voyant hésiter comme ça, Nils prit les devant.

-Le plus gros ! C'est un vrai gouffre !

-Nils !

Kamu paraissait gêné par la situation. Pourtant il ne faisait que dire la vérité : il mangeait pour quatre.

-Quoi ?! C'est vrai. Avec toi, c'est resto à volonté sinon on a plus d'argent quand on sort.

L'autre haussa les épaules, énervé.

-N'importe quel morceau fera l'affaire, monsieur… déclara d'une petite voix le change-forme.

-Mais enfin, ça ne va pas de dire des trucs comme ça. Tu la gênes, intervint Lucas.

Ca y est, c'était le retour du chevalier blanc...

-Je ne fais d’énoncer les faits. Invite-le au resto et tu verras.

Kamu lui donna au même moment, un coup de pied dans le mollet. Il se rendit compte qu'il venait de se planter. Pour faire oublier l'incident, il reprit, et surenchérit.

-Toi, t'as peut-être le pognon pour couvrir les frais de bouf de madame, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Du coup, je fais avec ce que j'ai.

-Mais tu es exécrable !

-Non, réaliste !

Au moins, personne n'avait relevé qu'il s'était trompé de pronom.

-Nils !

La voix sévère de son père le ramena à la réalité, et il se tut.

La silence se fit dans la pièce.

-N'importe quel morceau fera l'affaire, finit par répéter Kamu.

Son père le servit, avant de tendre la main vers l'assiette de Nils. Il la remplit et la reposa sans un mot.

-Maxime ?

-Alors moi, je voudrais une cuisse si possible.

Le brun fixait sa viande sans la voir. Qu'est-ce qui lui avait pris de dire ça ? Est-ce qu'il cherchait à être le plus blessant possible pour instaurer une distance nouvelle entre eux ?

Brusquement, la voix traînante d'Estella résonna.

-Il est dit que ce qui attire les hommes, chez les femmes, c'est leur côté masculin, cela explique pourquoi ils préfèrent les femmes qui étaient des hommes avant.

Qu'est-ce qu'elle racontait encore celle-là ?

-Et alors ? demanda Lucas, qui attendait visiblement la chute.

-Rien… C'est juste que ton frère a dit « le »…

-Le ?

-Invite-le… Étrange, n'est-ce pas ? Eva a peut-être des secrets cachés… Des choses dont elle voudrait nous parler sur sa vie d'avant…

Putain, il fallait que se soit elle qui relève sa connerie !

Nils prit les devant.

-J'ai pas dit « le ».

Il prit les autres à témoin.

-J'ai pas dit « le » ! Est-ce que j'ai dit « le » ?

-Bah, je crois que oui, dit Maxime.

Il ne l'aidait vraiment pas.

-Si c'est le cas, c'est juste que je ne sais pas parler…

-Vraiment ? Je ne te croyais plus futé que ça.

Sous la table, la main de Kamu vint trouver la sienne et la serrer tendrement. Il était vraiment le roi des cons. Il grillait la couverture de son partenaire tout seul. Pourtant, ce n'était pas la faute de celui-ci qui n'avait fait que lui répéter de faire attention.

-Je n'ai rien a cacher, déclara soudain son compagnon. Je peux répondre à toutes vos questions si vous avez un doute.

Estella se désintéressa de Nils pour reporter son attention sur la jeune fille.

-Vraiment ?

Elle s'empressa de rentrer dans la faille.

-Avec combien de femmes êtes-vous sorti ?

-Deux.

-Ha !

-Ca prouve quoi ? lui demanda Lucas, qui ne paraissait pas avoir compris le sens de la conversation.

-Et d'hommes ?

Avant qu'il ne puisse répondre, Nils lui coupa la parole.

-C'est bon, l'interrogatoire ! En plus, ça prouve quoi ?!

-Je ne sais pas… Mais c'est pas toutes les femmes qui sortent avec des femmes !

Avec un sourire, Kamu déclara :

-Pour moi, ça n'a pas d'importance. Je vois les gens en tant que personne, le reste ça ne compte pas. Que soit le sexe ou l'apparence.

