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Le langage de la vie - le testament des Premiers
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Tome 1, Chapitre 1 Tome 1, Chapitre 1
Comment une simple mission avait-elle put déraper à ce point ? Pendant longtemps Doriane se poserait cette question sans pour autant trouver la réponse. Aurait-elle pu être plus prudente ? La jeune femme avait vérifié chaque pièce de son équipement afin d’éviter un sabotage, ou plutôt une mauvaise blague. Par le passé elle avait déjà était victime de ce genre d’attention de la part d’autres messagers car elle était une sans-cité. Qu’importe que le Régisseur d’Eiréné en personne l’ai recueillis et adopté ! Aux yeux des autres elle resterait au mieux une bête curieuse, au pire une abomination !
    Sachant cela, Doriane faisait toujours très attention à son matériel et encore plus particulièrement à Becky son oiseau-golem. Elle avait vérifié le moindre rouage de la créature mécanique et demandé à Hector, le maitre-faiseur, d’inspecter le joyau-cœur de Becky. Le vieil homme avait vérifié chacune des inscriptions de la pierre en bougonnant que l’on ne devait pas donner de nom aux animaux-golems. Comme toujours Doriane avait sourie en écoutant les récriminations d’Hector et l’avait remercié d’un bisou sur le front.
    En bon messager elle avait également étudié son trajet aller et retour. La forêt de Lobosabritait des groupes de hors la loi, c’était indiqué dans tous les rapports, mais c’était surtout la route la plus rapide pour rentrer à Eiréné. Son message n’avait rien d’urgent ou d’important, aucun des messages qui lui étaient confiés ne l’était. La confrérie des messagers ne confiait pas de missive importante à une débutante, qui plus est une trouble-fête comme elle. Ses origines et, il fallait le dire, un certain sens de la répartie mordant lui valait l’inimitié de la plupart de ses supérieurs. Elle en était donc réduite à porter des lettres personnelles, sans aucune importance pour le destin des Cités, comme le faisait la plupart de ses camarades. Mais elle n’allait pas laisser des imbéciles la faire abandonner aussi facilement sa place. Doriane avait ravalé sa fierté et était la messagère qui faisait le plus d’aller-retour entre Eiréné et les Cités. La jeune femme avait donc choisis de prendre des risques afin de pouvoir repartir rapidement. Les oiseaux-golems ne volaient pas, mais ils étaient de formidable et d’infatigables coureurs.Doriane comptait bien sur cette vitesse pour la mettre à l’abri de toutes les embuches.
    Mais rien n’était allé comme le pensait la jeune femme.Dès son entrée dans la forêt, Becky avait montré des problèmes pour répondre à ses commandes. Si l’oiseau-golem avait été un vrai animal, la messagère aurait dit qu’elle se rebiffait contre son maitre. Le joyau-cœur de l’oiseau-golem, juste derrière sa tête se mise à grésiller.
    - Becky, mais que t’arrive t’il ma grande ? dit Doriane en tapotant le joyau-cœur.
    Elle n’avait jamais entendu parler d’un tel phénomène. Les joyaus-cœurs étaient soit brillants, et ils fonctionnaient parfaitement, soit complètement éteint et dans ce cas les faiseurs devaient en retracer les inscriptions.
    La lumière devint plus forte et le grésillement se changea en sifflement.
    - Allez Becky, ne me laisse pas tomber ! Jura Doriane entre ses dents.
    Malgréla vitesse, la jeune femme se pencha en avant pour tenter de voir les inscriptions de la pierre. Aveuglée par la lumière, elle ne vit pas la branche d’arbre la percuter.
    La messagère fut expulsée de sa selle par le coup. Elle percuta le sol violement et effectua plusieurs roulades avant de finir sa course contre une pierre.
    Jamais Becky ne l’avait fait tomber. Jamais aucune monture-golem n’avait fait tomber son cavalier auparavant ! Sans sa maitresse, Becky tournait en rond non loin. Les bruits stridents provenant de son joyau-cœur ressemblaient à des cris de désespoir.
    Doriane se releva difficilement. Ses longs cheveux roux s’étaient détachés. Son manteau long rouge et son gilet de la même couleur, symboles des messagers, étaient déchirés en plusieursendroits tout son pantalon blanc.Enfant, Doriane trouvait cet accoutrement hideux, avec ses boutons dorés et sa passementerie argentée. Malgré tout, elle s’était donné trop de mal pour l’obtenir pour le voir dans cet état. Au moins ses bottes avaient tenus le choc. Elles avaient appartenus à son père adoptif alors qu’il était lui-même messager. Doriane y tenait plus que tout au monde.
