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Tome 1, Chapitre 3 Tome 1, Chapitre 3
Luna sentit quelqu’un secouer doucement son épaule, cependant elle n’ouvrit pas les yeux, pas encore. Le cerveau encore embrumé de sommeil, les images du diner de la veille lui revenaient, mais de manière assez floue, et elle ne chercha pas à les préciser. De toute façon, elle préférait ne pas trop y songer. Elle força donc ses pensées à se focaliser sur une seule chose : le Gardien des Sceaux. Il fallait qu’elle le trouve. Et à sa connaissance, étant donné qu’elle n’avait aucune idée de qui il pourrait bien s’agir, il n’y avait qu’un seul moyen pour cela.
    Et il fallait que ce moyen – cet objet – se trouve au Ministère. Quelle veine.
    Elle finit par ouvrir les yeux lorsque la luminosité s’accrut d’un seul coup, et elle plissa ses paupières pour les protéger de l’éblouissement. Il lui fallut quelques secondes pour s’y habituer, clignant plusieurs fois des yeux pour rétablir une vision normale. Elle tourna ensuite son regard humide vers son mari qui lui souriait doucement.
    - Hey ! Ce n’est pas souvent que tu dors comme ça ! Une vraie marmotte ! plaisanta-t-il, mais elle n’y répondit pas, quelque peu abasourdie.
    Quelques secondes plus tard, il quittait la pièce, de bonne humeur, et Luna prit le temps de bien s’étirer avant de se lever. Le planning de la journée ne l’enthousiasmait pas vraiment – c’était le même que la veille, en fait – mais il fallait qu’elle réfléchisse à un moyen d’entrer au Ministère puis au Département au sein duquel l’objet se trouvait. Et se posait aussi la question du quand, sachant que le plus tôt possible serait le mieux.
    Mais la seule chose qui réussit à émerger de son esprit encore quelque peu voilé était que l’initiative lui faisait penser à ses dernières années à Poudlard, lorsque le Seigneur des Ténèbres était revenu. Une vague de nostalgie l’assaillit brièvement, mais elle n’y pensa bientôt plus.
    Elle quitta la pièce à son tour et se rendit dans la cuisine, où son mari s’attelait à la confection du petit-déjeuner. Elle s’approcha de la machine à café, et commença à en préparer deux, voyant que cela n’avait pas encore été fait. Quelques minutes plus tard, elle s’asseyait devant le bar dans la cuisine, une tasse fumante dans les mains, l’autre face à elle. Rolf ne tarda pas à arriver avec deux assiettes, et s’installa à son tour. Elle jeta à peine un coup d’œil à ce que contenait son assiette, saisit une fourchette, et commença à manger en même temps que son mari,effectuant le geste par pur automatisme.
    Un silence confortable s’installa entre eux, et perdura si bien qu’elle replongea dans ses pensées – et elle se rendit à peine compte de ce qu’elle avalait. En y songeant, elle ne savait même pas ce qu’était un Gardien des Sceaux. Cette appellation ne lui rappelait rien du tout, que ce fût des souvenirs de cours à Poudlard ou de ce qu’elle avait pu entendre et apprendre par la suite. Rien du tout, pas même un faible écho. C’était étrange. Pourquoi fallait-il cette personne-là en particulier ?
    - Sais-tu ce qu’est un Gardien des Sceaux ?
    Elle sentit le regard stupéfait de Rolf se tourner vers elle, mais elle garda les yeux rivés sur le liquide noir, songeuse. Vraiment, pourquoi lui en particulier ?
    - Euh…, finit-il par répondre, balbutiant légèrement. Dis comme ça, non. Pourquoi ?
    Luna haussa les épaules. Elle n’avait rien à en dire, elle ne savait rien. Quoique…
    - Apparemment, il permettrait d’empêcher la réalisation d’un sort, murmura-t-elle finalement.
    Fin de l’histoire. Elle était incapable de dire quelle spécificité du sort pourrait expliquer cela. Peut-être l’explication était-elle dans ses notes ?
    - Oh, ne put que dire Rolf, déstabilisé.
    Elle le sentit froncer les sourcils, et il lui fallut quelques secondes avant d’ajouter :
    - Eh bien, vu le nom… je suppose que ce sort doit faire intervenir des Sceaux, et comme ce n’est, disons, pas une magie très courante…
    C’était le moins que l’on pouvait dire. Il s’agissait d’une magie très rare, très peu maitrisée, mais heureusement, que peu de sorts nécessitaient – aucun, à sa connaissance, en réalité. De ce fait, cette magie était très mal connue, au potentiel tout aussi mal cerné. Ironique quand l’on songeait qu’elle était assez proche de la magie des Runes. Cependant, elle était incroyablement plus complexe. Bien que Luna ne savait pas exactement en quoi, ne s’y étant jamais intéressée auparavant.
    Luna acquiesça. Jusque-là, cela pouvait paraitre logique. Mais pourquoi un Gardien ? Ce n’était pas quelque chose que l’on pouvait garder sous scellé, dans une pièce !