Avant qu'Estella reprenne la parole, Maxime la devança.

-C'est super beau ce que tu dis là ! Je peux noter la phrase ?!

-Oui, si tu veux.

Énervée, la femme de Lucas reprit la parole.

-Et toi, Nils, ça ne te pose aucun problème ?

Il devait avouer qu'il n'avait pas étudié la vie intime de Kamu dans ces moindres détails, mais il se doutait bien qu'il devait avoir eu des relations. Du coup, ça ne le choquait pas plus que ça.

-Je m'en fous d'une force.

-Nils !

A nouveau la voix de son père le reprit.

-Je m'en fiche.

-Vraiment ?

-Elle est avec moi et c'est tout !

Nils passa le bras autour des épaules de compagnon, et l'attira contre lui. Celui-ci se laissa faire et posa sa tête sur l'épaule du brun, en le regardant qu'un air amoureux.

-Et bien, je ne te pensais pas si ouvert d'esprit...

-Quelle image as-tu de moi ?!

Elle haussa les épaules. Elle devait être déçue de ne pas avoir réussi à foutre la merde entre eux.

Le silence se fit.

-Puisque cette discussion intéressante est terminée : Nils sert donc les pommes de terre et toi, Loli fait de même avec les champignons, Lucas, tu t'occuperas de la sauce.

Ils se levèrent tous les trois pour faire le service. Ce qui donna lieu à un joyeux brouhaha. Le brun fut surpris de se rendre compte, que ce genre d'événement lui avant manqué. Que faisait-il donc au Noël précédent ? Il travaillait. S'il allait par là, celui-ci aussi, il travaillait.

Avant, il était toujours avec sa mère et sa tante, parfois sa grand-mère lorsqu'il était plus petit. Puis il y avait l'autre Noël celui où son père était là. Enfant, il attendait le moment avec impatience. Une fois adolescent, il trouvait ça stupide de décaler un jour du fête sous prétexte que son paternel ne pouvait pas être là. Il avait qu'à faire un choix. Il avait privilégié sa « vraie » famille alors tant pis, pour lui.

Nils ne pouvait s'empêcher d'être énervé de voir sa mère se jeter dans les bras de François lorsqu'il arrivait. Il aurait peut-être mieux réagit si elle lui avait lancé un ultimatum au lieu de l'accueillir le sourire aux lèvres.

-Nils, stop ! Laisses-en pour les autres.

Il revint à ce qu'il faisait avant de remplir complètement l'assiette de Kamu avec des pommes de terre.

-Cette sauce est beaucoup trop grasse ! Je n'en voulais pas, souffla Estella à son mari.

Avec un soupire, il échangea leurs deux assiettes.

-Je ne veux pas d'un haut de cuisse, c'est beaucoup trop gras. Rends-moi mon blanc.

Il leva les yeux au ciel et inversa une nouvelle fois, les deux contenants.

Sa femme ne dit rien, mais continua à faire la tête.

-Tu aurais au moins pu me demander mon avis !

-Je suis désolé.

Elle le foudroya du regard.

-Des pommes de terre ? lui demanda Nils.

-Trop gras !

-Des champignons ?

Estella les regarda comme s'ils risquaient de lui sauter au visage pour l'attaquer.

-Une cuillère et pas plus !

Une fois son assiette à moitié pleine, elle lui jeta un regard mauvais comme si de peur, celle-ci allait faire disparaître seule la nourriture.

-J'ai hâte de manger ton poulet, Nils, reprit Kamu.

-Ouais bah, tu ferais peut-être bien d'attendre que je t'en refasse un autre pour garder une bonne impression.

-Je suis sûr qu'il sera très bon.

Il avait de l'espoir, c'était bien.

Voyant que tout le monde était servit. François leur souhaita à nouveau bon appétit. Nils se demanda si cela lui faisait des vacances, lorsqu'il venait fêter Noël avec sa mère et lui. Il était en général que tous les trois et cela devait le changer d'ici.

Kamu goûta la viande, avant de déclarer avec un sourire :

-C'est vraiment très bon, Nils.

L'autre goûta, avant de faire la grimace.

