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Tome , Chapitre 8 Tome , Chapitre 8

-Alors comment tu vas faire pour éloigner Maxime ?

-Je t'ai dis que j'en faisais mon affaire.

Nils avisa un plateau sur le dessus de la commode dans l'entrée. Un sac à main était posé à côté, celui de sa belle-mère. Il s'en approcha.

-Nils, tu ne vas pas fouiller dedans ? lui souffla Kamu.

-Mais non.

Il se saisit juste des clés de voiture, laissé dans le vide-poche.

-Tu vois même pas besoin de fouiller. C'est ça que je veux.

-Qu'est-ce que tu vas faire avec sa voiture ?

-Moi ? Rien.

Kamu fronça les sourcils. Cela ne faisait qu'accentuer le côté attendrissant, mis en avant par son joli visage.

-C'est pour occuper Maxime.

Pour répondre à la question muette de son collègue, il déclara juste :

-Tu vas voir…

L'autre hocha la tête. Ils sortirent à nouveau.

Le brun frappa à la porte du camping-car. Un Maxime tout sourire, lui ouvrit.

-Déjà de retour, je t'ai manqué ?

-En fait, je t'explique : Anne-Laure a dit qu'elle avait entendu un bruit bizarre avec le moteur de sa voiture, seulement, elle ne veut pas t'en parler pour ne pas t'embêter.

-Quoi ? Mais ça m'embête pas. Je vais voir.

Aussitôt, Maxime se précipita dans la cour.

-C'est laquelle sa voiture ?

Nils appuya sur la clé et un petit bruit, suivit de phares s'illuminant les renseigna.

-Tu m'ouvres le capot ?

Le brun ouvrit la portière passager et se glissa à la place du conducteur, y cherchant le bouton permettant de déverrouiller la mécanique. Il finit par le trouver à tâtons, et tira dessus. Heureusement pour lui, le symbole dessiné dessus, le renseigna.

Aussitôt, son cousin se mit au travail. Nils attendit à son côté quelques instants. Il remercia son père d'avoir insisté pour faire installer des projecteurs, histoire de voir clair le soir et en hiver. Ainsi, Maxime y voyait suffisamment pour trifouiller dans le moteur.

-Désolé, il fait un peu froid, déclara le mage.

-Ha oui. Bah, rentre.

-Non, je vais attendre.

-Bha, va dans le camping-car alors, t'auras plus chaud. Ca ne gênera pas Ben, ne t'en fait pas.

Nils remercia son cousin, et s'excusa mentalement de profiter de lui, ainsi. Mais il n'avait pas le choix. Il rejoignit Kamu qui attendait calmement, devant le véhicule. Il ne paraissait pas souffrir du froid.

D'un geste de la tête, le brun lui fit signe de le suivre. Il ouvrit la porte et monta dans le camping-car.

-Maxime, tu ne sais pas ce que…

La voix s'interrompit en voyant qu'il ne s'agissait pas des bonnes personnes.

-Désolé, je croyais que c'était Maxime qui revenait. Mais je peux vous aider ?

Il leur jeta un regard interrogateur.

-Oui, nous avons à parler tous les trois, déclara Nils. Police département magie.

Passant la main, dans la poche intérieure de sa veste, il en tira son insigne, qu'il plaça sous le nez de Ben. Celui-ci comprit rapidement où il voulait en venir et eut un mouvement de recul. Butant dans le banc qui servait d'assise autour de la table, il tomba sur les fesses.

Le pauvre semblait vraiment mal à l'aise. Blanc comme un linge, il transpirait soudainement abondamment.

-Contrôle d'identité magique ! demanda d'un ton sec, Nils.

L'autre hésita, mais ne pouvait pas fuir. Il sortit alors un morceau de plastique de son porte-feuille, et le tendit lentement. Le brun lui arracha des mains et le fixa.

-Identificateur, hein ?!

Il se tourna vers son collègue.

-Kamu ?

L'autre hocha la tête et fit un pas en avant.

-Donnez-moi votre main, s'il vous plaît.

Ben n'en fit rien.

-Je… commença-t-il.

Il était clair qu'il n'avait aucun argument pour refuser. Enervé, Nils lui saisit le bras et le tint fermement. Ils n'avaient pas de temps à perdre, Maxime pouvait revenir d'une minute à l'autre, et dans ce cas, il serait certain qu'il ne comprendrait pas ce qui se tramait ici.