    Elle n’avait plus qu’à prier pour que la personne en question sache ce que c’était, elle, et qu’elle sache ce qu’elle avait à faire. Sinon, ils étaient vraiment mal partis.
    Ou alors, mieux encore, qu’elle n’avait strictement rien à voir avec ce type de magie.
    Elle avala une autre bouchée de blanc d’œuf après l’avoir trempé dans du jaune, et ne se rendit même pas compte lorsqu’une goutte tomba sur son pyjama ; peut-être aurait-elle quelques éléments de réponse dans ses notes. Sinon, il lui faudrait aller à la Bibliothèque. Les chances de trouver un ouvrage là-dessus dans la réserve du Musée étaient infinitésimales. Cette personne n’avait très certainement aucun rapport avec les créatures magiques.
    - Et il permet quoi, ce sort ?
    Luna cligna des yeux en relevant le regard, étonnée par la curiosité de son mari. Mais peut-être croyait-il que son interrogation pouvait avoir un quelconque rapport avec l’étude qu’ils réalisaient ensemble. Mais c’était idiot, il devait savoir qu’elle lui en aurait déjà parlé, dans ce cas.
    - Oh, eh bien…
    Pouvait-elle lui en parler ? Après tout, si elle évitait de nommer les Nargoles, peut-être l’écouterait-il, et la croirait-il au sujet d’individus s’apprêtant à détruire leur ville ? Si au moins ne serait-ce qu’une personne pouvait la comprendre…
    - Son but n’est pas très bien connu, mais son lancement entraine notamment la destruction de l’endroit à partir duquel il est lancé, finit-elle par répondre d’une voix distante et distraite.
    Rolf la fixa avec des yeux écarquillés.
    - Sérieusement ? Mais-mais c’est idiot ! Qui déclencherait un sort pour mourir en le lançant ?
    Tiens, elle n’y avait pas pensé. Elle fronça les sourcils et leva la tête, soudain songeuse.
    - Mmh, réfléchit-elle davantage pour elle-même mais à voix haute, j’imagine que c’est là aussi l’intérêt d’utiliser des Objets pour cela – comme une sorte de relais, ou autre chose. Soit pour le déclencher avec un compte à rebours ou à distance, soit la structure associerait une protection à –
    Mais Luna fut coupée dans sa réflexion par son mari qui la jaugeait, mi-effaré, mi-interrogateur.
    - Attends, comment ça, des objets ? Quels objets ? Et quel rapport avec les Sceaux ?
    - Les Objets volés ! s’écria-t-elle, et elle sut aussitôt, lorsqu’elle vit le visage de son mari osciller entre la déconfiture et le désappointement, qu’elle l’avait dit bien trop tôt.
    Les traits de Rolf se fermèrent. Il sembla réfléchir quelques instants et se racla finalement la gorge.
    - Les objets volés, répéta-t-il avant de reprendre, le ton sceptique : Donc, tu penses que ces vols ont pour but de détruire Londres ?
    Et bien sûr, comme il devait parfaitement se souvenir de leurs échanges de la veille, il savait parfaitement qu’elle pensait les Nargoles responsables de ces vols. Et donc, de la même façon que la veille, le sort en question devint aussi inoffensif qu’un brin d’herbe dans son esprit – s’il existait bien, lui et son Gardien de Sceaux. Et comme la veille, le cœur de Luna se serra, et elle tenta de se justifier :
    - Oui. Je sais que ça peut paraitre –
    - Ça ne parait pas. C’est absurde. Je suis désolé, Luna, mais tu ne peux pas me demander de croire ça.
    Les sourcils froncés et l’air maussade, il baissa la têtevers son petit-déjeuner, qu’il s’empressa de finir en silence. Morose, Luna en fit de même ; elle savait qu’il était inutile pour elle d’aller plus loin. Il était déterminé à ne pas la croire. Et ce constat fut encore plus douloureux qu’avec ses amis, même si la situation avait été similaire, mais ce n’était pas exactement pour la même chose. Que Rolf la crût ou non n’aurait pas changé grand-chose pour Londres – comme elle, il n’était pas le mieux placé pour agir. Mais c’était son mari – et comme les autres, il refusait même de considérer un tant soit peu ses paroles. Selon lui, elle avait forcément tort – parce qu’il semblait inconcevable pour eux que les Nargoles puissent exister. Et pourtant, c’était son mari. Elle avait soudain l’impression qu’un énorme fossé venait de se creuser entre eux, et les éloignait l’un de l’autre – mais peut-être avait-il toujours été là, sans qu’elle n’en eût conscience.
    Il était rare pour elle de vivre un silence aussi pesant. Une fois le déjeuner terminé, il ne leur fallut qu’une vingtaine de minutes pour finir de se préparer. Peinée mais déterminée, Luna prit soin d’attraper son parchemin au passage et de le fourrer dans son sac, songeant à l’étudier de plus près lors de ses pauses. Elle était toujours seule, et avait donc d’autant plus de raisons de ne pas perdre de temps. Quelques minutes après, ils transplanèrent.
