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Tome 1, Chapitre 9 Tome 1, Chapitre 9

A peine, Nils eut-il fermé la porte d'entrée qu'une tornade lui sauta dans les bras. Il réceptionna l'enfant avec adresse, et celle-ci se mit à rire.

-Je suis toute propre, tonton !

-Vraiment ? Est-ce que tu sens bon ? Je vais vérifier.

La prenant dans ses bras, il se mit à la chatouiller.

-Ne l'excite pas avant qu'elle aille dormir, grogna Lucas.

-Tu viens me coucher, tonton ?

Nils lui sourit, mais ne répondit pas. Il ne connaissait que trop la réponse de son frère. Celui-ci vint d'ailleurs, lui prendre des mains, Candice.

-Tonton ne peut pas venir te coucher, il doit garder des forces pour aller coucher Eva.

-Elle y arrive pas toute seule ? demanda la gamine sincèrement curieuse.

-Papa plaisante, ma grande. Eva sait se coucher, toute seule. Il voulait juste faire une blague à tonton.

-Bah, elle est pas drôle ta blague, papa.

-C'est parce qu'elle est pour les adultes. Les enfants ne peuvent pas comprendre.

La petite cligna des yeux, avant de déclarer :

-Tonton, il a pas compris non plus. Sinon il rigolerait.

-Ca, c'est juste parce que tonton n'a pas le sens de l'humour.

Candice reprit, histoire de gagner du temps.

-Est-ce qu'Eva peut venir me coucher ?

-Je ne crois pas que maman serait d'accord.

-Ho !

La déception était visible sur le visage de l'enfant. Sensible, Kamu s'approcha.

-Ne t'en fais pas. On se revoit demain.

-Pour du vrai ?

-Oui.

Un sourire se dessina sur les lèvres de la petite fille.

-Chouette.

Le bruit de quelqu'un descendant les escaliers, leur fit tourner la tête. Estella s'arrêta en chemin, les regarda, avant de poser les yeux sur son mari.

-Bon, Lucas, il est 20h19 !

L'autre soupira.

-J'arrive !

-Maintenant !

-Oui…

Il soupira.

-Candice, veut dire « bonne nuit » à papi et mamie !

-Dépêche-toi. On a dit maximum 20h25 !

Lucas s'engouffra dans la cuisine avec son chargement.

-Il se passe quoi si elles ne sont pas au lit avant 20h25 ? ne put s'empêcher de demander Kamu.

Nils haussa les épaules.

-Je ne sais pas. C'est sans doute l'apocalypse qui commence.

Après les dernières embrassades, Lucas ressortit avec sa fille et monta les escaliers. Celle-ci fit un « coucou » de ses petites mains, auquel Kamu s'empressa de répondre avec un sourire.

Le brun s'approcha de lui, pour lui chuchoter à l'oreille :

-Il faut que je parle à mon père. Il doit être dans la cuisine. Ca ne te dérange pas ?

-Pourquoi ça serait le cas ? Je vais trouver un coin tranquille où observer tout ça.

Une voix résonna brusquement par la porte entrouverte de la cuisine.

-Où est Loli ? Je lui avais demandé son aide et elle a encore trouvé le moyen de se défiler.

Nils reconnut les soupires surjoués de sa belle-mère.

-Ca ne fait rien. Je vais t'aider.

La voix de son père, qui faisait de son mieux pour gérer la situation et rétablir le calme, se fit alors entendre.

-Mais tu as vu l'heure qu'il est ? Tout va de travers cette année !

-Tu y vas un peu fort. Je ne vois pas ce qui est si grave !

-On ne sait même pas à quelle heure va arriver ton frère ! se plaignit-elle.

-Mais il a dit de commencer à manger sans lui.

Nils leva les yeux au ciel, et sourit à Kamu. La conversation promettait d'être ennuyeuse et de durer longtemps. Mieux valait y couper court, maintenant.