-Bof…Je t'en fais un meilleur dans l'heure.

-Tu aurais dû commencer par le faire bon, dès le départ, souffla Anne-Laure.

-Ca te va bien de dire ça ! Quand on n'est pas foutu d'allumer le four, on ne la ramène pas !

Énervée, sa belle-mère se tourna vers son père.

-Tu as vu comment ton fils me parle ?

François soupira et posa la main sur son front.

-Tu fatigues ton père !

-Et toi, ça fait combien de temps que tu le fatigues ? Trente ans ?

Brusquement, son frère frappa dans ses mains pour attirer leur attention.

-S'il vous plaît !

Nils se tourna vers lui, attendant la suite, qui ne vint pas.

-Oui ?

-Profitons de ce repas tous ensemble !

Le brun leva les yeux au ciel. Il tentait quoi ? De jouer au chef de famille ? D'assumer son rôle d'aîné ? En tout cas, le résultat était risible… A croire qu'il voulait vraiment imiter son père sans en avoir le charisme.

Nils se sentit trahit lorsqu'il vit Kamu fait un petit signe de la main à Lucas, pour le féliciter de son intervention. L'autre lui répondit par un sourire. Si c'était ça, il pouvait bien les laisser entre eux. Il ne savait pas pourquoi il était énervé par ce simple geste de son coéquipier, mais cela lui faisait grincer des dents.

-Je te ferais un autre poulet, pour toi toute seule, déclara-t-il brusquement.

Cette fois-ci, il avait bien pris soin de faire attention à ce qu'il disait pour que les ne sache pas ce qu'était réellement son partenaire.

-Chez moi ?

Nils revit la cuisine de Kamu.

-Dans ton bordel ? Vaut mieux pas !

L'autre se mit à bouder.

-Je range quand on vient chez moi…

-Parce que c'était rangé, aujourd'hui ?

Il secoua la tête.

-Non, il fallait prévenir à l'avance.

-Ca me rassure, vu que je ne pouvais pas mettre un pied dans ton appartement.

-Ma chambre est bien rangée !

-C'est un vrai mystère d'ailleurs…

Maxime intervint.

-Nous dans le camping-car, comme on n'a pas beaucoup de place, on n'a pas beaucoup d'affaires. On partage nos vêtements.

Cette phrase fit relever un sourcil à Nils. Il fallait savoir que son ami et lui, n'avait pas la même morphologie. Cependant, il se garda bien de faire une remarque sur le sujet. Il ne voulait pas faire encore plus peur à Ben.

-Nous aussi, commença Kamu.

Le brun lui fait un regard noir, mieux valait que les gens ne sachent pas qu'il s'était habillé dans l'armoire de son collègue.

-Je peux mettre les vêtements de Nils.

Celui-ci se détendit.

-Et lui, mets les vêtements que je lui ai offert.

Offert, c'était bien le mot. Il baissa les yeux vers la chemise qu'il portait. Cela faisait longtemps que personne ne lui avait fait de cadeaux. Surtout venant d'une personne extérieure. Il était plus que surpris de voir Kamu donner sans compter. Après tout, ils n'étaient que collègues de travail et lui ne roulait pas sur l'or.

-C'est pas vraiment pareil, fit remarquer Maxime. Nils ne va pas s'habiller avec tes vêtements.

Le brun eut un petit sourire. C'était justement le cas. En même temps, il avait plus de choix dans l'armoire de son coéquipier que dans la sienne, c'était quand même un comble.

Nils fut tiré de ses pensées par son compagnon qui lui posait une question.

-Tu m'inviteras à venir manger un poulet chez toi ?

Cette question le mit mal à l'aise. Il avait l'impression d'être pris au piège. S'il disait non, tout le monde le trouverait étrange, de réagir ainsi avec sa petite amie. S'il disait oui, Kamu le tannerait pour être invité jusqu'à ce qu'il craque.

-Hum…

Réponse évasive qui n'était ni un oui, ni un non.

L'autre se jeta sur lui, pour l'embrasser sur la joue.

-Merci, mon petit chéri.

Et le surnom à la con, faisait son grand retour. Joie et bonheur !