    Le Musée était à présent fermé au public, et ils durent entrer par une porte annexe et non par l’entrée principale. Cela les arrangeait en partie, car le trajet jusqu’aux salles de stockage était plus court.
    Aussitôt arrivés, ils se séparèrent, et reprirent le travail tel qu’il avait été laissé la veille. Mais Luna ne parvint nullement à se concentrer, ses yeux tombant régulièrement sur son sac, vers le parchemin qui logeait à l’intérieur. Au bout d’une heure de ce manège qui avait rendu son travail peu productif, elle céda et le sortit. Elle le posa sur la table face à elle, disposant les Objets de sorte qu’ils le masquent plus ou moins à la vue des autres – il n’était pas très grand de toute façon, car elle l’avait plié pour n’avoir que la partie où tout était inscrit. Puis elle le lut avec attention.
    Elle soupira de dépit lorsqu’elle eût fini le passage sur la description du sort. Elle était somme toute assez courte, étant donné que ce sort n’avait jamais été pratiqué à la connaissance des historiens, mais elle était suffisamment claire pour sous-entendre qu’elle utilisait une magie très rare, subtile, que peu parvenaient à maitriser, ici mise en place avec l’aide de l’un des Objets nécessaires au sort – ou peut-être même deux. Les Sceaux.
    Elle reprit sa lecture. Elle passa vaguement sur les effets délétères connus du sort – comme la destruction du lieu où il serait pratiqué – et se reconcentra sur le passage évoquant le moyen d’en empêcher la mise en place. Ou tout du moins essaya, car on l’interpella.
    - Luna ! Sais-tu où se trouve l’exemplaire du parchemin sur les Foriantes ?
    - Mmh ?
    Il lui fallut quelques secondes pour seulement comprendre ce qu’attendait d’elle la jeune femme debout face à elle, des mèches folles débordant de son chignon qui s’était voulu serré. Et pour comprendre de quoi elle parlait.
    - Oh ! Non ! Désolée, lui adressa-t-elle alors, en secouant la tête.
    Elle s’attira tout juste un regard suspicieux de la part de la jeune femme, mais Luna n’y fit pas plus attention. De toute façon, elle ne savait réellement pas où se trouvait ce fichu parchemin. Mais son regard insistant finit par la crisper légèrement, et elle dut retenir un soupir, avant de finir par chuchoter :
    - Pourquoi ne demandes-tu pas à Drax ? Il était dans le secteur des créatures élémentaires, à la base.
    La jeune femme ne la lâcha pas des yeux pour autant, semblant réfléchir. Luna se détourna d’elle, et saisit un nouvel Objet, dans l’espoir qu’elle finisse par se lasser puis par partir.
    - Que faisais-tu ? marmonna finalement l’autre femme, tandis qu’elle se hissait sur la pointe des pieds pour essayer de voir plus en avant ce qui se trouvait devant Luna.
    Elle ne pouvait voir le parchemin chiffonné que Luna lisait, mais cela ne tarderait pas.
    - Je travaille, répondit Luna d’une voix légère. Et toi ?
    La jeune femme fronça les sourcils en reposant les pieds au sol et resta figée quelques secondes.Puis après un temps qui parut absurdement long pour Luna,elle renifla avant de finalement reculer et s’avancer vers une autre table à quelques mètres de là. Luna ne la considéra pas plus longtemps, et nota juste les informations relatives à l’objet qu’elle tenait, avant de le reposer. Un coup d’œil autour d’elle lui confirma l’absence de regards tournés vers elle. Elle reporta alors le sien sur le parchemin.
    Elle finit sa lecture en peu de temps, car les informations portées dessus étaient succinctes. Luna retint un autre soupir. Il lui confirmait juste le lien entre le Gardien des Sceaux et cette magie particulière : c’était bien à cause d’elle que cette personne était nécessaire. Mais rien sur la marche à suivre, ni sur comment la retrouver facilement.
    Elle ne pouvait donc que s’en tenir à son pseudo-plan qu’elle n’avait pas encore élaboré – qui consistait juste à se rendre au Ministère, au sein du Département consacré aux Objets Magiques et devant le Miroir de Limar. Cet objet était notamment capable d’invoquer l’image de la personne recherchée et le lieu dans lequel elle se trouvait. Si le Gardien des Sceaux était unique, et si le Miroir était capable de comprendre cette appellation, elle ferait d’une pierre deux coups.
    Mais bien sûr, comme elle ne travaillait pas au Ministère, qu’elle n’était pas censée faire quelque chose là-bas, et qu’Hermione ne l’autoriserait jamais à y aller – il lui faudrait alors se justifier, or elle lui avait bien dit la veille qu’elle ne croyait même pas à l’existence de ce sort –, et Harry non plus, et ce pour les mêmes raisons,la tâche se révèlerait ardue.