-Et ton fils, là…

Le brun s'arrêta net et son compagnon en fit autant, ils échangèrent un regard. Cela n'avait aucun rapport avec leur mission, mais il avait tous les deux envie, d'en savoir plus.

-Quel est encore le problème avec Nils ? Parce que je me doute bien que c'est de lui dont tu parles.

-C'est quoi son numéro, encore !

-Je ne vois pas de quoi tu veux parler…

Il y eut des bruits de vaisselle qui s'entrechoque, un juron puis la conversation reprit.

-Son numéro avec cette fille !

-Eva ?

-Je me fiches de comment elle s'appelle. Franchement, il a encore trouvé un nouveau moyen de nous faire honte.

-Pardon ?

-Tu ne trouves pas ça bizarre, toi ? Deux ans qu'il trouve des excuses bidons pour ne pas venir fêter le réveillon en famille et là, à la dernière minute, il décide de venir, en compagnie d'une fille dont tu n'as jamais entendu parler ! Parce que c'est bien le cas, n'est-ce pas ?

Un silence pensant se fit, alors que Nils interrogeait du regard Kamu.

-Non, mais en même temps, il est très secret sur sa vie privée. Je respecte ça. Il voulait sûrement être sûr que c'était du sérieux avant de nous la présenter.

-Tu parles, je suis sûr qu'ils ne sont même pas ensemble. Il a juste ramené la première paumée qu'il a trouvé.

-Ne parle pas comme ça. Cette jeune fille est très douce et très gentille. Exactement, le genre de fille qu'il lui faut.

Kamu ne put s'empêcher de sourire en entendant ce compliment.

-Tu parles, elle est d'une vulgarité. Je suis sûr qu'elle est complètement stupide. Ca se voit qu'elle n'a jamais fait d'étude.

-Tu n'as même pas parler avec elle. En plus, je vois pas en quoi elle est vulgaire ?

-Bien sûr, toi, tu ne vois jamais rien. Regarde donc sa tenue.

-Quoi sa tenue ?! Elle ne porte pas une jupe courte.

Sa femme parue reprendre son souffle avant d’enchaîner.

-Son décolleté jusqu'au nombril, on en parle. En plus, je te parie que ses seins sont faux.

-Et alors ? Même si c'est le cas, je ne vois pas le problème…

-Et c'est pas des collants qu'elle porte. Je m'en suis rendu compte lorsqu'elle s'est assise.

Nils lança un regard interrogateur à Kamu.

-Qu'est-ce qu'elle veut dire par là ? chuchota-t-il.

L'autre ne répondit pas mais prit sa main dans la sienne. Sans un mot, il la fit passer par la fente de sa robe et remonter sur sa jambe. Au départ, le brun ne sentit que l'élasthanne sous ses doigts, avant d'attendre de la dentelle et la peau nue de son ami. Il ne put s'empêcher de rougir face à ce contact. Il retira vivement sa paume.

-T'aurais pas put me le dire ? T'as pas de langue ?

Avec un large sourire, son compagnon se pencha vers lui, s'approchant de son oreille. Nils attendit qu'il lui souffle une réponse, qui ne vint jamais. Au lieu de ça, Kamu préféra lui lécher le cou du bout de la langue.

Des frissons de plaisir, parcoururent le corps du brun. Cependant, il n'en laissa rien paraître. Nils serra les dents pour se montrer le plus impassible possible. Il ne fallait surtout pas que l'autre apprenne que c'était son point faible, sinon il pouvait être sûr qu'il l'exploiterait avec plaisir.

-Ne recommence plus jamais ça, râla-t-il.

-Pourquoi si ça te plaît ?

-Qui a dit que ça me plaisait ?

Kamu haussa les épaules.

-Comme tu voudras, mais ne viens pas me supplier ensuite.

Il pouvait toujours rêver. Il se foutait bien de sa gueule depuis qu'il était arrivé ici. Profitant de son apparence des plus désirable, son collègue lui faisait souffrir mille tortures, sans en avoir l'air. Le pire, c'est que ça fonctionnait et bien. Il n'avait qu'une envie, le prendre dans ses bras, le plaquer au mur et l'embrasser ici et maintenant. Sauf que ce n'était pas le moment.

