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Tome 1, Chapitre 4 Tome 1, Chapitre 4

François se leva à son tour et fit signe aux petites de le suivre. Elles n'hésitèrent pas une seconde et suivirent leur grand-père. Nils les regarda s'éloigner avant de reporter son attention sur Kamu.

Il approcha son visage de son oreille.

-On en est où pour la cartographie ?

L'autre fit un geste comme s'il regardait une montre invisible à son poignet.

-C'est pas pour tout de suite. Je te préviendrais.

Le brun s'enfonça dans le canapé. Ca n'allait visiblement pas assez rapidement à son goût.

-Et pour les tests ?

-Difficile à mettre en œuvre vu que personne à part ton père ne m'a fait la bise.

Nils grogna.

-C'est pas la politesse qui les étouffe.

-J'ai tester les deux petites et c'est négatif.

-Je n'y attendais un peu.

Ils restèrent silencieux l'espace de quelques secondes.

-Je vais m'arranger pour provoquer le contact, reprit Kamu.

-Si tu n'y arrives pas, c'est pas grave. Je pensais à tort que ça serait plus simple.

Nils surprit un regard sur lui.

-Viens, on se casse.

Il saisit Kamu par le bras et quitta la pièce.

-Qu'est-ce qui se passe ?

-C'est le bonbon rose qui est en train de me donner une indigestion, à me fixer avec ses yeux de merlan frit. Et c'est méchant pour les merlans, je suis sûr que leurs yeux sont plus expressifs.

Son ami mit la main devant sa bouche pour cacher son fou rire.

-Bha quoi, c'est vrai !

-Qu'est-ce qu'elle te veut ?

-Sûrement que je disparaisse.

-Non mais là, actuellement ?

-Je ne sais pas. Mais j'aime pas la façon dont on te regarde.

-C'est pas grave, Nils. J'ai vécu pire.

Tout en disant cela, Kamu lui serra tendrement la main. Leurs regards se croisèrent.

-Allons faire un tour en cuisine !

-Ok.

-Si y a du chocolat, tu pourras en prendre.

-Ne dis pas des choses comme ça. Je risque de prendre aux mots.

Décontenancé, son coéquipier se laissa entraîner.

Nils poussa la porte et fit sursauter son père. Il tourna la tête dans sa direction soucieux.

-Ha, ce n'est que toi. Pendant un instant, j'ai cru que c'était…

-Ta femme ?

Il baissa piteusement la tête.

-Oui.

-Est-ce que ça aurait été gênant ?

Son père ne répondit pas, causant l'énervement de Nils qui fut prit d'une grande envie de le secouer, pour le faire réagir. Comment pouvait-il accepter tout ça ? Pourquoi restait-il avec une femme qu'il n'aimait pas ou pire qu'il ne supportait pas ?

Ils avaient déjà eu cette conversation, et cela ne servait à rien de tout remettre sur le tapis. Il savait que son père culpabilisait de l'avoir trompé, et ne voulait pas « détruire sa famille ». Mais cela faisait longtemps que c'était le cirque dans cette maison.

-Qu'est-ce que vous faites de beau ?

Kamu venait de passer devant lui, lui caressant le bras au passage, pour se diriger vers la table. Sentant la tension retomber, le brun ne pus s'empêcher de regarder s'il n'avait pas déposé une marque apaisante sur lui. Mais non, il ne vit rien. C'était tout l'art de son coéquipier, calmé les gens en douceur.

-Des sablés de Noël !

-Avec papy !

Les deux voix enfantines lui répondirent.

-On va faire des sapins !

Candice lui montra l'emporte-pièce.

-Et une étoile !

Sa sœur ne voulant pas être en reste lui, lui en montra un autre.

Nils fut consterné, lorsqu'il se rendit compte que son père craignait de faire des sablés avec ses petite-filles. Quel allait être le problème ? La pâte n'est pas bio ? La table de la cuisine avait été réservée pour ce créneau ? Les sucreries n'étaient pas bonnes pour la santé ? L'emporte-pièce était la création d'un Suédois inconnu, mais valait très cher ?

Il y aurait bien quelque chose.

-C'est formidable. Je peux vous aider ? demanda Kamu.

-Oui !

Les deux petites répondirent à l'unisson.

La porte claqua coupant court à la conversation. Mais ce n'était que Loli qui entrait, sans un regard, elle se dirigea vers le frigo, avant de s'interrompre dans ses gestes.

-Bouge, je peux pas ouvrir la porte, râla-t-elle en direction de Nils.

-Toujours aussi douce et agréable, lui fit-il remarquer.

Il se décala néanmoins. Sans plus s'intéresser à lui, elle chercha du regard l'objet qui l'intéressait, mais ne le trouva pas.

-Papa, il est où le soda à l'orange ?

-Je ne sais pas. C'est ta mère qui s'est occupée de ranger le tout.

Il vint pourtant à son secours et ensemble, ils se mirent en quête du produit tant désiré.

-Y a celui-là.

-C'est au citron et moi, j'aime pas.

-Et celui-là.

-Non c'est la boisson détox dégueulasse !