    Cela ne la découragea pas pour autant, et elle rangea le parchemin dans son sac avant de se remettre au travail avec plus d’entrain. Elle profiterait de la pause du midi pour mettre en place un plan. Si possible, effectuable dès ce soir.
    
**

    La sonnerie de l’ascenseur annonça l’ouverture des portes, et Luna n’attendit pas pour en sortir. Elle bifurqua immédiatement sur sa gauche, tâchant de se faire la plus discrète possible. Depuis la guerre contre Voldemort, les accès au Ministère étaient très surveillés – pas la peine de rêver de parvenir à passer pendant la nuit. Elle comptait donc rentrer de jour, lorsque les passages étaient plus souples, afin d’éviter ce genre de difficultés. Mais bien sûr, il y en avait d’autres : celui de se faire attraper plus facilement, par exemple.
    Mais cette option l’avait finalement fait hausser les épaules. Au moins, elle aurait de plus grandes chances d’atteindre le Miroir ; si elle se faisait attraper après avoir obtenu les informations souhaitées, quelle importance ? On l’arrêterait, et ils apprendraient rapidement le pourquoi de sa venue – ce n’était pas comme si elle comptait voler quelque chose, ou déclencher quelque chose de dangereux. Ils la prendraient certainement pour une folle, Harry et Hermione, qui étaient les plus susceptibles d’être mis au courant, lèveraient les yeux au ciel, et elle serait finalement relâchée – parce qu’à part rentrer dans un endroit normalement non accessible au public, ils n’auraient rien contre elle, et ils avaient bien d’autres chats à fouetter, surtout avec les vols qui avaient eu lieu ici même.
    Ce n’était donc pas le plus gros problème. Non, il fallait juste qu’elle puisse accéder au Miroir avant que cela ne se produise, si cela venait à se produire.
    Il y avait peu de monde à cette heure. C’était le début de soirée, et la plupart du personnel ne tarderait pas à quitter le travail. Elle devait faire vite. Les gens auraient bien du mal à comprendre ce qu’elle pouvait bien faire là, et pourquoi elle partait dans ce sens-là. Elle pourrait très bien prétexter avoir un rendez-vous, mais elle n’était pas sûre que ce fût réellement crédible.
    Elle longea les couloirs un petit moment, un trop long moment pour elle, tandis queson cœur se mettait à battre plus vite. Elle n’osait pas courir, de peur de voir quelqu’un apparaitre soudain dans le couloir ; elle paraitrait aussitôt suspecte.
    Au bout d’une dizaine de minutes à ignorer les portes qui défilaient sur les côtés, elle s’arrêta devant l’une d’entre elles. Elle n’avait rien de spécial par rapport aux précédentes, et seul un écriteau désignait le lieu auquel on accédait. Elle l’ouvrit – et fut assez étonnée de le pouvoir, puis se dit que ce devait tout simplement être parce qu’elle était dans les horaires d’ouverture – et se glissa à l’intérieur, prenant bien soin de refermer derrière elle.
    La lumière disparut, et elle se retrouva plongée dans le noir. Cela ne la rassura qu’à moitié – au moins ne devait-il pas y avoir de gens à proximité.
    Après avoir invoqué un Lumos qui illumina le bout de sa baguette et lui permit d’éclairer un faible périmètre large de quelques mètres autour d’elle, elle jeta un regard circulaire au lieu dans lequel elle se trouvait. Il s’agissait d’un simple couloir aux murs sombres et au sol qui luisait faiblement à la lumière. Rien à voir avec le Département des Mystères, dont elle se rappelait de toutes les péripéties qu’il leur avait infligées. Mais en même temps, ils n’abritaient pas exactement la même chose. Le Miroir qu’elle ciblait, et les autres objets magiques stockés là de manière générale, n’étaient pas réellement dangereux.Les mesures de protection à leur encontre devaient donc se limiter essentiellement à empêcher leur vol, comme des sorts qui bloqueraient les objets dans la salle dans laquelle ils étaient entreposés, ou quelque chose du même style – ou quelque chose au niveau de la porte. Mais pas de pièges en tant que tels.De plus, ce Miroir était parfois même utilisé par les services d’Aurors. Elle était même étonnée qu’il se retrouvât là,qu’il n’eût pas été transféré dans un local plus adapté et qu’il ne fût pas utilisé plus souvent. Peut-être était-il capricieux, ou bien, contrairement à ce qu’elle pensait, son utilisation imposait-elle certaines contraintes. Elle espéra juste que le Miroir fût conciliant pour cette fois, et lui montrât ce qu’elle avait besoin de savoir.
    Elle s’avança, tâchant de réduire sa respiration au son le plus faible possible, et de rendre ses pas silencieux. Heureusement pour elle, elle ne mettait presque jamais de talons hauts, et elle portait à présent des bottines à semelles plates.
    Puis des portes apparurent sur les côtés. Elle craignit un instant de devoir toutes les regarder, mais aperçut ensuite les inscriptions sur chacune d’entre elles, désignant les catégories d’objets contenus dans la pièce en question. Cela la rassura. Et lui confirma que la sécurité mise en place en ces lieux était strictement minimale, ce qui était une chance pour elle.