Il se concentra sur la voix de sa belle-mère. Cela fonctionnait généralement à merveille pour faire disparaître toute trace d'excitation.

-Je m’inquiète pour Lucas.

-Pourquoi donc ? Qu'est-ce qu'il a fait ?

-Tu n'as pas vu comment cette fille le regarde !

-Elle ne lui a même pas parlé ! En plus, ton fils est adulte, il doit pouvoir gérer ce genre de chose. Il est marié aussi.

Elle souffla.

-Comme si ça arrêtait certaines filles. Je suis sûre que certaines trouvent la chose encore plus excitante. Ca doit sûrement bien les amuser d'imaginer le visage de la femme à qui elles ont volé le mari. Comme se sont de pauvres filles, elle se font faire un enfant pour réussir à garder le type qui est tombé dans leur filet.

De la vaisselle heurta la table provoquant un bruit qui résonna dans la pièce.

-C'est bon, j'ai saisis ton sous-entendu. Mais je n'ai pas envie d'en parler avec toi. Encore moins ici, et maintenant. D'ailleurs, le mari de ta sœur, il était pas marié lorsqu'elle l'a rencontré ?

-Non, il avait demandé le divorce !

-Tu aurais sans doute voulu que je le fasse, c'est ça !

Aucune réponse ne leur parvint.

-Cela aurait sans doute était mieux, si je l'avais fait.

On entendit le bruit d'une chaise que l'on repoussait.

-Ne cris pas ! le réprima Anne-Laure.

-Pourquoi je ne le ferais pas ? Je suis en colère !

-Tes petites-filles dorment !

Le père de Nils reprit à voix plus basse.

-Débrouilles-toi, avec ta cuisine. Je vais aller prendre l'air, histoire de me calmer.

-Tu ne vas pas me laisser avec tout ça !

-Tu n'avais qu'à prendre un traiteur comme d'habitude.

La réponse lui parvint hésitante.

-J'ai fais tout ça, pour toi.

-Je ne t'ai rien demandé.

-Qu'est-ce que tu crois ?! Que je ne t'ai pas entendu lorsque tu étais au téléphone avec ton fils ?! Décrire les plats qu'elle te préparait ! Moi aussi, je peux le faire.

François soupira.

-Tu es ridicule ! Et en plus, tu écoutes aux portes, comme une adolescence. J'ai eu ma dose pour la soirée. Demande à ton fils ou à ta fille de l'aide, s'il te supporte.

Le père poussa la porte et Nils se saisit du bras de Kamu pour le faire reculer. Il ouvrit la porte d'entrée, pour faire croire qu'il venait d'arriver.

-Ne refermes pas, je sors, déclara son père, avant de sortir dans la cours, d'un pas déterminé.

Le brun le regarda faire, il sentait soudainement gêné qu'avoir assisté à cette altercation. Son compagnon lui souffla à l'oreille :

-Tu devrais le suivre. Et prendre un manteau.

-J'ai déjà un manteau.

Kamu fronça les sourcils.

-Pour lui, il n'avait rien sur le dos.

Il hocha la tête.

-Merci Kamu.

L'autre lui sourit, avant de lui faire signe d'y aller.

***

Nils gagna la cour, avec son chargement dans les bras. Il avait une idée de l'endroit où pouvait se trouver son père. Suivant le chemin de gravier, il fit le tour la maison pour en gagner l'arrière. L'endroit était vaste et plein d'arbres, qui apportait une touche d'ombre sur la terrasse aménagé pour l'occasion.

Un banc se trouvait sur le côté, magnifique ouvrage en bois et fer forgé, il permettait à qui le désirer de se reposer quand il le désirait. Nils s'y était souvent posé durant son adolescence. Il n'aimait pas vivre ici, et n'avait pas honte de l'avouer.