    La messagère se dirigea en boitant vers Becky pour essayer de la calmer, bien qu’elle ne sache pas vraiment comment elle devait s’y prendre pour calmer un golem ni ce que cela pouvait bien signifier.
    L’oiseau-golem venait de s’arrêter près d’un arbre au centre d’une petite clairière. Les grésillements et les sifflements s’étaient calmés, mais Becky bougeait la tête de façon anormale, comme le ferait un animal vivant pour récupérer d’un choc.
    Doriane allait l’atteindre quand une flèche se planta à ses pieds.
    - Mais qu’avons-nous là ?
    Face à elle, la jeune femme vit sortir des fourrés un homme. Le nouveau venu portait des vêtements qui avaient connus de meilleurs jours. Sa cape vert foncée avait dû lui servir à se camoufler. Mais l’attention de la messagère fut immédiatement attirée par l’arme qu’il tenait : une arbalète-golem flambant neuve chargée.
    Ces armes étaient redoutées de tous les soldats. Elle employait un joyau-cœur de moindre qualité que celui des animaux-golems et donc des inscriptions moins complexes. Ces dernières permettaient à l’arme d’expédier des projectiles à une vitesse hors du commun. Certains carreaux pouvaient même percer des murs !
    Comment un bandit de grand chemin pouvait il s’être procuré une telle arme ? La jeune femme entendit des bruits de pats dans son dos. Elle estima que trois autres hors la loi se trouvaient derrière elle et devaient la tenir en joue.
    Doriane jeta un regard à ses armes restaient accrochées à sa selle. Elles étaient à porter de mains.
    Le bandit dû lire dans ses pensées et braqua son arme sur elle.
    - Si j’étais toi, je ne ferai pas ça ma grande. Mes amis et moi on n’aimerait pas que tu finisses avec des trous dans ton joli uniforme. Alors tu vas gentiment lever tes mains et les mettre doucement derrière la tête. Obéis nous et tous se passera bien, pas vrai les gars ?
    La messagère s’exécuta et entendu des grognements d’assentiment venir des autres bandits.
    - Écarte-toi maintenant ma jolie et fais le doucement, pas d’entourloupes.
    Doriane retint un juron et recula les mains derrière la tête. Son intuition ne l’avait pas trompé, trois autres bandits la tenaient en respects, tous habillés de la même façon et équipés d’arbalète-golems également.
    - Bien … maintenant mademoiselle, tu vas nous donner le message.
    La jeune femme fut désarçonnée par la question.
    - De quoi parlez-vous ? demanda-t-elle.
    - Ne me prends pas pour un idiot ma grande, je te parle du message que l’ont’as remis à la Cité d’Aquilée et qui est destiné au Régisseur d’Eiréné.Voilà de quoi je veux parler.
    Doriane regarda son assaillant droit dans les yeux pour voir s’il se moquait d’elle. Comme toujours elle répondit sans réfléchir.
    - De quoi parlez-vous ? Vous devez bien voir à ma tenue que je suis compagnon messager. Vous croyez que le Régisseur irait confier ses lettres à une débutante ?
    La jeune femme regretta immédiatement sa réponse cinglante. Cependant, elle observa un léger flottement chez le hors la loi. Il ne devait pas s’attendre à une telle réponse qui plus est frappée du sceau du bon sens. Il était de notoriété publique que seuls les maitres messagers se voyaient confier les missives pour les plus hautes autorités. Le manteau rouge de Doriane ne portait qu’une seule série d’arabesque dorée sur les manches, ce qui indiquait clairement son statut de compagnon messager. La fierté des membres de cette confrérie était également bien connue de tous. Un messager aurait préférer mourir que de mentir sur son grade dans la confrérie et toute personne assez folle pour se faire passer pour un messager finissait généralement châtier par ces derniers, ou leurs amis, de façon exemplaire.
    - Elle raconte n’importe quoi, on ferait mieux de la tuer. Dit une voix nasillarde dans son dos avec appréhension.
    - Ouais ! Vas-y qu’on en finisse ! Renchérit une autre.
    Le hors la loi devant elle secoua la tête.