    La première porte n’avait strictement rien à voir, et Luna l’ignora pour passer à la suivante tout en balayant les alentours du regard pour vérifier que personne ne venait. Ce petit manège dura jusqu’à la sixième porte, où elle s’arrêta. Objets associés à la spatio-temporalité. Cela pouvait correspondre. Elle saisit donc la poignée, et l’abaissa.
    Mais la porte ne s’ouvrit pas, et elle n’insista pas – la force était inutile face à la magie. Elle tenta alors un simple Alohomora, qui n’eut pas plus de succès. Elle serra les dents, agacée, tout en jetant un énième coup d’œil par-dessus son épaule. Alors jusqu’à présent il n’y avait strictement rien, et à présent ils mettaient le paquet sur cette fichue porte ?
    Peut-être était-ce à cause des vols… Mais Luna n’y réfléchit pas davantage, se penchant alors sur la serrure.
    Elle n’avait rien de particulier. Luna tenta plusieurs sorts, sans succès. Elle grimaça. Elle n’allait tout de même pas être amenée à détruire cette porte pour pouvoir entrer ? Autant pour la discrétion !
    Que pouvait-elle faire d’autre ? Elle ne savait pas si quelque chose empêchait tout sort de fonctionner sur la serrure, ou si cela ne concernait que les sorts d’ouverture. Elle chercha alors à faire bouger le mécanisme à l’intérieur « manuellement » avec sa baguette, dépitée, en faisant pression sur les petits rouages qu’elle ne voyait pas, mais qu’elle visualisait dans sa tête grâce à un sort. Et cela fonctionna, même si ce fut lent – d’autant plus qu’elle jetait de fréquents coups d’œil derrière elle, ce qui ne l’aida pas à se concentrer. Lorsque le dernier engrenage cliqueta et que la porte se débloqua, un vif soulagement la saisit mais de façon brève. Elle n’avait pas le temps non plus pour cela.
    Elle ouvrit légèrement la porte, vérifia une dernière fois qu’elle fût bien seule, et se glissa à l’intérieur tout en refermant derrière elle. Puis elle se retourna, et leva sa baguette devant elle.
    Il faisait aussi sombre que dans le couloir, ce qui ne lui permit pas d’éteindre sa baguette. Le champ qu’offrait le sort était trop court pour occuper toute la pièce ; cependant, elle pouvait voir en face d’elle plusieurs hautes étagères alignées sur lesquelles étaient entreposés des objets plus ou moins volumineux. Elle s’avança sans les quitter des yeux. En quelques pas, elle fut à leur hauteur, et elle se mit à chercher.
    Deux minutes après, elle se retrouva face à lui. Un petit miroir de la hauteur d’un bras se dressait parmi ses semblables, et seule sa surface brillante légèrement dorée le distinguait des autres. Elle leva la main, et caressa les sculptures de son cadre. De simples formes géométriques qui ne représentaient rien en particulier, si ce n’était ce que l’observateur voulait bien s’imaginer. Mais Luna n’était pas là pour cela ; elle empêcha donc son esprit de divaguer à ce sujet, et son regard se posa sur le verre.
    Il n’y avait aucun reflet, et cela lui fit un peu bizarre. Mais elle ne s’attarda pas dessus, sentant l’inquiétude la gagner. La surface restait inerte. Que devait-elle donc faire pour avoir l’information recherchée ?
    - Qui est et où se trouve le Gardien des Sceaux ? murmura-t-elle finalement, après un bref coup d’œil inquiet vers la porte, assez éloignée de sa position et presque masquée par le fouillis organisé des Objets stockés.
    Elle attendit, et après quelques secondes, il ne se passa toujours rien. Luna se mordit la lèvre inférieure. Dire qu’elle avait fait tout cela pour rien ! Elle ferma les yeux, pinça les lèvres, et tenta de vider son esprit de toutes ses pensées. Excepté celles concernant le Gardien des Sceaux.
    Après qu’elle n’eut plus que cela en tête, détendue, elle entendit un doux clapotement, comme de l’eau agitée par de petites vaguelettes après un bref trouble. Elle ouvrit les yeux, et hoqueta, mortifiée.
    Oh, le Miroir avait bien fonctionné, cette fois. La silhouette d’une personne se faisait bien voir, et son visage était parfaitement visible. Vêtue d’un uniforme sombre avec des touches de vert et d’argent et accompagnée de quelques personnes, elle marchait dans un couloir de pierres claires que Luna reconnut sans mal. En dessous, une inscription donnait le nom de la personne, mais Luna n’en avait pas besoin. Car elle connaissait cette personne.
    Ce détail aurait dû la soulager – la trouver serait loin d’être difficile – mais elle y pensa à peine en cet instant – cela lui semblait tellement dérisoire.
    C’était une personne jeune. Bien trop jeune certainement pour connaitre ce dont elle voudrait lui parler – et dont elle-même n’avait que peu d’informations, en vérité. Et puis, son père avait déjà dû lui parler des événements en lui donnant une tout autre vision des choses. Elle aurait certainement du mal à la croire, elle.