Le brun avisa son père, et lui tendit le manteau.

-Mets ça, tu vas avoir froid.

Il s'installa à côté de son parent.

-Je suis désolé pour tout à l'heure.

Il ne savait pas comment commencer la conversation.

-Je sais. C'est toujours un sujet sensible pour toi. D'ailleurs, je voulais te remercier d'avoir fait l'effort de venir cette année. Ca me fait vraiment plaisir.

Nils ne répondit pas. Il ne pouvait pas lui dire qu'il n'avait aucune envie d'être mais le faisait pour qu'il devait retrouver un objet magique qui n'avait rien à faire là.

-Je sais que je ne suis pas venu depuis longtemps, mais c'est toujours comme ça ?

-Qu'est-ce que tu veux dire ?

Le brun prit une grande respiration.

-Daniella qui ne veut pas venir, le bazar dans la cuisine, Loli qui disparaît…

Son père réfléchit.

-Voyons voir, l'année dernière : ta sœur était en voyage avec ses amis, Daniella n'a pas voulu manger et est parti se coucher tout de suite, Maxime est arrivé en retard parce qu'il a percuté un cheval, qui s'est avéré être une biche, et puis… Comme c'est Noël, ma femme m'a fait tout une scène parce que le traiteur s'était trompé et avait mis de la salade de choux au lieu de carotte rappé.

Il soupira.

-Tous les Noëls, il y a quelque chose… Tu sais pourquoi ?

Nils secoua la tête.

-Parce qu'elle a compris que même si je ne passais Noël avec ta mère et toi, je m'amusais mieux avec vous.

-Elle est jalouse ?

-Elle est fidèle à elle-même.

Le brun se garda bien de demander à son père pourquoi il ne l'avait pas quitté avant, alors que sa mère n'attendait que lui. Cela ne le regardait pas. Il en avait déjà parlé une fois, durant son adolescence.

-C'est quoi le problème du jour ?

-Le problème du jour, c'est qu'elle a voulu faire la cuisine alors qu'elle ne sait pas se faire cuire un œuf, seule. Du coup, pour les entrées ça allait, mais pour le reste, elle avait besoin de Loli ou Lucas pour que personne ne sache qu'elle ne savait pas faire fonctionner le four.

Nils se mit à rire.

-Ne rit pas. A la longue, ce n'est pas drôle.

Le brun ouvrit la bouche et se retint au dernier moment, pour ne pas se tromper de prénom.

-Eva, non plus ne sait pas se servir du four. La dernière fois, elle a réchauffé une soupe en brique au micro-onde.

Son père eut un petit sourire.

-Je vois. Pourtant, elle était très attentive lorsque nous avons fait des biscuits.

Nils haussa les épaules.

-Elle sait les faire, mais ne sait pas les faire cuire.

-Elle a l'air très gentille, et très positive.

-Elle l'est.

Sur ce point, il ne mentait pas. Kamu avait un coeur en or, et cherchait toujours le meilleur chez chaque être.

-Elle a l'air très amoureuse de toi…

C'était juste qu'il jouait bien la comédie. Mais cela, il ne pouvait pas le dire.

-Hum…

-Est-ce que toi…

Que répondre à cela ? Bien sûr que non, il n'était pas amoureux de lui. C'était juste une mission. Une mission sur laquelle Kamu se comportait bizarrement. Il ne pouvait pas nier qu'il l'attirait avec son apparence actuelle, mais de là à parler d'amour.

Devant son absence de réponse, son père continua.

-Je n'ai pas été un très bon exemple pour toi, et je m'en excuse.

-Papa…

-Non, c'est la vérité.

-Avec maman, vous vous aimiez.

Son père resta silencieux quelques instants.

-Certes, mais au vu de la situation, tu pourrais penser…

Nils l'interrompit.

-Je n'ai jamais douté de votre amour. Maman n'aurait voulu personne d'autre que toi.