En entendant ce mot, les petites ne purent s'empêcher de le répéter en riant.

-Dégueulasse !

-Dégueulasse !

-Loli, parle correctement devant les filles !

-J'y peux rien si c'est dégeux !

-Dégueulasse !

François se retourna pour expliquer aux deux enfants qu'il ne fallait pas dire ça.

-P'tain mais elles sont où les bouteilles ouvertes ?!

Loli traversa la cuisine d'un pas vif, avant d'ouvrir tous les placards.

-Papa, pourquoi on a pas pris un traiteur cette année ?

-Je ne sais pas. Demande à ta mère.

Elle fronça les sourcils.

-Ok, t'es jamais au courant de rien, de toute façon. Je ne vois même pas pourquoi je pose la question.

Avec humeur, elle continua à farfouiller, pour trouver la boisson.

-Je préviens, je vais pas à la cave ! Y a des araignées !

Son père soupira.

-Nils accompagne ta sœur à la cave !

-Non, pas lui.

Le brun leva les yeux au ciel.

-Ok. Dépêche-toi avant que je change d'avis et que je décide de t'y enfermer.

-Va crever !

-Loli soit polie ! Et va à la cave, avec ton frère ou bois de l'eau.

Elle se renfrogna.

Tant ce temps-là, Kamu s'était lavé les mains.

-Je vais vous aider pour les gâteaux. Enfin si ça ne vous dérange pas, monsieur ?

-Mais bien sûr que non. Je vous en prie appelez-moi, François. Monsieur, c'est trop formelle.

-D'accord.

Oubliant rapidement ses enfants qui se défiaient du regard. Le père se saisit d'un tablier qu'il tendit à Kamu.

-Tenez. Il ne faudrait pas que vous salissiez votre robe de soirée.

-Je croyais que c'était pour couvrir ses seins qui menacent de sortir de son décolleté, tellement la robe est serrée, souffla Loli assez fort pour Nils l'entende.

Avant qu'il n'est pu répondre, François le devança.

-Vous êtes encore là, vous deux ! Je croyais que vous deviez aller à la cave. Si vous n'avez rien à faire, dehors !

Ils sortirent de la cuisine en traînant la patte.

-N'en veut pas aux autres, Loli. Un jour, tu auras des seins. Tu as quel âge ? 22 ans ? Aïe ! Je crois que c'est foutu pour toi.

-Au moins, les miens sont vrais !

-Les siens, aussi.

-On voit que tu n'y connais rien.

-Parce que tu es une experte en faux-seins. Tu en cherches pour toi ? Tu veux atteindre un bonnet A ?

Sa sœur serra les dents alors qu'il ouvrait la porte donnant sur la cave et y allumer la lumière. Elle hésita avant de descendre lentement jetant des regards suspicieux aux toiles d'araignée l'entourant.

-Je ne savais pas que le genre pétasse aux gros seins, c'était ton truc !

Nils réagit d'instinct et l'attrapa par le bras, elle sursauta, ne s'y attendant pas.

-Je te le dis maintenant, et gentiment, ne l'insulte plus jamais en ma présence, sinon ça pourrait mal se terminer pour toi.

Il ne savait pas pourquoi il faisait ça, pourquoi il éprouvait ce besoin de protéger Kamu… Parce qu'il avait peur que ça le blesse sans doute et qu'il voulait le protéger, après tout, il était là pour ça.

Sa sœur le regarda en plissant les yeux.

-Alors t'es vraiment amoureux d'elle ? Incroyable. Je pensais pas que tu pourrais t'intéresser à quelqu'un un jour.

-Tu croyais quoi ? Que j'avais trouvé une auto-stoppeuse en talons aiguilles et que je lui avais demandé de venir avec moi ?

-Venant de toi, ça aurait pu être le cas.

Il secoua la tête, avant de prendre l'air surpris.

-Loli, tu as une araignée sur l'épaule !

Elle se mit à hurler pour son plus grand plaisir.

-Enlève-là, s'il te plaît !

Il secoua la tête.

-Nils !

Elle avait les larmes aux yeux.

-Mais non, tu n'as rien.

-T'es qu'une pourriture !

-Merci. J'en suis ravie !

Au moment, où il disait cela la lumière s'éteignit, provoquant un nouveau hurlement.

-C'est pas drôle ! Remets la lumière !

-Comme si j'étais responsable de tous les maux de la terre…

-S'il te plaît !

-C'est pas moi.

Le premier réflexe de Nils avait été d'incanter pour illuminer la pièce. Ce n'était pas son point fort, mais il aurait pu s'en tirer en y mettant plus d'énergie que nécessaire. Seulement la présence de sa sœur ne lui permettait pas d'avoir recourt à la magie.

Il soupira, avant de plonger la main dans sa poche et d'en tirer son portable avec lequel il produisit une faible lueur.

Loli cria à nouveau, en voyant l'éclat lumineux.

-C'est mon téléphone, pas besoin de me vriller les tympans comme ça !

Elle se tue.

-Je vais rallumer et je reviens.

-Tu vas pas me laisser seule ici !

-Pourquoi t'as peur qu'un tueur en série s'en prenne à toi ?