-Vous pouvez vous embrasser sur la bouche, les amoureux, on ne sera pas choqué, déclara en riant Maxime.

Nils serra les dents. Ca, c'était au-dessus de ses forces. Il n'embrasserait pas Kamu devant tout le monde. Pourtant, il ne faisait pas la fine bouche quand ils étaient tous les deux dans sa chambre. Mais là, c'était trop. C'était vraiment s'afficher avec lui, en tant que couple. Le brun lança un regard noir à l'autre, pour lui faire comprendre ce qu'il risquait s'il se jeter sur lui, comme il en avait l'habitude.

-Nils est timide, déclara juste son coéquipier. Il n'ose pas trop se montrer avec quelqu'un.

C'était quoi cette remarque complètement stupide ? Il avait lu dans ses pensées ?

-Vraiment ? ricana Lucas.

-Ha ouais, c'est vrai, répliqua Maxime.

Évidemment maintenant l'autre était persuadé que c'était la vérité.

-Ca faisait longtemps qu'on ne l'avait pas vu avec quelqu'un.

Et son oncle qui surenchérissait alors qu'il ne se connaissait pas plus que ça.

Cependant, il ne répliqua pas, malgré le fait que cela allait rapidement lui taper sur le système s'ils continuaient ainsi.

-Mais bon, s'il lui fallait tout ce temps pour trouver la perle rare, cela en valait la peine, continua Bénédictin.

De mieux en mieux, est-ce qu'il allait s'arrêter un jour ?

Nils ne put s'empêcher de se demander dans quel état, ils seraient tous lorsqu'il apprendrait qu'il n'était plus avec Kamu. Allaient-ils pleurer ? Cela aurait au moins, eu un côté marrant.

-Comment as-tu séduit une aussi jolie fille ?

Le brun croisa les bras.

-Ca vous choque tant que ça ?!

-Connaissant ton caractère, oui, c'est assez inattendu, déclara François. On ne peut pas dire que tu faisais des efforts particulier pour plaire.

-Non, mais ho ! Je sais que j'ai un caractère de merde, mais ce n'est pas une raison. Je ne fais pas fuir tout le monde ! Je sais être agréable parfois.

-Commence par être poli !

Il leva les yeux au ciel. Quelle image, ils avaient de lui.

-Mais il est trop mignon, quand il boude ou qu'il s'énerve, déclara Kamu en lui pinçant la joue.

Son collègue devrait rejoindre Maxime pour aller faire un tour sur une autre planète. Après, c'était vrai que chaque fois qu'il hurlait, l'autre le regardait en riant, ne l'écoutait pas ou lui disait un truc insensé comme « tu es vraiment très beau quand tu es comme ça ». Du coup, Nils râlait beaucoup moins puisque cela n'avait pas l'effet escompté. Pire, cela donnait lieu à des choses étranges.

-Qu'est-ce qui te plaît chez lui ? demanda son cousin à Kamu.

-C'est quelqu'un de très gentil. Il fait de son mieux pour aider les autres. Il ne compte pas ses heures et en plus, il est très séduisant.

Même s'il savait que l'autre ne fait qu'inventer au fur et à mesure, il ne put s'empêcher de se sentir touchait par ses paroles. Il avait l'air si sincère. Se pourrait-il que…

-Ca ne te fait rien que Nils soit aussi petit ? demanda son oncle.

Mais qu'est-ce qu'il avait tous avec sa taille ?! En plus, il n'était pas petit, il était dans la norme.

-Mais non. Pour moi, Nils a la taille parfaite puisque c'est la sienne.

Au moins, il avait Kamu de son côté.

Ils avaient vraiment de la chance qu'il soit là en mission. Sinon il serait déjà parti voir ailleurs si l'air était meilleur.

-En général, les femmes préfèrent les hommes plus grand, elle se sente plus protégeait avec, continua son oncle.

-Moi, je me sens en sécurité avec Nils. Je sais qu'il me protégera quoi qu'il arrive.

-Je suis là, pour ça, laissa échapper le brun.

Heureusement, personne ne releva.