-Oui, et je l'ai laissé dans cette situation, beaucoup trop longtemps. Si c'était à refaire…

Le brun secoua la tête.

-Ca ne lui aurait pas sauvé la vie.

-On ne sait jamais. Peut-être…

Nils secoua la tête.

-Non, papa. Maman traquait une secte criminelle, s'amusant à sacrifier des gens. Elle savait ce qu'elle faisait.

-Comment sais-tu tout ça ? Nils, ne me dis pas que toi aussi, tu…

Le brun soupira.

-Je me suis juste renseigné sur l'affaire. Elle n'a pas été la seule à y laisser la vie. Sa coéquipière du moment Julianne Maniane, aussi, à été tué. Si Romuald Chifenier, s'en est sorti, c'est juste parce qu'il était absent à ce moment-là.

-Tu m'as l'air bien renseigné sur le sujet. Nils écoute, j'espère que tu ne fais pas rien de dangereux.

-Tu connais mon métier. C'est toujours un peu risqué.

Le silence se fit entre eux, le temps que l'information soit digéré.

-Eva, est-ce qu'elle est vraiment…

-Oui, elle travaille avec moi.

-Dans les bureaux ?

-Sur le terrain. Elle est ma partenaire. C'est moi qui la protège.

Son père hésita.

-N'est-ce pas trop dangereux pour elle ?

Nils lui sourit.

-Tu ne sais pas à quel point, elle est douée. C'est l'une des meilleures.

-Et tu la protèges ?

-Oui, elle est environnementaliste.

Son père hocha la tête.

-Tu veux que je te réexplique ?

-Non, ça ira. Elle est comme ta mère.

Nils acquiesça.

-Alors s'il te plaît, protège-la du mieux que tu peux.

-Tu n'as pas besoin de me le dire. Je m'en occupe.

-Elle est précieuse à tes yeux, non ?

-Oui…

La réponse sortit toute seule. Mais ce n'était pas totalement faux, il s'était attaché à Kamu. C'était une personne gentille, conscience et drôle. Même si parfois son sens de l'humour n'était pas des meilleurs. Son attitude volontairement provocante et séductrice avec lui, ne l'amusait pas des masses. Le souvenir du baiser qu'ils avaient échangé, lui revint en mémoire. C'était si intense. Il n'avait qu'une envie recommencé. Seulement, il fallait revenir sur terre, et ne pas oublier la nature de son coéquipier.

-Mais tu n'es pas amoureux d'elle ?

Que pouvait-il répondre à cela ? Ils n'étaient même pas ensemble. En plus, ils étaient collègues. La dernière chose qu'il voulait s'était entamé une relation avec une connaissance qu'il serait obligé de fréquenter tous les jours. Si les choses venaient à mal tourner, l'ambiance serait rapidement insupportable.

-Je te laisse le temps d'y réfléchir. Seulement, ne lui fais pas de mal. Elle a l'air si douce, et gentille. Elle ne le mériterait pas.

Nils baissa la tête. Il allait vraiment falloir qu'il parle avec Kamu.

-En plus, je pense qu'elle est parfaite pour toi.

-Quoi ? Mais pourquoi ?

-Elle a l'air si calme. Je suis sûr qu'elle t'apaise.

-Je ne vois pas vraiment…

-Avant tu aurais ruminé plusieurs jours avant de t'excuser, ou alors tu serais parti en claquant la porte.

Le brun ne répondit pas. Il savait que son père avait raison sur ce point. Sauf que là, il ne pouvait pas se le permettre et ce n'était pas à cause de Kamu. Enfin pas seulement… Il se souvint sa façon douce de lui prendre la main, pour le calmer.

-Je grandis, murmura-t-il.

Qui essayait-il de convaincre ?

-Ca me fait plaisir. Il y a au moins quelqu'un de censé dans cette famille.

La remarque fit sourire Nils, mais il avait l'impression de ne pas la mériter.

-Bon, déclara son père. Si tu venais avec moi, remettre un peu d'ordre en cuisine, avant qu'Anne-Laure nous serve un poulet cru, recouvert de pâte à sucre.