    Car il s’agissait de Lily Luna Potter. La fille d’Harry Potter.
    
**

    Lily fut parcourue d’un frisson irrépressible, qui descendit le long de sa colonne vertébrale pour se distribuer dans tous ses membres. Elle venait de sortir de cours et avec ses deux amis également à Serpentard, elle se rendait à la salle commune de leur maison en attendant le diner dans la Grande Salle, lorsqu’une sensation soudaine et étrange l’avait saisie. Elle se sentait comme… observée, mais pas seulement. Elle jeta un regard par delà son épaule, puis sur les côtés. Mais il n’y avait que les élèves qui quittaient les salles de cours dans un brouhaha infernal, et aucun visage n’était tourné en sa direction. Elle finit par les lâcher des yeux et fronça les sourcils, le frisson disparu mais les stigmates encore présents. Cela ne passa pas inaperçu aux yeux des deux autres.
    - Lily, ça va ?
    Lily ouvrit la bouche puis hésita. Que pouvait-elle leur dire ? La sensation insolite et inattendue avait été trop fugace pour y trouver une quelconque explication. Elle finit par secouer la tête, un peu désarçonnée.
    - Rien, rien. Juste… je ne sais pas, juste une sensation bizarre. Mais c’est passé.
    Le jeune homme à sa droite, Michael, haussa un sourcil mais ne répliqua pas, et finit par hausser les épaules au bout de quelques secondes. Mais la blonde à sa gauche, Laura, n’était pas de cet avis.
    - Ah bon ? Tu en es sûre ?
    Lily haussa à son tour les épaules pour toute réponse. Elle ne pouvait rien leur dire de plus, elle ne savait rien de plus qu’eux.
    - Ok…, chuchota alors Laura, préférant abandonner là-dessus.
    Après tout, Lily ne semblait pas plus perturbée que cela. Pas du tout, même. Juste quelque peu étonnée... ou égarée, peut-être.
    - Bon, on y va ? On va finir écrasés contre les murs avec tous ces sauvages, grogna Michael d’un air bougon, en fixant des premières années qui se mettaient à courir en criant. Bande de sales gosses, souffla-t-il en râlant.
    - Tu étais un peu comme ça, toi aussi, fit Laura en riant, tandis qu’ils reprenaient leur marche. A te regarder, les cours représentaient une véritable torture pour toi, et la sonnerie de la dernière heure une véritable délivrance !
    - Eh ! Ce n’est pas vrai !
    - Oh, c’est vrai que…
    Lily les laissa discuter et rire entre eux, replongeant dans ses pensées. Même s’il n’y avait désormais plus rien, l’incompréhension était toujours là. Elle avait vraiment eu l’impression qu’il y avait eu quelque chose. Et puis c’était parti tout aussi soudainement, comme si on l’avait visualisé puis fait disparaitre ou… ou peut-être pas, qu’en savait-elle ? Y avait-il quelque chose capable de…
    - Lily ! gémit une voix qui lui parut bien suraigüe à cette occasion. On t’attend !
    - Pardon ?
    Ils se trouvaient devant le portrait qui limitait l’accès à leurs dortoirs, grand ouvert devant eux. Lily ne vit pas le problème, et le fit bien comprendre à ses camarades de par son regard grandiloquent et son sourcil haussé. Mais personne n’insista, et ils entrèrent. Et ses précédentes pensées disparurent aussitôt de son esprit.
    
**

    Luna se plaqua aussitôt contre une étagère, pestant intérieurement contre le Miroir qui reflétait toujours l’image qu’il lui avait montré, et qui le faisait briller plus qu’à l’accoutumée. Mais quelqu’un arrivait, et ce n’était vraiment pas le moment.
    Le problème étant que le bâtiment tout entier interdisait les transplanages, il lui fallait sortir par les voies habituelles. Or, elle était soudain beaucoup moins sûre de n’avoir aucun problème si elle venait à se faire prendre, et c’était bien parti pour être le cas. Elle se ratatina davantage et se glissa le long des rayonnages, éteignant sa baguette.
    Un homme de haute taille vêtu d’une robe de sorcier sombre et d’une cravate rouge se tenait près de l’entrée grande ouverte, la baguette levée et les sourcils froncés. Il ne lui évoquait rien, et son visage sombre ne lui disait rien qui vaille. Surtout lorsque ce dernier aperçut la lumière anormale en provenance d’une étagère un peu éloignée – celle du Miroir, à cause de ce Miroir, justement. Il se dirigea aussitôt vers sa source. Luna se figea quelques secondes. Elle devait absolument bouger.
    Tâchant de ne pas se cogner, étant donné qu’elle ne voyait que de vagues formes sombres, elle longea les étagères pour se glisser dans une autre allée assez éloignée de celle d’où elle venait, puis elle s’efforça de gagner l’entrée. Si elle pouvait l’atteindre sans que l’autre homme ne la remarque, ce serait fantastique.