-Comme si Lucas allait me protéger de quoi que soit, ricana Estella. A la limite, j'aurais plus qu'à croiser les doigts pour qu'on lui tape dessus et que ça me laisser le temps de fuir.

-Je te remercie, lâcha le principal intéressé. En même temps, ce n'est pas comme si se faisait attaquer à chaque coin de rue. Même Nils qui est toujours en train de se battre avec tout le monde, ne le fait pas à chaque coin de rue.

Le brun s'énerva.

-Mais arrêter de me tailler une telle réputation ! On croirait que je suis un taré qui agresse tout le monde.

-Euh… Excuse-moi, mais qui a abandonné la voiture au milieu de la route pour aller se battre avec un type, quand il faisait de la conduite avec papa ?

-Je ne voulais pas me battre, juste lui mettre les poings sur les « i ».

-Et tu pars comme ça, en laissant les clés sur le contact et le moteur tourner !

-Papa était là ! Et toi aussi !

-J'étais à l'arrière.

-Et alors, quoi ? Y avait la sécurité enfant ? Des fois que tu décides de partir en cours de route ?

-On ne fait pas ça ! C'est dangereux !

Nils s'énerva.

-Et l'autre co...type, il était pas dangereux lui. Il laisse son gamin courir sur la route. Tout ça, parce qu'il est occupé à draguer la voisine.

-Comment savais-tu que c'était la voisine ?

-C'est ton seul souci dans l'histoire?!

-Whaou ! J'étais où moi ? demanda Loli. J'aurais trop aimé voir ça !

Son père la ramena à l'ordre.

-Loli, ce n'est pas drôle !

-Quand même un peu !

Le brun soupira :

-Vous n'avez pas des assiettes à terminer ? Manger le poulet avant qu'il soit encore pire.

Son cousin prit la parole.

-Trop mignon, il est gêné.

Pour toute réponse, il se prit un regard noir.

Bénédictin reprit.

-Et toi, mon petit, c'est quoi qui te plaît chez cette jeune femme ?

-Tout.

Une réponse assez vide de sens en fait.

-Ca appelle une précision…

Nils reprit son souffle. Il ne fallait pas qu'il se plante sur le pronom ou sur le prénom.

-Eva est une personne très gentille. Plus gentille qu'elle ça n'existe pas. En plus, elle est très concentrée sur son travail, et très scrupuleuse quand elle le fait.

-Y a besoin de concentration pour faire des photocopies, ricana Anne-Laure.

-Tu sais te servir de la photocopieuse, toi ? lui lança Nils.

L'autre ne lui répondit pas.

Ils se turent et les autres ne lui posèrent pas d'autres questions. Soulagé, il vit la conversation partir sur autre chose.

Il se tourna vers Kamu qui lui souriait tendrement.

-Quoi ?

-Tu es mignon !

Nils leva les yeux au ciel. Il prit soudain conscience que l'autre lui tenait toujours la main. Brusquement, il se sentit gêné et tenta de se défaire de ses doigts qui enserraient les siens, tendrement.

-Tu ne manges pas ton poulet, Nils ?

Le brun secoua la tête et déposa son assiette dans celle de Kamu.

-Cadeau.

Il avait l'habitude que son partenaire joue la poubelle de table. C'était fou tout ce qu'il parvenait à dévorer. S'il venait à le resservir, nul doute que l'autre mangerait tout.

-Tu cuisines tellement bien, Nils.

-Tu parles. Cette pauvre viande a souffert et n'est plus que l'ombre d'elle-même.

-Moi, je la trouve bonne.

Cela n'avait rien d'étonnant. Il se demandait parfois comme se nourrissait son collègue.

-Tu as encore faim ? demanda Maxime, en tendant le restant de son assiette à Kamu.

-Merci.

Ca y est. C'était actée que son partenaire était là pour terminer la nourriture de tout le monde.

Finalement, ils commencèrent à faire une pile avec la vaisselle sale. Devant le bazar qu'Estella avait dans son assiette, Kamu ne put s'empêcher de l'intercepter pour la finir.

-Tu aurais pu manger un peu, lui reprocha son mari.

-Je n'avais pas faim. C'était trop gras et pas assez chaud.