Ben tenta de se débattre, mais il ne pouvait clairement rien contre la poigne de fer, renforcer magiquement du brun. Malgré cela, le jeune suspect ne tenta pas d'utiliser ses pouvoirs, ce qui s’avérait plutôt une bonne chose.

-Kamu ?

Son collègue murmura quelques mots et un symbole apparu dans la paume du jeune homme, dont le visage se décomposa.

-Exécuteur, déclara le partenaire de Nils.

Aussitôt, celui-ci eut un mouvement de recul. Il passa un bras devant son compagnon pour le protéger, avant de dresser ses boucliers magiques entre eux et Ben.

Les exécuteurs étaient un type de mage spécial. Leurs pouvoirs leur permettaient d'utiliser ceux des autres pour les faire souffrir. Autrefois, ils étaient utilisés comme bourreau, pour exécuter et torturer les mages rebelles. A présent, ils n'avaient plus cette fonction, mais rester assez mal vu dans le monde de la magie.

-Attendez !

Leur suspect semblait gêné par la tournure que prenaient les événements.

-S'il vous plaît… Je vous en pris, je ne veux faire de mal à personne…

Il paraissait hésiter sur ce qu'il devait dire.

Kamu vint à son aide, et passa la main sur le bras de son collègue.

-Nils, écoute-le.

Le brun fronça les sourcils. Il paraissait plus méchant qu'il ne l'était en réalité.

-Très bien. Quelle est votre justification pour le fait de voyager avec une fausse carte d'identité magique ?

-Je...je vais vous expliquer tout… Mais s'il vous plaît, ne m'arrêtez pas. Je ne veux pas retourner dans mon pays…

Il paraissait profondément choqué.

-Il fallait y penser avant de se balader avec des faux papiers ! grogna Nils. Kamu !

Le brun lui fit un signe de la tête. L'autre répondit d'un mouvement du menton. Joignant ses mains, il murmura quelques mots, faisait apparaître une boule lumineuse, qui flottait à son côté.

-Tu sais ce que ça signifie ? demanda Nils au jeune homme terrifié.

-Cela détecte les mensonges ?

-C'est bon, il est mûr.

Kamu s'approcha de BEen et s'installa en face de lui.

-Je vous écoute.

Le brun le laissa faire. Tant qu'il restait dans la zone d'action de ses boucliers, il ne dirait rien. De plus, il savait que les gens étaient plus enclins à se confier à son collègue qu'à lui-même. Kamu était toujours plus doux et plus compréhensif. Son apparence féminine, du jour, l'aider aussi à gagner la confiance des autres.

Ben toujours pâle et les mains tremblantes, prit sur lui pour parler.

-Dans mon pays, les exécuteurs sont obligés de travailler pour l’État. Ils sont utilisés pour torturer les mages qui ne respectent pas les règles. Enfin, ça, c'est ce qu'on dit officiellement. En fait, si quelqu'un veut se rebeller contre les nouvelles lois ou le pouvoir en place, les exécuteurs doivent s'en occuper. S'ils ne le font pas, on menace leur famille. Ayant les mêmes pouvoirs que mon père, j'étais destiné à prendre la même voie que lui.

Il s'interrompit, pour reprendre son souffle. Il était visible qu'il allait mal. N'écoutant que son coeur Kamu, lui prit doucement la main.

-Ca va aller.

-Kamu ?! grogna son compagnon énervé.

-Baisse tes boucliers. Il ne nous fera rien.

Le brun hésita. D'un côté, il faisait confiance à son collègue, mais de l'autre, il ne pouvait négliger leur sécurité.

-Vous ne prendrez pas le risque de mettre Maxime en danger, n'est-ce pas ? lui demanda gentiment Kamu.

-Non, bien sûr que non !

Le change-forme se tourna vers son partenaire, qui acquiesça et fit disparaître le bouclier.

-Tu es content ?

Pour toute réponse, il obtint un sourire tendre, qui le toucha plus qu'il n'aurait voulu l'avouer.

-Mon père s'est débrouillé pour me faire faire ces papiers. Ma mère est identificatrice. C'est pour ça, que c'est ce qui est marqué sur ma carte d'identité magique. C'est aussi pour m'éviter cet avenir qu'il m'a fait venir dans ce pays.