    - Rappelez-vous les gars ! Son golem est associé à la jolie petite pierre sur son bracelet et cette pierre est associée à cette jolie demoiselle. Donc on ne pourra pas s’approcha de ce foutu oiseau pour récupérernotre paquet ! Si on la tue, l’oiseau fuira et rejoindra Eiréné et là … on sera comme des idiots !
    Peu de gens connaissaient le fonctionnement des oiseaux-golems des messagers. Le maitre-faiseur Hector avait mené de longues recherches sur les inscriptions des joyaux pour trouver celles permettant de lier une monture à son cavalier et permettant à cette dernière de rentrer si son maître venait à mourir. Ces informations ajoutaient à leurs armes indiquait à la jeune femme qu’elle avait à faire à plus que de simples brigands.
    - Qui vous a engagé ? Demanda-t-elle simplement. Car vous pouvez retourner lui dire que c’est un idiot. Il vous a bien équipé. Il vous a bien renseigné sur nos montures … mais il vous a donné le mauvais messager. Comment pouvait-il penser qu’un compagnon porterait de tels messages, qui plus est en passant par l’un des coins les plus dangereux de la région ? Quel imbécile…
    Une puissante gifle la stoppa dans son discours.
    - On m’avait également dit que tu avais la langue bien pendue et m’avait donné une description physique assez exacte. Donc j’ai exactement la personne qu’il me faut en face de moi. Oui j’ai besoin de toi en vie pour pouvoir récupérer la lettre qui m’intéresse. Mais je n’ai pas forcément besoin de toi en bon état … et surtout je peux aussi ne pas te laisser en vie après avoir récupéré mon dû.
    L’homme s’avança et braqua son arbalète-golem contre le ventre de Doriane.
    - Alors soit coopérative. Tu pourras peut-être repartir en vie sans trop d’ecchymoses et surtout en un seul morceau …
    Doriane en avait assez de la façon dont lui parlait cet homme. A part quelques rares exceptions, la plupart des gens lui avaient toujours parlé comme cela, en lui disant quoi faire. Sans écouter la suite elle cracha au visage de l’inconnu et se mit à rire.
    Le brigand porta la main à son visage devenu écarlate.
    - Ma grande, tu as signé ton arrêt de mort. Dit-il en rangeant son arbalète pour sortir un couteau. Mais avant ça on va jouer un peu toi et moi.
    L’homme la poussa vers son compagnon. Doriane sentit leurs mains la saisir fermement.
    - Je pense que je vais commencer par effacer ce petit sourire de ton visage.
    Le bandit se rapprocha en prenant tout son temps. La jeune femme adressa une prière silencieuse à Agapé, la Mère et à Aël, le Messager. Puis se prépara à la suite, elle n’allait pas donner à ces gens le plaisir de la voir souffrir et ferma les yeux.
    Un crac retentissant se fit entendre. Comme si un arbre venait de tomber. Il fut immédiatement suivi d’un second puis d’un troisième.
    - Putain, c’est quoi ça ? Demanda un des assaillants de la messagère pendant qu’elle ouvrait les yeux.
    Les brigands ne faisaient étaient tourné dans la même direction. Ils regardaient des arbres tomber les uns après les autres. Quelque soit la chose qui provoquait cela, elle était d’une force colossale et elle se dirigeait dans leurs direction.
    Doriane remarqua du quoi de l’œil le joyau-cœur de Becky qui palpité de plus en plus fort. Elle reprit ses esprits et commença à reculer à pas feutrés pour profiter de la diversion. Elle avait presque réussis à atteindre les buissons derrière eux quand elle se retrouva nez à nez avec un complice de ses assaillants qui brandissait une arbalète-golem
    - Et où tu penses aller comme ça ?
    Bien sûr qu’ils avaient d’autres complices, se maudit la jeune femme. J’agis toujours trop vite et sans réfléchir ! Le brigand la repoussa vers les autres mais le monstre qui arraché les arbres était de plus en plus proche. On pouvait presque entendre ses rugissements.
    Les hors la loi braquèrent tous leurs armes dans la direction d’où provenait le monstre, sauf celui qui était resté caché dans les buissons qui lui visait Doriane.
    Plus les craquements se rapprochaient plus la tension montée. Les craquements cessèrent non loin d’eux. Doriane pu alors entendre distinctement les hurlements du monstre. Mais ils lui parurent étrange, ils lui parurent humain. Un nouvel arbre tomba à une dizaines de mètres devant eux. Les brigands armèrent leurs arbalètes.