    - Qui est là ? cria soudain la voix du sorcier, teintée d’inquiétude cette fois-ci.
    Cela étonna brièvement Luna, avant de comprendre : il avait dû voir Lily. Il avait aisément deviné que quelqu’un était venu là pour la visualiser, forcément, mais alors, il était en droit de s’en demander la raison. Luna ferma les yeux de dépit pendant une seconde. Il devait penser qu’elle était visée pour une obscure raison, pour atteindre son père, par exemple. Mais c’était ridicule, cette initiative était ridicule, car Lily était bien connue – renommée de son père oblige, bien qu’il faisait tout pour épargner ses enfants et pour leur offrir la vie la plus normale possible – et tous savaient qu’elle se trouvait actuellement à Poudlard. Venir en ces lieux pour la trouver était complètement inutile et stupide.
    Mais elle ne voyait pas autre chose à laquelle il aurait pu penser et qui aurait pu expliquer sa soudaine angoisse. De toute façon, du point de vue du sorcier, c’était la seule chose rationnelle à laquelle il pouvait songer de prime abord.
    - Qui est là ? répéta-t-il d’une voix plus forte et plus ferme, en s’éloignant du Miroir – et il risquait bien de se rapprocher d’elle, se rendit-elle alors compte avec effroi.
    L’entrée était toute proche, mais elle savait que si elle s’y rendait, là,à cet instant, il la verrait. Et que pourrait-elle lui dire, dans ce cas ? La vérité ? Par Merlin, déjà qu’il ne la croirait pas, de base, mais comme il devait désormais présumer un éventuel attentat qui viserait la fille du Directeur du bureau des Aurors…Ça, Harry en entendrait parler. Et elle était à peu près sûre qu’il valait mieux qu’il ne fût pas au courant de cela. Sinon, il l’empêcherait certainement d’approcher Lily – parce qu’il faudrait bien qu’elle le fasse pour lui parler des Nargoles et du sort.
    Elle le sentit avancer en sa direction, et se mordit la lèvre. Elle n’avait plus le choix. Sa présence était confirmée, il ne servait à rien d’espérer qu’il parte d’une manière ou d’une autre. Elle devait donc le neutraliser, sans qu’il ne vît son visage. Ou pas nécessairement, en fait, ce n’était pas si grave, il lui faudrait sans nul doute lui effacer ses derniers souvenirs, de toute façon.
    Elle aperçut l’ombre de sa silhouette sur le sol, se ratatina davantage par instinct puis s’immobilisa. Elle prit garde à respirer sans un bruit, et à ne pas plus faire quoique ce fût de bruyant – ce qui ne la changeait beaucoup des secondes précédentes. C’était le moment. Elle pouvait lui envoyer un sort entre deux objets, et si elle était suffisamment rapide, il ne s’en rendrait compte que lorsque le sort le frapperait, et ne la verrait donc même pas.
    Elle se leva à peine pour lancer un Stupéfix informulé vers la grande silhouette, heureusement de dos. Cette dernière se figea et retomba sur le sol après quelques secondes, face contre terre. Un autre sort lui retira ses derniers souvenirs, et Luna rejoignit précipitamment l’entrée.
    Il n’y avait personne. Luna s’empressa donc de traverser le couloir pour rejoindre la porte, le plus silencieusement possible compte tenu du fait qu’elle courait. Elle faillit ouvrir la porte en grand dans sa hâte mais elle s’arrêta, haletante. Elle se retourna pour vérifier que personne ne la suivait –ce qui fut difficile étant donné qu’elle n’avait pas rallumé sa baguette, mais elle se refusait à le faire, de peur d’être aussitôt repérée – puis elle tenta d’écouter les bruits au travers de la porte. Y avait-il quelqu’un dans les couloirs ? Il lui semblait bien que non mais elle n’en était pas sûre. Mais comme elle n’avait aucun moyen de voir au travers, elle l’ouvrit très lentement et très légèrement, afin de dégager un faible interstice qui laissait juste de quoi passer un œil.
    Personne en vue, et aucun bruit, hormis celui de son souffle court. Elle l’ouvrit un peu plus grand, ce qui lui offrit une vision un peu plus large. Toujours personne.
    Elle glissa dans l’ouverture, et referma aussitôt la porte derrière elle pour s’en éloigner rapidement, tout en évitant de courir. Elle pourrait toujours prétexter s’être perdue dans les couloirs, mais il ne fallait pas que l’on sache qu’elle venait en réalité de cette porte.
    Cependant, il fallut quelques minutes avant qu’elle ne croise du monde, et à ce moment-là, elle ne s’en inquiéta plus. Ils l’ignoraient, et elle évoluait vers l’ascenseur, comme l’essentiel des gens, d’ailleurs, et cela paraissait tout naturel. Elle se détendit complètement lorsque les portes grillagées se refermèrent derrière elle, sans que rien ne vînt l’inquiéter.
    
**

    - Tu as lu ça ?! Il y a eu une agression au Ministère !