Le regarde des deux partenaires se croisèrent.

-Nils, j'ai terminé ! l'appela Maxime.

-Tu y vas et je reste avec Ben, déclara Kamu d'un ton ferme.

Son collègue hésita.

-Je ne risque rien, le rassura celui-ci.

-D'accord. Mais toi, je t'ai à l'oeil, déclara-t-il en fixant le jeune homme.

Celui-ci ne broncha pas. Mais le suivit du regard, jusqu'à ce qu'il quitte le camping-car, et ne pu s'empêcher de pousser un soupire de soulagement.

***

Nils n'était pas rassuré de laisser Kamu seul, avec ce type. Même s'il n'avait pas l'air d'être violent et qu'il n'était sûrement pas là pour le pendentif, il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour son collègue. Seulement, il devait lui faire confiance un minimum.

Il rejoignit Maxime, et tenta de faire bonne impression. S'il arrivait avec le visage fermé, son cousin, se poserait sûrement des questions. Bien sûr, Ben ne pouvait pas vraiment raconter qu'il était tombé sur deux policiers, désireux de vérifier son identité magique. Mais sa présence leur compliquer la tâche.

-C'est arrangé.

Le brun espéra que c'était vraiment le cas, et qu'il n'avait pas cassé quelque chose dans le moteur. L'espace d'un instant, il se sentit coupable.

-Tu veux que je regarde la tienne ?

C'était en cela que Maxime était formidable. Il arrivait à proposer une solution, avant que le problème ne se pose. Nils tenait justement à ce qu'il reste éloigné du camping-car, et son cousin lui servait une excuse toute prête.

-Si ça ne te dérange pas…

-Mais non, ça me fait plaisir de rendre service. Ouvre le capot.

A nouveau, le brun déverrouilla la voiture et tira sur la molette.

-Alors voyons voir…

-Tu t'y connais autant que ça ?

-Mais oui, j'adore ! Tu vois le camping-car ?

-Comment le louper…

-C'est moi qui l'ai retapé ! J'ai vendu ma voiture pour l'acheter.

Sur ce point, le mage ne comprenait pas vraiment l'intérêt de la manœuvre.

-Faut aimer…

-Disons qu'on a plus de place dedans que dans ma chambre universitaire.

-On ?

-Ben et moi.

Nils lui lança un regard surpris.

-Je croyais que c'était une personne les chambres universitaires ?

-C'est le cas. Mais je ne pouvais pas laisser Ben à la rue. Du coup, on a trouvé un compromis.

Le brun commençait à comprendre où il voulait en venir.

-Tu aurais dû me téléphoner, pauvre nouille !

-Pour faire quoi ?

C'était vrai que Nils n'aurait pas pu faire grand-chose sur le coup, mais avec du recul, ils auraient pu trouver une solution.

-Trouver du soutien. J'aurais pu t'aider !

L'autre haussa les épaules.

-On s'en est bien tiré alors pas besoin de se prendre la tête.

-C'est important, si tu as besoin d'aider, tu peux me le dire ! Est-ce que tu en as parlé à papa ?

-Non, mais je n'allais pas l'embêter non plus…

-Je lui en parlerais si tu veux.

-Mais non, ça va. Ne t'en fais pas. On a une super maison à roulette.

C'était bien Maxime ça, tout allait toujours pour le mieux. Il avait rendu sa chambre universitaire pour vivre avec un type qui se baladait avec des faux papiers. Bien sûr, il n'en savait rien, et il ne risquait pas grand-chose non plus, en tant qu'humain sans pouvoir. Seulement, Nils imaginait sans peine sa tête, si l'autre débile venait à se faire arrêter. Encore heureux qu'ils n'utilisaient pas ses pouvoirs.

-La prochaine fois, souviens-toi que tu peux m'appeler à n'importe quelle heure si tu as le moindre souci. D'accord ?

-T'es trop sympa !

Son cousin fit un pas pour l'enlacer, mais Nils avait anticipé et recula.

-Évite de faire ça, avec tes mains dégueulasses !

-Je comprends. Si je salis tes vêtements, Eva ne va pas être contente. C'est elle qui te les a offerts ?