-Moi, je trouve ça, très bon, déclara le change-forme.

-Je ne sais pourquoi je m'en serais douté. Venant de quelqu'un qui termine les assiettes des autres… A croire que vous n'avez pas de quoi à vous payer à manger.

Kamu haussa les épaules.

-Je suis contre le gaspillage alimentaire.

-Peut-être qu'elle ne donne pas la moitié de son assiette au chien, elle ?

Estella lui jeta un regard noir.

-Tu as quelque chose à redire ?! Tu veux peut-être faire à manger toi-même !

Le visage de Lucas se crispa, et il baissa les yeux vers la nappe, feignant d'être très occupé.

-Grand frère ?

-Oui ?

Deux voix lui répondirent et Nils échangea un regard surpris avec son aîné. Loli se mit à rire de leur embarras.

-C'est lequel que tu veux ?

-N'importe. J'aurais besoin d'aide pour mon ordi. Il rame et je ne sais pas pourquoi !

Nils soupira.

-J'ai une gueule d'informaticien ?!

-Je ne te promet rien, mais je veux bien regarder, déclara Lucas.

-Promet rien surtout, vu tes compétences, railla Nils.

-C'est toujours mieux que de crier sans raison. Tu n'aides personnes !

Le brun passa la main dans ses cheveux.

-Ok, passe le moi, ton putain d'ordi.

François le reprit encore une fois.

-Nils pour la dernière fois, soit poli ! Si ta mère t'entendait…

Son père s'arrêta en se rendant compte de ce qu'il était en train de dire.

Son fils, en profita pour déclarer avec un sourire.

-Sûr qu'elle m'aurait déjà donné une tape sur la tête, et ce, dès la première fois.

Nul doute qu'il la craignait beaucoup plus que son père, et cela ne venait pas de sa nature de mage. Non, c'était bien plus profond. Peut-être cela venait-il du fait qu'elle ne sentait pas coupable et était plus sévère ?

Qu'aurait-elle dit ? Il tenta de se l'imaginer. Sa façon simple, de dire « tais-toi ». C'était clair et net, on comprenait bien qu'il ne fallait pas tenter le diable. Il avait voulu joué une fois, et terminer sa soirée sur le balcon comme un con lui avait coupé net ses envies de faire le rebelle. Heureusement, qu'il n'avait pas froid, elle y avait veillé en déposant un sort pour le réchauffer. Mais il avait bien compris que ce n'était pas parce qu'il était un homme, il aurait le dessus sur sa mère.

Son père n'avait jamais rien fait d'autres que lui dire d'arrêter, sans que qu'une punition ne suive. Tant que Déborah était en vie, c'était elle qui gérait ce genre de problème. Est-ce qu'il lui rappelait trop sa mère ? Ou alors, c'était parce qu'il l'avait perdu, trop jeune ?

Le seul moment où il avait vu François s'énerver, c'était lorsqu'il avait vraiment dépassé les bornes. Il en était loin, aujourd'hui.

« Sois gentil avec ton père », finalement, c'est ça, qu'aurait avant tout dit Déborah.

Il allait devoir faire des efforts.

-C'est vraiment la seule chose que tu trouves à répondre ? lui souffla son père d'un air sévère.

Sûr que la situation ne l'amusait pas.

-Non. Désolé, papa. C'est juste que je pensais à elle. Elle t'aurait déjà embêté avec sa photo devant le sapin !

François parut gêné. Et son fils, se rappela soudain que la personne qui se tenait à côté de lui, était sa femme. Même s'ils ne partageaient plus rien, il valait mieux éviter de parler de sa maîtresse devant elle.

-Si je dérange dites-le ! râla Anne-Laure.

L'espace d'un instant, Nils fut tenté de lui dire que oui, elle les dérangé. Mais il préféra se taire, pour une fois. Sa mère n'aurait pas voulu le voir se battre avec sa belle-mère. Jamais elle n'avait eu de mots méchants sur elle, elle l'ignorait totalement. C'était la chose qu'il aurait dû faire, depuis le début.


Texte publié par Nascana, 29 juin 2019 à 22h47
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