    - Ah bon ?
    Luna dut prendre sur elle pour prendre un air vaguement surpris, et ne surtout pas se mordre les lèvres. Rolf devait forcément parler de cet homme qu’elle avait stupéfixé au Ministère. Mais elle était étonnée qu’il le sache déjà. Cela ne s’était produit que quelques heures plus tôt, et il était désormais tard ; même s’ils s’en étaient très certainement déjà aperçus – de toute façon, le sort avait déjà dû cesser depuis un moment déjà – ils n’avaient pas dû s’empresser de le raconter à tout le monde, et encore moins à la presse. Déjà qu’ils n’avaient pas été très heureux que l’histoire des vols ait fuité.
    Rolf lui tendit son ordinateur, adapté de la technologie des Moldus par le monde magique. Il était actuellement connecté au réseau magique – qui n’avait encore rien à voir avec l’internet des Moldus, mais qui se développait à bonne vitesse – et l’écran affichait un article paru moins d’une heure plus tôt. La lecture du titre et la photo mouvante de l’homme un peu sonné lui confirmèrent qu’il s’agissait bien de cela : l’information avait forcément fuité. Ils avaient été rapides.
    - On sait ce qu’il s’est passé ? murmura-t-elle finalement, s’obligeant à prendre un air vaguement intrigué.
    Après tout, si elle avait joué l’indifférente, cela aurait sans doute paru étrange, même de sa part.
    Rolf se contenta de secouer la tête en signe de dénégation, ce qui la rassura, bien qu’elle ne le laissât pas transparaitre – et il ne fallait surtout pas qu’il s’en aperçoive. Mais il avait le regard plongé vers l’écran et non vers elle, et il ne soupçonna pas le moins du monde les émotions qui agitaient sa femme.
    - Non. Et cet homme ne se souvient de rien. Tout ce qu’ils savent, c’est qu’il a été stupéfixé, et que ses derniers souvenirs ont été effacés. Ils essaient de voir pour les lui rendre, mais ils n’ont pas trop d’espoir : apparemment, la personne l’aurait frappé de dos.
    - Oh, fut tout ce que Luna réussit à dire.
    Fantastique. Ils seraient bien incapables de l’identifier, là n’était pas le problème, mais il se rappellerait alors du Miroir, et de l’image reflétée. Tous allaient partir sur un éventuel attentat visant la fille du célébrissime Harry Potter, et elle serait dès lors inapprochable. Et elle qui devait essayer de la convaincre de l’aider… Cela n’allait pas être de tout repos !
    Luna finit par soupirer, mais Rolf l’interpréta d’une toute autre manière.
    - Ne t’inquiète pas, chérie, ils trouveront, la rassura-t-il en glissant sa main sur la sienne, ce qui n’eut pas du tout l’effet escompté, mais il ne le vit pas. Harry va s’en occuper.
    Luna acquiesça pour toute réponse, et elle se força à lever la tête pour lui adresser un sourire contrit. Il lui sourit à son tour, et elle fut désolée de devoir lui mentir à ce point. Mais il ne pouvait pas comprendre.
    En fait, il ne voudrait pas comprendre. A cause des Nargoles.
    Elle se détourna de lui, replongeant son regard sur le livre qu’elle tenait. Elle avait déjà eu du mal à se mettre à sa lecture, mais elle sentait que c’était désormais mission impossible, pas avec toutes les pensées qui encombraient son esprit. Elle le referma dans un claquement sonore, ce qui ne fit sursauter personne hormis la créature emplumée qui somnolait dans sa cage en boule. Elle se leva et se dirigea vers la bibliothèque pour le ranger. Tant pis pour ça.
    Son mari ne leva même pas le regard vers elle ; il avait repris la préparation de la présentation sa précédente étude pour la conférence en Finlande. Et il ne le fit pas davantage lorsqu’elle quitta la pièce pour se diriger vers la volière.
    Elle récupéra du parchemin avant d’entrer, et s’assit en calant son dos contre le mur pour rédiger son message. Elle ne pouvait plus garder tout cela pour elle toute seule, mais peu de gens semblaient en mesure de la comprendre un tant soit peu, et elle avait besoin d’aide. Pour parler à Lily, pour la convaincre de l’aider, pour convaincre ses amis de prendre ses propos au sérieux et de protéger les Objets restants des Nargoles, bien qu’elle ne sache comment ils pourraient procéder… Peut-être ne seraient-ils d’aucune aide en réalité, si ce n’était pour avoir une occasion de parler à Lily – et pas seulement lors des vacances scolaires, parce que pour l’instant, elle ne voyait que cette opportunité-là. Mais elle avait besoin de se confier – un peu, seulement. Il y avait certaines choses qu’il ne valait mieux pas évoquer, surtout par un message écrit, au risque qu’il fût intercepté.Comme l’incident au Ministère, par exemple.
    Et ses fils seraient très bien pour cela.

Texte publié par Ploum, 3 décembre 2018 à 17h41
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