Le brun hocha la tête. Il ne pouvait pas lui dire qu'il les avait empruntés à Kamu. Cela n'aurait pas eu de sens.

-Ca m'a pas l'air mal, tout ça, déclara Maxime après un examen minutieux du moteur. Après, j'ai pas tout regarder, mais je pourrais le faire demain, si tu veux ?

-Ca ira. Si tu dis que ça va bien, je te crois.

A ce moment-là, la porte de la maison s'ouvrit pour laisser passer Lucas.

-Tiens, le retour de la fouine, ne pus s'empêcher de grogner Nils.

Ne l'ayant pas entendu, l'autre s'approcha.

-Qu'est-ce que vous faites ?

-Une partie de tétris, ça se voit pas.

-Tu as toujours autant d'humour, Nils. Tu es abonné aux blagues carambar.

Maxime se mit à rigoler, et ils se tournèrent tous les deux vers lui.

-J'aime toujours autant votre relation. Ca se voit que vous êtes frères.

Les deux autres se lançaient des regards noirs.

-On sent bien que vous vous aimez !

-Pardon ?

Nils manqua de s'étouffer avec sa salive, pendant que Lucas levait les yeux au ciel.

-Vous pouvez pas le cacher, ça se voit !

-Mets des lunettes alors…

Sur ce coup-là, son frère hocha la tête.

-Je crois que tu as une image étrange des relations fraternelles…

-Mais non, c'est vous qui ne vous êtes encore rendu compte de rien.

Lucas secoua la tête.

-Je ne l'ai jamais supporter.

-Sur ce coup-là, je suis d'accord. On a jamais pu se sacquer…

Leur cousin se mit à sourire.

-Vous voyez vous êtes d'accord. En plus, vous avez déjà cohabité ensemble pendant vos études.

-C'est vrai que c'était plutôt bien, le semestre où tu étais absent… railla Nils.

-Encore mieux, les années où tu n'étais pas là. D'ailleurs, j'ai jamais compris ce que tu as trifouillé pendant un an, à part faire payer une inscription à l'université à papa…

-Parce que toi, tu l'as payé seul ton école ?

-Elle était côté mon école, pas comme la tienne, qui prenait tout le monde.

Le brun secoua la tête.

-Rêve pas, ils n'auraient pas voulu de toi.

-C'est moi qui n'aurais pas voulu y aller. J'avais des projets, moi !

-Tu peux développer ? J'ai du mal à voir de quoi, tu parles !

Maxime les interrompit.

-Voilà, c'est de ça dont je parle ! C'est tellement naturel chez vous. Vous échangez du tac-au-tac. Vous ne prenez pas de gants. Je vous envie !

Les deux frères échangèrent un regard. Pour une fois, ils étaient d'accord. Leur cousin venait d'une autre planète ou alors, il voyait des choses qu'il était le seul à percevoir.

-Bon, je reviens, je vais me laver les mains.

-Attends ! Fais-le dans la maison, ça sera plus pratique pour toi !

-Tu crois ?

-Mais oui, profite s'en.

Il ne pouvait pas lui dire qu'il devait tout faire pour l'empêcher de monter dans le camping-car, tant qu'ils n'en avaient pas terminé avec Ben. Heureusement pour lui, Maxime n'y voyait pas malice, et accepta de suivre la recommandation.

Nils le suivit du regard, jusqu'à ce qu'il disparaisse de son champ de vision.

Voilà qu'il se retrouvait avec l'autre fouine sur les bras. Le bonheur ! Surtout que se débarrasser de ce crampon n'était pas simple. A tout les coups, il allait le suivre s'il retournait au camping-car, et comme il ne savait pas où en était Kamu.

Le principal intéressé se manifesta, justement.

-Nils ?

Il ne répondit pas à son appel. Pour le moment, il préférait surveiller son frère.

-Nils ?

-Dépêche-toi de répondre, si tu veux qu'elle soit gentille avec toi, ce soir, lui souffla Lucas, avec son éternel petit sourire narquois.

Avant même, que le brun réfléchisse sur ce qu'il pouvait faire, un bruit attira leur attention et ils levèrent la tête. Estella venait d'ouvrir la fenêtre du couloir donnant sur la cour.

-Lucas ! Je te cherchais partout ! Tu avais dit que tu m'aiderais pour donner le bain aux filles ! Dépêche-toi, enfin !