Elle secoua la tête.

-Remonte alors !

-Oui, mais mon soda orange !

-Mais tu me pompes avec ton soda orange ! Tout ça, parce que tu as peur d'aller à la cave comme une adulte. Allez dégage.

Nils reprit l'escalier en sens inverse, sans attendre. Il entendit un bruit de pas derrière lui et comprit que malgré tout, sa sœur le suivait. Une fois, en haut, il actionna à nouveau l’interrupteur et la lumière envahie la cave.

-Tu peux aller chercher le soda pour moi, lui demanda Loli d'une petite voix.

-Pourquoi ? Donne-moi une seule bonne raison de faire un truc pour toi !

-Je suis ta sœur.

-Elle a bon dos cette excuse. T'es ma sœur quand ça t'arrange et le reste du temps, je suis la pauvre merde dont tu n'as rien à foutre. Démerde-toi ma pauvre fille. Bois de l'eau, t'auras le cul moins gras !

Nils tourna les talons. Il le fit rapidement, avant d'être pris de remords et d'aller lui chercher sa boisson, comme à chaque fois.

Retournant à la cuisine, il retrouva Kamu, seule avec les deux fillettes. Du regard, il l'interrogea.

-Ton père est parti avec ta belle-mère.

Il sentit bien que son coéquipier aurait pu en dire plus. Seulement avec les enfants présentes, cela n'était pas possible. Il se garda bien de poser une question sur le sujet.

-On va faire des sapins verts, déclara avec force Candice. Parce qu'un sapin, c'est vert !

-C'est vert, reprit sa sœur.

-Ha et comment vous allez faire ?

-Avec du colorant, lui répondit Kamu. On va en mettre quelques gouttes dans le glaçage et après les petites l'étaleront sur les sablés cuits avec un pinceau.

Du doigts, elle désigna les outils sur la table.

-Mais avant, il faut que les biscuits soient cuits.

-Ils sont dans le four ! rétorqua Candice.

-Y a plus qu'à attendre, alors.

Nils sourit. C'était si bizarre de voir son ami en compagnie d'enfant. Contrairement, à ce qu'il aurait pu croire, il était calme et attentif. Très différent de ce qu'il avait l'habitude de voir. A moins que… Il se remémora les paroles de Kamu « ma sensibilité varie en fonction de mon apparence ». Et si c'était sa personnalité qui variait, plutôt.

-Comment ça s'ouvre ce truc ?

Voyant son coéquipier en train de se battre avec un petit tube de couleur verte, il prit l'affaire en main.

-Laisse-moi faire.

-Tu es sûr ? Ca tâche.

-T'en fais pas, ça ira.

-Tu ne veux pas le tablier ?

Mais avant qu'il ne répondit, Nils avait déjà ouvert le contenant.

-Ca va où ?

-Dans la casserole.

-D'accord.

Le brun s'approcha avec le colorant, en versa quelques gouttes.

-C'est bon comme ça ?

-Donne-moi la casserole, je vais tourner.

Kamu mélangea rapidement les ingrédients avant de montrer aux petites.

-Alors ?

-C'est trop beau !

-Oui…

-On peut dire que ça va alors.

Au moment où Nils se retourna, il heurta sa sœur de retour dans la cuisine, et vit sa chemise blanche aspergée de multiples dégoulinures vert sapin.

-Tu peux pas faire attention ?!

-C'est pas ma faute !

-Bien sûr, toi, tu es blanche comme neige !

Son père entra à cet instant pour voir le désastre.

-Mets en du rouge aussi et tu seras au couleur de Noël, ricana sa sœur.

Énervé, le brun reposa le colorant vert, se saisit du rouge, en versa quelques gouttes, dans le creux de sa main, avant de l'étaler sur les joues de sa sœur.

-Ho, c'est Noël, Loli !

Elle se débattit avec force, tentant de lui échapper, mais il la tenait fermement par le bras.

-Ca suffit !

Ils se figèrent face à cette voix forte qui résonna dans toute la pièce.

-Vous deux, dans mon bureau, tout de suite !

Ils baissèrent la tête, penauds, lorsqu'une petite musique se fit entendre. Loli tira son portable de sa poche.

-C'est Jules.

Aussitôt son père lui arracha le portable des mains.

-Il rappellera.

La jeune fille ouvrit la bouche pour clamer son mécontentement, mais face au regard de son géniteur, elle n'ajouta rien.

Lucas arriva en cet instant dans le couloir et se mit à rire.

-Vous vous lancez dans le stylisme ou alors vous vous croyez toujours à Halloween ?

Manque de chance pour lui, se fut son père qui prit la parole.

-Tu tombes bien, c'est justement toi que je cherchais. Dans mon bureau avec les deux autres !

-Ca va, j'ai plus quatre ans !

-J'ai dis dans mon bureau ! Je veux vous parler en privé, mais tu préfères peut-être que je le fasse au milieu du couloir ?!

Lucas soupira avant de se résigner à suivre son frère et sa sœur.

-D'accord.


Texte publié par Nascana, 3 janvier 2019 à 21h25
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