    Devant eux surgit alors, dans un grands fracas de bois, un homme. Il titubait comme un ivrogne, se cognant contre les arbres. Il portait des habits qui ressemblés à ceux des messagers, mais Doriane les trouvaient étrange. Il y avait plus d’arabesque sur les manches et plus de dorure. N’importe quel idiot aurait compris que ce manteau était une fausse et que toute personne le portant s’exposait à de lourdes sanction.
    C’est là que le faux messager mis la main sur le tronc d’un arbre à côté de lui qui s’écroula aussi tôt, comme si un géant l’avait poussé. Puis l’homme se pris la tête entre les mains et poussa un cri de douleur. Il dut s’apercevoir qu’il avait des spectateurs car il s’arrêta net et regarda Doraine et les hors la loi à travers ses long cheveux bruns qui lui pendaient devant le visage.
    La jeune femme avait déjà vu des arbres abattues ainsi grâce à des joyau-vent. Les autres durent arriver à la même conclusion : ce n’était qu’un pauvre fou ivre qui utilisait un joyau.
    La tension retomba d’un coup. Les bandits se prirent même à sourire.
    - Encore un messager ? Décidément c’est comme si ils poussaient comme le chienlit dans cette forêt ! Pas vrai les gars ?
    Tous les bandits signifièrent leur assentiment bruyamment.
    Celui qui devait être le chef et qui avait jusque-là parlait à Doriane fit un pas vers le nouveau venu en le visant de son arme.
    - Bon l’ami que cherches-tu ici ?
    Le faux messager continua de tituber sans prêter attention à l’homme qui lui parlait. Cela mis le bandit en colère.
    - Arrêtes toi maintenant ! Sinon je vais simplement te tuer ici et maintenant !
    Semblant enfin comprendre qu’on lui parlait, l’étranger s’arrêta et regarda autour de lui.
    - Enfin tu retrouves la raison ! Alors reste bien sage ou tu signeras ton arrêt de mort.
    Un bruit étrange monta du ventre de l’inconnu et devant des bandits incrédules et Doriane, il se mit à vomir.
    - Bon ça suffit ! hurla un des bandits.
    Il s’approcha du faux messager et le mit en joue.
    - J’en ai assez de perdre mon temps avec des pitreries !
    - Manolas ne fait pas ça ! Cria le chef des bandits en tendant le bras vers lui.
    Tous se passa ensuite très vite. Le dénommé Manolaspointa son arbalète-golem vers la tête du faux messager. Le joyau-cœur de l’arme brilla. Instantanément un bruit strident se produit, le même que celui du joyau de Becky, le trait de l’arbalète parti mais resta suspendu en l’air dans la lueur aveuglante du joyau-cœur de l’arme.
    Ce dernier commença à se fissurer dans un bruit glaçant puis explosa, projetant son propriétaire au sol et envoyant des éclats tout autour de lui.
    Tous le monde dut se couvrir le visage, sauf l’inconnu qui ne prêta pas attention aux échardes précieuses. Ces dernières s’arrêtaient en l’air devant lui et restaient en suspension en l’air.
    Doriane parvint à garder un œil ouvert pour être témoins de ce spectacle. Le faux messager était certainement le plus habile manieur de joyau-vent qu’elle ait pu voir alors qu’il était visiblement saoul ! Réussir à maitriser autant d’éclats différents avec un seul joyau, alors même que l’homme avait été pris par surprise.
    Le bandit dont l’arbalète venait d’exploser se tordait de douleur au sol. Son visage et ses mains avaient été brûlés grièvement. Ses comparses reprirent vite leurs esprits. A l’unisson ils pointèrent leurs armes sur le faux messager. Doriane sentit ce qui allait se passer mais n’eu pas le temps de réagir. Les quatre joyaux-cœurs des armes brillèrent comme celui qui venait d’exploser, mais chacun émettait un son différent, comme dans une étrange mélodie.
    Malgré la vive lumière, la messagère vis l’étranger se redresser. Il était plus grand qu’elle le pensait au départ. Il releva la tête et la jeune femme put voir ses yeux briller du même éclat que les joyaux-cœur. Il poussa alors un hurlement, un cri qui glaça le sang de Doriane, puis tout devint noir.
    
    

Texte publié par Nathanael, 25 mai 2018 à 22h46
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