-Tu ferais bien d'y aller, si tu veux qu'elle soit gentille avec toi, ce soir, lui glissa le mage.

De la colère passa dans le regard de son frère. Il hésita sur la conduite à tenir.

-Lucas !

-Oui, oui, j'arrive.

-Dépêche-toi ! Je n'ai pas que ça à faire ! Et puis, qu'est-ce que tu fais dans la cour, d'ailleurs ? grogna-t-elle, avant de refermer la fenêtre.

Il jeta un regard noir à Nils, avant de tourner les talons.

-Lucas ?

-Quoi ?

-Je crois que c'est foutu pour toi. Elle sera pas gentille.

-Mais va te faire foutre, espèce de fouille merde !

Il rentra dans la maison et claque la porte, alors que le mage affichait un sourire satisfait. Une fois qu'il fut sûr que l'autre ne reviendrait pas, il tourna les talons à son tour. Il fallait qu'il sache quelles informations Kamu avait pu obtenir.

***

Restée seule avec Ben, Kamu s'assit à son côté pour le rassurer. Celui-ci semblait bien plus détendu, depuis que Nils avait disparu. Elle lui sourit, avant de prendre la parole.

-Dis m'en plus sur toi.

L'autre hésita. Sa main tremblait. Il était visiblement soumis à un trop grand stress. Le voir ainsi, serrait le coeur du change-forme. Elle prit ses doigts entre les siens. Sa sphère n'avait pas bougé d'un pouce preuve qu'il leur disait la vérité. C'était une bonne chose, cela leur éviterait de perdre du temps, en vaine recherche.

-Ca va aller. Ne t'en fais pas.

-Oui, mais il a dit…

-Là, c'est avec moi que tu parles. Ne t'occupe pas de lui. Ca, c'est mon problème. Ton visa a quelle durée ?

Il prit une grande respiration.

-Trois ans. Mais il peut être renouvelé.

-Tu es là, depuis combien de temps ?

-Deux ans.

-Tu vas faire une demande de renouvellement ?

Il hocha la tête.

-Tu sais qu'il y a une visite de contrôle ?

-Que...Quoi ?

De la peur passa sur son visage.

-Dans l'état actuel des choses, et avec tes faux-papiers, tu ne pourras pas avoir un renouvellement.

Il serra les dents.

-Sauf…

-Sauf ?

-Sauf si je te donne un coup de main.

-Pourquoi ? Vous voulez quoi ?

Kamu prit une grande respiration.

-Disons les choses simplement, on est en mission ici, et tu pourrais décider de ne pas nous faciliter la tâche. Du coup, je préfère t'avoir comme allié. Là, c'est la policière qui parle. Mais la femme est aussi touchée par ton histoire et voudrait te donner un coup de main.

-Mais et…

Il baissa la voix.

-Et lui ?

-Je m'occupes de lui, je te l'ai dit.

Mal à l'aise, Ben s'agita sur son siège.

-Je te le disais nous sommes en mission et ici, hormis le père de Nils, personne ne sait que nous sommes des mages. Personne ne sait quel est le vrai métier de Nils non plus, et le mien par la même occasion. Du coup, je te serais reconnaissante de ne parler de ça, à personne. Nous sommes à la recherche d'un objet magique : un pendentif enchanté. Si jamais la moindre information parvenait à tes oreilles, il serait gentil de nous en faire part.

L'autre hocha la tête.

-En contre-partie, nous oublierons tes problèmes de papiers. On pourra même dire que nous n'avons pas contrôlé ton identité, puisque cela n'avait aucun intérêt dans notre enquête. Est-ce que les termes du contrat te conviennent ?

Il déglutit difficilement. Du soulagement était visible sur son visage. Il ne croyait apparemment pas à sa chance.

-Et pour le renouvellement ? murmura-t-il.

-Ca c'est moi, qui vais m'en occupez personnellement.

Il la fixa surpris. Elle était sincère, il n'y avait aucune moquerie dans ses yeux couleur océan.

-Mais comment ?

Elle soupira.

-Ils veulent un identificateur. Je leur en donnerais un.

-C'est impossible !

-Ca l'est avec un objet enchanté.

-Mais ils le verraient tout de suite…

Kamu secoua la tête.