Le brun ne put s'empêcher de sourire à cette idée.

-Tu veux cuisiner avec moi ?

-Ca nous rappellera des souvenirs.

Des souvenirs qu'ils étaient les seuls à partager. Souvent, son père venait entre Noël et le jour de l'an pour le fêter avec sa mère et lui-même. Tous les trois, ils cuisinaient ensemble dans la bonne humeur. Enfant, il adorait ces moments qu'il pouvait partager avec François. Adolescent, il lui en avait voulu, et avait préféré s'enfermer dans sa chambre.

Il regrettait leur dernier Noël, en famille, où il n'avait fait que ronchonner, et faire la tête à ses parents. Si seulement il avait su que sa mère ne serait pas là, la fois suivante. Il l'avait passé ici, même entouré de gens qui le détestait. Enfin, pas totalement... Avec Maxime à son côté pendant toute la soirée, il avait découvert un monde étrange, celui du jeune homme. Un garçon qui ne faisait que rire et sourire malgré la mort de ses parents. Cette pensée le ramena à la réalité.

-Merde ! J'ai oublié Maxime ! Il voulait le téléphone pour appeler sa grand-mère !

Son père posa la main sur son épaule.

-Tu iras lui apporter. Rien de grave.

Nils hésita. Sa présence ne serait sûrement pas la bienvenue, vu qu'il avait joué à terroriser Ben. D'ailleurs, il se demande ce qu'il avait bien pu raconter à son cousin pour expliquer sa pâleur. Mais il ne pouvait rien dire de tout cela à son père.

-Nils ?

-Oui ?

-J'espère sincèrement que ton travail ne t'amènes pas à côtoyer le danger de trop près. Si jamais, il t'arrivait malheur, je ne me le pardonnerais pas.

Le brun fronça les sourcils.

-Ne t'en fais pas, pour le moment, je suis dans un département assez tranquille, tant qu'on fait attention à ce qu'on touche.

-Vraiment ? Est-ce que tu es au même département que ta mère ?

Il paraissait hésiter comme s'il n'avait pas réellement envie de connaître la réponse.

-Non, je n'y suis pas. J'y étais lors d'une enquête conjointe, mais…

Devait-il lui dire qu'il avait eu une suspension pour avoir frappé un suspect ? Mieux valait éviter. Son père n'aurait pas approuvé.

-On m'a changé de département pour que je puisse encadrer K… Eva.

-Toi, en particulier ? Tu as dû te distinguer alors ?

Oui, seulement ce n'était pas de la bonne façon.

-C'est simplement que je suis un des plus puissants, et qu'Eva, n'a pas forcément des capacités défensives très développées. Ils essayent d'équilibrer les équipes.

Son père hocha la tête. Nils savait qu'il prenait sur lui. Il avait mal réagi lorsqu'il lui avait fait part de son intention de rejoindre la police magique. Il ne pouvait pas lui en vouloir quand on connaissait le destin tragique de sa mère.

-Mais ne pense plus à ça, papa. Je vais bien. Eva va bien. Et le poulet va bientôt aller mal si on ne dépêche pas.

-Si c'est trop la panique, on mangera des pizzas surgelés.

-Tu as tout prévu, on dirait.

-Non remercie ta sœur qui n'a pas compris que c'était des lots de trois et a commandé trois lots de trois pizzas.

-Avec quatre fromages dessus, parce que moi, je n'aime que les pizzas quatre fromages, répliqua Nils en imitant Loli.

-Elle était petite !

-Elle avait 12 ans et on en a entendu parlé jusqu'à ses 15 ans. Quatre fromages, répéta-t-il en détachant les syllabes.

Son père lui fit signe de se taire, même s'il discernait bien le sourire sur son visage. Il aurait au moins réussit à lui remonter le moral. Ce simple constat lui faisait plaisir.


Texte publié par Nascana, 9 février 2019 à 23h37
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