-Oui, s'ils utilisaient le sort pour détecter ce genre d'objet. Seulement, ils ne le font plus pour gagner du temps. A présent, ils cherchent des signatures magiques autres que celles de la personne présente.

-Ca revient au même, non ?

Elle secoua la tête.

-C'est un peu comme chercher une empreinte digitale dans une base de données, si elle n'y est pas, on ne saura pas à qui elle appartient. Là, si la signature magique n'est pas enregistrée, ils ne la trouveront pas.

-Mais tout les mages passent par l'enregistrement…

-Ne te fais donc pas de soucis pour ça. Je m'en occupe.

Avec un large sourire, elle le rassura.

-Une dernière chose, évite d'en parler à Nils. Moins, il y a de personnes au courant, mieux c'est.

-Je n'en avais pas l'intention, murmura-t-il plus pour lui-même, que pour Kamu.

Elle se leva.

-Marché conclu ?

-Oui.

Il se releva à son tour.

-Très bien.

Kamu ouvrit la porte du camping-car, et appela son compagnon, mais n'obtint aucune réponse.

-Qu'est-ce qu'il fait ?

Elle recommença. Seul le silence lui répondit.

Elle haussa les épaules.

-Tant pis pour lui. Je suis assez grande pour prendre les décisions, seule.

Elle tendit la main à Ben, l'invitant à la prendre. Il la fixa quelques instants, pesant le pour et le contre, avant de faire ce qu'elle attendait de lui.

-Au fait, mon prénom, c'est Kamu comme tu l'as entendu de la bouche de Nils. Mais ici, je suis juste Eva. C'est ainsi que tu dois m'appeler, d'accord ?

-Oui.

-Bien. Allons-y !

Fermant les yeux, la mage se mit à incanter, dans un murmure. Brusquement un symbole se matérialisa dans les airs au-dessus de leurs paumes liés, avant de retomber sur leur peau en poussière lumineuse, qui disparu totalement dès l'instant où elle les toucha.

-Tu sais ce que ça veut dire ?

-Que j'ai donné ma parole et que ne peut pas la rompre, sans risquer un choc en retour ?

-Bien.

Ben regarda pendant quelques instants son épiderme comme pour y trouver une trace de ce qui venait de s'être passé. Il n'y avait rien tout paraissait normal.

-Eva, murmura-t-il.

-Oui ?

Elle lui sourit.

-Est-ce que… pourquoi… votre prénom ?

-On ne peut pas dire que Kamu soit très courant. Du coup, j'en ai changé pour l'occasion.

-Et lui, est-ce que…

Elle soupira, et en profita pour rappeler à elle, la sphère magique qui disparue dans les airs rapidement. Elle venait de récupérer la magie restante. Sachant ce qu'elle voulait savoir, il valait mieux éviter de garder des objets magiques, en présence de non-mages, même si la majorité de ceux-ci ne pouvait pas les voir.

-Tu veux savoir si nous sommes vraiment ensemble ? Si seulement, j'avais le mode d'emploi de ce type, je pourrais te répondre.

L'espace d'un instant de la tristesse passa dans son regard, mais elle se reprit.

-Est-ce que ça va mieux ?

Il regarda autour de lui. C'était comme s'il se demandait comment il pouvait toujours être en vie après ce qui venait de se passer.

-Je crois que oui.

-Tant mieux. J'espère que tu ne nous en voudras pas.

Ben baissa les yeux, et mis un petit moment à répondre.

-Non. Vous ne faisiez que votre travail…

Kamu lui posa la main sur l'épaule avec délicatesse, pour lui montrer son soutien.

-J'espère que le reste de ton séjour ici, se déroulera mieux.

Avant qu'il ne puisse répondre, la porte du camping-car s'ouvrit, et Nils monta à l'intérieur.

-C'est bon, je me suis débarrassé des gêneurs pour quelque temps. On en est où, Kamu ?

En l'entendant dire ça, Ben pâlit.

-Maxime ? demanda-t-il.

-Il est parti se laver les mains, à l'intérieur. Le connaissant, il va s'arrêter pour discuter avec tout le monde, nous laissant un peu tranquille.

L'autre paru rassurait.

-Je ne ferais pas de mal à mon cousin, je ne suis pas un monstre, lâcha Nils plus énervé qu'il ne l'aurait voulu.

Kamu posa la main sur son bras pour le calmer.

-Tu lui fais peur, murmura-t-elle à son oreille.

Il lui jeta un regard interrogateur.

-Alors ?

-J'ai réglé le problème.

-Sans moi ?

Il y avait une pointe de reproche dans le ton de sa voix.

-Tu étais occupé à faire une bataille de regard avec ton frère, et je ne voulais pas te déranger dans cette tâche si importante.

-Fous-toi de ma gueule.

-C'est ce que je suis en train de faire, mon chéri.

Nils lui lança un regard noir et n'obtint qu'un doux sourire en réponse.

-Et donc ?

-Donnant-donnant. On oublie ses papiers, et lui oublie qu'on est de la police magique.

Le brun serra les dents. Cela ne lui plaisait visiblement pas d'avoir été écarté des négociations. Cependant, il ne pouvait rien dire, du fait du manque de temps dont ils disposaient.

-Tu es sûr que ça ira ?

-Certaine.

-Bon alors…

Il hésita sur la conduite à tenir.

-Ben, on va pouvoir repartir sur de bonnes bases.

Il lui tendit la main.

-Je suis Nils, le cousin de Maxime. Enchanté de te rencontrer.

L'autre le regarda sans comprendre, et hésita sur les gestes à faire. Kamu vint à sa rescousse. Elle saisit le bras du brun, pour le tirer à elle.

-Tu lui fais peur, avec tes gros yeux noirs.

Elle se tourna ensuite vers Ben.

-C'est bon, il est en mode Nils, et plus en mode flic.

-Qui est en mode flic ? demanda une voix derrière eux.

***

Maxime venait de refaire son apparition. Mais Kamu ne se laissa pas, démonter. Se tournant vers le nouvel arrivant, il déclara avec aplomb :

-C'est simplement Nils, et son regard inquisiteur. Des fois, on a presque l'impression qu'il va nous tuer sur place, simplement avec ses yeux.

L'autre secoua la tête, sous les rires de Maxime.

-Ca lui ressemble tellement. La première fois que je l'ai vu, je me suis dit qu'il ne devait pas être sympa, voir même qu'il faisait peur. Ca te l'a fait aussi, Eva ?

-Il en faut plus pour m'effrayer. Mais c'est vrai que je me suis dit, « c'est avec ce type que je vais travailler, il a pas l'air causant et agréable ».

Piquet au vif, Nils répliqua :

-Tout le monde ne peut pas être aussi causant que toi. Tu parles pour deux. Tu fais les questions et les réponses.

-C'est si mignon la façon dont vous vous parlez, déclara Maxime avec un sourire.

Le brun fronça les sourcils. Son cousin devait être passé dans un monde parallèle le temps de la conversation, parce qu'il ne voyait pas ce qu'il y avait de mignon, touchant ou autres dans ce qu'il avait dit.

Kamu lui prit la main.

-On ferait mieux de les laisser s'installer. On reviendra plus tard.

Nils hocha la tête. Il avait bien compris que sa présence mettait Ben mal à l'aise et il craignait que Maxime finisse par remarquer quelque chose.

-Ok. A tout à l'heure.

Ils sortirent et il ne put s'empêcher de souffler à l'oreille de Kamu :

-Tu es sûr que c'est une bonne idée de rien dire pour les faux-papiers ? On pourrait se retrouver dans la merde.

-J'ai promis. En plus, on est pas là pour contrôler l'immigration.

Il hésita avant d'ajouter :

-Tu me suis sur ce coup-là ?

L'autre soupira.

-Est-ce que j'ai vraiment le choix ?

Un joli sourire lui répondit, et son coeur se mit à battre plus fort, chose qui eut le don de l’énerver. Il craignait que Kamu profite du temps disponible pour lui demander qu'ils aient une petite discussion tous les deux. Comme il n'avait pas eu le temps d'y réfléchir, il en était toujours au même point.

Heureusement pour lui. L'autre n'en fit rien, se contenta de venir de coller à lui, avec tendresse. Ce qui ne l'aidait pas à avoir les idées claires.

Dire que la plus collante de ses copines étaient son collègue avec lequel il ne sortait même pas, avait quelque chose d'ironique.


Texte publié par Nascana, 6 février 2019 à 01h36
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